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L'émergence d'une nouvelle société urbaine

Les progrès agricoles et la croissance démographique en Europe à partir du XIe siècle entraînent un développement du commerce. Les villes sont au cœur de ces échanges commerciaux entre les régions européennes les plus dynamiques et connaissent de profondes transformations. La population urbaine augmente, les villes s'agrandissent, les marchands occupent une place accrue et prennent aussi parfois le gouvernement des villes. Une nouvelle société urbaine se met en place, dans laquelle le clergé joue un rôle important et dans laquelle les laissés-pour-compte sont nombreux.

I

L'essor des villes

A

Le développement du commerce

À partir du XIe siècle, plusieurs facteurs permettent un développement du commerce :

  • Les progrès dans l'agriculture permis par l'amélioration des techniques et la mise en culture de nouvelles terres dégagent des surplus agricoles qui sont commercialisés.
  • L'augmentation de la population favorise la demande et par conséquence le développement du commerce.
  • Les Européens répondent à une demande croissante de l'Empire byzantin et du monde arabo-musulman en esclaves et en matières premières.
  • Le commerce avec ces régions d'Orient permet l'afflux en Occident de métaux précieux.
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Routes commerciales et foires de Champagne au XIIIe siècle

B

Les villes au cœur des échanges

Cette intensification du commerce permet le développement des villes qui sont au cœur des échanges :

  • La population urbaine augmente.
  • Les marchandises produites dans le nord de l'Europe (laines, bois, fourrure, draps, poissons salés) sont échangées contre des produits venus du sud de l'Europe (or, épices, soie) dans des foires commerciales internationales, notamment en Champagne.
  • En Europe du Nord, une association de villes marchandes des bassins de la mer Baltique et de la mer du Nord, la Hanse, développe le commerce dans des villes comme Bruges, Gand, Hambourg, Lübeck, etc. Cette partie de l'Europe est aussi une zone importante de production textile.
  • La zone la plus dynamique est le nord de l'Italie (Venise, Sienne, Milan, Florence, Gênes) qui commercialise les produits venus d'Orient (or, soie, épices).
II

Le gouvernement de la ville

A

Les élites urbaines

Avec le développement économique des villes médiévales, les marchands et certains artisans prennent un pouvoir grandissant.

Dans certaines villes, les marchands-banquiers détiennent le gouvernement municipal. Ils construisent dans les villes de nouveaux édifices pour symboliser leur pouvoir tels que les beffrois, les hôtels de ville, ou pour faciliter le commerce comme les halles. L'apparition et le développement de ces nouvelles élites urbaines favorise la naissance d'une nouvelle culture urbaine.

B

Des villes plus autonomes

Les villes sont, depuis le début du Moyen Âge, sous l'autorité d'un seigneur, très souvent un évêque. Les habitants doivent payer des impôts aux seigneurs et des taxes sur le commerce (péages, taxes sur les marchés, etc.). Mais cette domination seigneuriale et son aspect fiscal sont de plus en plus remis en cause par les bourgeois :

  • Des émeutes éclatent à certains endroits contre les droits seigneuriaux.
  • Les villes obtiennent du roi et des seigneurs des chartes de franchises qui leur permettent d'obtenir des libertés (commerciales et individuelles) et une autonomie politique très variable selon les cas.
  • Les communes regroupent les habitants d'une ville, unis par un serment.
III

Une nouvelle société urbaine

A

Les activités urbaines

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Détail d'un vitrail de la cathédrale de Chartres représentant des drapiers

MOSSOT via Wikimedia Commons

Les artisans constituent des associations appelées corporations ou guildes pour défendre leurs intérêts et surveiller la production.

Il existe de nombreuses activités économiques en ville. Ces métiers sont hiérarchisés entre eux et à l'intérieur d'un même secteur :

  • Le travail du textile domine les villes. Ce secteur est composé des drapiers qui contrôlent la chaîne de production, des tisserands, et de métiers moins qualifiés et moins prestigieux comme les foulons ou les ongles bleus.
  • Le travail des métaux est aussi important dans les villes.
  • Les métiers liés à l'alimentation sont nombreux. Certains de ces métiers sont jugés dégradants comme les bouchers même s'ils sont souvent riches.
  • Les métiers du bâtiment qui se développent, stimulés par l'essor économique et l'agrandissement des villes, s'occupent de grandes constructions telles que les églises, les cathédrales ou les bâtiments publics.

Corporation (ou guilde)

Les corporations ou les guildes sont des associations de marchands ou d'artisans d'une ville.

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Sceau de la corporation des marchands de l'eau de la ville de Paris

Archives nationales via Wikimedia Commons

B

Le clergé dans la ville

Le clergé est une composante importante de l'élite urbaine et il participe au gouvernement de la ville :

  • Les évêques sont au sommet de cet ordre dans les villes.
  • Les évêques sont assistés d'un clergé constitué par les chanoines.
  • On retrouve aussi des moines et des prêtres qui ont la cure des paroisses urbaines.
  • Le clergé traditionnel est concurrencé à partir du XIIIe siècle par les ordres mendiants qui occupent une place centrale dans les villes.

Le clergé détient le rôle principal dans le domaine de l'éducation. Une petite partie des enfants des villes bénéficient des cours dispensés par des clercs et l'Eglise est à l'origine de la création et du développement des universités dès le XIIIe siècle.

Ordre mendiant

Les ordres mendiants sont des ordres religieux qui vivent de la charité et font de la prédication auprès des habitants des villes.

Les Dominicains et les Franciscains sont des ordres mendiants.

C

Les marginaux

Malgré l'essor économique des villes, de nombreux habitants sont marginalisés :

  • Les lépreux sont rassemblés et isolés dans les léproseries à l'extérieur des villes.
  • Les voyageurs, les vendeurs ambulants suscitent la méfiance des habitants des villes.
  • De nombreuses bandes sévissent en ville et sont parfois punies par des condamnations publiques.
  • Enfin, la ville regorge de différentes personnes effectuant des professions non réglementées, mal considérées et souvent suspectées d'être des menaces à l'ordre public telles que les journaliers, les colporteurs, les jongleurs, les prostituées, etc.
  • La ville est un endroit considéré par les hommes du Moyen Âge comme peu sûr.
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Les marginaux représentés par Bruegel l'Ancien dans son tableau intitulé La Cour des miracles (1568)

Musée du Louvre via Wikimedia commons

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