Première ES 2015-2016
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Première ES 2015-2016

Le Dernier jour d'un condamné, Dernier chapitre

Un juge, un commissaire, un magistrat, je ne sais de quelle espèce, vient de venir. Je lui ai demandé ma grâce enjoignant les deux mains et en me traînant sur les deux genoux. Il m'a répondu, en souriant fatalement, si c'est là tout ce que j'avais à lui dire.
- Ma grâce ! ma grâce ! ai-je répété, ou par pitié, cinq minutes encore ! Qui sait ? elle viendra peut-être ! Cela est si horrible à mon âge, de mourir ainsi ! Des grâces qui arrivent au dernier moment, on l'a vu souvent. Et à qui fera-t-on grâce, monsieur, si ce n'est à moi ?
Cet exécrable bourreau ! il s'est approché du juge pour lui dire que l'exécution devait être faite à une certaine heure, que cette heure approchait, qu'il était responsable, que d'ailleurs il pleut, et que cela risque de se rouiller − Eh, par pitié ! une minute pour attendre ma grâce ! ou je me défends ! je mords ! Le juge et le bourreau sont sortis. Je suis seul.
- Seul avec deux gendarmes. Oh ! l'horrible peuple avec ses cris d'hyène. − Qui sait si je ne lui échapperai pas? si je ne serai pas sauvé ? si ma grâce ?... Il est impossible qu'on ne me fasse pas grâce !
Ah ! les misérables ! il me semble qu'on monte l'escalier...

QUATRE HEURES

Victor Hugo

Le Dernier Jour d'un condamné

1829

I

Une fin terrible

  • Le lecteur apprend que le condamné va mourir. Il n'a pas été gracié.
  • La fin paraît ouverte avec "quatre heures" mais le lecteur sait que c'est la mort qui attend le condamné.
  • Le condamné rapporte comment il a demandé sa grâce : "Un juge, un commissaire, un magistrat, je ne sais de quelle espèce, vient de venir. Je lui ai demandé ma grâce en joignant les deux mains et en me traînant sur les deux genoux. Il m'a répondu, en souriant fatalement, si c'est là tout ce que j'avais à lui dire.
    – Ma grâce ! ma grâce ! ai-je répété, ou, par pitié, cinq minutes encore !"
  • L'apostrophe "ma grâce" souligne le ton implorant du personnage.
  • Le personnage va donc mourir. Le lecteur, qui l'a accompagné durant tout le roman, comprend qu'il n'aura pas la vie sauve.
II

Un texte lyrique et pathétique

  • Le registre est lyrique et pathétique. Victor Hugo fait appel à l'empathie des lecteurs.
  • Utilisation d'une ponctuation expressive : "Oh ! l'horrible peuple avec ses cris d'hyène ! − Qui sait si je ne lui échapperai pas ? si je ne serai pas sauvé ? si ma grâce ?… Il est impossible qu'on ne me fasse pas grâce !"
  • Ce récit est rythmé. La typographie utilisée par Victor Hugo est remarquable.
  • L'angoisse est symbolisée par les points de suspension : "Ah ! les misérables ! il me semble qu'on monte l'escalier…".
  • L'heure est typographiée en majuscules : "QUATRE HEURES." Cela renvoie à l'idée de la fatalité et de la sentence qui tombe.
  • Les trois points de suspension avant l'heure symbolisent l'impossibilité de dire la mort. Cela crée un effet dramatique.
  • Victor Hugo appuie donc sur le pathos dans son utilisation de la syntaxe et de la ponctuation. Ce détail donne à l'extrait une tonalité très romantique.
  • On peut noter la répétition du terme "ma grâce". Par ailleurs, la grâce est personnifiée.
  • Victor Hugo crée l'émotion en insistant sur la peine du condamné. La répétition de l'heure rappelle que l'homme va bientôt mourir, il n'en a plus pour longtemps, il est en quelque sorte déjà mort.
III

L'allégorie de la grâce et la solitude du héros

  • La grâce prend la forme d'une allégorie. Elle est attendue, elle est comme une personne qui va venir sauver le héros. La grâce n'est donc plus une chose abstraite, elle devient saisissable.
  • La grâce s'oppose à la solitude du héros. C'est elle qui pourrait le libérer de cette solitude : "Seul avec deux gendarmes".
  • Le héros n'est donc pas seul au sens strict du terme, d'autres hommes sont avec lui. Mais il est opposé aux autres, opposé aux vivants.
  • On retrouve cette idée au début du texte avec : "Oh ! l'horrible peuple avec ses cris d'hyène !". Les autres ne sont plus des hommes, ils sont des animaux qui attendent sa mort. Cette métaphore transforme les hommes en hyènes, animaux vils qui dévorent les carcasses des autres.
IV

Une argumentation contre la peine de mort

  • Cette fin confirme que Victor Hugo est contre la peine de mort. Il place le lecteur dans la tête d'un homme qui va mourir. Il fait ressentir au lecteur la tristesse et l'horreur de l'homme. Le lecteur est émotionnellement impliqué.
  • Victor Hugo utilise différents outils littéraires pour persuader le lecteur : des anaphores pour insister, le lyrisme pour émouvoir, un rythme qu'on peut scander, des répétitions.
  • Le texte est très poétique, il y a différentes figures de style : allégorie de la grâce, synecdoque, métaphores.
  • Le condamné est seul contre tous, abandonné. Victor Hugo dénonce l'inhumanité de cette situation.

En quoi ce texte est-il romantique ?

I. Le registre lyrique
II. Le registre pathétique
III. Une fin dramatisée

Comment Victor Hugo dénonce-t-il la peine de mort ?

I. L'empathie du lecteur pour le condamné
II. L'allégorie de la grâce
III. Un héros seul contre tous

Quels sont les outils de l'argumentation ?

I. Le registre pathétique et lyrique
II. Une ponctuation expressive
III. La dramatisation du récit

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