Première ES 2016-2017
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Première ES 2016-2017

La République et les évolutions de la société française

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Léon Blum

9 avril 1872 − 30 Mars 1950

Français

Léon Blum, ancien élève de l'École Normale Supérieure, devient journaliste et critique littéraire. C'est l'affaire Dreyfus qui conduit Léon Blum, un ardent dreyfusard, à faire de la politique de façon plus active. Il rejoint les socialistes et devient membre de la SFIO. Il entre dans la vie politique après la guerre et devient député en 1919. En 1920, il fait partie de la minorité socialiste qui refuse de rallier la IIIe Internationale et qui rompt avec les communistes. La victoire du Front Populaire en juin 1936, lui permet d'être nommé Président du Conseil. Il forme son gouvernement. Trois femmes entrent au gouvernement. C'est la première fois, alors qu'à cette époque, les femmes ne sont ni électrices, ni éligibles. Léon Blum doit faire face assez rapidement aux mouvements de grèves en 1936 et signe les Accords Matignon qui vont beaucoup plus loin que ce que prévoyait le programme du Front Populaire.

Cependant, Léon Blum est affaibli par le mécontentement des ouvriers qui jugent la mise en place des réformes trop lente, par l'opposition des milieux conservateurs et par des campagnes de presse calomnieuses organisées par l'extrême droite. Il est mis en minorité par les députés à l'Assemblée et doit démissionner en juin 1937, un an après sa nomination. En 1940, Léon Blum fait partie des députés qui refusent de voter les pleins pouvoirs à Pétain. Il est alors arrêté et interné. En 1942, accusé de trahison par le régime de Vichy, Blum comparaît devant le Tribunal de Riom. Mais sa brillante défense oblige le gouvernement à suspendre les débats et il reste emprisonné. Quand les Allemands occupent la zone sud de la France, Blum est déporté à Dachau, puis à Buchenwald. Il est libéré en 1945 par l'armée américaine. Après la guerre, il dirige un bref gouvernement pendant un mois (décembre 1946 − janvier 1947), chargé de mettre en place les institutions de la IVe République. Il a le temps de lancer le plan Monnet de reconstruction industrielle, d'arrêter l'inflation et de stabiliser la monnaie, avant que son gouvernement ne tombe. Il meurt en 1950.

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Hubertine Auclert

10 avril 1848 − 8 avril 1914

Française

Née dans une famille aisée et républicaine, Hubertine est éduquée dans une pension religieuse. Très croyante, elle veut devenir religieuse, mais de caractère très indépendant, elle est renvoyée du couvent. Devenue libre et indépendante économiquement, ayant hérité de ses parents décédés, Hubertine Auclert décide de défendre les valeurs républicaines et surtout les droits des femmes. Elle devient une militante féminine active et réclame pour les femmes la liberté, l'éducation, le droit de vote et la révision du "Code Napoléon" (un article du Code Civil qui dit que la femme doit soumission et obéissance à son mari). Elle monte à Paris, après la chute du Second Empire de Napoléon III. Elle fait la connaissance de Victor Hugo et rejoint la ligue française pour le droit des femmes. Sa lutte féministe se concentre sur les droits politiques : droit de vote et droit de se présenter aux élections. Elle n'est pas suivie par les défenseurs des droits des femmes, plus modérés. Elle décide de créer son propre mouvement en 1876 : "le droit des femmes", qui devient en 1881, la Société de suffrage des femmes. Elle écrit des essais : Le Droit politique des femmes (1878) et Égalité sociale et politique (1879). En 1879, elle vient au Congrès des socialistes qu'elle tente de convaincre, mais sans succès. Elle organise des manifestations dans les mairies et des actions de provocation et fait la grève de l'impôt. En 1888, elle se marie et part en Algérie avec son époux. À la mort de celui-ci en 1892, elle rentre en France. Elle reprend la plume et écrit deux ouvrages : Les Femmes arabes en Algérie et plus tard, Le Vote des femmes. En 1910, elle tente encore un coup d'éclat et se présente aux élections législatives. Elle meurt en 1914.

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Louise Weiss

25 janvier 1893 − 26 mai 1983

Française

Née à Arras en 1893, Louise fait des études de lettres. Elle est reçue à l'agrégation de lettres féminine en 1914. Après la Première Guerre mondiale, elle devient journaliste et se consacre à la politique internationale. En 1918, elle fonde donc une revue politique nationale et internationale, L'Europe Nouvelle. Elle y soutient toutes les initiatives qui tendent à réconcilier les pays européens et empêcher une nouvelle guerre (ainsi, le rapprochement franco-allemand dans les années 1920, grâce à Briand et Stresemann). En 1934, elle démissionne et la revue s'arrête, car elle considère que son combat en faveur de la paix est un échec avec l'avènement d'Hitler et de son parti nationaliste. Entre 1934 et 1937, elle forme un mouvement féministe de propagande, "la Femme nouvelle" et fait campagne pour le droit de vote des Françaises. Elle organise de nombreuses manifestations et présente sa candidature symbolique (puisqu'illégale) aux élections municipales (1935) puis législatives (1936). Le vote d'une loi en faveur du suffrage féminin échoue au Sénat. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle entre dans la résistance. Après la guerre, de 1946 à 1968, elle reprend son métier de journaliste et fait de nombreux reportages en Amérique, Asie et Afrique. Elle y étudie les causes des conflits, pendant la décolonisation et la guerre froide. Elle rapporte de nombreux films et documents photographiques. À partir de 1968, elle publie ses mémoires, intitulées Mémoires d'une Européenne. Elle est élevée à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur en 1976. Élue député européenne en 1979, elle est la doyenne du Parlement européen. En 1983, elle décède à Paris à l'âge de 90 ans.

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Simone Veil

13 juillet 1927 − Néant

Française

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Simone Jacob et tous les membres de sa famille, de confession juive, sont déportés en 1944. Simone, sa sœur Madeleine et sa mère sont déportées à Auschwitz-Birkenau puis à Bergen-Belsen où sa mère meurt. Les Britanniques libèrent le camp le 15 avril 1945. Après la guerre, Simone et Madeleine retrouvent leur sœur Denise (engagée dans la résistance et déportée en 1944 à Ravensbrück). Mais leur père et leur frère, déportés en Lituanie sont morts. Simone, qui a eu son baccalauréat en 1944, avant d'être arrêtée par les nazis, s'inscrit en 1945 à Paris à la faculté de droit et à l'Institut d'Études Politiques. Elle y rencontre Antoine Veil qu'elle épouse en 1946. En 1956, elle réussit le concours d'entrée de la magistrature et devient haut-fonctionnaire au ministère de la justice.

En 1970, elle devient secrétaire générale au Conseil Supérieur de la magistrature. Sous le mandat présidentiel de Valéry Giscard d'Estaing, elle est nommée ministre de la Santé (1974 − 1979). En 1975, elle parvient à faire passer la loi sur l'avortement ou IVG (interruption volontaire de grossesse), appelée la loi Veil. Cette loi autorise l'avortement en France et ainsi met fin aux avortements clandestins, responsables de la mort de milliers de femmes. En 1979, Simone Veil conduit la liste UDF pour les premières élections européennes au suffrage universel. Élue députée européenne, elle quitte le gouvernement. En juillet, elle est élue présidente du Parlement européen (1979 − 1982) et est la première femme élue à ce poste. Simone Veil est membre de l'Académie française depuis le 9 octobre 2008.

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Aristide Briand

28 Mars 1862 − 7 Mars 1932

Français

Aristide Briand est député de 1902 à sa mort en 1932. Désigné rapporteur de la loi de séparation de l'Église et de l'État (1905), il travaille à la laïcisation de la France. Entre 1906 et 1913, constamment au gouvernement dans différents ministères, il adopte des positions modérées qui déplaisent à la SFIO et Jean Jaurès critique l'hostilité de Briand à l'égard des grèves et des syndicats. Briand prend peu à peu ses distances avec les socialistes et se rapproche du centre. Pendant la Première Guerre mondiale, il est président du Conseil de octobre 1915 à mars 1917. Pendant cette période Briand et Clemenceau deviennent des adversaires politiques. Mais pendant les années 1920, Briand incarne le pacifisme français de l'entre-deux-guerres. Il se rapproche de nouveau des socialistes, œuvre pour la paix en Europe et pour un rapprochement de la France et de l'Allemagne. Son travail aboutit aux accords de Locarno en 1925 et il reçoit le Prix Nobel de la Paix en 1926, avec son homologue allemand, Gustav Stresemann. Ses négociations avec le secrétaire d'Etat américain Frank Kellog aboutissent au Pacte Briand-Kellog (1928). Soixante trois pays signent ce pacte et déclarent la guerre hors-la-loi.

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Jean Jaurès

3 septembre 1859 − 31 juillet 1914

Français

Jean Jaurès est professeur de philosophie quand il entre en politique en 1885 et rejoint les républicains modérés. Mais peu à peu, il évolue vers le socialisme. Il est élu député socialiste de Carmaux en 1893 et soutient les luttes des mineurs de sa circonscription. Il travaille beaucoup à l'unification des socialistes français et crée en 1905 la SFIO. Dans son journal, L'Humanité (créé en 1904), il invite les socialistes à abandonner leurs pratiques révolutionnaires et à s'intégrer dans la démocratie parlementaire. Il défend le pacifisme, contre la droite nationaliste. En 1914, fermement opposé à la guerre, il multiplie les discours de paix et les appels aux peuples et aux socialistes de toute l'Europe. Mais il est assassiné le 31 juillet par un ultra-nationaliste.

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Léo Lagrange

28 novembre 1900 − 9 juin 1940

Français

Après des études de droit et de sciences politiques, Léo Lagrange devient avocat et s'inscrit au barreau de Paris. Il adhère à la SFIO après le Congrès de Tours (fin 1920). Il devient rédacteur et chroniqueur judiciaire dans le journal, Le Populaire, attaché à la SFIO. Élu député à Avesnes-sur-Helpe (1932 − 1940), il participe au gouvernement du Front Populaire. Il est nommé sous-secrétaire d'Etat aux sports et à l'organisation des loisirs (1936 − 1938). Avec la création des congés payés, il est nécessaire de répondre aux nouveaux besoins des ouvriers qui disposent de temps libres. Léo Lagrange favorise le développement des loisirs sportifs, touristiques et culturels, qu'il veut rendre plus accessibles aux masses salariales. Il crée les billets populaires de congés annuels (billets de train à tarif réduit). Il est à l'origine du mouvement des auberges de jeunesse.
Il est tué en 1940, atteint par un éclat d'obus et reçoit la croix de guerre à titre posthume. De nombreux lieux sportifs portent son nom en France, salle de sport, piscines, clubs, salles de fêtes, etc.

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Emile Combes

6 septembre 1835 − 25 mai 1921

Français

Docteur en lettres en 1860, Émile Combes est professeur à Pons près de La Rochelle, avant de reprendre des études et de devenir médecin en 1868. Il est élu maire de Pons en 1876, puis sénateur radical de Charente-inférieure. Une première fois ministre en 1895, il devient président du Conseil en 1902 et mène alors une politique anticléricale , en faisant strictement appliquer la loi de 1901 sur les congrégations, auxquelles il est interdit d'enseigner à partir de 1904. Les positions anticléricales du gouvernement aboutissent à des relations très tendues avec le Saint-Siège et finalement à une rupture des relations diplomatiques entre la France et le Vatican (1904). Combes profite alors de l'occasion pour aller jusqu'au bout du processus et faire passer la loi sur la séparation de l'Église et de l'État (décembre 1905). La loi de 1905 rompt avec le Concordat de 1801. L'État français assure la liberté de culte et de conscience à chacun, mais la religion devient une affaire individuelle et privée. L'État cesse de verser des indemnités et subventions aux prêtres. Les biens ecclésiastiques sont gérés par des associations culturelles. Mais avant même la promulgation de la loi, Émile Combes doit démissionner à cause d'un scandale, l'affaire des fiches (opération de fichage politique et religieux des officiers de l'armée française entre 1900 et 1904). Malgré l'incident, Émile Combes poursuit sa carrière politique, ministre dans le gouvernement d'union nationale en 1915, maire de Pons jusqu'en 1919, sénateur jusqu'à sa mort en 1921.

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Simone de Bauvoir

9 janvier 1908 − 14 avril 1986

Française

Issue d'une famille aisée, elle étudie la philosophie et rencontre Jean-Paul Sartre. C'est le début de l'histoire d'un couple légendaire. En 1929, elle est reçue deuxième à l'agrégation de philosophie, juste derrière Jean-Paul Sartre. Ils deviennent tous deux professeurs de philosophie, d'abord mutés en province, puis à Paris. Elle écrit un premier roman, refusé par les éditeurs (publié beaucoup plus tard). Son deuxième roman, L'invitée devient son premier roman publié à succès en 1943. Après la Seconde Guerre mondiale, elle voyage en Europe, en Afrique, en Amérique. Elle publie en 1949 un essai féministe, Le Deuxième sexe. Elle y prône l'émancipation de la femme qui doit allier l'égalité et la reconnaissance de sa différence. L'ouvrage a un retentissement mondial, il fait scandale tout en étant un énorme succès, traduit en plusieurs langues. À partir des années 1950, elle publie de nombreux romans, des essais et son autobiographie en trois volumes. Elle devient l'un des auteurs les plus lus du monde. Elle meurt en 1986.

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Jules Ferry

5 avril 1832 − 17 Mars 1893

Français

Issu d'une famille de notables vosgiens, Jules Ferry est avocat et journaliste. Il entre en politique d'abord en écrivant des pamphlets très critiques et humoristiques contre le régime de Napoléon III, puis il est élu député républicain en 1969. En septembre 1870, il fait partie du gouvernement de défense nationale de la IIIe République. Nommé maire de Paris, il est chassé par la Commune, aux élections de 1871, il est élu député des Vosges à l'Assemblée nationale. Il garde son siège jusqu'en 1889.

Entre 1879 et 1885, il occupe différents postes qui lui permettent d'imposer des mesures importantes dans l'histoire de la IIIe République. Il est ministre de l'Instruction publique de 1879 à 1883, président du Conseil de 1880 à 1881, puis de 1883 à 1885. Il fait voter les lois sur la liberté de la presse ainsi que celles qui rendent l'enseignement primaire obligatoire et créent l'école publique, gratuite et laïque.

Lors de son second gouvernement, en 1883 − 1885, il ordonne une expédition française en Indochine qui divise l'opinion et lui coûte son ministère. En mars 1885, la fausse nouvelle de l'échec de l'expédition du Tonkin fait chuter la bourse de Paris et le discours du député radical Georges Clemenceau, contre l'expédition du Tonkin, provoque la démission du cabinet Ferry. Fin juillet 1885, les débats agitent l'Assemblée nationale, à propos de la colonisation. Le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 (les fondements de la politique coloniale), qui parle du devoir de civilisation des races supérieures sur les races inférieures, scandalise Georges Clemenceau qui lui répond dans son discours du 31 juillet. Après cette date, Jules Ferry connaît des échecs électoraux et est victime d'un attentat qui laisse des séquelles. Il meurt d'une crise cardiaque en 1893.

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Roger Salengro

30 mai 1890 − 18 novembre 1936

Français

Originaire du Nord de la France, Roger Salengro suit des études supérieures à la faculté des lettres de Lille et adhère à la SFIO. Au début de la guerre, Salengro participe aux combats d'Artois et de Champagne. Il est fait prisonnier le 7 octobre 1915, par les Allemands, mais son chef de bataillon le croit mort puis le soupçonne d'avoir déserté. Il est jugé par contumace et acquitté en 1916. En fait, Salengro passe trois années en captivité en Allemagne et finit par arriver dans un camp disciplinaire en Prusse (après une condamnation pour refus d'obéissance). À son retour en France, il est très faible et amaigri. Après la guerre, une fois rétabli, il se lance dans le journalisme et devient un militant actif de la SFIO. Conseiller municipal à Lille, puis conseiller général, il devient maire de Lille en 1925 et député en 1928.

En 1936, il participe au gouvernement du Front Populaire et est nommé ministre de l'Intérieur. Il présente la loi sur la dissolution des ligues, le 18 juin 1936, ce qui provoque des réactions violentes de la part des mouvements d'extrême droite et des nationalistes. Commence alors, contre Salengro, une campagne diffamatoire d'articles et de caricatures dans la presse d'extrême droite (surtout dans Gringoire et L'Action française), qui vise à le déshonorer et à le faire passer pour un lâche, l'accusant d'avoir été un déserteur pendant la guerre. Les articles sont repris bientôt dans tous les journaux qui relatent l'affaire et l'opinion publique s'interroge. Salengro doit se justifier et démentir. Les députés de l'Assemblée nationale lui accordent leur soutien (427 voix sur 530). Mais le mal est fait. Déprimé et fragile, sensible au mépris d'une partie de l'opinion qui croit ces calomnies, Roger Salengro finit par se suicider en s'asphyxiant avec le gaz, à son domicile, où il vivait seul depuis le décès de son épouse (1935). Il laisse une lettre à son frère et une autre à Léon Blum et étale sur la table où il se laisse mourir des exemplaires du journal Gringoire.

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