Première ES 2016-2017
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Première ES 2016-2017

Le temps des dominations coloniales

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Jules Ferry

5 avril 1832 − 17 mars 1893

Français

Issu d'une famille de notaires vosgiens, Jules Ferry est d'abord avocat et journaliste. Il entre en politique d'abord en écrivant des pamphlets très critiques et humoristiques contre le régime de Napoléon III. Puis il est élu député républicain en 1869. En 1870, il fait partie du gouvernement de défense nationale de la IIIe République. Aux élections de 1871, il est élu député des Vosges à l'Assemblée nationale. Il garde son siège jusqu'en 1889.

Entre 1879 et 1885, il occupe différents postes qui lui permettent d'imposer des mesures importantes dans l'histoire de la IIIe République. Il est ministre de l'Instruction publique de 1879 à 1882, président du Conseil de 1880 à 1881, puis de 1883 à 1885. Il fait voter les lois sur la liberté de la presse ainsi que celles qui rendent l'enseignement primaire obligatoire et crée l'école publique, gratuite et laïque.

Lors de son second gouvernement en 1883−1885, il ordonne une expédition en Indochine qui divise l'opinion et lui coûte son ministère. En mars 1885, la fausse nouvelle de l'échec de l'expédition au Tonkin fait chuter la bourse de Paris et le discours du député radical Georges Clemenceau, contre l'expédition du Tonkin, provoque la démission du cabinet Ferry. Fin juillet 1885, les débats agitent l'assemblée Nationale à propos de la colonisation. Le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 (les fondements de la politique coloniale), qui parle du devoir de civilisation des races supérieures sur les races inférieures, scandalise Georges Clemenceau qui lui répond dans son discours du 31 juillet. Mais la politique coloniale engagée par la France se poursuit. Après cette date, Jules Ferry connaît des échecs électoraux et est victime d'un attentat qui laisse des séquelles. Il meurt d'une crise cardiaque en 1893.

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Abd el-Krim

Vers 1882 − 6 février 1963

Marocain

Add el-Krim est le fils d'un cadi de Adjir (juge en arabe). Il fait des études de droit en Espagne puis devient journaliste entre 1908 et 1915. Il est nommé cadi à Melilla en 1915, par l'administration espagnole mais il manifeste son hostilité à l'égard de la conquête espagnole en direction du Rif. Il est condamné à onze mois de prison et une fois libéré, il quitte Melilla et rejoint son père à Adjir. Il organise une véritable guerre sainte contre les Espagnols. Victorieux, il crée un gouvernement à Adjir. Il se tourne alors contre les Français, auxquel il veut reprendre Fès. Les Français résistent difficilement, mais s'accordent avec les Espagnols pour mener une offensive commune, appelée la campagne du Rif. Abd el-Krim est vaincu. Il se rend en mai 1926 et est exilé à la Réunion. Autorisé à s'installer dans le sud de la France, il embarque sur un navire à destination de Marseille avec ses proches. Il profite d'une escale à Suez pour s'échapper et obtient en asile en Égypte, au Caire, où il continue de lutter pour l'indépendance, en présidant le Comité de Libération du Maghreb. Il meurt au Caire en 1963.

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Sir Henry Morton Stanley

28 janvier 1841 − 10 mai 1904

Britannique

Encore très jeune, Stanley quitte la Grande-Bretagne et embarque pour l'Amérique. Il participe à la guerre de sécession dans le camp des confédérés. Devenu journaliste, il voyage en Ethiopie (1868). En mission pour le New York Herald Tribune, il part en Afrique Centrale, à la rencontre de Livingstone qu'il trouve en novembre 1871 puis rentre en Grande-Bretagne. Après la mort de Livingstone, Stanley décide de repartir pour l'Afrique centrale et de poursuivre l'exploration de la région. De 1874 à 1877, il accomplit un vaste voyage de découverte au cœur de l'Afrique Centrale : le lac Victoria, l'Ouganda, le lac Albert, le Tanganyika, le fleuve Congo. Toutefois, irrité par l'indifférence de la Grande-Bretagne, il se met au service du roi des Belges, Léopold II et de son Association internationale africaine. Il dirige alors un expédition et remonte le fleuve Congo entre 1879 et 1884. Il découvre le lac Léopold II et crée l'État indépendant du Congo (1885). Entre 1887 et 1889, il repart en Afrique, en partant cette fois de la côte atlantique. Après cela, Stanley s'installe en Angleterre et est élu membre de la chambre des Communes. Il meurt en 1904, laissant de nombreux récits de ses voyages et une autobiographie.

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Joseph Gallieni

28 avril 1849 − 27 mai 1916

Français

Fils d'un officier d'infanterie, Joseph Gallieni entre à l'École militaire de saint-Cyr en 1868 et devient sous-lieutenant dans l'infanterie de marine. Il est blessé et fait prisonnier pendant la guerre de 1870. Envoyé sur l'île de la Réunion en 1873 avec le grade de lieutenant, il commence alors sa carrière dans les colonies. De 1876 à 1882, il est envoyé en Afrique Noire (au Mali et au Soudan) : il établit un protectorat au Mali et obtient un accord de commerce avec le Haut Niger. Après un séjour de trois ans à la Martinique, il est de nouveau envoyé au Soudan de 1886 à 1888 et y réprime durement une insurrection. De 1892 à 1896, il est en mission en Indochine (Tonkin) avec le grade de colonel et est secondé par Lyautey. De 1896 à 1905, promu général, il est envoyé à Madagascar et garde Lyautey pour le seconder. Il écrase les insurrections, pacifie l'île et y organise la colonisation (installations d'infrastructures comme les chemins de fer et les écoles).

Il est de retour en France en 1905 et prend sa retraite en 1914. Cependant, en août 1914, la Première Guerre mondiale le rappelle sur le terrain. Il est nommé gouverneur militaire de Paris et organise la défense de la ville. Il permet la victoire de la Marne et évite à la France un désastre militaire de plus, grâce à son idée de réquisitionner les taxis parisiens pour transporter les troupes de renfort sur le champ de bataille. Les relations entre Gallieni et Joffre, le chef de l'état-major, deviennent tendues en 1915. Gallieni ne cache pas son désaccord et critique les erreurs de Joffre, mais il n'est pas écouté. Il démissionne et meurt en mai 1916. Il est nommé maréchal de France à titre posthume en 1921.

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Messali Hadj

16 mai 1898 − 3 juin 1974

Algérien

Messali Hadj est considéré comme le père fondateur du nationalisme algérien, car dès 1926, alors installé en France, il réclame l'indépendance de l'Algérie et crée différentes organisations politiques indépendantistes. La première est créée avec l'aide des communistes français en 1926 : l'Étoile nord-africaine (ENA) réclame l'indépendance de l'Algérie et du Maghreb et propose un programme détaillé de la mise en place concrète de cette indépendance. Mais, rapidement, des divergences apparaissent entre l'Étoile et les communistes français. Finalement, en 1937, le Front Populaire ordonne la dissolution de l'ENA. La même année, Messali crée le parti du peuple algérien (PPA). À plusieurs reprises Messali est emprisonné ou déporté, mais il continue la lutte sans relâche. Après l'interdiction du PPA, il crée un nouveau parti, le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), en 1946 qui obtient cinq sièges à l'Assemblée nationale. En 1954, le MTLD se divise en deux groupes rivaux qui s'affrontent : le FLN (Front de Libération nationale) et le MNA (Mouvement National algérien) que dirige Messali. Dans un contexte de guerre d'indépendance en Algérie, c'est la rupture et la guerre entre les deux groupes : le FLN veut détruire le MNA et les assassinats se multiplient. Le FLN sort vainqueur de cette lutte pour le pouvoir. Messali, affaibli et isolé, se rallie au général de Gaulle et reste en exil en France, dans l'Oise jusqu'à sa mort en 1974. Celui qui a lutté pour l'indépendance de son pays est exclu de tout rôle politique quand l'indépendance arrive et que naît la République algérienne.

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Habib Bourguiba

3 août 1903 − 6 avril 2000

Tunisien

Avocat de formation (études en France dans les années 1920), Habib Bourguiba remet en cause le colonialisme français et réclame l'indépendance de la Tunisie. Il rejoint le parti nationaliste Destour, puis fonde son propre parti en 1934, le Néo-Destour qui défend un nationalisme laïque et démocratique. Entre 1938 et 1954, Habib Bourguiba continue, infatigable, son combat pour l'indépendance, ce qui lui vaut de passer une partie de sa vie en prison et en exil. Finalement, il parvient à imposer l'indépendance de la Tunisie en 1956. En 1957, il proclame la République et devient président. Il dirige le pays jusqu'à sa destitution par le général Ben Ali en 1987. Il meurt le 6 avril 2000 à l'âge de 96 ans.

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Mohandas Karamchand Gandhi

2 octobre 1869 − 30 janvier 1948

Indien

Issu de la bourgeoisie indienne, Gandhi fait des études de droit à Londres, puis devient avocat en Afrique du Sud, en 1893. Il s'engage en politique pour défendre les droits des immigrés indiens. Il met au point des méthodes de résistance passive, de non-violence et de désobéissance civile. Il les applique ensuite en Inde où il revient en 1915. Il est surnommé le Mahatma (la grande âme). Cet homme de paix devient autant un chef politique qu'une figure morale et il incarne la résistance au colonialisme. Cependant, il ne parvient pas à empêcher la division de l'Inde au moment de l'Indépendance en 1947 : l'Union indienne et le Pakistan sont créés. Il est assassiné en 1948 par un extrémiste hindouiste qui lui reproche sa modération à l'égard des musulmans.

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Hubert Lyautey

17 novembre 1854 − 27 juillet 1934

Français

Né dans une famille de militaires, Lyautey entre à Saint-Cyr en 1873, et rejoint la cavalerie. Il effectue presque toute sa carrière militaire dans les colonies et surtout en Afrique du Nord puisqu'il est affecté à l'Algérie en 1880. En 1894, il part pour l'Indochine où il participe aux expéditions du Tonkin, aux côtés de Gallieni avec qui il est ensuite affecté à Madagascar pour pacifier l'île de 1897 à 1902. Lyautey y est promu colonel en 1900. De 1903 à 1910, il est envoyé de nouveau en Algérie où il doit réprimer les soulèvements et pacifier l'ensemble de la région ; il est alors promu général. En 1912, il est rappelé au Maroc et de nouveau il accomplit une mission de répression des révoltes, puis de pacification. Pendant la Première Guerre mondiale, malgré des effectifs réduits, il parvient à garder le Maroc.

Il est de retour en France pour assurer la fonction de ministre de la guerre, pendant quelques mois (décembre 1916 − mars 1917), dans le gouvernement Briand, puis rentre au Maroc. Il est promu maréchal de France en 1921. Lyautey est apprécié par les dignitaires marocains, car il se montre toujours respectueux des souverains marocains, des traditions, de la religion et de la culture. D'ailleurs, il a appris la langue arabe. En 1925, ses mauvaises relations avec le gouvernement Painlevé et le Maréchal Pétain, venu au Maroc pour réprimer la révolte d'Abd el-Krim le conduisent à demander à être relevé de ses fonctions et il rentre en France. Retraité en Lorraine, il est chargé d'organiser l'exposition coloniale (1927 − 1931) puis meurt en 1934. Il laisse de nombreuses traces écrites (lettres, études, rapports, essais dont son ouvrage intitulé, Le Rôle social de l'officier qui a fait débat quand il a été publié en 1891).

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