Première ES 2015-2016
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Première ES 2015-2016

La République et les évolutions de la société française

Les ouvriers au XIXe siècle sont confrontés à des conditions de travail et de vie difficiles. La IIIe République qui s'enracine dans les années 1880 ne fait pourtant pas de la question sociale une de ses priorités. Quelques mesures sont prises, elles sont plus nombreuses lorsque les radicaux sont au pouvoir mais elles restent insuffisantes. La République continue d'être méfiante avec le mouvement ouvrier et n'hésite pas à le réprimer sévèrement.

Le Front populaire marque un épisode important dans les relations entre les ouvriers et la République. Une réelle politique sociale, en faveur des ouvriers, est mise en place. Après la Seconde Guerre mondiale, l'instauration de l'État providence permet une amélioration de la situation des ouvriers mais les crises à partir des années 1970 et les mutations du monde du travail diminuent le poids des ouvriers dans la société et ils connaissent une précarisation croissante.

La question des religions est aussi très importante pour la république. La religion est considérée par les hommes politiques du début de la IIIe République comme un obstacle à l'enracinement de la culture républicaine. La société est laïcisée, avec les lois scolaires et avec la loi de séparation de l'Église et de l'État en 1905. Après de vives tensions, les relations entre la République et la religion catholique s'apaisent. Cependant, des tensions demeurent, notamment autour de la question de l'école ou des lois sociétales.

Enfin, la place de la femme dans la République est l'histoire d'un long combat pour l'égalité. Les femmes sont durant toute la IIIe République en statut d'infériorité face aux hommes, malgré quelques améliorations. Les combats féministes sont dans un premier temps centrés autour de la question de l'obtention du droit de vote. Le droit de vote acquis, les luttes ne cessent pas et portent sur la possibilité de disposer de son corps et sur l'égalité dans la société. Des avancées notables sont réalisées, comme le droit à l'avortement, mais de profondes inégalités demeurent.

I

La République et la question ouvrière

A

Les ouvriers et la République jusqu'en 1936

1

Les ouvriers et la République au XIXe siècle

Les ouvriers, qui ne constituent pas un groupe homogène au XIXe siècle, sont majoritairement républicains au cours du XIXe siècle mais entretiennent des rapports ambigus avec les différentes Républiques :

  • En 1848, la IIe République développe des réformes sociales, notamment par la création des Ateliers nationaux. Mais la "République sociale" ne dure que quelques mois et le programme social est abandonné. La rupture se produit lors de la répression sanglante des manifestations ouvrières s'opposant à la fermeture des ateliers.
  • En 1871, les députés élus sont des députés conservateurs, majoritairement royalistes. Entre mars et mai 1871, la Commune de Paris, à laquelle participent de nombreux ouvriers parisiens, subit une répression violente des "Versaillais", c'est-à-dire du gouvernement républicain installé à Versailles. De nombreux communards sont exécutés et exilés dans des bagnes.
  • L'échec de la restauration et l'installation définitive du régime républicain ne signifient pas une reconnaissance du mouvement ouvrier. La méfiance face au mouvement ouvrier de la part des gouvernements successifs demeure jusque dans les années 1890. L'action des "opportunistes" a surtout pour objectif le développement des idées et des principes républicains (libertés, laïcité, etc.). Ils mènent une politique sociale très modérée. Le dialogue entre le mouvement ouvrier et les républicains est peu développé.

Malgré ces tensions, les ouvriers restent partisans d'un État républicain.

Le mouvement ouvrier, qui prend ses racines dans la Révolution française, se prolonge tout au long du XIXe siècle avec le développement du socialisme et des idées libertaires et prend son essor à la fin du XIXe :

  • Durant la Révolution, Gracchus Babeuf est partisan d'une révolution sociale.
  • Durant tout le XIXe siècle, les socialistes utopistes (Saint-Simon, Fourrier) puis le développement du marxisme prônent l'émancipation des travailleurs et réclament une démocratie sociale.
  • À la fin du XIXe siècle, dans le cadre de l'industrialisation et du développement des grandes usines, le poids des ouvriers dans la société française est de plus en plus important.
2

Les premières lois sociales

Durant les débuts de la IIIe République, mais surtout suite à l'arrivée au pouvoir des radicaux à la fin des années 1890, des lois sociales sont prises pour améliorer la situation des ouvriers :

  • La loi Waldeck Rousseau en 1884 autorise les syndicats.
  • La CGT est créée avec le congrès d'Amiens en 1898. À ses débuts, elle est un mouvement anarcho-syndicaliste.
  • La loi protégeant les travailleurs victimes des accidents de travail est prise en 1898.
  • La journée de travail, dans certaines branches de l'industrie, passe à dix heures en 1900.
  • Des socialistes sont élus dans les mairies de plusieurs villes et à la Chambre des députés.

Mais malgré l'essor du mouvement ouvrier et la mise en place de certaines lois sociales, les réformes restent limitées, la République déçoit de nombreux ouvriers et la répression des mouvements ouvriers peut encore être très violente.

La fusillade du 1er mai 1891 à Fourmies dans le Nord, lors d'une manifestation pacifique d'ouvriers réclamant les 8 heures de travail quotidien, fait 9 morts et 35 blessés.

La SFIO, créée en 1905, rassemble plusieurs mouvements socialistes. Elle est dirigée par Jean Jaurès. Ce socialiste est pour l'émancipation des travailleurs et la fin de la domination capitaliste mais il n'est pas pour une révolution violente et prône le réformisme.

3

Le mouvement ouvrier de 1918 à 1936

Dans les années 1920, le mouvement ouvrier est profondément divisé :

  • Pendant la Première Guerre mondiale, au nom de l'Union sacrée, les revendications ouvrières sont étouffées.
  • En 1918, la situation sociale est assez tendue dans toute l'Europe et en France suite à la Révolution russe de 1917.
  • Des concessions sont faites comme la journée de 8 heures votée en 1918.
  • Le mouvement socialiste et syndical est modifié en profondeur par la révolution soviétique. Le congrès de Tours, en 1920, aboutit à la séparation entre la SFIO qui continue sur une ligne réformiste et la Section française de l'internationale communiste (SFIC, qui deviendra par la suite le Parti communiste français, PCF) qui renonce à la participation aux institutions de la République, qualifiée de bourgeoise et prône l'action révolutionnaire.
  • Le mouvement syndical se scinde aussi en deux. La CGT, devenue plus modérée, est le syndicat proche de la SFIO alors que la CGTU est le syndicat affilié au PCF.
  • La division du mouvement et la forte répression de l'État expliquent l'échec des grèves de 1920.
B

Le Front populaire

1

L'union des gauches

La crise de 1929 provoque une crise sociale et politique en France et débouche sur l'unité du mouvement ouvrier :

  • La France est un pays touché plus tardivement mais plus longuement par la crise économique survenue aux États-Unis en 1929. On dénombre plus de 400 000 chômeurs.
  • L'antiparlementarisme reprend son essor et les ligues d'extrême droite voient leurs effectifs augmenter. Le 6 février 1934, une manifestation des ligues est l'occasion de violents heurts devant la Chambre des députés que certains veulent envahir.
  • La gauche réagit unanimement et dénonce cette tentative de "coup d'État".
  • Le 14 juillet 1935, le PCF et la SFIO prêtent le serment du Front populaire.
  • L'objectif de cette union est de se présenter aux élections sur la base d'un programme commun réclamant du "pain, la paix et la liberté".
  • Ce programme est volontairement modéré et résolument républicain afin de ne pas effrayer certaines classes de la population réticentes au communisme.
2

Les réalisations du Front populaire

Le Front populaire remporte les élections :

  • Les députés du Front populaire obtiennent la majorité à la chambre des députés en juin 1936 grâce à la discipline républicaine.
  • La SFIO est le premier parti à la chambre et son leader, Léon Blum, est élu président du Conseil.
  • Les communistes soutiennent le gouvernement mais n'y participent pas.

Durant le Front populaire, des mesures sociales sont prises et la pression des ouvriers est très importante :

  • 2,5 millions de travailleurs se mettent en grève pour soutenir le Front populaire. Des usines sont occupées.
  • Les accords de Matignon prévoient des hausses des salaires et la signature de conventions collectives entre le patronat et les syndicats ainsi que l'instauration des délégués du personnel.
  • Le temps de travail hebdomadaire passe à 40 heures.
  • Les premiers congés payés sont institués et les ouvriers sont incités à prendre des vacances. La pratique des loisirs est encouragée.

Léo Lagrange, sous-secrétaire d'État aux sports et à l'organisation du temps libre, met en place les réductions populaires sur les trains et impulse le mouvement des auberges de jeunesse.

3

La fin du Front populaire

Le Front populaire rencontre de nombreuses oppositions :

  • L'opposition menée par l'extrême droite est très violente et les critiques incessantes de la droite.
  • Les capitaux fuient à l'étranger.

Roger Salengro, ministre de l'Intérieur du Front populaire est accusé à tort par l'extrême droite d'avoir déserté pendant la Première Guerre mondiale. La campagne de diffamation est telle qu'il finit par se suicider.

Les difficultés sont nombreuses :

  • L'inflation et la hausse des prix annulent les effets de l'augmentation des salaires.
  • La rupture intervient avec les communistes qui réclament l'intervention de la France aux côtés des républicains combattant dans la guerre d'Espagne.
  • Léon Blum démissionne en 1937.

Bien que le Front populaire ait duré peu de temps, il est fondamental dans la mémoire des ouvriers et dans les rapports entre la République et le mouvement ouvrier.

C

La République et la question ouvrière après 1945

À la Libération, le Parti communiste a une très forte influence sur la société française. Ce parti qui met en avant son rôle dans la Résistance se présente comme "le parti des 75 000 fusillés" (chiffre exagéré).

Les premières mesures prises par le gouvernement provisoire (GPRF) sont inspirées du programme élaboré par le Conseil national de la Résistance (CNR) et comportent de nombreuses mesures sociales :

  • Des nationalisations sont effectuées. Cependant cette mesure est avant tout destinée à punir les entreprises qui ont collaboré.
  • Les comités d'entreprise sont créés.
  • La sécurité sociale permet à tous les travailleurs une protection contre les aléas de la vie.

La République joue désormais un rôle social affirmé. En 1950, le SMIG est créé.

Le mouvement social de mai 1968 débute par la contestation étudiante mais s'étend rapidement aux ouvriers. Les accords de Grenelle prévoient une augmentation des salaires et la mise en place d'une représentation syndicale permanente dans les entreprises, ainsi qu'une quatrième semaine de congés payés.

Le monde ouvrier change aussi profondément. Les ouvriers constituent dans les années 1970 une part encore importante de la population active. Ils sont 40% en 1974. Puis les crises pétrolières, les robotisations, les délocalisations et la crise industrielle diminuent le nombre des ouvriers. Le travail ouvrier se précarise et le recours de plus en plus important à des intérimaires a pour conséquence une diminution du sentiment d'appartenance à la classe ouvrière.

De nouvelles lois viennent améliorer la situation des ouvriers, elles sont mises en place par des gouvernements socialistes :

  • En 1982, les lois Auroux améliorent le droit du travail.
  • Les 35 heures sont instaurées par la loi Aubry en 2000. Cette loi a tout de même pour contrepartie l'annualisation du temps de travail et une flexibilité renforcée.

Les mouvements ouvriers traditionnels sont confrontés à une véritable crise :

  • Le PCF, même s'il garde un nombre de militants non négligeable, réalise des scores très bas.
  • Le Front national attire de plus en plus les voix des ouvriers.
II

La République, les religions et la laïcité depuis 1880

A

Les religions et la IIIe République

1

La rupture de la IIIe République

La France du XIXe siècle, malgré la rupture opérée lors de la Révolution française, est fortement influencée par la religion catholique :

  • En 1871, la France est encore sous le régime du Concordat instauré par Napoléon 1er. Les autres religions sont reconnues, l'État exerce un contrôle sur l'Église dont il rémunère les membres du clergé et la religion catholique est reconnue comme la religion de la "majorité des Français".
  • Durant tout le XIXe siècle, l'Église joue un rôle dans l'enseignement (loi Falloux) et dans l'assistance aux plus pauvres et aux malades.

La IIIe République porte l'héritage de la Révolution française et de sa rupture avec la religion catholique. La République garantit la liberté de conscience et cherche à diminuer l'emprise de la religion sur la population :

  • Les républicains à la fin du XIXe siècle sont très influencés par la doctrine positiviste qui rejette toute approche métaphysique de la connaissance.
  • Les libres-penseurs sont nombreux et influents.
  • L'Église est perçue comme une institution conservatrice dont il faut diminuer l'emprise sur la société.
  • La laïcisation de l'État et de la société est déjà engagée dans les années 1880 mais le combat anticlérical devient plus virulent suite à l'élection des radicaux.

Plusieurs lois laïques sont votées :

  • En 1880, le repos dominical religieux est supprimé.
  • L'école devient laïque par les lois Ferry en 1882.
  • Le divorce est autorisé en 1884.
  • Les prières avant les séances parlementaires sont interdites en 1884.
  • Les hôpitaux sont laïcisés.

Bien que Léon XIII, par l'encyclique intitulée "Au milieu des sollicitudes" en 1892, exhorte les catholiques français et le clergé à accepter la forme républicaine de l'État, les catholiques sont nombreux dans les rangs des royalistes et des antirépublicains.

2

L'action des radicaux et la loi de 1905

Les radicaux qui remportent les élections en 1899 mènent un combat anticlérical très actif, notamment sous l'action d'Émile Combes et d'Aristide Briand :

  • Les relations diplomatiques sont suspendues avec le Vatican en 1904.
  • La loi de séparation de l'Église et de l'État est votée en 1905.
  • Cette loi déclenche de vives oppositions de la part des catholiques. L'inventaire des biens de l'Église, engagé par l'État, est l'occasion de troubles.
  • Finalement, des aménagements sont faits à la loi et le clergé finit par accepter la loi de 1905.
3

L'apaisement

Durant la Première Guerre mondiale, l'Union sacrée étouffe les différents conflits. Après la guerre, les rapports deviennent beaucoup plus pacifiés entre la République et l'Église :

  • Les relations diplomatiques sont rétablies avec le Vatican en 1921.
  • L'Alsace-Lorraine, rattachée à la France en 1918, garde le statut du Concordat.
  • Des lois permettent de légaliser le financement du culte.
  • L'anticléricalisme n'est plus un combat prioritaire de la gauche.
  • Cependant, les oppositions restent présentes. De nombreux membres des ligues d'extrême droite sont de fervents catholiques.
  • Durant le gouvernement de Vichy, l'aspect ultraconservateur du pouvoir favorise la religion catholique.
B

La République et les religions depuis 1945

1

Des relations pacifiées

Les autorités ecclésiastiques ont faiblement dénoncé les atrocités du régime nazi ou ont été peu écoutées. Cependant, des catholiques ont participé de manière active à la Résistance comme Pierre Chaillet.

La constitution de 1946 indique que la France est un État laïc mais les relations avec l'Église catholique ne sont plus problématiques :

  • En 1948, les émissions religieuses sont autorisées sur les chaînes publiques. La messe de Noël à Notre-Dame de Paris est la première messe diffusée à la télé.
  • En 1958, la Constitution de la Ve République parle du "respect de toute croyance".
  • De nombreuses congrégations religieuses sont autorisées.
2

La persistance de tensions

L'apaisement général de la question religieuse ne signifie pas la fin de toutes les tensions religieuses. La question scolaire est source de nombreuses querelles :

  • En 1984, sous la présidence du socialiste Mitterrand, la loi Savary s'attaque au financement de l'"école libre" par l'État (les professeurs dans les écoles privées sont rémunérés par l'État). Une mobilisation massive empêche l'aboutissement de la loi.
  • En 1994, c'est suite à une volonté d'augmenter le financement public des écoles privées qu'une manifestation de militants laïcs rassemble un million de personnes à Paris.

Mais une certaine frange des catholiques français s'oppose à d'autres lois républicaines au nom de la défense des valeurs traditionnelles :

  • L'opposition à la loi sur l'IVG (avortement) en 1975 provoque de vives réactions.
  • La loi pour le PACS est aussi l'occasion de débats houleux.
  • Enfin, la loi du "mariage pour tous" en 2013, présentée par Christiane Taubira, voit l'émergence d'un mouvement de contestation de la loi.
3

Les mutations de la pratique religieuse des Français

Des changements affectent toutes les religions présentes en France :

  • Les protestants représentent 2% des croyants en France, et le nombre d'évangélistes est en augmentation.
  • Les Juifs représentent 1% de la population française. Ils ont connu des changements avec l'arrivée des Juifs séfarades, venus du Maghreb, qui sont devenus majoritaires dans de nombreuses communautés où dominaient, avant les vagues migratoires, les Juifs ashkénazes.

L'islam est désormais la deuxième religion de France avec 6 millions de croyants :

  • La pratique chez les musulmans (17%) est plus forte que la pratique chez les catholiques (8%).
  • Des débats ont eu lieu depuis 1989 sur la question du "voile islamique".
  • Certains hommes politiques ou médias parlent de la "montée du communautarisme" et pointent le problème de la radicalisation de certains musulmans.
  • La pratique de l'islam reste pour la plus grande majorité des musulmans une pratique modérée.
  • On observe aussi une certaine reconnaissance de l'État de la religion musulmane. En 2003 est créé le Conseil français du culte musulman et des aumôneries musulmanes sont mises en place à l'armée.
  • La loi de 2004 sur la laïcité à l'école interdit le port de signes religieux à l'école.
III

La place des femmes dans la France au XXe siècle

A

Le statut inférieur de la femme sous la IIIe République

1

Les améliorations du statut de la femme sous la IIIe République

La société patriarcale a toujours tenu les femmes dans un rôle subalterne. La IIIe République rompt en partie avec le Code civil instauré par Napoléon, qui attribue aux femmes un rôle de soumission à leur mari :

  • En 1895, une femme peut retirer de l'argent.
  • En 1907, une femme peut disposer librement de son salaire.
  • L'école républicaine et l'obligation scolaire avec les lois de Ferry participent à l'émancipation des femmes.
  • Elles peuvent passer le même baccalauréat que les hommes en 1902.
  • Il faut cependant attendre 1924 pour que les programmes scolaires des filles soit identiques à ceux des garçons.
Société patriarcale

La société patriarcale est une société dans laquelle l'autorité sur la famille et dans la société est détenue par les hommes.

L'article 213 du Code civil de Napoléon précise que "le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari".

2

Les combats pour l'égalité civique et juridique

Les femmes n'ont pas le droit de vote et les premiers combats féministes portent sur l'accès au droit de vote :

  • L’Union française pour le suffrage des Femmes (UFSF) est créée en 1909. Elle rencontre beaucoup de mépris dans une société dominée par les hommes qui les affublent du surnom de "suffragettes".
  • En 1919, un débat est mené sur le droit de vote des femmes mais ne permet aucune avancée.
  • Durant l'entre-deux-guerres, le combat se poursuit et s'intensifie, notamment sous l'action de Louise Weiss et de son mouvement "Femme nouvelle".
  • En 1939, les femmes obtiennent la capacité juridique.
3

Le travail des femmes

Le rôle traditionnellement attribué aux femmes dans la société est un rôle de second plan, un idéal de "femme au foyer" qui s'occupe de l'éducation des enfants et qui doit faire montre d'un caractère discret et soumis à son mari. Pourtant, contrairement aux idées reçues, les femmes ont toujours travaillé mais elles sont moins bien payées que les hommes.

Le taux d'activité des femmes dépasse les 50% avant la Première Guerre mondiale. Pendant le conflit, elles sont fortement sollicitées pour soutenir l'effort de guerre. Mais la fin de la guerre signifie pour beaucoup de femmes le retour à la maison.

Les lois natalistes de 1923 confirment le rôle de la femme "mère au foyer".

Le Front populaire nomme trois femmes sous-secrétaires d'État mais malgré ces nominations de nombreux métiers restent de fait ou de droit inaccessible aux femmes.

La magistrature est interdite aux femmes jusqu'en 1946.

B

La situation des femmes après 1945

1

Une place à part dans la société

Les femmes ont été nombreuses dans les rangs de la Résistance.

Le 23 mars 1944, l'Assemblée consultative siégeant à Alger adopte le principe du droit de vote des femmes. De Gaulle confirme par une ordonnance le fait que les femmes peuvent voter et être élues. Elles votent pour la première fois en 1945.

Bien qu'elles disposent du droit de vote et que les premières femmes députés sont élues en 1946, la politique reste une affaire d'hommes. Ils représentent l'écrasante majorité des élus.

Dans l'imaginaire collectif, le rôle des femmes reste encore celui de l'épouse docile qui doit s'occuper de ses enfants. La contraception et l'avortement restent interdits et les lois natalistes prises durant les Trente Glorieuses favorisent la "femme au foyer".

L'école et l'accès à l'enseignement supérieur continuent d'être un vecteur d'émancipation. En 1964, pour la première fois, les femmes bachelières sont plus nombreuses que les hommes.

2

Les luttes féministes

Le combat des femmes ne s'est pas éteint avec l'attribution du droit de vote. De nombreux combats pour obtenir l'égalité sont menés dans les années 1960 et 1970.

En 1967, la loi Neuwirth accorde l'accès aux moyens contraceptifs, dont la pilule.

Cependant, l'avortement reste interdit et pénalisé. Le Manifeste des 343 est publié en 1971 dans les colonnes du Nouvel Observateur. De nombreuses femmes, dont Simone de Beauvoir, Françoise d'Eaubonne ou encore Gisèle Halimi déclarent avoir pratiqué l'avortement. En 1972, le procès à Bobigny d'une femme ayant avorté suite à un viol et de ses quatre complices (qui l'ont aidée à avorter) a un fort retentissement en France.

Finalement la loi Veil de 1975 dépénalise le droit à l'avortement (loi sur l'IVG) et le gouvernement socialiste le rembourse en 1982.

Mais le combat des femmes durant les décennies 1960 et 1970 ne se limite au combat pour disposer librement de leur corps. Les militantes du Mouvement des Libération des Femmes (MLF), dont fait partie Simone de Beauvoir, luttent aussi contre le "plafond de verre", c'est-à-dire le fait que les femmes continuent de ne pas accéder aux niveaux supérieurs de la société.

3

Le maintien de profondes inégalités

Les femmes ont accédé à l'égalité juridique mais, dans la pratique, de nombreuses inégalités demeurent.

Plusieurs lois ont été votées ces dernières décennies afin d'améliorer la situation :

  • La loi Roudy contre les discriminations au travail en 1983.
  • La loi sur la parité en politique adoptée en 2000.
  • La loi de 2006 pour l'égalité salariale.

Pourtant la situation reste inégalitaire et les femmes sont encore victimes de la misogynie :

  • Le salaire des femmes est 20% inférieur à celui des hommes.
  • Elles occupent 80% des emplois précaires et à temps partiel.
  • Les femmes sont plus touchées par la précarité que les hommes, notamment les femmes célibataires qui ont en charge leurs enfants.
  • Un femme meurt tous les trois jours en France sous les coups de son compagnon.
  • La publicité, les médias et l'éducation continuent de véhiculer des stéréotypes qui assignent à la femme un rôle secondaire.
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