Première L 2016-2017

En vous inscrivant, vous autorisez Kartable à vous envoyer ses communications par email.

ou
Se connecter
Mot de passe oublié ?
ou

Comparer une fable de La Fontaine et sa parodie

On compare le texte suivant extrait de la fable "Le Corbeau et le Renard" de La Fontaine (Texte A) et sa parodie extraite de "Le Corbeau et le Renard" d'Henri Richer (Texte B). Quelles sont les ressemblances ou différences et leurs effets ? Justifier la réponse.

TEXTE A :

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie,
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.
Le Corbeau honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

TEXTE B :

Maître Corbeau voyant Maître Renard
Qui portait un morceau de lard,
lui dit : "Que tiens-tu là, compère ?
À mon avis c'est un très mauvais plat.
Je te croyais d'un goût plus délicat.
Quand tu peux faire bonne chère,
T'en tenir à du lard ! Tu n'es qu'un pauvre hère.
Regarde près d'ici ces poules, ces canards.
Voilà le vrai gibier de Messieurs les Renards.
As-tu donc oublié ton antique prouesse ?
Je t'ai vu cependant jadis un maître escroc.
Crois-moi, laisse ton lard : ces poules te font hoc
Si tu veux employer le quart de ton adresse."
Maître Renard ainsi flatté,
Comme un autre animal sensible à la louange,
Met bas sa proie et prend le change :
Mais sa finesse et son agilité
Ne servirent de rien : car la gent volatile
Gagna le poulailler, son ordinaire asile.
Notre Renard retourne à son premier morceau.
Mais il fut bien honteux de voir Maître Corbeau,
Qui le mangeait, perché sur le branchage
D'un arbre sec, et qui lui dit : "Ami,
À trompeur, trompeur et demi.
Te souvient-il de ce fromage
Que tu m'escroquas l'autre jour ?
Je fus un sot alors ; et tu l'es à ton tour."

Précédent