Se connecter
ou

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plus : Conditions générales d'utilisation

J'ai compris

Comparer une fable de La Fontaine et sa source

Difficulté
2-5 MIN
8 / 8

On compare le texte suivant de la fable "Conseil tenu par les Rats" de La Fontaine (Texte A) et sa source extraite de "Les Rats et le Chat" de Jacques Régnier (Texte B). Comment La Fontaine a-t-il réécrit la fable ? Justifier la réponse.

TEXTE A :

Un Chat, nommé Rodilardus,
Faisait de Rats telle déconfiture
Que l'on n'en voyait presque plus,
Tant il en avait mis dedans la sépulture.
Le peu qu'il en restait, n'osant quitter son trou,
Ne trouvait à manger que le quart de son soû ;
Et Rodilard passait, chez la gent misérable,
Non pour un Chat, mais pour un Diable.
Or, un jour qu'au haut et au loin
Le Galand alla chercher femme,
Pendant tout le sabbat qu'il fit avec sa dame,
Le demeurant des Rats tint chapitre en un coin
Sur la nécessité présente.
Dès l'abord, leur Doyen, personne fort prudente,
Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus tard,
Attacher un grelot au cou de Rodilard ;
Qu'ainsi, quand il irait en guerre,
De sa marche avertis ils s'enfuiraient sous terre ;
Qu'il n'y savait que ce moyen.
Chacun fut de l'avis de Monsieur le Doyen ;
Chose ne leur parut à tous plus salutaire.
La difficulté fut d'attacher le grelot.
L'un dit : Je n'y vas point, je ne suis pas si sot ;
L'autre : Je ne saurais. Si bien que sans rien faire
On se quitta. J'ai maints chapitres vus,
Qui pour néant se sont ainsi tenus :
Chapitres, non de Rats, mais chapitres de moines,
Voire chapitres de chanoines.

Ne faut-il que délibérer,
La cour en conseillers foisonne ;
Est-il besoin d'exécuter,
L'on ne rencontre plus personne.

TEXTE B :

Une multitude de rats, vivant sous un immense monceau de farine et de paille, se réunissaient tout joyeux de leur nouvelle république. Un chat s'en aperçoit et, tendant avec adresse des pièges continus, il dévorait l'un après l'autre ceux qui s'éloignaient du logis. Les rats, voyant de jour en jour diminuer le nombre de leurs concitoyens, convoquent l'assemblée. La seule chose qu'ils se demandent avec inquiétude est celle-ci : comment pourront-ils se venger des pertes qu'un ennemi cruel ne cesse de leur infliger avec ses griffes et son terrible ratelier armé de dents effroyables. Les avis furent nombreux : on approuva celui d'un rat plus sage que les autres. "Il faut user de ruse, dit-il, et, pendant le sommeil du chat, pendre une clochette à son col. Ainsi nous éviterons par la fuite le péril imminent, ou bien restant confinés dans nos trous étroits, nous serons avertis de sa présence par le bruit de l'airain en mouvement."
On applaudit, mais il fallait agir. Le même orateur continue : "lequel d'entre les citoyens consent à se charger d'une tâche aussi glorieuse ?" Tous les rats, effrayés du péril, refusent de se hasarder ; l'orateur lui-même se récuse comme les autres. Et le chat les fit tous périr et détruisit leur république.
Ainsi la difficulté et le danger d'une entreprise rendent les bons conseils inutiles.

Précédent

Identifie-toi pour voir plus de contenu

Pour avoir accès à l'intégralité des contenus de Kartable et pouvoir naviguer en toute tranquillité,
connecte-toi à ton compte. Et si tu n'es toujours pas inscrit, il est grand temps d'y remédier.