Première L 2015-2016

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Valoriser et ménager les milieux

La France métropolitaine et d'outre-mer est riche en milieux divers et variés qui s'expliquent par les variations du relief et du climat. Ces milieux sont en grande majorité anthropisés. En effet, l'Homme les a mis en valeur, les a aménagés et exploités à de nombreuses fins (développement, tourisme, exploitation des ressources). Les contraintes naturelles sont désormais surmontées mais la population doit encore affronter des risques. Enfin l'ensemble des milieux français sont des milieux à ménager et à protéger. Il faut en effet diminuer la vulnérabilité face aux risques mais aussi les protéger et assurer leur durabilité.

I

Les potentialités du territoire français

A

La diversité des milieux

La France s'étend sur 551 500 km² pour la métropole et 675 400 km² avec les territoires d'outre-mer. Au nombre de 13, les territoires représentent environ 18% de la superficie totale de la France. La diversité des milieux s'explique par les variations du climat et du relief. Les deux tiers du territoire français sont parcourus par de grandes plaines et des vallées. Les montagnes françaises, présentes sur une moitié sud-est du territoire, sont des massifs jeunes (Alpes, Pyrénées, Jura : sommets élevés et fortes pentes), ainsi que des massifs anciens (sommets moins élevés et arrondis) comme le Massif central ou les Vosges. Le climat est tempéré sur tout le territoire métropolitain. On y trouve quatre grands domaines bioclimatiques : océanique, semi-continental (est), méditerranéen (sud-est) et montagnard.

-

Les domaines bioclimatiques en France

Climat tempéré

Un climat tempéré est un climat qui ne connaît pas d'excès de température ni de précipitation.

Les territoires d'outre-mer français sont, à l'exception de la Guyane, des îles. Ils sont majoritairement localisés dans les zones tropicale et équatoriale, même si certaines îles comme Saint-Pierre-et-Miquelon se situent dans des zones plus froides.

B

Des milieux mis en valeur et aménagés

L'Homme agit sur l'environnement naturel français depuis des siècles. Aujourd'hui, les espaces naturels sont nombreux en France, mais à part quelques milieux en outre-mer, ils sont tous anthropisés.

Espace anthropisé

Un espace anthropisé est un espace modifié par l'Homme.

La plus grande forêt de France métropolitaine, la forêt des Landes, est une plantation artificielle datant des XVIIIe et XIXe siècles.

On trouve quatre types de milieux en France :

  • Les milieux urbains sont des milieux totalement anthropisés. Ils sont les plus dégradés. C'est dans les plaines et les vallées, ainsi que le long des littoraux qu'habite la majorité de la population française et que l'on trouve la quasi-totalité des espaces urbains. Ces espaces sont traversés par les principaux axes de communication et sont aussi exploités pour l'agriculture.
  • Les milieux agricoles, qui occupent 83% du territoire, sont aussi anthropisés. Ils sont le résultat d'une action humaine ancienne.
  • Les montagnes, qui comportent proportionnellement plus d'espaces naturels, sont également exploitées économiquement.
  • Les territoires d'outre-mer sont variés. Certains territoires ont complètement été affecté par l'homme quand d'autres, comme la Guyane, disposent encore de nombreux espaces naturels.

La France ne dispose pas de ressources énergétiques fossiles, mais la diversité de ses milieux lui permet d'exploiter des énergies renouvelables comme l'hydroélectricité (11% de l'électricité produite en France), le solaire et l'éolien. Les énergies renouvelables représentent 14% de la consommation énergétique totale de la France et l'objectif est d'atteindre 23% en 2020. Elle dispose aussi de quelques minerais comme le fer en Lorraine, la potasse en Alsace, le bauxite dans le Midi ou encore le nickel en Nouvelle-Calédonie.

Le parc éolien Ensemble Éolien Catalan est l'un des plus gros parcs éoliens français, il comprend 34 turbines.

D'autres milieux sont le lieu et le support d'activités économiques humaines, comme les forêts (pour le papier, l'ameublement et le chauffage), ou encore les espaces agricoles. Ainsi, les sols riches du Bassin parisien abritent la culture de céréales de la France (la Beauce est surnommée le "grenier de la France"). D'autres régions fournissent les conditions pour l'élaboration de vins de grande qualité (Bourgogne, Bordelais). Ce sont les terroirs.

Terroir

Un terroir est un territoire dont les caractéristiques sont favorables à la production de certains biens de qualité.

II

Les contraintes du territoire français

A

Des contraintes surmontées

Les contraintes naturelles (altitude élevée et climat extrême) ont été transformées en atout par les aménagements. Ils constituent désormais des avantages touristiques indéniables :

  • Dans les montagnes, des infrastructures ont été construites pour permettre la pratique du tourisme vert et des sports d'hiver. L'ensemble des montagnes françaises attirent des touristes et les Alpes sont le relief le plus fréquenté. La représentation de ces espaces a aussi évolué : la montagne, longtemps perçue comme un espace hostile, est aujourd'hui devenue synonyme de loisir.
  • Les littoraux sont les sites touristiques les plus fréquentés. On y trouve des côtes sableuses et des falaises. Le littoral méditerranéen, connu pour ses étés secs et arides, est devenu l'une des premières destinations touristiques mondiales. De même, le littoral du Languedoc a longtemps été un espace marécageux et infesté de moustiques avant de devenir un lieu touristique attractif.

Ainsi, la diversité des milieux français et leurs aménagements, ainsi que la présence d'un riche patrimoine historique, permettent à la France d'être la première destination touristique mondiale. En 2015, le pays a accueilli environ 85 millions de touristes internationaux.

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Les pentes et l'altitude, des contraintes devenues des atouts

B

Des risques naturels et technologiques

Risque

Un risque est la probabilité qu'un aléa naturel ou technologique touche une population et se transforme alors en catastrophe.

Les milieux français sont menacés par un certain nombre d'aléas, liés à leur position naturelle ou à l'activité humaine :

  • Des risques climatiques : sécheresse, voire canicule l'été ; grands froids l'hiver malgré une moyenne assez tempérée sur le territoire national. La neige provoque de nombreuses perturbations dans les zones en plaines qui n'y sont pas habituées. Le vent peut aussi être responsable de nombreux dégâts. Dans certaines régions, les aléas sont plus spécifiques : sur le littoral atlantique, des tempêtes fortes et des inondations se produisent (Xynthia en 2010) ; des inondations surviennent dans le milieu méditerranéen. Enfin, les régions outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Réunion) sont régulièrement victimes de cyclones.
  • Des risques sismiques et volcaniques : à part quelques régions du sud-est (Nice, avec un séisme de magnitude 6 en 1564), la France métropolitaine connaît peu de risques sismiques. Cependant, dans les régions montagneuses, les mouvements sismiques peuvent provoquer des glissements de terrain. En revanche l'outre-mer fait constamment face à des éruptions et tremblements de terre : éruption de la montagne Pelée en 1902 (destruction de la ville de Saint-Pierre), etc.
  • Des risques liés à l'activité humaine : les feux de forêts sont dus à la conjonction de la sécheresse et du peu de vigilance ou du vandalisme humain (90% des feux sont d'origine humaine). Indirectement, l'Homme est aussi responsable de la vulnérabilité des milieux urbains, par la construction par exemple dans des zones inondables (100 000 logements construits dans ces zones depuis 1999). L'industrie est aussi cause de risques : explosions, incendies, pollution (les sites sont classés en fonction de leur seuil de risque, et 670 sont classés Seveso, le seuil le plus haut).

En 1999, deux tempêtes ont touché la France avec des vents soufflant à plus de 170 km/h dans les terres. Le bilan s'élève à 88 morts, 3,5 millions de foyers privés d'électricité et 75 milliards d'euros de dégâts.

L'explosion de l'usine AZF dans la zone industrielle de Toulouse en 2001 a fait plus de 30 morts et 2000 blessés.

III

Des milieux à ménager et à protéger

A

Diminuer la vulnérabilité face aux risques

Différents aménagements ont pour objectif de diminuer les risques tels que les digues, les barrages ou encore les constructions antisismiques. La prévision joue aussi un rôle essentiel dans la diminution de la vulnérabilité, notamment grâce à des organismes qui surveillent la météo ou l'activité sismique et émettent des bulletins d'alerte. Le préfet, représentant l'État, au niveau local se doit ensuite de diffuser ces informations et de veiller à la gestion des risques. Cette action de prévention est rendue possible grâce à l'utilisation de moyens scientifiques performants tels que les satellites météorologiques ou encore les appareils de mesures des ondes sismiques.

L'Observatoire volcanologique de la montagne Pelée, en Martinique, en surveille l'activité volcanique.

À différentes échelles, des plans sont mis en place pour diminuer la vulnérabilité des populations. Les Plans de prévision des risques naturels (PPRN) définissent des zones non constructibles (inondations, séismes). Ces plans sont des documents comprenant des cartes qui ont pour objectif de préciser la nature et l'intensité des aléas. Ils sont élaborés sous l'autorité du préfet avec la participation des collectivités locales. Plus de 12 000 PPRN sont actuellement en place, dont les trois quarts concernent des risques d'inondation et de submersion. Les autres PPRN concernent les mouvements de terrains, les avalanches, les séismes et les feux de forêts. En fonction des risques, il existe plusieurs plans de prévision, comme les Plans particuliers d'intervention (PPI) pour les zones industrielles à risques (Seveso).

Lors d'une catastrophe, des plans d'urgence sont mis en place, comme le plan Orsec (Organisation des secours).

B

Des espaces à protéger

Soumis à des phénomènes globaux comme le réchauffement climatique, la perte de la biodiversité ou encore l'étalement urbain, des mesures sont prises afin de protéger les milieux naturels. Certains espaces naturels sont protégés avec pour objectif de conserver la nature et les écosystèmes qui y sont présents :

  • 10 parcs nationaux
  • 51 parcs naturels régionaux
  • 8 parcs naturels marins
  • 343 réserves naturelles (qui sont de plus petits espaces protégés)

Pour concilier développement économique et protection des milieux, le développement durable s'impose aujourd'hui dans les activités économiques :

  • Il passe par la pratique de l'agriculture biologique, avec une réglementation respectueuse de l'environnement et des animaux (pas d'engrais ni de pesticides chimiques). Il existe en 2016, plus de 32 000 producteurs de bio soit une augmentation de 12% par rapport à 2015. Les surfaces bio représentent désormais 5% des surfaces agricoles françaises.
  • Dans le tourisme, la protection de l'environnement et du patrimoine devient un critère de choix. Le tourisme durable ou écotourisme croît, plus engagé que le tourisme de masse.
  • Dans l'activité économique enfin, le développement durable s'incarne dans la mise en place d'une législation européenne. En conséquence, les émissions de l'industrie ont diminué de 38% depuis 1990. Certaines sociétés se lancent aujourd'hui dans l'éco-industrie et les matériaux verts, qui est aujourd'hui un "label" vendeur. Afin de limiter les prélèvements sur les milieux ainsi que la production de déchets, un nombre croissant d'entreprises se lancent dans l'économie circulaire.

Économie circulaire

L'économie circulaire est un concept économique qui cherche à limiter le gaspillage des ressources en favorisant l'utilisation de déchets des industries par d'autres industries et en optimisant l'utilisation des ressources dès la conception des produits.

Le développement durable s'installe en France, dans les milieux ruraux comme en ville :

  • Les littoraux sont un exemple de développement durable réussi : un système de gestion intégrée des zones côtières a été mis en place, permettant d'harmoniser les activités tout en respectant l'environnement (même s'il conduit parfois à des conflits entre les différents acteurs).
  • Le développement durable n'est pas absent des villes : les transports en commun sont promus (plus écologiques), ainsi que l'utilisation du vélo (Vélib' à Paris, à Lyon, à Toulouse). En 2013, dans 1017 collectivités locales, un agenda 21 a été mis en place, qui engage au respect des conventions de Rio (1992) : habitat, transports, recyclage, énergies. Enfin, des écoquartiers sont construits dans de nombreuses villes de France. Ces écoquartiers cherchent à favoriser la mixité sociale tout en respectant l'environnement.