Première S 2015-2016
Kartable
Première S 2015-2016
I

Les spécificités du discours poétique

Poésie

La poésie est un genre littéraire qui emploie les formes du discours de manière imagée et mélodique.

"Demain dès l'aube" est un poème de Victor Hugo qui, au moyen d'images et de sons, exprime sa douleur d'avoir perdu sa fille Léopoldine.

Un poème peut être en vers ou en prose.

Vers

Le vers est une unité de sens écrite sur une seule ligne et dont le nombre de syllabes est déterminé.

Poème en prose

Le poème en prose est un poème à la mise en page semblable aux formes du récit mais dont le texte reste poétique, puisqu'il propose des jeux de sons et d'images au service d'un sens à tiroirs.

"Ornières" est un poème en prose d'Arthur Rimbaud. En un paragraphe, ce poète décrit des routes de manière musicale et imagée.

A

Étudier le vers

Étudier le vers nécessite d'observer :

  • Le mètre adopté
  • Les types de strophes employés
  • La rime (genre, alternance, richesse)
  • La prosodie (placement des phrases dans les vers, enjambements, rejets et contre-rejets)
  • Les assonances et les allitérations

Mètre

Le mètre est le nombre de syllabes qui constituent un vers.

Strophe

La strophe est un groupe de vers placé entre deux espaces blancs.

Pour mesurer un mètre, il faut :

  • Identifier les "e" muets qui ne comptent pas
  • Compter le nombre de syllabes
  • Identifier diérèses et synérèses pour rétablir un nombre a priori pair de syllabes

Diérèse

La diérèse sert à distinguer deux voyelles qui se suivent et à en faire deux syllabes.

Dans "lion", la diérèse fait compter deux syllabes : "li-" et "-on".

Synérèse

La synérèse, à l'inverse, sert à considérer que deux voyelles qui se suivent forment une seule syllabe.

Dans "miette", on ne compte que deux syllabes : "miet-" et "-te".

Rime

La rime est la répétition d'un même son en fin de vers.

On peut déterminer la richesse d'une rime en fonction du nombre de sons répétés :

  • Une rime pauvre est une rime dans laquelle les deux fins de vers n'ont qu'un seul son en commun.
  • Une rime suffisante est une rime dans laquelle les deux fins de vers ont deux sons en commun.
  • Une rime riche est une rime dans laquelle les deux fins de vers ont trois sons ou plus en commun.

Il existe trois types d'alternances de rimes :

  • Les rimes suivies (ou plates) se succèdent directement.
  • Les rimes croisées (ou alternées) alternent l'une après l'autre.
  • Les rimes embrassées font en sorte qu'une première rime soit placée avant et après une autre rime.

Enjambement

L'enjambement est la continuation d'un groupe de mots d'un premier vers sur le vers suivant.

Rejet

Un rejet est la continuation brève d'un groupe de mots au début du vers suivant.

Contre-rejet

Un contre-rejet est un (très bref) début du groupe de mots au vers précédent.

B

Étudier la prose

Étudier un poème en prose nécessite d'observer :

  • La structure générale du texte (nombre de paragraphes, thème et progression de chacun d'entre eux)
  • Les réseaux lexicaux et les images développées
  • Les jeux sonores (allitérations assonances)

Assonance

L'assonance est la répétition d'un même son voyelle à l'intérieur des vers.

Allitération

L'allitération est la répétition d'un son consonne à l'intérieur du vers.

C

Étudier une forme fixe

Lors de l'analyse d'un poème, il faut savoir identifier :

  • La ballade (composée de trois strophes suivies d'un envoi traditionnellement destiné au prince)
  • Le rondeau (trois strophes d'octosyllabes ou de décasyllabes comprenant seulement deux rimes)
  • Le sonnet (quatorze vers, en général répartis sur deux quatrains puis deux tercets ou trois quatrains et un distique)
  • Le calligramme (texte disposé de sorte à former un dessin)
II

L'évolution du genre poétique

A

De l'expérimentation à la normalisation

Le genre poétique a subi diverses modifications dans ses pratiques au fil des siècles, jusqu'à aboutir la norme classique :

Au début du Moyen Âge, la poésie est orale et souvent accompagnée d'un instrument. Le troubadour récite un poème dont il n'est pas toujours l'auteur. Il peut également modifier un texte déjà composé. Rares sont les poètes qui signent leurs œuvres. Mais peu à peu, la poésie se transmet par écrit et l'anonymat disparaît. Le XVe siècle s'achève sur une surenchère de la forme.

Au XVIe siècle, en opposition à une forme démesurément travaillée, les premiers poètes recherchent davantage de simplicité et de spontanéité. Puis les membres de la Pléiade revendiquent une poésie plus riche et plus organisée, notamment par l'imitation des poètes antiques.

Au XVIIe siècle, la poésie baroque revient sur une forme et un contenu précieux, avant de laisser sa place à la poésie classique, qui reprend les normes énoncées par les membres de la Pléiade. Ces normes sont énoncées au XVIIe siècle par Malherbes et Boileau :

  • Variété et originalité des rimes
  • Refus de faire rimer des mots de même classe grammaticale ou aux suffixes identiques
  • Refus de l'enjambement
  • Refus de la diérèse
B

De la contestation au dépassement

Ces normes classiques persistent jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

Mais après la Révolution française, les poètes dépassent les interdits de la norme classique. Les poètes romantiques :

  • Usent de la diérèse
  • Réalisent des enjambements et des rejets
  • Écrivent des poèmes aux mètres hétérométriques

Puis, à leur suite, d'autres normes volent en éclats :

  • Certains poètes de la fin du XIXe siècle écrivent en vers impairs (Verlaine)
  • Parfois l'emploi de mots pouvant contenir diérèses et synérèses rendent la métrique fluctuante (Verlaine)
  • Le vers peut se faire démesurément long (Verlaine) ou petit (Rimbaud, Laforgue)

Enfin, à partir de la fin du XIXe siècle, d'autres poètes remettent en cause la norme du vers pour laisser la place à :

  • Des vers libres (Laforgue)
  • Des versets (Claudel)
  • De la prose (Rimbaud, Baudelaire, Ponge)
  • Des calligrammes (Apollinaire)

Suite à la disparition de la norme classique, les surréalistes et les membres de l'Oulipo s'astreignent à d'autres contraintes formelles.

III

Les débats sur le genre

A

La dimension musicale

Bien qu'elle ne soit pas chantée et qu'elle ne soit plus accompagnée d'un instrument depuis la fin du Moyen Âge, la poésie conserve une dimension musicale plus ou moins affirmée. Le rythme provient surtout :

  • De répétitions
  • D'alternances de vers (ou de phrases) courts ou longs
  • Du placement des césures, accents et virgules

L'aspect mélodique du poème est surtout signifié par :

  • La rime (quand elle existe)
  • Les assonances et les allitérations
B

La dimension visuelle

La dimension visuelle d'un poème provient essentiellement :

  • De la mise en page des strophes ou des paragraphes
  • De figures par analogie ou substitution
  • Des réseaux lexicaux

Si la grande majorité des poètes propose une représentation réaliste du monde sensible, certains mouvements littéraires ont cherché à s'en détacher (Grand Rhétoriqueurs, Surréalistes, Oulipiens)

IV

Analyser un poème

A

Observer la mise en page

Observer la mise en page signifie :

  • Déterminer si le poème est en prose ou en vers
  • Dissocier les strophes
  • Identifier l'utilisation éventuelle d'une forme fixe
B

Étudier les jeux de sons et de rythme

Il convient ensuite de déterminer les jeux de son et de rythme.

Dans le cas d'un texte en vers il est utile de déterminer :

  • La longueur du mètre adopté (vers long à connotation épique, vers court mimant la rapidité, etc.)
  • Le changement de mètre d'un vers à l'autre (rythme dansant, manifestation d'une instabilité ou d'une émotion du "je" lyrique, etc.)

Il est également utile d'observer la correspondance entre les phrases et le vers :

  • L'enjambement peut gommer le rythme répétitif du vers, mettre en lien des éléments des deux vers pris dans l'enjambement, etc.
  • Le rejet met en valeur les quelques syllabes rejetées
  • Le contre-rejet met en valeur les quelques syllabes mises en contre-rejet

Toujours dans le cas d'un poème en vers, l'étude de la rime renseigne sur sa dimension précieuse, recherchée. Dans le cas d'un poème en prose, on peut observer la présence d'assonances et d'allitérations, qui produisent un effet similaire.

C

Analyser les effets des figures de style

Pour finir, il est indispensable d'analyser les images véhiculées par les figures de style présentes dans le poème.

On retiendra :

  • Les figures par analogie (comparaison, métaphore, personnification, allégorie)
  • Les figures par opposition (antithèse, oxymore)
  • Les figures par amplification (hyperbole, gradation, anaphore)

Allégorie

L'allégorie met en analogie une idée abstraite avec un élément concret du monde (objet, animal, personne, etc.).

Antithèse

Une antithèse est une figure d'opposition qui juxtapose deux idées ou deux phrases contraires.

Oxymore

Un oxymore est une figure d'opposition qui associe deux mots de sens contraires dans une construction grammaticale (sujet/verbe, nom/adjectif qualificatif, verbe/adverbe, etc.).

Gradation

Une gradation est une énumération dans laquelle chaque terme énuméré est plus fort que le terme précédent (gradation ascendante) ou plus faible que le terme précédent (gradation descendante).

Anaphore

Une anaphore est une figure par amplification qui fonctionne par la répétition d'un mot ou d'un groupe de mots en début de phrase ou de vers.

pub

Demandez à vos parents de vous abonner

Vous ne possédez pas de carte de crédit et vous voulez vous abonner à Kartable.

Vous pouvez choisir d'envoyer un SMS ou un email à vos parents grâce au champ ci-dessous. Ils recevront un récapitulatif de nos offres et pourront effectuer l'abonnement à votre place directement sur notre site.

J'ai une carte de crédit

Vous utilisez un navigateur non compatible avec notre application. Nous vous conseillons de choisir un autre navigateur pour une expérience optimale.