Première S 2016-2017
Kartable
Première S 2016-2017

Les Châtiments, Derniers vers d'Ultima verba"

XVII − Ultima verba
Du vers 36 à la fin

Mes nobles compagnons, je garde votre culte
Bannis, la république est là qui nous unit.
J'attacherai la gloire à tout ce qu'on insulte
Je jetterai l'opprobre à tout ce qu'on bénit !
Je serai, sous le sac de cendre qui me couvre,
La voix qui dit : malheur ! la bouche qui dit : non !
Tandis que tes valets te montreront ton Louvre,
Moi, je te montrerai, césar, ton cabanon.

Devant les trahisons et les têtes courbées,
Je croiserai les bras, indigné, mais serein.
Sombre fidélité pour les choses tombées,
Sois ma force et ma joie et mon pilier d'airain !

Oui, tant qu'il sera là, qu'on cède ou qu'on persiste,
Ô France ! France aimée et qu'on pleure toujours,
Je ne reverrai pas ta terre douce et triste,
Tombeau de mes aïeux et nid de mes amours !

Je ne reverrai pas ta rive qui nous tente,
France ! hors le devoir, hélas ! j'oublierai tout.
Parmi les éprouvés je planterai ma tente.
Je resterai proscrit, voulant rester debout.

J'accepte l'âpre exil, n'eût-il ni fin ni terme,
Sans chercher à savoir et sans considérer
Si quelqu'un a plié qu'on aurait cru plus ferme,
Et si plusieurs s'en vont qui devraient demeurer.

Si l'on n'est plus que mille, eh bien, j'en suis ! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encore Sylla ;
S'il en demeure dix, je serai le dixième ;
Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !

Victor Hugo

Les Châtiments

1853

I

Un dialogue avec les hommes

  • Il s'agit d'un poème dans lequel on peut dire qu'il y a un dialogue. Le poète semble parler à un personnage fictif : "Oui", "je te montrerai", "je croiserai".
  • On note l'anaphore de "je ne reverrais pas ta".
  • Une mention est faite aux "compagnons", c'est un poème sur la fraternité avec les autres.
  • Avec la répétition avec "mes nobles compagnons", on ressent une idée de partage et la valorisation des amis.
  • Victor Hugo y oppose "les trahisons". Le poète reste "indigné et serein". Il est "debout". Il peut se montrer courageux car il sait qu'il n'est pas seul.
II

L'exil de Victor Hugo

  • Le poète ici est Victor Hugo qui a vécu en exil.
  • Le poète parle de l'exil, il est nostalgique de la France : "l'âpre exil", "Ô France", "Je ne reverrais pas ta rive qui me tente".
  • Cet exil est d'autant plus courageux qu'il est difficile pour le poète.
  • Hugo personnifie la France : "tombeau de mes aïeux, et nid de mes amours". Le lecteur comprend que toute sa vie est là-bas, naissance et mort.
III

Le lyrisme

  • C'est un poème très lyrique dans lequel le poète exprime ses émotions.
  • On note la répétition de "France", qui renvoie au mal du pays : "ta terre", "ta rive".
  • L'auteur est nostalgique : "désir de retour".
  • Le champ lexical du départ rythme le poème : "reverrai", "s'en vont", "tente". Par opposition, on retrouve le champ lexical de l'immobilité : "croiserai les bras", "planterai", "resterai", "rester", "demeurer", "être".
  • La ponctuation est expressive.
  • L'anaphore de "Je ne reverrai pas" est élégiaque tout comme l'interjection "Hélas".
  • Le champ lexical de la douleur est présent dans tout le poème.
  • Les sonorités expriment la douleur avec des allitérations en "s" : "sera", "cède", "persiste", "France", "douce", "triste". On a également la présence de "e" muets.
  • Il emploie une prétérition (utilisation négation pour dire sa tristesse) : "Je ne verrai ni l'or du soir qui tombe/Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur".
IV

Le poète, un résistant

  • Le rôle du poète est celui de résistant.
  • Il y a une vraie prise de position de Victor Hugo : "moi".
  • Il est le gardien de la République.
  • Il est glorifié, se tenant immobile avec les bras croisés il paraît être une statue de la résistance : on relève le champ lexical de la résistance avec "garder", "rester", "demeurer".
  • Le texte répète plusieurs fois "moi" et "je", représentant l'importance du poète qui est opposé à "il" et "on".
V

Une satire de l'empereur

  • Victor Hugo se livre à une satire de l'empereur.
  • Il le méprise et le tutoie : "te", "ton".
  • Il use d'une antiphrase ironique où Napoléon devient un double ridicule de César dans son "cabanon". Il dénonce l'usurpation du pouvoir.
  • Il en fait une comparaison avec "Sylla", dictateur roman sanguinaire.
  • Pour marquer sa distance avec Napoléon, il utilise "il" : "tant qu'il sera là". Il refuse de le nommer.
  • La critique vise aussi l'entourage de Napoléon. Ses partisans sont des "têtes courbées", des "valets". Il les désigne avec le "on" dévalorisant.
  • Enfin, l'auteur fait une dénonciation de l'Église qui "bénit" Napoléon.

En quoi ce poème est-il lyrique ?

I. La souffrance du poète
II. L'exil
III. La glorification du poète

En quoi ce poème est-il polémique ?

I. Une attaque contre Napoléon
II. La satire de son entourage
III. Un poète résistant

En quoi ce poème est-il original ?

I. La forme du dialogue
II. Le poète en figure de défenseur
III. Une satire de l'empereur

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