Première S 2015-2016
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Première S 2015-2016

Les dynamiques des espaces productifs dans la mondialisation

La mondialisation étant un processus de mise en relation des espaces, les espaces productifs français sont aujourd'hui au cœur de la mondialisation. L'agriculture française est en grande partie exportatrice, malgré l'existence de marges. L'industrie française est en pleine reconversion et exploite des dynamiques de mondialisation (délocalisation) tout en gardant une dimension locale. Enfin le secteur tertiaire français représente l'essentiel du PIB français et est réparti de manière hiérarchique sur le territoire.

I

Les espaces agricoles

A

Une agriculture mondialisée

1

La France, une puissance agricole

La France est une puissance agricole de rang mondial : elle se classe juste derrière les États-Unis (2e place), et est le 1er producteur européen de produits agricoles (céréales, betteraves à sucre, volailles et bovins).

L'agriculture compte pour 1,4% du PIB français, pour seulement 3,3% des emplois. Du point de vue économique, elle possède une balance commerciale positive pour l'agriculture.

2

Les caractéristiques de la puissance

Cette puissance agricole possède plusieurs facteurs :

  • La PAC (Politique agricole commune) favorise grandement l'agriculture française. Lancée en 1962 dans le cadre de la CEE, elle a soutenu la modernisation et le développement de l'agriculture par des subventions et la création d'un marché unique (72% des exportations françaises ont pour destination l'Union européenne en 2006).
  • La présence de multinationales (Danone par exemple dans le secteur laitier) dominant un secteur qui se classe à la première place des secteurs industriels français, avec un excédent de 4 milliards d'euros en 2009.
  • Une logistique et des infrastructures performantes pour l'exportation, par exemple le port de Rouen qui est le premier port céréalier d'Europe.

De ce fait, l'agriculture française est faite d'exploitations concentrées. En effet sous l'impulsion de la PAC et du FEOGA (Fonds européen d'orientation et de garantie agricole), le nombre d'exploitations a été divisé par cinq depuis 1950 mais la surface moyenne a doublé en 25 ans.

FEOGA

Le fonds européen d'orientation et de garantie agricole (FEOGA) était jusqu'en 2007 le principal instrument financier permettant de mettre en œuvre la politique agricole commune.

On trouve en France beaucoup d'exploitations à ciel ouvert (openfield), de grande culture (céréale, betterave, oléagineux pour 23%), d'élevage laitier (16%) et de viticulture (10%).

B

Des espaces inégalement intégrés

1

Des espaces exportateurs

Un tiers des exploitations françaises cultivent pour l'exportation. Ce sont les céréales des Bassins aquitain et parisien, les vignobles de qualité (Champagne, Bourgogne, Bordeaux) et les espaces de cultures de fruits et légumes (Rhône et Midi méditerranéen).

En matière d'élevage, la production hors-sol (porcs, volailles) de la Bretagne qui se classe à la première position mondiale, soutenue par la présence des bassins céréaliers et oléagineux en amont, est distribuée sur tous les continents.

2

Des marges

Cependant en marge de ces espaces connectés à la mondialisation, la France abrite des exploitations à portée locale ou au mieux nationale, souvent de petite taille et polyculturelles. Peu rentables, ces espaces sont en recul et laissent place à la forêt ou à la friche.

Afin de protéger ces petites exploitations traditionnelles (des terroirs), des labels d'origine (AOC, appellation d'origine contrôlée) ont été mis en place.

3

La question de l'agriculture durable

Aujourd'hui, la PAC s'oriente vers le développement durable pour limiter l'agriculture productiviste et la surproduction. Par conséquent, les subventions sont versées non plus aux exploitations en fonction de leur rendement mais en fonction du respect de l'environnement et des animaux : c'est l'agriculture raisonnée ou durable, qui vise l'équité sociale, la viabilité économique et le respect de l'environnement.

Ainsi, 4% des surfaces agricoles sont biologiques en 2014, en majorité dans la moitié sud de la France.

II

Les espaces industriels

A

Le déclin industriel ?

1

La désindustrialisation

Historiquement, l'activité industrielle en France est liée à la présence de ressources naturelles. C'était le cas dans le Nord et en Lorraine (charbon et fer), afin de réduire les frais de transports. Cependant, depuis la moitié du XXe siècle, les ressources sont épuisées.

En conséquence, les mines ont progressivement fermé entre les années 1960 et 1990, tandis que les usines installées à proximité ont connu des problèmes de reconversion ; on trouve donc aujourd'hui beaucoup de friches industrielles.

Friche industrielle

Une friche industrielle est un ancien site industriel (usine, terrain, décharge) aujourd'hui à l'abandon.

La moitié des friches industrielles en France se situent dans le Nord-Pas-de-Calais Picardie.

2

Un renouveau industriel dans les ports

Aujourd'hui, l'importance du trafic maritime a fait des ports les nouveaux espaces industriels (car c'est par eux que transitent matières premières et produits finis, la proximité avec les espaces de production réduit les coûts de transport).

  • Avec la création des ZIP (zones industrialo-portuaires), la juxtaposition des structures portuaires et industrielles est facilitée afin de réduire la contrainte de rupture de charge.
  • Des ports comme Marseille (premier port français), le Havre ou Dunkerque abritent des entreprises de transformation de matières premières qui les prennent dès leur arrivée sur le port (par exemple le pétrole est directement raffiné par quatre raffineries à Fos-sur-Mer).
Rupture de charge

Une rupture de charge désigne le passage d'une marchandise d'un mode de transport à un autre.

B

La redistribution industrielle

1

Des zones industrielles concentrées

Aujourd'hui, les espaces industriels français sont très concentrés, et souvent rassemblés en métropole.

L'Île-de-France regroupe en effet plus de 15% des emplois industriels, tandis que le reste de ces emplois est concentré dans des régions à forte activité comme la région Auvergne Rhône-Alpes (deuxième région industrielle), avec une spécialisation en chimie, composants électriques et plasturgie.

Une telle concentration est permise par des réseaux de transports efficaces, assurant le dynamisme du pays, ainsi que par le marché de consommateurs français et la capacité à innover (niveau de formation de la main-d'œuvre élevé).

2

Les tentatives de décentralisation

Face à une telle concentration, la France conduit depuis plusieurs années une politique de décentralisation :

  • Celle-ci débute dans les années 1950 − 1960 et a effacé la séparation entre une France industrielle à l'Est et une France agricole à l'Ouest : la création de l'usine Citroën de Rennes-La Janais en est emblématique. Pourtant les effets de cette politique sont faibles.
  • Cependant la décentralisation est plus réussie au Sud, grâce à l'implantation d'industries de pointe : aéronautique à Toulouse (Airbus), informatique et biotechnologie dans le quart sud-est de la France. C'est en partie grâce au cadre de vie agréable du Sud que ces industries s'y sont implantées.
C

Les dynamiques industrielles

1

Les délocalisations

Intégrées à la mondialisation, les industries françaises à la recherche de compétitivité n'ont parfois pas d'autre choix que la délocalisation, même si ce phénomène est à nuancer :

  • De 2000 à 2005, l'INSEE a mesuré une perte de 36 000 emplois par an du fait des délocalisations. Ce n'est pas toujours négatif : la délocalisation d'une partie des activités permet à une entreprise de garder ses emplois qualifiés en France. Néanmoins, les populations ouvrières pâtissent de ce phénomène.
  • Certaines entreprises procèdent à des relocalisations. Ainsi le géant du ski Rossignol a réimplanté la production de ses skis, délocalisée à Taïwan, dans les Alpes. Cela lui permet d'être plus réactif à la demande du marché européen.
2

L'innovation industrielle et la valeur ajoutée

Afin de garder une position compétitive dans l'industrie mondiale, la France s'oriente aujourd'hui vers le secteur de l'industrie à forte valeur ajoutée :

Employant de la main-d'œuvre hautement qualifiée, les entreprises de ces secteurs sont regroupées dans des pôles de compétitivité, comme pour les nouvelles technologies à Sophia-Antipolis (Nice) ou Meylan (Grenoble).

Il existe ainsi 71 pôles de compétitivité (rassemblant 5000 entreprises), qui bénéficient d'aides spécialisées de l'État, à l'image du pôle i-Trans. Ce pôle travaillant sur les transports durables développe de nouveaux matériaux dans le but de réduire le poids et la consommation des véhicules de transport en commun.

Par exemple, le pôle du plateau de Saclay, situé au sud de Paris, accueille des grandes écoles (Polytechnique, Supelec, HEC), mais également des laboratoires de recherche (Commissariat à l'énergie atomique) ainsi que 4000 entreprises (pour 12 000 chercheurs). Cette concentration en fait un pôle compétitif d'échelle mondiale.

III

Les espaces de services

A

Les localisations des services

1

Métropolisation et hiérarchie

En fonction de la rareté des services, ceux-ci sont plus ou moins concentrés en ville (et même en métropole). Plus on monte dans la hiérarchie des services, plus ceux-ci sont métropolisés.

Les services médicaux en sont un bon exemple. Consulter un médecin généraliste est aisé partout en France, mais pour des soins spécialisés, il faut se rendre en ville (ou même à Paris) ou dans un CHU (centre hospitalo-universitaire) dont la géographie recoupe celles de grandes villes. Ainsi la hiérarchisation spatiale des offres en services s'ajoute à la hiérarchie urbaine.

2

Les services dans la ville

À l'intérieur des villes, les services sont localisés de façon plus fine : au centre les commerces (luxe), les établissements culturels de qualité (musées, opéras, théâtres) et les sièges d'entreprises. Les entreprises, à l'intérieur du centre, sont rassemblées dans le CBD (Central business district), comme la Défense à Paris ou la Part-Dieu à Lyon.

Cependant de nouveaux services apparaissent à la périphérie, du fait de la croissance des prix immobiliers. Ainsi centres commerciaux, cinémas et services logistiques se trouvent de plus en plus souvent en périphérie.

3

Les services dans les campagnes

Dans les campagnes, la tendance est à la disparition des services :

  • Les petites unités disparaissent (postes, écoles, petits hôpitaux et petites gares) pour des raisons de regroupement (moins de dépense, plus de compétitivité). En conséquence certaines zones se retrouvent isolées, cet isolement allant de pair avec le vieillissement de la population.
  • Afin de pallier ces difficultés, certains départements tentent de rassembler les services en zones rurales pour créer des "pôles" : Poste, EDF, SNCF, GDF, Pôle emploi, CAM, etc.
B

Les lieux du tourisme

1

L'importance de l'accessibilité

La France est le premier pays touristique au monde, cette activité représente 7% du PIB français en 2014. Le pays a accueilli 83 millions de touristes en 2013.

Les lieux touristiques attirent d'autant plus de visiteurs qu'ils sont accessibles. C'est pour cela que les stations balnéaires ou de ski doivent être desservies par le train pour avoir du succès (c'était le cas des premières stations balnéaires, Deauville et le Touquet).

Aujourd'hui le TGV, l'autoroute et les aéroports facilitent les dessertes, mais la présence d'une gare de TGV reste un atout non négligeable pour une zone touristique.

2

Des infrastructures spécialisées

Pour les trois types de tourisme pratiqués en France (le tourisme littoral qui représente 40% des séjours, le tourisme de montagne qui en représente 17% et le tourisme vert), des infrastructures spécialisées et près des lieux de loisirs sont nécessaires. Ainsi les infrastructures d'accueil (hébergement, commerces, restauration) doivent se trouver au bord de la mer ou au pied des pistes.

Le tourisme urbain est aussi très pratiqué en France, et les villes sont les lieux où se concentrent le plus d'infrastructures. Paris, mais aussi Strasbourg, Avignon (festival) ou Provins (classée au patrimoine mondial de l'UNESCO) sont des villes très visitées pour des raisons différentes.

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