Première S 2015-2016
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Première S 2015-2016

Croissance et mondialisation

La croissance apparaît au XIXe siècle dans un contexte d'industrialisation de l'Europe qui a démarré en Grande-Bretagne. L'industrialisation touche aussi les États-Unis et le Japon à la fin du XIXe siècle. Le développement industriel n'explique pas à lui seul la croissance que connaissent ces pays : le libre-échange, le développement du capitalisme sont des facteurs qui soutiennent cette croissance. Cette croissance est irrégulière et ponctuée de crises.

À partir de 1945, les pays industrialisés entrent dans une période de forte croissance, appelée les "Trente glorieuses", mais les chocs pétroliers des années 1970 ont pour conséquence une déstabilisation de l'économie.

Durant le XIXe siècle, la Grande-Bretagne domine les échanges commerciaux et l'on parle d'une économie-monde britannique. Au XXe siècle, ce sont les États-Unis qui organisent les échanges mondiaux mais à partir des années 1970, on assiste à l'émergence d'une économie multipolaire.

I

La croissance économique et ses différentes phases

A

La croissance de 1850 à 1945

1

Une croissance liée à l'industrialisation

Industrialisation

L'industrialisation est un processus de production qui permet le remplacement d'une production majoritairement artisanale et manuelle à une production utilisant des machines et de nouvelles sources d'énergie (charbon, pétrole).

Pour l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle, on peut parler de révolution industrielle car le processus s'est réalisé rapidement, alors que pour le reste des pays qui connaissent l'industrie au XIXe siècle, il faut parler d'industrialisation car le processus a été plus progressif.

À partir des années 1850, on observe une phase de croissance liée à l'industrialisation :

  • L'utilisation de la machine à vapeur utilisant le charbon permet d'augmenter la productivité.
  • La Révolution industrielle débute en Grande-Bretagne à la fin du XVIIIe siècle et l'industrialisation se développe en Europe de l'Ouest puis en Amérique du Nord.
  • Ces progrès techniques favorisent le développement de secteurs comme la sidérurgie, le textile, les chemins de fer.
  • Les grandes usines apparaissent, même si la majorité de la production est réalisée par des petites entreprises.

À partir de la fin du XIXe siècle, la seconde révolution industrielle repose sur l'utilisation du pétrole et de l'électricité :

  • De nouveaux secteurs, comme l'automobile et la chimie, se développent.
  • L'agriculture continue sa modernisation grâce à la mécanisation et à l'utilisation des engrais chimiques.
  • Ces progrès techniques ne sont pas diffusés également dans le monde, ils ne touchent que l'Europe, les États-Unis puis le Japon.
2

Les causes multiples de la croissance

Les innovations technologiques n'expliquent pas à elles seules la croissance économique du milieu du XIXe au début du XXe siècle, celle-ci s'appuie sur de nombreux facteurs :

  • Le libre-échange progresse et stimule le commerce.
  • La baisse des coûts de transport favorise aussi l'internationalisation du commerce.
  • La croissance démographique stimule la demande.
  • Le phénomène de concentration des entreprises donne naissance à des entreprises plus grosses et plus compétitives.
  • Le système capitaliste s'installe et soutient l'industrialisation. Il repose sur l'accumulation de capitaux pour permettre le financement des installations industrielles (mines, usines, voix de chemin de fer, etc.)
  • L'exploitation des empires coloniaux permet aux pays européens de disposer de ressources naturelles à faible coût.
  • Le taylorisme permet, surtout aux États-Unis, de produire plus rapidement des produits standardisés. Dans les régions qui se développent dans le cadre de la seconde révolution industrielle, le fordisme commence à être appliqué.

La France et la Grande-Bretagne signent un accord de libre échange en 1860.

La population européenne est de 190 millions d'habitants au début du XIXe siècle et de 450 millions à la fin du siècle.

3

Une croissance irrégulière

La croissance n'est pas régulière, elle est entrecoupée de périodes de crise :

  • La croissance, du milieu du XIXe au milieu du XXe siècle, varie entre 1 et 2%.
  • La croissance est ralentie durant la "Grande Dépression" de 1873 à 1896.
  • Un mouvement de protectionnisme touche alors certains États.
  • La Première Guerre mondiale désorganise les économies industrielles.
  • La crise de 1929 débute suite au krach boursier de Wall Street et affecte l'ensemble des économies industrielles jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale.
  • La crise conduit les États occidentaux à rompre en partie avec le libéralisme et à mettre en place des politiques keynésiennes.

Aux États-Unis, à partir de 1936, le New Deal permet au gouvernement d'investir dans l'économie par le financement de grands chantiers. Cette intervention étatique stimule l'économie en favorisant la demande.

B

La croissance depuis 1945

1

Une forte croissance (1945 − 1973)

À partir de 1945, les pays développés à économie de marché (PDEM) rentrent dans une phase de croissance sans précédent. Les taux de croissance sont en moyenne de 5% par an. Jean Fourastié appelle cette période de prospérité les "Trente glorieuses".

Les bases de cette croissance sont multiples :

  • La reconstruction de l'Europe et du Japon, aidée par les États-Unis, permet de stimuler l'économie.
  • Les monnaies sont stables, encadrées par le système de Bretton Woods dans lequel les monnaies sont indexées sur le dollar.
  • La standardisation et le tayloro-fordisme se généralisent.
  • Le prix du pétrole est bas et permet de produire avec une énergie peu coûteuse.
  • Le secteur des services se développe.
Standardisation

La standardisation est un procédé de fabrication de biens qui sont identiques afin de permettre à l'entreprise de gagner du temps et de réduire les coûts de fabrication.

La Ford T est la première voiture standardisée produite. C'est-à-dire que toutes les Ford T sont identiques.

La consommation de masse apparaît et soutient la croissance de la production :

  • La croissance démographique après 1945 soutient la croissance de la production.
  • Le fait que les travailleurs reçoivent une partie notable de la richesse produite permet d'encourager la consommation de masse.
  • Le crédit et les grandes surfaces permettent aussi aux ménages de consommer davantage.
Consommation de masse

La consommation de masse désigne la consommation dans des sociétés où le pouvoir d'achat des individus est assez important et permet un niveau de consommation élevé.

La télévision ou encore la voiture qui se répandent dans la majorité des foyers des pays industrialisés dans les années 1950 et 1960 sont des symboles de l'accès de ces sociétés à la consommation de masse.

L'État joue un rôle fondamental dans cette croissance :

  • Les États mettent en place des politiques d'ouverture des frontières pour favoriser les échanges. Le GATT en 1947 a pour objectif de diminuer les droits douaniers et la Communauté économique européenne (CEE) crée en 1957 un marché commun en Europe de l'Ouest.
  • La mise en place de l'État-providence donne plus de pouvoir d'achat aux ménages.
  • L'État réalise des investissements importants dans l'économie.

En France, grâce à la planification, l'État encourage certains secteurs de l'économie, comme le nucléaire civil, et favorise la modernisation de l'économie.

2

La croissance depuis 1973

La fin des "Trente glorieuses" est causée par plusieurs facteurs :

  • En 1971, le système de Bretton Woods qui assurait la stabilité des monnaies est abandonné.
  • Deux chocs pétroliers en 1973 et 1979 ont pour conséquence une augmentation du prix du pétrole qui est multiplié par douze.
  • La croissance tombe autour de 2%, elle est qualifiée de "croissance molle".
  • Le déclin des industries traditionnelles dans les PDEM (pays développés à économie de marché) conduit à une hausse du chômage.
  • Les délocalisations se multiplient.

Les échanges internationaux se développent dans le cadre de la mondialisation et de la mise en place du néolibéralisme :

  • Dans les années 1980, sous l'influence des États-Unis et la Grande-Bretagne, les États appliquent des politiques de rigueur et libéralisent les échanges mondiaux.
  • La révolution de la conteneurisation (utilisation de conteneurs standardisés pour faciliter le transport des marchandises) permet une multiplication des échanges de marchandises.
  • La chute des régimes communistes en 1989 − 1991, la création de l'OMC en 1995 et des zones de libres échanges (MERCOSUR, ASEAN, etc.) étendent le système capitaliste à l'ensemble de la planète.
  • Les grandes entreprises se transforment en multinationales.
  • L'apparition, dans les années 1990, des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) intensifie les échanges immatériels.

De nouveaux pôles de croissance apparaissent :

  • Les pays occidentaux dominent encore l'économie mondiale.
  • Les pays émergents, comme la Chine et l'Inde, enregistrent des taux de croissance importants.
  • De nombreux pays en voie de développement restent en marge de la mondialisation.

La spéculation financière et les crises économiques régulières mettent en avant l'instabilité de l'économie.

La crise des subprimes entre 2007 et 2009 provoque la plus importante crise économique depuis 1929.

Le modèle de croissance actuel est critiqué car il ne permet pas la réalisation d'un développement durable :

  • Le concept de développement durable, mis en avant par Brundtland en 1986, dénonce les impacts négatifs environnementaux et sociaux des systèmes économiques actuels.
  • Les inégalités de richesse ne cessent d'augmenter entre mais aussi à l'intérieur des États.
  • Le réchauffement climatique provoqué par l'utilisation des énergies fossiles impose des mesures de protection environnementale.
  • Malgré une prise de conscience, les États peinent à trouver et à appliquer de réelles solutions, d'autant plus que les pays émergents ont des besoins énergétiques croissants.
II

Les économies-monde successives

Économie-monde

Une économie-monde est un concept inventé par l'historien Fernand Braudel désignant un système organisé autour d'un centre qui exerce une domination sur les différents territoires appartenant à cette économie-monde.

La Grande-Bretagne au XIXe siècle ou les États-Unis au XXe siècle sont des économies-monde.

A

L'économie-monde britannique

1

La première industrie mondiale

La Grande-Bretagne est le premier pays à s'industrialiser :

  • Elle dispose de grandes quantités de charbon qu'elle exploite à faible coût.
  • Elle dispose d'une avancée technologique dans de nombreux domaines.
  • Elle n'est pas freinée par les guerres qui ravagent l'Europe continentale de la fin du XVIIIe au début du XIXe siècle.

La Grande-Bretagne devient "l'atelier du monde" :

  • Elle profite de son avancée technologique dans la sidérurgie et le textile.
  • Au milieu du XIXe siècle, elle est à l'origine d'environ 50% de la production mondiale.
2

Une économie ouverte sur le monde

La Grande-Bretagne prône une politique de libre-échange :

  • Elle multiplie les accords de libre-échange.
  • La livre sterling, la monnaie britannique, est utilisée comme monnaie internationale.

La Grande-Bretagne est au centre de l'économie-monde qui domine les échanges mondiaux au XIXe siècle :

  • Elle met en place une division internationale du travail (DIT) en s'appuyant sur son empire colonial : elle importe des matières premières et exporte des produits manufacturés.
  • Sa marine marchande domine les échanges mondiaux et sa marine militaire sécurise les routes commerciales.
  • Elle dispose d'un réseau télégraphique intercontinental.
  • Londres avec son port et l'importance de ses activités financières (la City) est au cœur de l'économie-monde britannique.
3

Le déclin britannique

La concurrence subie par les Britanniques est de plus en plus forte :

  • L'économie britannique est touchée par la "Grande Dépression" et ralentit.
  • Elle peine à s'adapter à la seconde révolution industrielle.
  • Elle subit la concurrence de l'Allemagne et des États-Unis.
  • À la veille de la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne n'est plus la première puissance industrielle au monde.
  • La guerre de 1914 − 1918 confirme la puissance des États-Unis qui devient la première économie mondiale.
B

L'économie-monde américaine

1

Les fondements de la puissance américaine

Les États-Unis disposent de nombreux atouts :

  • Ils ont un grand territoire ouvert sur deux océans.
  • Ils disposent de nombreux puits de pétrole et des mines de charbon.
  • Ils exploitent différents types de minerais comme le fer.
  • Ils ont une population nombreuse qui ne cesse de croître depuis le XIXe siècle en grande partie grâce à l'immigration.
  • Les innovations telles que le taylorisme et le fordisme leur permettent d'augmenter la productivité de leurs usines et de créer de la demande par une politique de salaires relativement élevés.
  • Les entrepreneurs américains bénéficient d'une grande liberté économique et d'un système législatif favorable.
2

Le renforcement de la puissance après 1945

Impérialisme

L'impérialisme est la politique menée par un État afin d'imposer sa domination sur d'autres États.

Les États-Unis considèrent depuis le XIXe siècle l'Amérique latine comme un territoire sous leur influence. Ils n'hésitent pas à encourager et soutenir plusieurs coups d'États afin d'installer des régimes qui leur sont favorables. En 1973, avec l'aide de la CIA, le gouvernement d'inspiration socialiste d'Allende est renversé au profit du général conservateur et libéral Pinochet.

Première puissance économique depuis 1914, les États-Unis confirment leur position au sortir de la Seconde Guerre mondiale :

  • Ils disposent en 1944 des deux tiers des stocks mondiaux en or.
  • Les Américains dominent les institutions internationales d'après-guerre. Ils contrôlent le système monétaire mis en place à Bretton Woods en 1944. Le dollar est la monnaie internationale. Ils entreprennent la création du GATT dans le but de faire baisser les droits douaniers et favoriser le commerce.
  • Ils fournissent 50% de la production industrielle mondiale.
  • Les États-Unis aident à la reconstruction des États touchés par la guerre (Europe de l'Ouest et Japon) par le plan Marshall.

L'économie-monde américaine favorise la mise en place d'une nouvelle DIT :

  • Les multinationales états-uniennes sont implantées dans le monde entier.
  • Elles se procurent des matières premières dans l'ensemble de la planète, en particulier au Canada, en Amérique du Sud et auprès des pays du Golfe.
  • Les entreprises américaines écoulent leurs marchandises dans les marchés riches du Canada et de l'Europe de l'Ouest.
  • Les États-Unis mènent une politique impérialiste afin de défendre leurs intérêts et ils s'appuient sur la plus puissante armée du monde.
3

Le déclin relatif des États-Unis

Les États-Unis demeurent encore aujourd'hui la première puissance mondiale. Mais depuis les années 1970, ils font face à l'apparition de nouveaux pays.

  • Les crises pétrolières en 1973 et 1979 ont pour conséquence une augmentation des coûts de production.
  • Cette augmentation les rend moins compétitifs face à des pays en pleine croissance économique comme le Japon ou les nouveaux pays industrialisés (NPI).
  • Leur déficit commercial s'accentue et ils augmentent leur endettement.
  • Leur économie reste très puissante et se maintient dans des secteurs de pointe.
  • Leur modèle continue encore d'être un exemple, notamment depuis la chute de l'URSS et du modèle communiste.

En 2014, les États-Unis sont devenus la deuxième puissance derrière la Chine en matière de PIB. Mais ils conservent tout de même une avance remarquable puisqu'ils sont 9e pour le PIB / habitant alors que la Chine est 96e.

C

L'apparition d'un monde multipolaire

Depuis les années 1990, les échanges commerciaux connaissent un essor important :

  • Les politiques mises en place par les États, de concert avec les organisations internationales comme l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ou la Banque mondiale, encouragent les échanges internationaux et favorisent la financiarisation de l'économie.
  • Le développement de la conteneurisation, des transports humains et des NTIC facilitent ces échanges.
  • L'économie confrontée à des crises à répétition apparaît plus instable.

De nouveaux acteurs apparaissent et jouent un rôle moteur dans le commerce mondial. L'Asie devient la zone la plus dynamique économiquement :

  • Le Japon en forte croissance depuis 1945 stimule dans les années 1980 les "quatre dragons" asiatiques : Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong, Singapour.
  • Puis, l'Asie de l'Est et du Sud voit l'émergence d'autres acteurs du commerce international : la Thaïlande, la Malaisie, l'Indonésie, le Vietnam, etc.
  • Enfin, l'Inde et surtout la Chine comptent désormais parmi les premières puissances mondiales avec respectivement le 11e et le premier PIB en 2014.

Dans toutes les régions du monde, les pays émergents (Turquie, Mexique, Brésil, etc.) enregistrent des taux de croissance supérieurs à ceux des pays anciennement industrialisés.

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