Quatrième 2015-2016
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Quatrième 2015-2016

L'âge industriel

L'industrialisation, par l'intervention de la machine dans la production, rend le travail plus productif et permet le développement de secteurs industriels comme le textile ou la sidérurgie.

Ce mouvement débute en Angleterre, se répand en Europe du Nord-Ouest et aux États-Unis. Des régions se spécialisent dans l'industrie et ce phénomène d'industrialisation provoque l'exode rural et le développement des villes.

Le système économique se transforme et voit l'émergence du capitalisme. La bourgeoisie se développe, les classes moyennes apparaissent et les ouvriers constituent la majorité de la population active.

De nouvelles idéologies se constituent : le libéralisme triomphe, le socialisme et le syndicalisme sont revendiqués par les ouvriers et l'Église propose aussi sa théorie sociale.

I

Les bouleversements économiques

A

L'industrialisation

Avant l'industrialisation, l'homme ne pouvait utiliser que les forces humaines, animales (traction de charrue par des chevaux, etc.) ou naturelles (moulins à vent, à eau, etc.).

L'amélioration de la machine à vapeur par James Watt en 1769 permet d'utiliser une nouvelle force, la force mécanique. Le charbon est brûlé pour chauffer de l'eau. Cette eau, transformée en vapeur, actionne un piston. Le piston en mouvement permet à une roue de tourner. La roue est reliée à une courroie qui permet d'actionner des machines ou de faire fonctionner des locomotives. Ce mécanisme permet de fabriquer des produits très rapidement.

La machine à vapeur permet le développement de nombreux secteurs économiques. Ce phénomène s'appelle la révolution industrielle :

  • L'industrie du textile prend de l'ampleur.
  • Les mines d'extraction du charbon se multiplient.
  • Les transports deviennent beaucoup plus rapides et accessibles.
  • La transformation des métaux, la sidérurgie, connaît aussi une forte croissance.

D'autres innovations sont utilisées dans l'industrie et permettent l'émergence de nouveaux secteurs industriels à la fin du XIXe siècle, on parle de la deuxième révolution industrielle :

  • L'utilisation de l'électricité et du pétrole augmente.
  • Les secteurs de la chimie, de l'automobile font leur apparition.
B

Les lieux de l'industrialisation

L'industrialisation débute dans le nord-ouest de l'Europe :

  • L'Angleterre est le point de départ.
  • La France, la Belgique et l'Allemagne s'industrialisent à leur tour.
  • Le nord-est des États-Unis suit ce phénomène à la fin du XIXe siècle.

Les paysages sont transformés par l'industrialisation, qui se développe d'abord dans les régions riches en charbon comme le Lancashire en Angleterre, le nord de la France, la Lorraine, la Ruhr en Allemagne. On parle des "pays noirs". Des usines et des mines modifient le paysage. Les villes grossissent.

En effet, les sociétés deviennent de plus en plus urbaines avec l'industrialisation :

  • Les progrès mécaniques appliqués à la campagne nécessitent moins de main-d'œuvre rurale.
  • La construction des usines et le développement de l'industrie demandent plus de travailleurs.

Nombreux sont ceux qui quittent les campagnes pour les villes. Ce phénomène s'appelle l'exode rural. En 1910, plus de 50% de la population européenne est urbaine. Cependant, ce mouvement se fait progressivement.

-

Les régions industrielles dans le monde à la fin du XIXe siècle

C

Les transformations du système économique

L'industrialisation a des effets importants sur les échanges commerciaux. Des transports apparaissent comme le chemin de fer, ou se modernisent comme la navigation. Ils sont plus rapides et permettent de transporter plus rapidement et à moindre frais les produits fabriqués et les matières premières. Les échanges intranationaux et internationaux augmentent.

L'industrialisation modifie profondément l'organisation de l'économie. L'ouverture des usines, la construction de lignes de chemin de fer ou encore le creusement d'une mine nécessitent d'importants capitaux financiers. Les fortunes des entrepreneurs n'étant pas suffisantes, ils doivent emprunter aux banques qui prennent une importance croissante dans l'économie. Des sociétés par actions se développent aussi pour donner aux industriels les financements nécessaires.

Cette organisation du système économique basé sur la recherche et l'accumulation de capital s'appelle le capitalisme.

Société par actions

Une société par actions est une société dont le capital est divisé en petites parts, les actions, vendues à des actionnaires qui apportent ainsi les fonds.

La compagnie des mines de Bruay dans le Pas-de-Calais est une société par actions.

II

Les bouleversements sociaux

A

L'affirmation de la bourgeoisie

La bourgeoisie comprend des familles enrichies grâce à l'industrialisation :

  • Les grands banquiers accumulent de véritables fortunes.
  • Les grands patrons, comme les Schneider au Creusot ou les Krupp en Allemagne, font partie de la grande bourgeoisie.
  • Les grands commerçants et les négociants profitent aussi de l'industrialisation et du développement du commerce.

Cette bourgeoisie partage un style de vie et des valeurs :

  • Elle vit dans l'aisance, habite les beaux quartiers (à Paris, sur les grands boulevards haussmanniens) et s'entoure de nombreux domestiques.
  • Elle présente des candidats aux élections et défend ses intérêts grâce à ses élus dans les parlements.
  • Elle mène un train de vie fastueux, se réunit dans les opéras, dans les stations balnéaires.
  • Elle défend des valeurs telles que le travail, l'épargne, etc.
B

La naissance des classes moyennes

La classe moyenne fait aussi son apparition dans le cadre de l'industrialisation et des nouveaux métiers qui en découlent. Sa composition est variée et hétérogène : des petits patrons, des fonctionnaires, des médecins, des avocats, des journalistes, des boutiquiers, etc.

Les caractéristiques de la classe moyenne sont les suivantes :

  • Elle est éduquée.
  • Elle vit dans une certaine aisance, car elle dispose de revenus suffisants.
  • Elle cherche à épargner.
  • Elle veut accéder à la bourgeoisie dont elle imite les codes.
C

L'apparition du prolétariat

L'industrialisation nécessite beaucoup de main-d'œuvre. Les usines embauchent des ouvriers, aussi appelés des prolétaires :

  • Au début de l'industrialisation, nombreux sont les paysans déracinés qui ont quitté les campagnes.
  • Le prolétariat est composé d'hommes, de femmes et d'enfants.
  • Ils deviennent majoritaires dans la population active.

Leurs conditions de travail sont très difficiles :

  • Ils doivent suivre le rythme des machines.
  • Ils effectuent des tâches pénibles.
  • Ils sont mal payés.
  • Ils doivent supporter de longues journées de travail.
  • Les accidents de travail sont fréquents.
  • Ils ne sont pas protégés en cas de maladie ou d'accident de travail.

Leurs conditions de vie sont aussi éprouvantes :

  • Ils ne gagnent pas suffisamment pour envoyer leurs enfants à l'école ou se soigner.
  • Ils habitent dans des logements insalubres dans les banlieues des grandes villes.
  • Ils sont plus exposés aux risques de la vie.

Cette situation s'améliore progressivement grâce aux luttes ouvrières, aux syndicats et aux lois sociales qui améliorent partiellement leur condition.

Certains patrons, influencés par la doctrine de l'Église, comme Schneider au Creusot, essaient d'offrir à leurs ouvriers des conditions de vie décentes et de nombreux services (hôpitaux, écoles). Cela s'appelle le paternalisme. Ce moyen d'encadrer la vie des ouvriers est aussi un excellent moyen de les contrôler et d'éviter toute action politique revendicative.

III

De nouvelles idéologies

A

Le libéralisme

Théorisé par Adam Smith, le libéralisme est l'idéologie dominante au XIXe siècle. Il tient pour principe que chaque entrepreneur doit pouvoir être libre d'agir comme il l'entend et doit pouvoir déterminer lui-même les conditions de travail de ses ouvriers. Ainsi, l'État doit intervenir le moins possible dans la vie économique.

L'objectif du libéralisme est de permettre de réaliser le plus de profit possible. Selon la théorie libérale, cet enrichissement des entrepreneurs se répercute ensuite sur la société grâce à l'activité économique qu'ils produisent, grâce aux emplois qu'ils créent. Leur enrichissement permet l'enrichissement de la société.

B

Le socialisme et le syndicalisme

Les socialistes contestent le système capitaliste. Karl Marx et Engels sont les principaux théoriciens de ce mouvement. Ils écrivent en 1848 le Manifeste du Parti communiste. Ils dénoncent les inégalités et la difficile condition ouvrière. Ils considèrent que la bourgeoisie exploite la classe ouvrière. Marx prône la lutte des classes, c'est-à-dire la révolution, qui permettrait de mettre en place une société communiste dans laquelle il n'y aurait plus d'injustice sociale.

Les syndicats sont des organisations qui luttent auprès des travailleurs pour l'amélioration de leurs conditions. Ils utilisent les grèves et les manifestations pour faire pression sur les entrepreneurs. Certains syndicats, comme la CGT créée en 1895, se revendiquent de l'anarchisme et proposent le recours à des moyens violents pour renverser le système.

C

La position de l'Église

L'Église traverse une crise au XIXe siècle : la déchristianisation se poursuit et les ouvriers ont une pratique religieuse qui décline. Comme l'avance l'idéologie marxiste, beaucoup d'ouvriers considèrent que la religion est une illusion qui empêche les croyants en attente du paradis d'ouvrir les yeux sur leur situation misérable et que l'Église est une institution au service des dominants. De plus, les progrès scientifiques, comme la théorie de l'évolution de Darwin, énoncent des vérités contraires à la Bible.

Le Pape, dans l'encyclique "Rerum Novarum" en 1891 prend position sur la situation des ouvriers :

  • Il condamne le marxisme et rejette la lutte des classes.
  • Il demande aux patrons d'améliorer les conditions de leurs travailleurs.

Encyclique

Une encyclique est une lettre rédigée par le Pape à destination du clergé ou de l'ensemble des croyants.

Léon XIII publie à la fin du XIXe siècle deux encycliques importantes: "Rerum novarum" en 1891 définit la position sociale de l'Église et "Au milieu des sollicitudes" en 1892 demande aux catholiques français d'accepter la République.

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