Quatrième 2016-2017
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Quatrième 2016-2017

La place de la femme en France au XIXe siècle

Les femmes ont longtemps été considérées comme des individus mineurs placés sous l'autorité de leur père ou de leur mari. La Révolution française, si elle leur confère le statut de citoyennes, ne leur donne cependant aucun droit politique. Napoléon consacre dans le Code civil la domination de l'homme sur la femme. Les revendications féministes ne permettent pas une modification notable de leur rôle dans la société malgré quelques timides avancées.

I

Le statut inférieur de la femme

A

L'exclusion politique

D'un point de vue politique, les Françaises subissent une exclusion manifeste :

  • Elles ne bénéficient pas du droit d'expression politique (le suffrage) alors même qu'elles ont joué un rôle non négligeable dans la Révolution, comme en témoignent les journées d'octobre 1789 ou de 1792.
  • Elles n'en sont pas moins impliquées dans les affaires politiques : elles assistent aux travaux des assemblées. Olympe de Gouges milite pour la reconnaissance du rôle des femmes et rédige même la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791 que la Convention refusera d'adopter.
  • La Révolution de 1848 n'instaure le suffrage universel que pour les hommes malgré les revendications des femmes.
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Portrait d'Olympe de Gouges d'Alexander Kucharsky, huile sur toile, fin du XVIIIe siècle

Pateca via Wikimedia Commons

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Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791

Suffrage universel

Le suffrage universel est le droit de vote accordé à tous les citoyens majeurs ; il est instauré pour les hommes en 1848 et n'est étendu aux femmes qu'en 1944.

B

Les inégalités juridiques

Sur le plan juridique, les femmes sont également très largement discriminées :

  • Elles sont placées sous l'autorité de leur père ou de leur mari par le Code civil de Napoléon. Elles ne peuvent détenir de comptes d'épargne avant 1881 et ne peuvent retirer de l'argent sans l'autorisation de leur mari avant 1910.
  • Seules les veuves peuvent jouir d'une certaine indépendance, même si elles restent sous la surveillance du conseil de famille.
  • L'inégalité juridique est manifeste sur la question du mariage : ainsi, l'adultère, qui est qualifié de délit par le Code pénal, entraîne une amende pour le mari volage, mais une peine de prison pour la femme.
II

La place des femmes dans la société

A

Un agent économique majeur

Les femmes occupent cependant une place majeure dans le système économique, même si toutes les professions ne leur sont pas ouvertes :

  • À la campagne, elles participent activement aux travaux des champs, notamment les récoltes, et sont très présentes sur les marchés où elles commercialisent les produits de la ferme.
  • Elles sont également actives dans les activités proto-industrielles : elles tissent pour le compte de donneurs d'ordres et intègrent progressivement les usines lors de la Révolution industrielle. Elles jouent ainsi un rôle non négligeable dans les mines de charbon où elles assurent une bonne partie du travail de surface.
  • Enfin, elles sont très présentes dans la domesticité (femmes de chambre, cuisinières, gouvernantes…) et dans les commerces, notamment dans les Grands Magasins qui naissent au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, ce dont témoigne Au Bonheur des Dames d'Émile Zola.
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Couverture de la première édition d'Au Bonheur des Dames d'Émile Zola, 1883

William C. Minor via Wikimedia Commons

B

Des conditions de vie différentes

Les femmes connaissent des situations bien différentes dans une société marquée par de fortes inégalités socio-économiques :

  • Qu'elle soit paysanne, ouvrière ou domestique, la femme populaire mène souvent une existence difficile, exerçant des activités pénibles et devant assurer la bonne tenue du ménage. Le bal populaire est souvent sa seule distraction.
  • La bourgeoise ou l'aristocrate vit dans un monde plus préservé. Elle anime des salons, veille à recevoir avec finesse les amis et relations de son mari en dirigeant d'une main de maître son personnel de maison et assure la bonne éducation (intellectuelle, morale et religieuse) de sa progéniture. Elle participe aux mondanités et profite du théâtre ou de l'opéra, passe quelques mois à la campagne dans la résidence d'été…
  • La prostituée, quant à elle, fait l'objet du rejet de la société, même si elle joue un rôle important dans la société moralisante du XIXe siècle.
  • Les romans de Zola, Balzac ou Flaubert sont de fidèles reflets de ces conditions féminines plurielles.
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Gravure anglaise de 1871 illustrant les conditions de vie des bourgeoises et des femmes du peuple

Dcirovic via Wikimedia Commons

III

L'apparition de revendications

A

L'émergence du féminisme

L'Empire et la Restauration étouffent les avancées en faveur des femmes. Louis XVIII abolit même le divorce en 1816.

Le féminisme se développe lentement

  • Durant la Monarchie de Juillet, notamment dans les milieux socialistes et utopistes (saint-simoniens et fouriéristes), certains revendiquent l'égalité complète entre l'homme et la femme.
  • La Révolution de 1848 offre aux femmes l'occasion de revendiquer de nouveaux droits : doit de vote, droit au travail, égalité des salaires, droit à l'éducation, droit au contrôle des naissances, droit à l'amour libre, etc.
  • Ces revendications sont progressivement encadrées par des organisations féministes qui se développent à la fin du siècle comme en témoignent la Société pour l'amélioration du sort des femmes créée en 1878 ou la Ligue française pour le droit des femmes créée en 1882.
  • Le Conseil national des femmes françaises, fondé en 1901, profite de la promulgation de la loi sur le droit d'association pour structurer davantage encore le mouvement féministe qui n'en reste pas moins limité à la bourgeoisie citadine évoluée.

Féminisme

Le féminisme est un mouvement politique et social visant à obtenir l'égalité de traitement entre les sexes et la fin des discriminations.

Amour libre

L'amour libre est le refus du mariage considéré comme une forme d'esclavage et une intrusion de l'État et de l'Église dans les relations amoureuses.

B

Des avancées limitées

À défaut d'obtenir le droit de vote en 1848, les femmes obtiennent le droit au travail et peuvent finalement accéder aux ateliers nationaux ouverts en février 1848.

À partir de 1850, grâce à la loi Falloux, elles peuvent envisager une scolarisation, mais il faut attendre la loi Duruy de 1867 pour que l'État s'engage à ouvrir des écoles de filles en nombre équivalent à celles de garçons.

Ces avancées restent limitées puisque les femmes sont orientées vers des écoles pratiques qui leur enseignent la puériculture et les travaux ménagers, conformément au rôle que la société leur confère. Les femmes qui prétendent passer le baccalauréat doivent surmonter bien des obstacles : il faut attendre 1861 et 1863 pour voir les deux premières femmes bachelières. Elles feront exception !

IV

Schéma bilan

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