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Comparer une fable de La Fontaine et sa source

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2-5 MIN
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On compare le texte suivant extrait de la fable "La Jeune Veuve" de La Fontaine (Texte A) et sa source, "La Femme qui pleurait son mari mourant et son père qui la consolait" d'Abstémius (Texte B). Comment La Fontaine a-t-il réécrit la fable ? Justifier la réponse.

TEXTE A :

La perte d'un Époux ne va point sans soupirs,
On fait beaucoup de bruit, et puis on se console.
Sur les ailes du Temps la Tristesse s'envole ;
Le Temps ramène les plaisirs.
Entre la Veuve d'une année
Et la Veuve d'une journée
La différence est grande : on ne croirait jamais
Que ce fût la même personne :
L'une fait fuir les gens, et l'autre a mille attraits.
Aux soupirs vrais ou faux celle-là s'abandonne ;
C'est toujours même note et pareil entretien :
On dit qu'on est inconsolable ;
On le dit, mais il n'en est rien,
Comme on verra par cette fable,
Ou plutôt par la vérité.
L'Époux d'une jeune Beauté
Partait pour l'autre monde. À ses côtés, sa Femme
Lui criait : Attends-moi, je te suis ; et mon âme,
Aussi bien que la tienne, est prête à s'envoler.
Le Mari fait seul le voyage.
La Belle avait un Père, homme prudent et sage :
Il laissa le torrent couler.
À la fin, pour la consoler,
Ma fille, luit dit-il, c'est trop verser de larmes :
Qu'a besoin le Défunt que vous noyiez vos charmes ?
Puisqu'il est des vivants, ne songez plus aux morts.
Je ne dis pas que tout à l'heure
Une condition meilleure
Change en des noces ces transports ;
Mais après certain temps souffrez qu'on vous propose
Un époux beau, bien fait, jeune, et tout autre chose
Que le Défunt. Ah ! dit-elle aussitôt,
Un cloître est l'époux qu'il me faut.
Le père lui laissa digérer sa disgrâce.
Un mois de la sorte se passe.
L'autre mois, on l'emploie à changer tous les jours
Quelque chose à l'habit, au linge, à la coiffure.
Le deuil enfin sert de parure,
En attendant d'autres atours.
Toute la bande des Amours
Revient au colombier ; les Jeux, les Ris, la Danse,
Ont aussi leur tour à la fin :
On se plonge soir et matin
Dans la fontaine de Jouvence.
Le père ne craint plus ce défunt tant chéri ;
Mais comment il ne parlait de rien à notre Belle :
Où donc est le jeune mari
Que vous m'avez promis ? dit-elle.

TEXTE B :

Une femme encore jeune, dont le mari rendait l'âme était consolée par son père. Il lui disait : "Ne t'afflige pas outre mesure, ma fille. En effet, je t'ai trouvé un autre mari beaucoup plus beau que celui-ci et qui adoucira facilement le regret du premier."
La jeune femme, de son côté, incapable de supporter sa douleur, et comme si, dans son ardent amour, elle allait accompagner son mari, non seulement n'acceptait pas les propos de son père, mais blâmait cette allusion à un autre mari. Cependant, dès qu'elle vit son mari mort, elle demanda si le jeune homme était là, qu'il avait dit vouloir lui donner comme mari.

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