Se connecter
ou

Comparer une fable de La Fontaine et sa source

Difficulté
2-5 MIN
4 / 8

On compare le texte suivant extrait de la fable "Le Loup et l'Agneau" de La Fontaine (Texte A) et sa source, "Le Loup et l'Agneau" de Phèdre (Texte B). Comment La Fontaine a-t-il réécrit la fable ? Justifier la réponse.

TEXTE A :

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
Sire, répond l'Agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'Agneau ; je tette encor ma mère
Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
Je n'en ai point. C'est donc quelqu'un des tiens :
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos Bergers et vos Chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge."
Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l'emporte et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

TEXTE B :

Au même ruisseau étaient venus le loup et l'agneau, pressés par la soif. Le loup se tenait en-dessus et l'agneau beaucoup plus bas. Alors, poussé par son insatiable voracité, le brigand prit un prétexte pour lui chercher querelle.
- Pourquoi, dit-il, as-tu troublé l'eau pendant que je buvais ?
L'agneau, tremblant, lui répondit :
- Comment pourrais-je, dis-moi, faire ce dont tu te plains, ô loup ? C'est de toi que descend vers mes lèvres l'eau que je bois.
L'autre, vaincu par la force de la vérité :
- Il y a six mois, dit-il, tu as médit de moi.
L'agneau reprit :
- Moi ? Je n'étais pas né !
- Eh bien, c'est ton père, dit le loup, qui a médit de moi.
Et là-dessus, il le saisit, le déchire, lui inflige une mort injuste.

Précédent Suivant