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Reconnaître un genre littéraire

Difficulté
<2 MIN
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À quel genre littéraire appartient le texte suivant ?

HARPAGON :
Hors d'ici tout à l'heure, et qu'on ne réplique pas. Allons, que l'on détale de chez moi, maître juré filou, vrai gibier de potence.
LA FLÈCHE :
Je n'ai jamais rien vu de si méchant que ce maudit vieillard, et je pense, sauf correction, qu'il a le diable au corps.
HARPAGON :
Tu murmures entre tes dents.
LA FLÈCHE :
Pourquoi me chassez-vous ?
HARPAGON :
C'est bien à toi, pendard, à me demander des raisons : sors vite, que je ne t'assomme.
LA FLÈCHE :
Qu'est-ce que je vous ai fait ?
HARPAGON :
Tu m'as fait que je veux que tu sortes.
LA FLÈCHE :
Mon maître, votre fils, m'a donné ordre de l'attendre.
HARPAGON :
Va-t' en l'attendre dans la rue, et ne sois point dans ma maison planté tout droit comme un piquet, à observer ce qui se passe, et faire ton profit de tout. Je ne veux point avoir sans cesse devant moi un espion de mes affaires, un traître, dont les yeux maudits assiégent toutes mes actions, dévorent ce que je possède, et furettent de tous côtés pour voir s'il n' y a rien à voler.
LA FLÈCHE :
Comment diantre voulez-vous qu'on fasse pour vous voler ? Êtes-vous un homme volable, quand vous renfermez toutes choses, et faites sentinelle jour et nuit ?
HARPAGON :
Je veux renfermer ce que bon me semble, et faire sentinelle comme il me plaît. Ne voilà pas de mes mouchards, qui prennent garde à ce qu'on fait ? Je tremble qu'il n'ait soupçonné quelque chose de mon argent. Ne serois-tu point homme à aller faire courir le bruit que j'ai chez moi de l'argent caché ?
LA FLÈCHE :
Vous avez de l'argent caché ?
HARPAGON :
Non, coquin, je ne dis pas cela. (à part.) J'enrage. Je demande si malicieusement tu n'irois point faire courir le bruit que j'en ai.
LA FLÈCHE :
Hé ! Que nous importe que vous en ayez ou que vous n'en ayez pas, si c'est pour nous la même chose ?
HARPAGON :
Tu fais le raisonneur. Je te baillerai de ce raisonnement-ci par les oreilles. (il lève la main pour lui donner un soufflet.) sors d' ici, encore une fois.

Molière, L'Avare

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