Les espaces et les sociétés confrontés à des risques multiples Cours

Sommaire

ILes risques naturels majeursADéfinitions : aléa, risque, catastropheBLes risques naturels majeursCLes aléas1Les aléas climatiques2Les aléas géologiquesIILes risques technologiquesADes catastrophes industrielles multiplesBDes risques technologiques : cartographie
  • 7,7 milliards d'habitants peuplent la planète en 2019. Mais la population mondiale est très inégalement répartie. La majorité des terres émergées sont faiblement peuplées, voire quasiment vides d'hommes. On parle alors de déserts humains qui ont de très faibles densités : les déserts chauds (Sahara, Australie) ou froids (Sibérie, Nord canadien) ; les hautes montagnes (Himalaya) ; les régions de forêt dense (Amazonie). 
  • La population mondiale se concentre dans quelques foyers de peuplement. On compte ainsi trois foyers principaux :  l'Asie du Sud (1,7 milliard d'hab.) ; l'Asie de l'Est (1,6 milliard d'hab.) ; l'Europe (750 millions d'hab.).
  • On compte plusieurs foyers secondaires : Asie du Sud-Est ; Golfe de Guinée ; Nord-Est de l'Amérique du Nord, etc. 
  • La population se concentre de plus en plus sur les littoraux (60 % des humains vivent à moins de 60 km de la mer) et dans des métropoles (55 % des habitants vivent en ville).
  • Si un faible peuplement s'explique par des contraintes naturelles (altitude élevée, pente, sécheresse, froid), celles-ci doivent être relativisées comme le montre l'exemple des Andes où les densités peuvent être élevées. 
  • L'ancienneté des foyers de peuplement témoigne du rôle de l'histoire et des migrations.
  • Les activités économiques : agriculture, industrie ou commerce favorisent la concentration des habitants sur certains espaces. 

 

\boldsymbol{\textcolor{dodgerblue}{\Rightarrow}}  À quels risques les sociétés humaines sont-elles exposées ?

 

-
I

Les risques naturels majeurs

A

Définitions : aléa, risque, catastrophe

Un aléa est un événement d'origine naturelle, technologique ou sanitaire ayant une probabilité plus ou moins forte de se produire. Lorsque cet aléa pourrait, s'il survenait, entraîner des dommages humains ou matériels, on peut alors parler de risque. Autrement dit, il n'y a pas de risque en plein désert... Lorsque l'aléa se produit brutalement et qu'il provoque des victimes humaines et des dégâts matériels importants, on parle de catastrophe. L'ONU définit une catastrophe à partir de 30 morts.

-
-

Rousseau

« Convenez […] que si la nature n'avait point rassemblé là vingt mille maisons de six à sept étages, et que si les habitants de cette grande ville eussent été dispersés et plus légèrement logés, le dégât eût été beaucoup moindre, et peut-être nul. […] Vous auriez voulu que le tremblement de terre se fasse au fond d'un désert plutôt qu'à Lisbonne. Peut-on douter qu'il s'en forme aussi dans les déserts ? Mais nous n'en parlons point parce qu'ils ne font aucun mal aux messieurs des villes, les seuls hommes dont nous tenions compte. »

Dans une lettre adressée à Voltaire, le 18 août 1756, le philosophe français Jean-Jacques Rousseau revient sur le tremblement de terre qui s'est produit à Lisbonne (Portugal) l'année précédente, faisant environ 60 000 victimes.

B

Les risques naturels majeurs

Depuis le début du XXIe siècle, on a comptabilisé près de 13 000 catastrophes naturelles qui ont provoqué la mort de 1,2 million d'habitants

Les risques naturels varient selon les continents, les reliefs, les climats. On distingue : 

  • des risques d'origine géologique : volcanisme, séisme, glissement de terrain ;
  • des risques d'origine météorologique ou climatique : cyclone, tempête, inondation, sécheresse, etc. Si les aléas ne sont pas d'origine humaine, les risques peuvent être aggravés par les fortes densités de population et l'urbanisation.
C

Les aléas

1

Les aléas climatiques

Les aléas climatiques sont les plus récurrents. Deux catastrophes naturelles sur trois sont liées au climat. Chaque année, plus de 250 millions d'individus sont touchés. Les aléas climatiques concernent l'ensemble des continents mais affectent davantage les littoraux et les vallées fluviales, où les populations se concentrent. 

En août 2005, la Louisiane a été dévastée par l'ouragan Katrina. La zone intertropicale soumise aux cyclones ou à la mousson est particulièrement exposée. Ainsi, en août 2018, la mousson a provoqué des crues meurtrières dans la région du Kerala en Inde avec plus de 400 morts et un million de personnes déplacées.

-
La Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina, août 2005  

Jeremy L. Grisham, US Navy, 2005, © Wikipedia

Août 2005, l'ouragan Katrina a dévasté la ville de La Nouvelle-Orléans en Louisiane (États-Unis) provoquant la mort de 1 836 personnes et 108 milliards de dollars de dégâts.

2

Les aléas géologiques

Les aléas d'origine géologique se concentrent surtout dans les zones de contacts entre les plaques tectoniques : les Caraïbes, le Bassin méditerranéen, les zones montagneuses des Alpes à l'Himalaya et enfin la « ceinture de feu » du Pacifique. Cette dernière concentre à elle seule la grande majorité des volcans actifs et des séismes de la planète. 

Moins fréquents que les aléas climatiques, les séismes plus meurtriers sont responsables de plus de la moitié des victimes des catastrophes naturelles. On estime que plus d'un milliard d'habitants vivent sous la menace d'une éruption volcanique ou d'un tremblement de terre. Certaines grandes métropoles sont particulièrement exposées à ce risque majeur : San Francisco (4,6 millions d'hab.) ou Los Angeles (18 millions d'hab.) proches de la faille de San Andreas en Californie ou encore Naples (4 millions d'hab.) en Italie du Sud au pied du Vésuve.

-
-
La Californie soumise au risque sismique

San Andreas Fault, Carrizo Plain, aerial view from 8 500 feet alt., Ikluft, © Wikipedia

La faille de San Andreas au contact de deux plaques tectoniques expose les habitants de Los Angeles et de San Francisco (Californie) à des risques sismiques.

-
L'agglomération de Naples au pied du Vésuve

Éric Salard, Naples et le Vésuve depuis un vol Alitalia, 2006, © Wikipedia

L'agglomération de Naples qui compte 4,6 millions d'habitants s'étale jusqu'aux pentes d'un volcan très dangereux : le Vésuve, dont l'éruption de 79 ap. J.-C. a durablement marqué l'histoire napolitaine.

II

Les risques technologiques

A

Des catastrophes industrielles multiples

Les risques technologiques concernent les activités humaines et sont liés à la présence d'industries chimiques ou nucléaires et aux transports de matières dangereuses

Les catastrophes sont multiples : explosion, incendie, pollution ou contamination peuvent faire des victimes et occasionner des dégâts sur les infrastructures. Elles peuvent aussi dégrader durablement les écosystèmes et donc avoir de lourds impacts économiques pour les populations. Les marées noires pénalisent directement certaines activités économiques comme la pêche ou le tourisme et impliquent des coûts élevés pour le nettoyage du littoral. 

Une catastrophe industrielle peut être causée par un aléa naturel.

Dans le cas de l'accident nucléaire de Fukushima au Japon, la catastrophe industrielle est causée par un aléa naturel. Le 11 mars 2011, à 14h46, un séisme exceptionnel de magnitude 9 se produit dans le Pacifique et touche le nord d'Honshu, l'île principale du Japon, dont la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi construite dans les années 1970 par la compagnie japonaise TEPCO. Trois réacteurs, alors en fonctionnement, s'arrêtent automatiquement lors de la secousse. Vers 15h30, un tsunami consécutif au séisme provoque la submersion du littoral japonais par une vague de 14 mètres de haut. Cette vague ennoie le système d'alimentation électrique et de refroidissement de la centrale. La montée en température provoque l'explosion de trois réacteurs et d'importantes fuites. Des rejets radioactifs s'échappent dans l'atmosphère irradiant les populations environnantes jusqu'à 250 km autour de la centrale. Du liquide contaminé se déverse dans les sols et l'océan. Environ 300 000 personnes ont été évacuées des zones proches de la centrale dans les jours et les semaines qui ont suivi. TEPCO doit quotidiennement arroser d'eau les réacteurs détruits pour éviter toute nouvelle explosion. L'eau souillée est stockée mais des fuites demeurent. Le coût financier de cette catastrophe est estimé à 189 milliards d'euros.

-

La centrale nucléaire de Fukushima après les explosions, le 16 mars 2011

Digital Globe, The Fukushima I Nuclear Power Plant after the 2011 Tōhoku earthquake and tsunami, 16 mars 2011, © Wikipedia

Sur ce cliché pris le 16 mars 2011, trois des six réacteurs de la centrale de Fukushima ont explosé en raison de la défaillance du système de refroidissement noyé par le tsunami, entraînant une grave contamination radioactive.

B

Des risques technologiques : cartographie

Les risques technologiques concernent les pays industrialisés et sont donc plus présents dans les pays du Nord. Ils se concentrent logiquement dans les vallées industrialisées, sur les littoraux près des zones industrialo-portuaires, le plus souvent à proximité de zones urbanisées et d'axes de circulation.

Sous l'effet de la mondialisation et des délocalisations, ils ont des impacts plus graves dans les pays du Sud où les règles de sécurité et les normes environnementales sont moins contraignantes, c'est le cas des transferts de déchets toxiques vers les pays en développement avec des conséquences sanitaires graves pour les populations.

La décharge électronique à ciel ouvert d'Agbogbloshie à Accra au Ghana. 

En Chine, les explosions ou incendies d'usines et les coups de grisou dans les mines de charbon se sont multipliés au cours des 15 dernières années, faisant au moins 15 000 morts.

-
  • Plus nombreux, les aléas climatiques sont de plus en plus fréquents et touchent l'ensemble des continents.
  • Moins fréquents et plus localisés sur la planète, les aléas géologiques sont toutefois plus meurtriers.
  • Les risques technologiques sont plus présents dans les pays riches et développés mais ont des conséquences plus graves dans les pays en développement.