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Des cartes pour comprendre le monde

I

Clés de lecture géopolitique

A

De nombreux États inégalement puissants

L'ONU reconnaît 197 États. Le nombre d'États n'a cessé d'augmenter, puisqu'ils étaient 72 en 1945.

Les États sont les principaux acteurs des dynamiques géopolitiques mais leur poids sur la scène internationale est inégal. Les équilibres géopolitiques sont dominés par les États-Unis en premier lieu et les pays européens. La Russie, affaiblie après la chute de l'URSS, cherche à réaffirmer son poids dans les relations internationales. Les pays émergents, dont les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) contribuent à la modification des équilibres traditionnels de la géopolitique en s'imposant sur la scène internationale. Les pays les plus pauvres restent des pays peu puissants au niveau géopolitique.

B

Les organisations internationales

Il existe de nombreuses organisations regroupant les différents États. L'ONU est l'Organisation des Nations unies. Cette organisation à la tête de laquelle se trouve un Secrétaire général est composée d'une Assemblée générale et d'un Conseil de sécurité comprenant cinq membres permanents disposant du droit de véto (États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et la France) et dix membres non permanents élus pour deux ans.

D'autres organes dépendent de l'ONU tels que le Conseil économique et social ou encore la Cour internationale de justice, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'UNICEF (pour la protection de l'enfance) ou encore l'UNESCO.

Il existe d'autres organisations internationales. L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) est la principale organisation militaire, elle est dominée par les États-Unis. On compte enfin de nombreuses organisations internationales impliquées dans la gouvernance économique mondiale telles que la Banque mondiale, le FMI ou encore l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ainsi que de nombreuses organisations de coopération économique.

C

Un monde instable

Depuis la fin de la guerre froide, de nouveaux facteurs de déstabilisation sont apparus. Le terrorisme progresse, en particulier le terrorisme islamique radicale avec Al Quaïda et Daesh (ou l'État islamique), à cheval sur la Syrie et l'Irak.

Alors que les conflits entre États diminuent, les conflits internes aux États ont augmenté.

À cela s'ajoutent de nombreuses tensions entre États, et notamment autour de la délimitation des frontières et plus particulièrement des frontières maritimes.

II

Clés de lecture géo-économique

A

De profondes inégalités

L'étude des différents indicateurs socio-économiques tels que l'IDH (qui mesure le niveau de développement) révèlent de nombreuses inégalités à toutes les échelles.

Les inégalités à l'échelle mondiales laissent apparaître plusieurs groupes de pays. Tout d'abord les pays développés sont des pays les plus riches du globe. On retrouve ensuite le groupe des pays en développement. Au sommet de ce groupe, les pays émergents ont pour point commun leur performance économique mais aussi le maintien de profonds retards en matière de développement. Les BRICS sont à l'origine de 60% de la croissance économique mondiale en 2015. En bas du groupe des pays en développement, on retrouve les 48 pays les moins avancés (PMA).

B

La mondialisation de l'économie

La mondialisation de l'économie est un phénomène d'ouverture des économies sur un marché devenu mondial. Les économies nationales sont de plus en plus indépendantes et la mondialisation a eu pour conséquence une augmentation des flux de capitaux, de marchandises, d'information ainsi que des flux humains.

Les flux de la mondialisation sont sélectifs. Ce sont les zones les plus dynamiques économiquement, telles que les pays riches ou émergents, les métropoles ou encore les zones portuaires, qui bénéficient davantage de la mondialisation alors que les zones les plus pauvres en sont exclues. Ce phénomène tend ainsi à accentuer les inégalités à toutes les échelles.

La mondialisation a aussi permis le développement de nouveaux acteurs et particulièrement les 104 000 firmes transnationales qui sont à l'origine de 57% du PIB mondial.

III

Clés de lecture géoculturelle

A

La thèse des aires de civilisations

La théorie des aires de civilisations a été élaborée par Fernand Braudel dans un livre intitulé Grammaire des civilisations (1987). Selon celle-ci, le monde est divisé en différentes aires qui se distinguent par des spécificités culturelles, religieuses et linguistiques, aux délimitations géographiques floues.

S. Huntington, dans sa théorie du choc des civilisations, avance l'idée que depuis la fin de la guerre froide les conflits ne portent plus sur des oppositions idéologiques mais des oppositions culturelles.

La notion d'aires de civilisations est cependant discutable car elle met en évidence des zones dont les limites sont très vagues et en évolution constante. De plus, elle ignore totalement les divisions internes à chaque aire de civilisation qui ne sont en rien homogènes.

B

Uniformisation ou maintien des particularismes culturels

À l'échelle mondiale, on observe une tendance à l'unification des pratiques culturelles et des modes de vie. La mondialisation, par la multiplication des échanges internationaux, est à l'origine de ce phénomène. Les échanges commerciaux internationaux ont introduit les mêmes produits dans différents pays du monde, favorisant l'uniformisation des modes de vie et de consommation.

Il faut cependant noter que la diversité culturelle se maintient. Cette diversité culturelle est défendue par de nombreux organismes comme l'UNESCO. Aux échelles nationale et locale, les États et des associations luttent pour la préservation des différences culturelles. De plus, la mondialisation permet de rendre visible la diversité culturelle. Ainsi, plutôt que de parler d'uniformisation culturelle, il convient de parler davantage de métissage des cultures, c'est-à-dire de mélanges des cultures propres à chaque territoire.

IV

Clés de lecture géoenvironnementale

A

Les dégradations environnementales

Le monde a subi des changements importants qui ont affecté le climat et la biodiversité et accru le nombre de risques auxquels l'humanité doit faire face. Le recours massif aux énergies fossiles (charbon, gaz et pétrole) depuis le début de l'industrialisation a provoqué de fortes émissions de CO2 à l'origine d'un effet de serre. Ceci explique en grande partie le changement climatique en cours. Avec la fonte des glaciers et des banquises, le niveau des eaux a tendance à monter. Avec le changement climatique, les risques de catastrophes naturelles se sont multipliés. L'industrialisation de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche provoque par ailleurs une réduction massive de la biodiversité.

B

La protection de l'environnement de l'échelle globale à l'échelle locale

Les changements qui affectent le monde dans son ensemble suscitent une réaction globale de la part des acteurs étatiques et des ONG. C'est ainsi que la communauté internationale se réunit régulièrement pour évaluer les impacts de ces changements globaux et pour tenter d'apporter des réponses. La prise de conscience progressive de ces changements et de leurs conséquences à moyen et long terme a conduit en 1987 à la définition par le rapport Brundtland du concept de développement durable. Le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992, fixe les grandes lignes d'un programme ambitieux : l'Agenda 21. Des conférences internationales sont depuis lors régulièrement organisées, comme en témoigne la COP 21 qui s'est tenue à Paris en décembre 2015 et a réuni 195 pays.

Mais les freins à une protection efficace de l'environnement sont nombreux. Les principaux pays pollueurs ont tendance à ralentir l'application de mesures contraignantes et les pays en développement souhaitent en priorité développer leur économie. Cependant, aux échelles locales, de nombreuses initiatives sont prises.