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L'Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914 - 1945) Fiche brevet

I

Civils et militaires durant la Première Guerre mondiale

A

Le déroulement de la guerre

De nombreuses rivalités opposent les pays d'Europe au début du XXe siècle :

  • Des rivalités économiques
  • Des rivalités coloniales
  • Des revendications territoriales

Les Européens mettent alors en place des systèmes d'alliances militaires :

  • La Triple-Alliance (Autriche-Hongrie, Empire allemand et Italie)
  • La Triple-Entente (France, Royaume-Uni et Russie)

À la suite de l'assassinat de l'héritier de l'Empire austro-hongrois, François-Ferdinand de Habsbourg, le 28 juin 1914 à Sarajevo par un nationaliste serbe, les différentes puissances européennes entrent en guerre et entraînent avec elles leurs empires coloniaux.

La guerre se déroule alors en trois principales phases :

  • Une guerre de mouvement de 1914 à 1915
  • Une guerre de position de 1915 à 1917
  • Une guerre de mouvement de 1917 jusqu'à la fin de la guerre en 1918
B

Une violence de masse

La Première Guerre mondiale est une guerre totale, c'est-à-dire que l'ensemble des ressources et des sociétés des États en guerre sont mobilisées et encadrées :

  • Les ressources économiques et financières
  • Les ressources humaines (soldats au front et civils à l'arrière)
  • Utilisation de la propagande et de la censure

Cette guerre est aussi une guerre des tranchées. Les soldats, empêchés dans leur progression par le feu adverse, creusent des tranchées dans lesquelles ils vivent et combattent. En plus des assauts meurtriers contre les tranchées ennemies, les conditions de vie sont désastreuses (promiscuité, hygiène déplorable, froid, etc.).

La bataille de Verdun de février à décembre 1916 ainsi que la bataille de la Somme de juillet à novembre 1916 comptent parmi les batailles les plus sanglantes de la guerre des tranchées.

La violence de masse s'observe aussi avec le génocide des Arméniens de 1915 à 1916, perpétré par les autorités ottomanes.

Génocide

Un génocide est l'exécution volontaire et systématique de tout un peuple.

Les Arméniens sont une population chrétienne ottomane accusée d'être des complices de la Russie alors en guerre contre l'Empire ottoman. Dès 1915, les premiers massacres et déportations dans le désert commencent et se poursuivent jusqu'en 1916. Au total, on considère qu'il y a eu entre 1 et 1,5 million de morts.

C

Les conséquences du conflit

Le bilan humain de la Première Guerre mondiale est considérable :

  • 9 millions de morts
  • 6 millions de soldats blessés et mutilés
  • Des familles meurtries, de nombreuses veuves et de nombreux orphelins

Les destructions matérielles sont particulièrement importantes dans les pays où se sont déroulés les conflits comme la France ou la Pologne.

La Première Guerre mondiale est aussi l'un des principaux facteurs de l'avènement de la Révolution russe de 1917. Confronté à la faim et à la dureté des combats, le peuple chasse le tsar en février 1917 et les bolchéviques, emmenés par Lénine, prennent le pouvoir en octobre 1917. La Révolution russe connaît un grand retentissement en Europe et déclenche une vague d'insurrections en Europe qui sont réprimées dans le sang.

Enfin, l'Europe est profondément transformée au lendemain du conflit :

  • Les Empires ottoman, d'Autriche-Hongrie et allemand disparaissent et de nouveaux États sont créés comme la Roumanie.
  • L'Allemagne, jugée responsable du conflit, est humiliée par le traité de Versailles (1919) qui l'oblige à payer de lourdes réparations à la France et limite considérablement sa puissance militaire.

Malgré la volonté du président américain Wilson de créer un monde plus stable et la création de la Société des nations dont le but est d'éviter une nouvelle guerre, la paix demeure fragile.

II

L'Europe de l'entre-deux-guerres

A

De la Révolution russe au totalitarisme soviétique

Arrivé au pouvoir en octobre 1917, Lénine sort le pays de la guerre et pose les bases du régime communiste en Russie en collectivisant les terres et en nationalisant les usines. Confronté à de nombreuses difficultés, Lénine instaure la Nouvelle politique économique (NEP), en 1921, qui apparaît comme une pause dans les réformes économiques. L'URSS, l'Union des Républiques socialistes soviétiques, est créée en 1922.

Staline devient le seul maître de l'URSS à la mort de Lénine en 1924. Il relance les politiques de collectivisation des terres et instaure les plans quinquennaux, qui fixent des objectifs contraignants de production.

Staline poursuit la construction d'un État totalitaire. Les opposants réels ou supposés à Staline et aux politiques qu'il entreprend subissent une répression féroce :

  • La dékoulakisation réprime les koulaks, des paysans aisés opposés aux réformes de collectivisation des terres.
  • Des procès sont organisés à Moscou (1936 − 1938) et condamnent les opposants à la déportation dans des camps de travail, les goulags.
  • Le NKVD, la police politique, surveille et pourchasse tous ceux qui s'éloignent de la voie officielle définie par le régime.

Le Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) et d'autres organisations du régime encadrent la société.

Les komsomols veillent à l'éducation et à l'embrigadement de la jeunesse.

Staline instaure un culte de la personnalité.

Régime totalitaire

Un régime totalitaire est un régime politique qui entend contrôler tous les secteurs de la société et imposer une idéologie visant à créer un Homme nouveau. Ces régimes mettent en place une répression brutale et détruisent tous les fondements de l'État de droit.

B

Le nazisme en Allemagne

L'Allemagne est humiliée au sortir de la guerre et perçoit le traité de Versailles comme un diktat. Le Parti national-socialiste d'Hitler (NSDAP) impute la défaite de la Première Guerre mondiale et le traité de Versailles aux Juifs. Ces idées rencontrent une audience plus large avec la crise économique mondiale des années 1930 qui touche l'Allemagne de plein fouet. Le 30 janvier 1933, Hitler est nommé chancelier de l'Allemagne.

Dès son arrivée au pouvoir, Hitler emprisonne les opposants politiques. Il fait du parti nazi le parti unique et concentre tous les pouvoirs. Un culte de la personnalité est organisé autour du Führer.

Les Juifs sont exclus de la société. Les lois de Nuremberg de 1935 instituent leur marginalisation et les violences à leur encontre deviennent systématiques, notamment lors de la Nuit de cristal en novembre 1938.

Hitler revient sur le traité de Versailles en réarmant le pays. Il remilitarise la Rhénanie, intègre l'Autriche à l'Allemagne en 1938 et revendique la région des Sudètes en Tchécoslovaquie et le couloir de Dantzig en Pologne.

Le régime nazi tisse des liens avec d'autres régimes autoritaires tels que l'Italie de Mussolini et le Japon. Il signe aussi avec Staline le pacte germano-soviétique de non-agression.

C

La France des années 1930

La France est aussi touchée par la crise économique des années 1930 qui provoque de vifs mécontentements. Le 6 février 1934, les ligues d'extrême droite manifestent violemment devant l'Assemblée nationale. La gauche craint "un coup d'État fasciste" et crée le Front populaire qui rassemble les communistes, les socialistes de la SFIO dirigée par Léon Blum et le Parti radical.

Le Front populaire gagne les élections de 1936 et Léon Blum est nommé président du Conseil. Les Français organisent de grandes grèves pour soutenir le gouvernement qui prend de nombreuses mesures sociales :

  • Augmentation des salaires
  • Amélioration de la représentativité dans les entreprises
  • Nationalisation de certaines entreprises stratégiques
  • Réduction du temps de travail hebdomadaire à 40 heures
  • Création des congés payés

La France des années 1930 est confrontée aux régimes totalitaires. Elle est impuissante face à l'Allemagne hitlérienne de plus en plus menaçante et à l'Espagne qui s'enfonce dans la guerre civile. En 1938, lors de la conférence de Münich, Français et Anglais se résignent et acceptent les revendications territoriales d'Hitler concernant les Sudètes. Le 1er septembre 1939, l'armée allemande envahit la Pologne, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne mais n'interviennent pas et stationnent à la frontière.

III

La Seconde Guerre mondiale, une guerre d'anéantissement

A

Les grandes phases de la guerre

La Seconde Guerre mondiale commence en septembre 1939 avec l'invasion de la Pologne par les Allemands. L'Allemagne envahit une grande partie de l'Europe 1939 à 1942. En Asie et dans le Pacifique, le Japon mène aussi une politique expansionniste.

L'année 1942 marque un tournant. L'URSS résiste face aux Allemands et gagne la victoire décisive de Stalingrad en 1943. Sur le front du Pacifique, les États-Unis entrent en guerre contre le Japon suite aux bombardements de leur base de Pearl Harbor le 7 décembre 1941. Ils remportent la bataille de Midway en 1942. Ils interviennent aussi aux côtés des Britanniques et débarquent en Afrique du Nord en 1942.

Les Alliés progressent alors au détriment des Allemands et des Japonais, notamment suite au débarquement de Normandie, le 6 juin 1944. L'Allemagne capitule le 8 mai 1945. Le Japon capitule le 2 septembre 1945 à la suite des deux bombes atomiques lâchées sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945.

B

Une guerre totale

La Seconde Guerre mondiale est une guerre aux motifs idéologiques. Les pays de l'Axe (Allemagne, Japon et Italie) ont des volontés d'expansion territoriale. L'Allemagne fonde sa politique sur une politique d'extermination raciale et les Japonais pratiquent de nombreux massacres dans les territoires qu'ils conquièrent, considérant les populations envahies comme inférieures. À l'opposé, les Alliés défendent la démocratie.

La guerre touche tous les continents et l'ensemble des sociétés et des économies sont engagées dans l'effort de guerre. La propagande est omniprésente afin de mobiliser les populations.

C

Une guerre d'anéantissement

La Seconde Guerre mondiale est une guerre d'anéantissement car les violences touchent, de manière considérable, militaires et civils. Les moyens de destruction engagés, la violence des combats, les idéologies mobilisées et la "culture de la guerre" entretenue dans chaque camp sont les facteurs de cette guerre d'anéantissement. Sur les 60 millions de morts du conflit, la moitié sont des civils.

La politique d'extermination du régime nazi constitue un aspect particulier de cette guerre d'anéantissement. L'Allemagne hitlérienne identifie des ennemis et des menaces du peuple allemand tels que les opposants politiques, les malades mentaux, les épileptiques, les handicapés, les homosexuels, les Tziganes et les Juifs. Ces groupes sont pourchassés et enfermés dans des camps de concentration.

Dès 1941, lors de la conquête de l'Europe de l'Est, les Einsatzgruppen entreprennent l'élimination systématique des Juifs, des Tziganes et des opposants politiques. À partir de 1942, lors de la conférence de Wansee, le régime met en place la solution finale, c'est-à-dire l'élimination totale des Juifs d'Europe qui sont rassemblés et déportés dans des camps d'extermination, comme celui d'Auschwitz-Birkenau. Les prisonniers, après un long voyage dans des conditions effroyables, sont triés et exécutés dans des chambres à gaz. Leurs corps sont ensuite brûlés dans des fours crématoires.

Ce génocide est responsable de la mort de 6 millions de Juifs et 220 000 Tziganes.

IV

La France défaite et occupée

A

La défaite de 1940 et ses conséquences

La France, attaquée en 1940, connaît un exode massif des Français fuyant l'avancée des troupes allemandes. La défaite est rapide. Nommé chef du gouvernement, Philippe Pétain obtient les pleins pouvoir en juillet 1940. Il devient chef de l'État français dont la capitale est Vichy. Le maréchal Pétain signe un armistice avec les Allemands le 22 juin 1940.

Les conditions de l'armistice sont difficiles pour la France :

  • Entretien des troupes allemandes présentes sur le sol français.
  • Annexion de l'Alsace-Lorraine.
  • Division de la France en deux parties dont une est occupée par les Allemands alors que la zone dirigée par le gouvernement de Vichy devient la "zone libre".
  • 2 millions de prisonniers sont envoyés en Allemagne.
B

Le régime de Vichy

L'État français est une dictature. Pétain, doté des pleins pouvoirs, entreprend la Révolution nationale autour d'un programme très conservateur. La devise du pays devient "Travail, Famille, Patrie". Il met fin aux libertés fondamentales, instaure le parti unique, utilise la propagande et instaure un culte de la personnalité. La population est encadrée par la police et la milice.

Le régime de Vichy collabore avec les Allemands et Pétain rencontre Hitler à Montoire en octobre 1940. La collaboration prend différents aspects :

  • Une collaboration économique : le Service de travail obligatoire (STO) est mis en place dès 1942.
  • Une collaboration policière avec l'aide de la milice et des forces de l'ordre française.
  • Une collaboration antisémite : le gouvernement organise la traque des Juifs en France, leur exclusion de la société (perte de la nationalité française, port de l'étoile jaune, réquisition de leurs biens). Des rafles, comme celle du Vél' d'Hiv en juillet 1942, sont organisées par les autorités françaises.
C

La Résistance

Le général de Gaulle refuse l'armistice signé avec les Allemands, s'enfuit à Londres, et lance un appel le 18 juin 1940 à la résistance contre les Allemands. De Gaulle est rejoint par environ 7000 personnes qui forment les Forces françaises libres (FFL) et qui constituent la Résistance extérieure.

La Résistance intérieure se met en place progressivement mais ne concerne que 2 % de la population française. Elle imprime des journaux clandestins, organise des actes de sabotage. En 1942, De Gaulle envoie Jean Moulin en France dans le but d'organiser et d'unifier la Résistance intérieure. En mai 1943, le Conseil national de la Résistance est créé.