Du prince de la Renaissance au roi absolu (François Ier, Henri IV et Louis XIV) Personnages

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Charles IX

Charles IX

27 juin 1550 − 30 mai 1574

Royaume de France

Charles IX est le fils de Henri II. En 1560, il succède sur le trône de France à son frère François II qui n'a régné que quelques mois après la mort d'Henri II. Charles IX n'ayant que 10 ans en 1560, c'est sa mère Catherine de Médicis qui assure la régence. Il est un roi faible et son règne ouvre la période dite des guerres de religion qui débutent en 1562 et qui durent jusqu'en 1593.
Les grands princes du Royaume sont divisés entre catholiques et protestants. Ces guerres sont marquées par des périodes de trêve et par d'atroces cruautés. Un épisode tristement célèbre de cette époque est le massacre de la Saint-Barthélemy : en pleine période de trêve, Catherine de Médicis décide de supprimer tous les chefs protestants réunis à Paris pour le mariage d'Henri de Navarre (protestant) avec la sœur de Charles IX, Marguerite. Elle parvient à convaincre Charles IX qui ordonne lui-même les tueries. Le massacre commença le matin du 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy. Coligny, conseiller du roi, fut une des premières victimes. Des assassinats se produisirent dans les grandes villes du royaume.
La conséquence de ce massacre fut une réaction protestante forte. Les protestants français s'unissent et organisent leur défense, constituant des troupes avec des chefs militaires, une organisation financière et judiciaire. Les huguenots (protestants français) forment une sorte d'État à l'intérieur du royaume.
Charles IX meurt en 1574, son frère Henri lui succède sous le nom d'Henri III.

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François Ier

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François Ier

1494 − 1547

Royaume de France

Pendant son règne (1515 − 1547), François Ier renforce le pouvoir royal : le roi et ses proches conseillers prennent seuls les décisions importantes et les conseils du roi se spécialisent. Il obtient du pape le pouvoir de nommer les évêques, ce qui lui assure une Église sous contrôle. Pour renforcer l'unité du royaume composé de populations aux langues diverses, il impose la langue française dans les actes administratifs en 1539 par l'ordonnance de Villers-Cotterêts. Il ordonne aussi aux curés de tenir un registre précis des baptêmes.
Du point de vue militaire, son règne est marqué par les guerres d'Italie qui continuent et sa rivalité avec Charles Quint, qui dirige l'immense Empire Habsbourg. François Ier mène une lutte acharnée contre le plus puissant souverain du XVIe siècle, à la fois roi d'Espagne et empereur du Saint Empire romain germanique. Il va jusqu'à s'allier aux princes protestants allemands ou aux Turcs musulmans, dans le but de mettre en difficulté Charles Quint.

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Henri II

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Henri II

31 mars 1519 − 10 juillet 1559

Royaume de France

Henri II, fils de François Ier, succède à son père à la mort de celui-ci et est sacré roi en 1547. Il continue l'œuvre culturelle et politique de François Ier. En politique étrangère, il poursuit les guerre d'Italie et continue de contenir la puissance de l'empereur Charles Quint, honorant l'alliance que François Ier avait conclu avec la ligue allemande des princes protestants. Mais il doit renoncer définitivement aux prétentions des Valois sur l'Italie et signe la paix du Cateau-Cambrésis en 1559.

Henri II met en place une politique de répression violente contre le protestantisme et les exécutions sont nombreuses. Mais c'est un échec, les protestants sont de plus en plus nombreux et organisés. De plus, on compte parmi eux de nombreux nobles et des grands seigneurs. Il est gravement blessé au cours d'un tournoi en 1559, et meurt quelques jours plus tard.
Son fils aîné François II lui succède, mais c'est un adolescent fragile, âgé de 15 ans. Commence alors une période troublée, marquée par les guerres de religion et un pouvoir royal affaibli.

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Henri III

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Henri III

19 septembre 1551 − 2 août 1589

Royaume de France

À la mort du roi Charles IX en 1574, son frère Henri III hérite d'un royaume troublé par les guerres de religion. Le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572 a intensifié la guerre civile en France. Les protestants français sont organisés et disposent de troupes armées dirigées par des chefs militaires de qualité. Pendant son règne (1574 − 1589), Henri III gouverne un royaume divisé et tente de mettre fin à la guerre civile.
En 1576, Henri III, dont les armées sont battues à plusieurs reprises, décide d'accorder aux protestants ce qu'ils réclament : le droit de célébrer publiquement leur culte (sauf à Paris), accéder à toutes les fonctions, ainsi que la présence de juges protestants en nombre égal aux juges catholiques dans les parlements des villes.
Les catholiques sont en colère contre Henri III qu'ils accusent de trahir l'intérêt du royaume et de la religion catholique. Ils forment une organisation, appelée la Ligue. Henri, duc de Guise (un des organisateur du massacre de la Saint-Barthélemy) en devient le chef. L'objectif de la Ligue catholique est d'anéantir l'Église réformée dans toute l'Europe, en s'alliant avec le roi d'Espagne, le Pape et l'empereur. Mais Henri III refuse et fait assassiner le duc de Guise en 1588. La guerre reprend en France et Henri III est assassiné en 1589 par un fanatique catholique, le moine Jacques Clément.

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Henri IV

Frans Pourbus le jeune

Henri IV

13 décembre 1553 − 14 mai 1610

Royaume de France et de Navarre

Henri III meurt assassiné en 1589, sans laisser d'enfants. C'est la fin des capétiens Valois. L'héritier légitime est alors le protestant Henri de Navarre, un capétien de la branche des Bourbons. Henri de Navarre devient roi sous le nom d'Henri IV et doit faire face à Philippe II d'Espagne, qui entre en France avec ses troupes, et à l'hostilité des catholiques. Henri IV décide alors d'abjurer le calvinisme et de se convertir au catholicisme en 1593. Après trois années de guerre, Henri IV parvient à chasser les Espagnols de France.
Reste à régler la question religieuse. Henri IV veut imposer la coexistence du catholicisme et du protestantisme. Après de très difficiles négociations avec les deux camps, Henri IV promulgue l'édit de Nantes en 1598.
L'édit reconnaît le droit à qui le veut d'être protestant et une liberté de culte partielle (c'est-à-dire la liberté de célébrer publiquement le culte dans deux villes par bailliage à l'exception de Paris). L'édit accorde aux protestants des droits (l'égalité devant la loi avec les catholiques, l'accès à tous les emplois) et des privilèges politiques (l'autorisation de se réunir en assemblées, l'occupation d'une centaine de places fortes).
Une fois la guerre civile réglée, Henri IV rétablit l'autorité royale avec fermeté : il ne convoque pas les états généraux, il limite le droit de remontrance des parlements, restreint les pouvoirs des gouverneurs de province et les libertés des villes et fait surveiller les grands princes. Henri IV confie à Sully la tâche de restaurer les finances de l'État. Sully parvient à rembourser une partie de la dette et à équilibrer le budget.
De nombreux catholiques ne pardonnent pas à Henri IV l'édit de Nantes. Parmi eux, Ravaillac, qui tue le roi pour sauver le catholicisme (1610). Henri IV, qui n'a pas été aimé de son vivant, devient après sa mort l'un des rois de France les plus populaires.

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Louis XIV

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Louis XIV − Louis le Grand

5 septembre 1638 − 1er septembre 1715

Royaume de France

À la mort de Mazarin, en 1661, Louis XIV décide d'exercer le pouvoir seul. Pendant son long règne qui dure 54 ans, il ne prend jamais de Premier ministre et exerce pleinement son autorité sans jamais la partager.

Louis XIV considère qu'il est le représentant de Dieu dans le royaume. Détenant son pouvoir de Dieu, il a donc un pouvoir absolu. Louis XIV se veut souverain absolu de droit divin. Il n'a de compte à rendre à personne. Il s'entoure de conseillers et de ministres pour gouverner (chancelier, contrôleur général des finances, quatre secrétaires d'État) mais il ne leur laisse prendre aucune décision importante. Les décisions importantes sont prises par le roi, en Conseil des affaires bientôt appelé Conseil d'en-haut. Dans tout le royaume, des intendants permanents font appliquer la volonté du roi. Louis XIV ne change pas l'organisation des finances et les impôts traditionnels subsistent. Mais à la fin de son règne, il crée deux nouveaux impôts directs.
Il entreprend la construction du château de Versailles et la cour du roi y prend un éclat extraordinaire. Il instaure un cérémonial autour de sa personne (l'étiquette). L'étiquette est un véritable culte rendu à la majesté du roi. La noblesse à Versailles devient docile et soumise, face à celui qu'on surnomme le Roi-Soleil (le soleil est son emblème).
Dans le domaine religieux, le règne de Louis XIV est marqué par ses luttes contre le jansénisme (catholicisme austère) et contre le protestantisme (révocation de l'édit de Nantes et persécutions contre les protestants qui quittent la France en masse) et par son conflit avec le Pape (de 1678 à 1693).
Louis XIV estime que la puissance d'un pays dépend de sa richesse et avec l'aide de Colbert il développe l'économie française : création de manufactures, essor du commerce, conquête de colonies.

Pendant les 54 ans de règne de Louis XIV, on compte 29 ans de guerre. Les effectifs militaires augmentent fortement et la marine de guerre se développe. La France annexe des territoires au nord et à l'est du pays. Dans les régions conquises, le roi fait fortifier les villes par Vauban pour rendre impossible la reconquête.

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Mazarin

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Jules Raymond Mazarin

14 juillet 1602 − 9 mars 1661

Royaume de Sicile / Royaume de France

À la mort de Louis XIII en 1643, sa veuve, la reine Anne d'Autriche, assure la régence pour leur fils Louis XIV, alors âgé de cinq ans. Elle conserve Mazarin, nommé chef du Conseil (Premier ministre) par Louis XIII en 1642, à la mort de Richelieu.
De 1643 à sa mort (en 1661), il est officiellement Premier ministre et prend toutes les décisions.
Mazarin et Anne d'Autriche doivent faire face à une guerre civile, appelée la Fronde, entre 1649 et 1652. La Fronde commence par une révolte du Parlement de Paris, puis par une révolte des princes conduits par Condé qui s'allient à l'ennemi de la France, l'Espagne. Mazarin et la régente en sortent victorieux et le pouvoir royal s'en trouve renforcé.

Louis XIV, majeur depuis 1651, laisse le pouvoir à Mazarin qui reste le maître de la France jusqu'à sa mort en 1661. En politique extérieure, Mazarin met fin à la guerre contre l'Espagne et conclut la Paix des Pyrénées (1659). Il est convenu que Louis XIV épouse l'infante d'Espagne. À l'intérieur du royaume, il rétablit les intendants.

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Catherine de Médicis

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Catherine de Médicis

13 avril 1519 − 5 janvier 1589

Cité de Florence / Royaume de France

Sous le règne de François Ier en 1533, et sur ordre du roi, le prince Henri épouse Catherine de Médicis, issue d'une riche famille italienne de Florence. Après onze ans de mariage, Catherine met au monde son premier enfant, François. Au total, Catherine mettra au monde dix enfants (dont sept survivront). À la mort de François Ier, en 1547, Henri II succède à son père.

Pendant le règne d'Henri II, Catherine doit s'effacer car Diane de Poitiers, la favorite du roi, exerce un rôle important à la cour. La mort accidentelle d'Henri II en 1559 replace Catherine de Médicis au premier plan. Après la mort de François II (1560) qui ne règne que quelques mois, elle devient régente pour son deuxième fils Charles IX (roi de 1560 à 1574).
La régence et le règne de Charles IX sont marquées par les guerres de religion qui éclatent en 1562. Catherine n'arrive pas à pacifier le royaume dans cette guerre où se succèdent des périodes de trêve et d'atrocités. Elle parvient à convaincre Charles IX de massacrer les chefs protestants réunis à Paris pour le mariage d'Henri de Navarre (un protestant) avec la sœur de Charles IX, Marguerite. C'est le massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. Après cet épisode sanglant, les protestants réagissent fortement en créant un État huguenot (protestant) dans le royaume. Ils mettent en place une organisation financière et judiciaire, se dotent de troupes conduites par des chefs militaires de qualité. Charles IX meurt en 1574. C'est son frère Henri qui lui succède sous le nom d'Henri III. Le nouveau roi veut gouverner par lui-même. Catherine ne peut plus prendre de décisions sans le consentement du roi. Henri III accorde aux protestants d'importantes concessions, pour assurer la paix. Cela est mal accepté par les princes catholiques. Catherine continue de jouer un rôle important dans les affaires diplomatiques du royaume. Elle fait un tour de France entre 1578 et 1579, elle veut apaiser les haines et réconcilier les catholiques et les protestants. Mais c'est un échec, les catholiques se révoltent et la Ligue catholique relance la guerre. Tombée malade en 1588, Catherine de Médicis meurt en 1589.

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Richelieu

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Armand Jean du Plessis de Richelieu

9 septembre 1585 − 4 décembre 1642

Royaume de France

Le cardinal de Richelieu entre au Conseil du roi en 1624. Quelques mois plus tard, il devient le chef de ce conseil. Le Premier ministre de Louis XIII a deux objectifs :

  • Maintenir la grandeur du royaume, et pour cela il engage la France contre les Habsbourg dans la guerre de Trente Ans.
  • Conserver l'autorité et la majesté du roi, et pour cela il affaiblit les protestants et les grands (princes et seigneurs).

Après le siège de la Rochelle et une guerre dans les Cévennes, Richelieu retire aux protestants leurs privilèges politiques (obtenus dans l'édit de Nantes), par l'édit d'Alès en 1629, mais leur liberté de culte et leurs droits sont confirmés. Richelieu et Louis XIII se montrent sans pitié avec les grands qui complotent. De nombreux princes ou seigneurs sont ainsi condamnés à mort et décapités au cours du règne de Louis XIII.

Richelieu veut mener des réformes pour améliorer le gouvernement : uniformiser l'administration, mieux répartir les impôts, supprimer la vénalité et l'hérédité des offices. Mais entre faire la guerre et accomplir des réformes, il faut choisir, et Louis XIII choisit la guerre en 1630. Richelieu augmente les impôts et met en vente des milliers d'offices nouveaux. Les impôts écrasants, les disettes, les épidémies et la misère provoquent des révoltes chez les paysans dans les campagnes et les travailleurs dans les villes, souvent soutenus par les nobles, les parlements et les officiers. Richelieu et Louis XIII réagissent sévèrement et Richelieu donne les pleins pouvoirs aux commissaires devenus les intendants (pouvoirs financiers et judiciaires).
Richelieu meurt en 1642 et Louis XIII confie la charge de Premier ministre à celui que Richelieu lui avait désigné, le cardinal Mazarin. Louis XIII meurt à son tour en 1643.

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Vauban

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Sébastien Le Prestre de Vauban

1er mai 1633 − 30 mars 1707

Royaume de France

Vauban, qui montre très tôt sur le champ de bataille des qualités d'ingénieur militaire, est nommé ingénieur du roi par Mazarin en 1655. Louis XIV lui confie les fortifications de Dunkerque (1662). Ensuite, Vauban dirige le siège des villes de Tournai, Douai et Lille (1667), puis il est chargé des fortifications des villes de Flandre. Il reçoit en 1678 la charge de commissaire général des fortifications et est nommé maréchal de France en 1703. Il dirige avec succès cinquante-trois sièges et construit près de 300 places fortes sur toutes les frontières du royaume. En réponse à l'artillerie de plus en plus utilisée lors des sièges des villes (les canons) et qui détruit facilement les fortifications classiques, Vauban perfectionne le système des fortifications enterrées : les hautes murailles sont remplacées par des fortifications basses, recouvertes de terre. Il équipe les soldats du roi de grenades et de fusils. Il développe une stratégie de siège pour prendre les places fortifiées sans perdre trop d'hommes. Il crée "le génie" en 1692 (regroupement sous son autorité des ingénieurs militaires).

Au-delà de son activité militaire, Vauban s'intéresse beaucoup à l'économie du pays et n'hésite pas à rédiger des écrits critiques. Ainsi, il condamne la révocation de l'édit de Nantes quand il constate les conséquences économiques désastreuses que provoque le départ en masse des protestants. Il préconise une réforme fiscale et réclame un impôt payé par tous, dans son ouvrage Projet d'une dîme royale, en 1707. Dans ce livre, Vauban explique que le travail produit la richesse et que le peuple, véritable soutien de l'État, ne peut être toujours accablé. L'ouvrage déplaît au roi et il est proscrit par le conseil peu de temps avant la mort de Vauban.
Vauban rejoint ainsi le petit groupe de ceux qui osent critiquer sous le règne de Louis XIV l'inégalité sociale et fiscale et le système de gouvernement, comme La Bruyère et Fénelon.