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Désir et bonheur

L'indétermination du concept de bonheur

Kant

Kant

Fondements de la métaphysique des mœurs

1785

Pour Kant, le bonheur est un concept indéterminé : chaque personne le définit selon ses préférences et ses goûts. On ne peut donc pas s'accorder sur une définition du bonheur. C'est un concept empirique, ce qui veut dire qu'il est défini en fonction de l'expérience de chacun.

Le bonheur est un idéal de l'imagination et non de la raison.

Kant

Fondements de la métaphysique des mœurs

1785

Pour Kant, le bonheur est un concept empirique : il est particulier et vague, c'est-à-dire qu'il repose sur une idée que chacun se fait du bonheur. C'est pourquoi il relève de l'imagination, et non de la raison, qui suppose des représentations claires.

La classification des désirs

Épicure

Épicure

Lettre à Ménécée

IVe siècle avant J.-C.

Épicure invite à apprendre à distinguer les désirs naturels des désirs vains. Car on ne peut atteindre le bonheur que si l'on sait voir lesquels sont utiles et conformes à la nature de l'Homme. Ainsi, certaines choses procurent du plaisir mais portent préjudice (trop manger). Tandis que certaines souffrances sont désagréables mais souhaitables (se faire soigner une carie). C'est seulement quand on se sera exercé à les discerner qu'on pourra espérer atteindre l'ataraxie, c'est-à-dire la paix de l'âme. On parle d'aponie pour caractériser la paix du corps.

C'est par une sage considération de l'avantage et du désagrément qu'il procure que chaque plaisir doit être apprécié.

Épicure

Lettre à Ménécée

IVe siècle avant J.-C.

C'est par un exercice de la raison que nous devons apprendre à discerner les désirs nécessaires et ceux qui ne le sont pas.

La maîtrise des désirs

Épictète

Épictète

Manuel

IIe siècle après J.-C.

Pour le philosophe stoïcien Épictète, le monde est régi par une stricte nécessité : le cours des choses, ce qui arrive, ne dépend pas de nous. Seule notre réaction face aux hasards de la vie est en notre pouvoir. Il faut donc apprendre à maîtriser ses passions, et à accepter les événements sans en pâtir.

Il n'y a qu'une route vers le bonheur, c'est de renoncer aux choses qui ne dépendent pas de notre volonté.

Épictète

Manuel

IIe siècle après J.-C.

Pour être heureux, il ne faut désirer que ce qui dépend de nous, car désirer ce qui dépend du hasard revient à se faire l'esclave de ses passions.

Le bonheur comme exercice de la vertu

Aristote

Aristote

Éthique à Nicomaque

IVe siècle avant J.-C.

Pour Aristote, le bonheur est la fin de toutes les actions de l'Homme : c'est ce qui est visé à travers chacune d'elles.
Si le bonheur est ce qui est visé à travers toutes ses actions, il n'est donc pas un état stable, mais une activité. C'est en agissant conformément à la vertu que l'Homme réalise son essence, et trouve le bonheur. Cette existence est source de plaisir.

Le bien pour l'Homme consiste dans une activité de l'âme en accord avec la vertu.

Aristote

Éthique à Nicomaque

IVe siècle avant J.-C.

Être vertueux, c'est donc développer la capacité qui est propre à l'Homme, et la développer le mieux possible. C'est en pratiquant la vertu tout au long d'une vie que l'on accède au bonheur.

Le désir est l'essence de l'Homme

Spinoza

Spinoza

Éthique

1677

Il est impossible que l'homme ne soit pas une partie de la Nature et ne puisse éprouver d'autres changements que ceux qui se peuvent connaître par sa seule nature et dont il est cause adéquate.
Il suit de là que l'homme est nécessairement toujours soumis aux passions, suit l'ordre commun de la Nature et lui obéit, et s'y adapte autant que la nature des choses l'exige.

Spinoza

Éthique

1677

Pour Spinoza, le désir n'est pas quelque chose d'extérieur à l'Homme : c'est l'expression de son essence. En effet, le corps tout comme l'esprit ont des désirs qui les incitent à continuer d'exister et à se développer conformément à leur nature. Il faut donc apprendre à suivre notre nature profonde, laquelle s'exprime par des désirs.
Spinoza invite donc à connaître les causes des désirs afin d'écarter les désirs qui ne réalisent pas l'essence de l'Homme. C'est en empruntant ce chemin qu'il est possible d'accéder à la béatitude.