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Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?

Le développement des échanges et l'interdépendance croissante des économies caractérisent le processus de mondialisation. Le commerce international se justifie par les gains obtenus lors de l'échange : prix plus faible, plus grande diversité. Les fondements du commerce international font l'objet de différentes analyses, dont la théorie des avantages comparatifs et la dotation factorielle. Le libre-échange a quelques limites qui peuvent justifier l'apparition du protectionnisme, cherchant à protéger la production nationale. Les sociétés s'internationalisent et favorisent la mondialisation des économies, notamment grâce aux investissements directs à l'étranger. L'un des enjeux majeurs de cette concurrence internationale est donc de développer une position compétitive.

I

Les caractéristiques des échanges

A

L'ouverture croissante des économies

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L'essor des échanges internationaux

L'essor des échanges internationaux dès le XIXe siècle est le résultat d'une ouverture croissante des économies : on parle d'internationalisation.

Internationalisation

L'internationalisation est un processus caractérisant le développement des relations économiques entre les nations.

  • À partir de 1945, l'internationalisation prend une telle ampleur que la croissance des échanges internationaux est plus rapide que la croissance des PIB.
  • À partir des années 1960, il est accompagné et accéléré par le développement des firmes multinationales (FMN).
Firme multinationale

Une firme multinationale est une grande entreprise nationale qui possède ou contrôle plusieurs filiales de production dans plusieurs pays. Elle est composée d'une société-mère (dans le pays d'origine) et d'entreprises détenues ou contrôlées à l'étranger, appelées filiales.

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La mondialisation

Le développement des échanges s'est accompagné d'une libéralisation des marchés (c'est-à-dire un abaissement des barrières à l'échange, comme les barrières douanières) ainsi que d'une accélération des échanges de tous types. La nature même des produits échangés a évolué.

  • Les échanges internationaux de services se sont développés (par exemple les services bancaires).
  • Les mouvements internationaux de capitaux ont connu une croissance sans précédent. Par exemple, les investissements à l'étranger ont été multipliés par 12 entre 1980 et 2002.
  • Si la Triade domine toujours les échanges, les courants d'échange entre différentes zones géographiques ont profondément évolué. Un certain nombre de pays émergents participent désormais activement au commerce international et se sont spécialisés dans des activités industrielles (comme l'Inde ou la Chine) énergétiques (les pays pétroliers) ou agricoles (comme le Brésil).
  • Des zones de libre-échange se sont développées : UE (Union européenne, qui a finalisé la mise en place d'un marché commun en 1968), ALENA (Amérique du nord et le Mexique en 1994), MERCOSUR (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, en 1991), ASEAN (regroupe certains pays d'Asie, à l'origine, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande en 1967).

Cela participe à la mondialisation des économies.

Mondialisation

La mondialisation va au-delà de l'internationalisation, elle désigne le passage d'un cadre national à un cadre international pour les agents économiques, et une interdépendance croissante entre les acteurs économiques à l'échelle du globe.

B

Comment expliquer cet essor ?

Plusieurs explications permettent de comprendre l'essor du commerce international :

  • Les progrès techniques ont permis une diminution des coûts de communication et de transport.
  • L'ouverture des économies au libre-échange a permis un accroissement des échanges à moindre coût.
  • Le développement des échanges a été favorisé par l'accroissement du commerce intra-firme.

Libre-échange

Le libre-échange est une doctrine économique qui prône la liberté de circulation de tous les biens économiques (produits, services, capitaux, monnaie) entre les pays.

Commerce intra-firme

Le commerce intra-firme désigne les échanges entre filiales d'une même FMN ou entre la société-mère et ses filiales.

II

Les déterminants des échanges internationaux et de la spécialisation

A

Spécialisation et avantage comparatif

Spécialisation

La spécialisation désigne la répartition des activités entre les différentes économies.

David Ricardo démontre au début du XIXe siècle que les échanges internationaux peuvent permettre d'accroître la richesse d'un État. Il permet ainsi de mettre en évidence une théorie du commerce international qui fait de lui le premier défenseur du libre-échange : la théorie de l'avantage comparatif. Chaque pays doit prendre en compte les prix relatifs et se spécialiser dans la production pour laquelle son avantage comparatif est le plus grand ou pour laquelle sa production a le moins grand désavantage comparatif. Chaque pays gagne ainsi à participer à l'échange.

Avantage comparatif

Un avantage comparatif désigne le processus de spécialisation par lequel un pays a intérêt à se spécialiser dans la production où il possède le plus grand avantage (il est relativement le meilleur) ou le plus petit désavantage (il est relativement le moins mauvais).

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Dotation factorielle

Dotation factorielle

La dotation factorielle représente la quantité de facteurs de production (travail, capital, terre) présents dans un pays.

Par exemple, en Australie, la terre est un facteur en abondance, car cette île gigantesque dispose d'une surface agricole potentielle sans égal. Alors, selon le théorème HOS, l'Australie a intérêt à se spécialiser dans la production de biens qui nécessite de la terre. Et en effet, l'Australie s'est notamment spécialisée dans la production de biens agricoles, dont elle exporte plus des trois quarts.

Il faut toutefois prendre garde à ne pas considérer les facteurs de production uniquement d'un point de vue quantitatif, mais aussi prendre en compte la productivité des facteurs de production (on peut disposer de tout le Sahara, soit un immense espace terrien, sans pouvoir se spécialiser dans l'agriculture, car la surface du Sahara est peu propice à cette activité).

III

Avantages et inconvénients du commerce international

A

Avantages et limites du libre-échange

1

Les avantages du commerce international

Le libre-échange présente un certain nombre d'avantages pour les
consommateurs et producteurs :

  • Ils permettent d'accéder à une plus grande variété de produits.
  • Ils permettent de faire diminuer le prix des produits, et donc de gagner du pouvoir d'achat.
  • Ils permettent d'ouvrir de nouveaux débouchés à la production. Le producteur peut augmenter son volume de production, et donc diminuer les coûts de production s'il existe des économies d'échelle.
  • Les biens de production sont aussi échangés internationalement, et permettent donc aux producteurs de bénéficier de technologies étrangères.

D'une manière plus générale, le développement du commerce international pousse les entreprises à améliorer leur compétitivité prix et leur compétitivité hors-prix.

Compétitivité prix

La compétitivité prix est la capacité d'une entreprise à proposer un bien ou un service à un prix inférieur au concurrent, à qualité égale.

En bénéficiant d'économies d'échelles grâce à l'ouverture de marchés étrangers et à l'augmentation de la production, une entreprise productrice d'électricité peut améliorer sa compétitivité prix.

Compétitivité hors-prix

La compétitivité hors-prix est la capacité d'une entreprise à offrir des produits différenciés des concurrents : qualité, innovation, design, marque, etc.

En pouvant s'implanter sur un marché étranger où le fait d'être d'origine française est perçu comme un gage de qualité, une entreprise française qui produit des nœuds papillon de luxe peut améliorer sa compétitivité hors-prix.

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Les inconvénients du commerce international

Le commerce international et son développement via le libre-échange présente toutefois des inconvénients, pour les producteurs comme pour les consommateurs :

  • Risque de disparition de productions locales : face à la concurrence étrangère, des productions locales qui ne sont pas assez compétitives peuvent disparaître, même si elles ont une qualité particulière aux yeux des consommateurs.
  • Risque de "dumping social" : la concurrence des pays à bas salaires constitue une pression à la baisse pour les salaires des autres pays, et peut dégrader les conditions de vie des employés dans ces derniers (diminution des salaires, licenciements).
  • Risque de délocalisation d'activité : s'il est possible de produire dans un autre pays à moindre coût, les entrepreneurs peuvent délocaliser leurs capitaux et leurs entreprises, occasionnant ainsi des destructions d'emplois.
  • Risque d'atteinte aux droits des consommateurs : les traités de libre-échange contiennent des clauses pour garantir la concurrence qui peuvent être utilisées par les firmes multinationales afin de contester des normes nationales.
Délocalisation

La délocalisation est une pratique consistant à fermer une unité de production sur le territoire national pour en ouvrir une autre à l'étranger, afin de produire à des coûts moindres.

En 2010, les ouvriers des usines Lipton en France ont lancé un mouvement de grève pour protester contre la fermeture de leurs usines. En effet, le groupe Lipton voulait délocaliser la production de la France vers la Pologne, où la main-d'œuvre coûte moins cher.

B

Le protectionnisme

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Les moyens du protectionnisme

Il existe diverses modalités de pratiques de protectionnisme, les moins fréquentes étant les barrières tarifaires (taxes appliquées sur des produits étrangers entrants). On remarque principalement des barrières non tarifaires (c'est-à-dire autres que les droits de douane), par exemple :

  • Les restrictions quantitatives (quotas, contingentements) : c'est le volume annuel maximum d'importations pour un produit donné.
  • Le commerce administré : il s'agit d'accords conclus entre deux pays pour limiter "volontairement" les exportations de l'un vers l'autre.
  • L'utilisation de mécanismes anti-subventions ou anti-dumping : par exemple en interdisant l'importation de produits dont la fabrication ne respecte pas un certain nombre de normes (par exemple des productions impliquant un travail des enfants).
  • L'imposition de normes diverses, techniques, sanitaires ou autres : par exemple, l'obligation que les produits importés comportent une notice dans la langue nationale.
Protectionnisme

Le protectionnisme désigne une doctrine et des politiques économiques reposant sur l'application de mesures tarifaires et non tarifaires visant à protéger ou favoriser les producteurs nationaux face à la concurrence étrangère.

Le protectionnisme vise à interdire ou limiter les importations de biens et services afin de protéger les entreprises et activités nationales de la concurrence extérieure. La mise en place de telles politiques peut se faire entre autres pour des raisons stratégiques ou culturelles.

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Les limites du protectionnisme

Le protectionnisme est une mesure défensive qui présente plusieurs limites pour les économies nationales. Dans une économie protégée de la concurrence internationale :

  • Les producteurs ne sont pas incités à l'innovation puisqu'ils disposent d'un marché protégé, et ne sont pas menacés par la concurrence. Les économies peuvent ainsi protéger des industries inefficaces, ce qui est défavorable à l'obtention de gains de productivité.
  • Les consommateurs ne bénéficient pas de l'effet de la concurrence sur les prix. Les offreurs sont en situation de monopole sur le marché national, et peuvent imposer des prix plus élevés que ceux du marché international.
  • Les consommateurs ont un choix plus restreint, car les variétés étrangères ne peuvent être vendues sur le marché national, ou à un prix prohibitif.
  • Un effet secondaire des mesures protectionnistes qu'il existe de plus un risque de rétorsion de la part des autres États, c'est-à-dire que si un État Y met en place des mesures protectionnistes, les autres États peuvent mettre en place les mêmes mesures à l'encontre des exportations de l'État Y. Cela peut désavantager certains producteurs nationaux qui ne peuvent plus exporter, alors même que ce n'est peut-être pas leur secteur qui bénéficie des mesures protectionnistes initiales.

En 2009, pour protester contre l'interdiction par l'UE de l'importation de bœuf traité par des hormones de croissance, les États-Unis ont menacé de mettre en place des mesures de rétorsion en augmentant les droits de douane sur des produits européens, comme le roquefort.

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Pourquoi mettre en place un protectionnisme ?

Krugman a notamment étudié la façon dont le Japon a mis en place un protectionnisme éducateur dans les années 1970, afin de permettre à ses entreprises de développer leur savoir-faire dans la construction de composants de mémoire vive. En taxant les importations de ces composants, le Japon a laissé le temps à ses entreprises d'apprendre en produisant et de devenir des spécialistes mondiales de la mémoire vive, alors que sans les mécanismes protectionnistes, les producteurs américains initialement plus avancés auraient inondé le marché japonais et probablement fait disparaître l'industrie japonais.

IV

La mondialisation de la production

A

L'essor des FMN

On mesure principalement l'essor des FMN par leur nombre et par les flux d'IDE (Investissements directs à l'étranger) :

  • En 2012, on comptait plus de 83 000 firmes multinationales et 810 000 filiales étrangères, contre 7000 à la fin des années 1960.
  • Les FMN emploient plus de 68 millions personnes dans leurs filiales, contre 21 millions en 1990.
  • Les FMN produisent environ un quart du PIB mondial.
  • Les flux des IDE dans le monde ont explosé, passant de 50 milliards de dollars en 1980 à 2000 milliards en 2007.
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Les stratégies des FMN

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La Division internationale du travail

La DIT (Division internationale du travail) consiste à répartir les différents stades de production d'une même FMN entre différents pays. La production d'une même firme est ainsi pensée à l'échelle mondiale. Elle est fragmentée entre différents pays qui sont les plus compétitifs sur un segment particulier de la chaîne de production.

La DIT est réalisée de la façon suivante : les FMN jouent sur les coûts de production en établissant des filiales qui réalisent des étapes du processus de production là où les coûts pour chaque étape de production sont moindres, en profitant des avantages des différents pays (salaires, savoir-faire, matières premières, fiscalité, etc.).

Une grande firme productrice d'ordinateurs peut avoir différentes filiales dans différents pays. Elle peut avoir des bureaux de concepteurs et de direction dans un pays développé (États-Unis), des filiales construisant les coques en plastique de ses appareils dans des pays où la main-d'œuvre est peu chère, des filiales construisant les objets techniques particuliers dans les pays où la main-d'œuvre est spécialisée (circuits imprimés en Chine, semi-conducteurs à Taïwan, en Corée du Sud et aux États-Unis, etc.), des usines d'assemblage dans un autre pays (Chine), un réseau de distributeurs propres à l'entreprise dans de nombreux pays du monde, et enfin des filiales dans les paradis fiscaux qui lui permettent d'échapper à la fiscalité des grands pays développés.

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Le commerce intra-firme et entre firmes

Les FMN peuvent avoir recours à l'externalisation, c'est-à-dire avoir recours à des sous-traitants. Cela permet notamment de déplacer les risques et faire reposer la production sur un plus grand nombre d'acteurs.

Externalisation

L'externalisation est un processus par lequel une entreprise confie à des sous-traitants (nationaux ou étrangers) une partie de sa production qui était jusque-là réalisée par elle-même.

C'est l'existence de coûts de transactions et la recherche de l'allègement des coûts de production qui conduit deux firmes à s'unir et constituer une firme transnationale, plutôt que de rester indépendantes et faire du commerce entre elles.