Seconde 2016-2017
Kartable
Seconde 2016-2017

La valeur des temps et des modes

I

Les valeurs des temps de l'indicatif

A

Les temps du passé

1

Le passé simple

Le passé simple est un temps du passé qui s'emploie lorsque l'action du verbe est clairement délimitée. Il s'agit aussi souvent d'une action de premier plan, c'est-à-dire d'une action importante dans le récit.

Louis XIV régna de 1661 à 1715.
Dans l'exemple précédent, le règne du roi est précisément délimité dans le temps. On utilise donc le passé simple.

Parce qu'il s'agit d'un temps du récit, le passé simple a une valeur de passé éloigné, coupé du moment présent.

2

Le passé composé

Le passé composé est un temps du récit qui permet de raconter les actions des personnages. Ce temps est composé, il est donc formé d'un auxiliaire ("être" ou "avoir") au présent, et du participe passé du verbe. Les événements racontés au passé composé sont souvent proches du présent.

J'ai bien révisé hier soir, et j'en suis fier aujourd'hui.
Dans l'exemple précédent, le passé composé est utilisé pour raconter un événement proche du présent. Le fait de "réviser hier soir" est lié à la fierté du locuteur au moment où il parle.

Ce temps peut être utilisé dans différents systèmes de récit, qu'il ne faut pas confondre :

  • Soit il est employé pour des récits de 1er plan (à la place du passé simple).
  • Soit il marque une antériorité par rapport à un verbe au présent (dans le système du présent).

Elle est allée au marché, elle a acheté des pommes et des poires, et elle a fait une tarte.
Dans l'exemple précédent, tous les verbes sont au passé composé. Ce sont des actions de premier plan qui sont racontées. On est dans le récit.

Les oiseaux se sont envolés avant ton arrivée, et maintenant la terrasse est déserte.
Dans l'exemple précédent, le passé composé est utilisé pour marquer une antériorité par rapport à un autre verbe au présent ("est").

Dans le cas d'actions de premier plan, tous les verbes d'action de premier plan doivent alors être conjugués au passé composé. On ne peut pas mélanger dans un même texte passé simple et passé composé.

Ce matin, je me suis levé de bonne heure. J'ai pris mon petit déjeuner avec mes parents et je suis parti pour le lycée.
Dans l'exemple précédent, tous les verbes conjugués sont au passé composé et définissent des actions de premier plan.

3

L'imparfait

L'imparfait est un temps qui définit des actions de second plan. Dans ce cas, on trouve des verbes d'action à l'imparfait, mais ces actions ne sont pas réalisées par le personnage sur lequel le narrateur concentre son attention.

L'imparfait est aussi un temps qui définit des actions longues, non délimitées dans le temps, ou des habitudes.

L'imparfait est surtout le temps de la description. Dans ce cas, on trouve de nombreux verbes d'état à l'imparfait : "être", "paraître", "sembler", "devenir", etc.

Il existe plusieurs valeurs de l'imparfait :

  • L'imparfait narratif, qui désigne une action non délimitée dans le temps.
  • L'imparfait descriptif, qui, comme son nom l'indique, se trouve dans les parties descriptives du récit au passé.
  • L'imparfait d'action secondaire qui est utilisé pour les actions de second plan.
  • L'imparfait itératif, qui signifie une habitude ou une répétition.

La foule des bourgeois et des bourgeoises s'acheminait donc de toutes parts dès le matin, maisons et boutiques fermées, vers l'un des trois endroits désignés. [...] Il faut dire, à l'éloge de l'antique bon sens des badauds de Paris, que la plus grande partie de cette foule se dirigeait vers le feu de joie, lequel était tout à fait de saison, ou vers le mystère, qui devait être représenté dans la grande salle du Palais.

Victor Hugo

Notre-Dame de Paris

1831

Dans cet extrait, l'auteur emploie l'imparfait descriptif ("était") et l'imparfait d'action secondaire ("se dirigeait"). Le narrateur dresse le tableau d'une scène de rue le jour de la fête des fous.

4

Le plus-que-parfait

Le plus-que-parfait est un temps composé formé d'un auxiliaire à l'imparfait et d'un participe passé. Le plus-que-parfait est donc en lien avec l'imparfait, mais aussi avec le passé simple et le passé composé. Le plus-que-parfait marque l'antériorité d'une action par rapport à un verbe conjugué à l'imparfait, au passé simple ou au passé composé.

La foule des bourgeois et des bourgeoises s'acheminait donc de toutes parts dès le matin, maisons et boutiques fermées, vers l'un des trois endroits désignés. Chacun avait pris parti, qui pour le feu de joie, qui pour le mai, qui pour le mystère.

Victor Hugo

Notre-Dame de Paris

1831

Le verbe "avait pris" est conjugué au plus-que-parfait car l'action évoquée (prendre une décision) a eu lieu avant l'action "s'acheminait" qui est à l'imparfait.

5

Le passé antérieur

Le passé antérieur est un temps composé constitué d'un auxiliaire au passé simple et d'un participe passé. Ce temps exprime l'antériorité par rapport au passé simple.

Lorsqu'il eut terminé son travail, il put sortir.
Dans l'exemple précédent, le passé antérieur est utilisé pour marquer une action antérieure au verbe "pouvoir", qui est au passé simple.

B

Les valeurs du présent

1

Le présent d'énonciation

Le présent d'énonciation s'emploie dans le discours. Il permet de signifier que l'action des verbes se déroule sous les yeux du lecteur.

Ce matin, il se lève très tôt.
Dans l'exemple précédent, l'action "se lever" a lieu au moment où on parle. C'est un présent d'énonciation.

2

Le présent de narration ou présent historique

Le présent de narration s'emploie dans un récit au passé. Il permet de mettre en avant un événement précis. Il peut signifier :

  • La surprise
  • La rapidité
  • L'immédiateté

À la porte de la salle,
Ils entendirent du bruit :
Le rat de ville détale,
Son camarade le suit.

Jean de La Fontaine

Fables, "Le Rat des villes et le Rat des champs"

1678

Dans cet extrait, le récit est au passé ("entendirent"). Cependant, le narrateur emploie le présent de narration pour "détale" et "suit" afin de souligner à la fois la rapidité et la surprise de ces actions.

3

Le présent de vérité générale

On peut également employer le présent pour désigner un fait universel.

Ne t'attends qu'à toi seul, c'est un commun Proverbe.

Jean de La Fontaine

Fables, "L'Alouette et ses Petits avec le Maître d'un champ"

1678

Dans cet extrait, c'est la morale de la fable qui est citée. La Fontaine a choisi le présent de vérité générale pour donner une valeur universelle à sa leçon.

4

Le présent de répétition ou d'habitude

Enfin, le présent peut signifier une habitude ou une action répétée.

Tu pars pour l'école tous les matins à la même heure.
Dans l'exemple précédent, le complément circonstanciel de temps "tous les matins à la même heure" indique qu'il s'agit d'une action répétée dans le temps. C'est donc le présent d'habitude qui est utilisé.

C

Les temps du futur

1

Le futur simple

Le futur simple est employé pour désigner une action postérieure à un verbe conjugué au présent.

Aujourd'hui, elle choisit définitivement la destination où elle partira en vacances.
Dans l'exemple précédent, le verbe "partir" est au futur car il indique une action qui aura lieu dans l'avenir. C'est une action postérieure à celle du verbe "choisir" qui est au présent.

2

Le futur antérieur

Le futur antérieur est un temps composé qui se constitue d'un auxiliaire au futur simple et d'un participe passé.
Le futur antérieur permet d'exprimer une action antérieure à une autre action future, mais réalisée après le moment présent.

Quand tu auras rangé ta chambre tu pourras sortir.
Dans l'exemple précédent, aucune des deux actions n'a été effectuée. Elles sont toutes les deux dans le futur. L'action de "ranger la chambre" va précéder celle "sortir". On utilise donc du futur antérieur.

3

Le cas particulier du futur dans le passé

Le futur dans le passé est utilisé pour signifier une action passée mais postérieure à celle décrite par un verbe au passé simple, à l'imparfait ou au passé composé.
En français, ce temps n'a pas de conjugaison. On emploie donc le conditionnel présent, qui se fabrique avec le radical du futur et les terminaisons de l'imparfait.

Ce jour-là, elle décida que plus jamais on ne lui marcherait sur les pieds (et ce fut le cas).
Dans l'exemple précédent, l'action se situe dans le passé. Toutefois, le personnage a pris, dans le passé, une décision pour le futur. Ce futur est aujourd'hui du passé. On utilise donc le conditionnel présent.

II

Les systèmes du récit

A

Le système du passé

Ce système temporel crée une distance entre le lecteur et le récit. Dans celui-ci :

  • Les actions de premier plan sont soit toutes au passé simple soit toutes au passé composé.
  • Les descriptions sont à l'imparfait.
  • L'antériorité est manifestée au plus-que-parfait (et parfois le passé antérieur, quand il s'agit d'une action tout juste antérieure à celle au passé simple).
  • La postériorité est exprimée par le futur dans le passé.

Ce matin-là, Julie se leva de bonne heure. Le soleil était déjà haut dans le ciel. La journée serait merveilleuse. La veille, ses amis et elle avaient décidé qu'ils iraient tous ensemble se baigner à la grande plage.

Dans l'exemple précédent :

  • "Se leva" est du passé simple, c'est l'action de premier plan.
  • "Était" est à l'imparfait, c'est de la description dans le passé.
  • "Serait" et "iraient" sont au conditionnel présent, c'est du futur dans le passé.
  • "Avaient décidé" est au plus-que-parfait, c'est une action antérieure à celle principale "se lever".
B

Le système du présent

Ce système temporel donne l'impression au lecteur que le récit se déroule sous ses yeux. Dans celui-ci :

  • Les verbes des actions de premier plan sont tous conjugués au présent de l'indicatif.
  • Les descriptions sont au présent de l'indicatif.
  • L'antériorité est marquée par le passé composé.
  • La postériorité est signifiée par le futur simple.

Ce matin, Julie se lève de bonne heure. Le soleil est déjà haut dans le ciel. La journée sera merveilleuse. Hier, ses amis et elle ont décidé qu'ils iront tous ensemble se baigner à la grande plage.

Dans l'exemple précédent :

  • "Se lève" est du présent, c'est l'action de premier plan.
  • "Est" est du présent, ici il permet de décrire le soleil.
  • "Sera" et "iront" sont au futur, c'est ce qui va se passer après le moment présent.
  • "Ont décidé" est au passé composé, c'est l'action antérieure au présent. L'action n'est pas très éloignée du présent.
III

La valeur des modes

A

L'impératif

Le mode impératif permet de signifier :

  • Un ordre
  • Un conseil

Ce mode a deux temps : le présent et le passé. L'impératif passé signifie un ordre (ou conseil) préalable à l'exécution d'une action future.

Aie fini tes devoirs quand j'arrive : nous pourrons alors sortir et tu ne seras pas démotivé à les faire quand tu rentreras tard.
Dans l'exemple précédent, l'impératif passé est utilisé pour donner un conseil en lien avec une action future (sortir).

Certains verbes ne possèdent pas de conjugaison à l'impératif (en particulier les auxiliaires "avoir" et "être"). De même, l'impératif ne se conjugue qu'à la deuxième personne du singulier, et à la première et la seconde personne du pluriel.
Dans les autres cas, il est d'usage d'employer le subjonctif (présent ou passé, selon le temps recherché).

Qu'elle vienne à huit heures demain.
Dans l'exemple précédent, le subjonctif présent est utilisé pour donner un ordre.

B

Le conditionnel

Le mode conditionnel permet d'exprimer la conséquence logique d'une hypothèse. Cette dernière n'est pas toujours explicite.

Viens à Paris pour les vacances ! Si tu acceptais de venir, nous prendrions le train ensemble.
Dans l'exemple précédent, le conditionnel permet d'exprimer la conséquence. L'action ainsi exprimée n'est pas certaine.

Le mode conditionnel a deux temps : le présent et le passé.
Le conditionnel passé est utilisé pour définir la suite logique à une hypothèse formulée au plus-que-parfait.

Si tu t'étais davantage organisé, tu aurais été moins angoissé par l'approche des examens.
Dans l'exemple précédent, le conditionnel passé est la suite logique de l'hypothèse au plus-que-parfait ("étais organisé").

Dans un récit au passé, le conditionnel passé exprime souvent l'irréel du passé. Il s'agit d'actions qui ne peuvent plus se produire et qui, de toute façon, n'auraient pas pu se produire, car les conditions nécessaires n'ont pas été remplies.

Ils auraient aimé être riches. Ils croyaient qu'ils auraient su l'être. Ils auraient su s'habiller, regarder, sourire comme des gens riches. Ils auraient eu le tact, la discrétion nécessaires. Ils auraient oublié leur richesse, auraient su ne pas l'étaler. Ils ne s'en seraient pas glorifiés.

Georges Perec

Les Choses

1962

Dans cet extrait, les personnages principaux imaginent ce qu'aurait pu être leur vie s'ils avaient été riches. Mais cela ne s'est pas produit. Ils rêvent à une situation qui ne se produira jamais. C'est le conditionnel passé qui domine.

C

Le subjonctif

Le mode du subjonctif permet d'envisager des possibilités. La probabilité de réalisation est incertaine, il ne s'agit pas d'une conséquence logique.

Il faut que tu viennes.
Dans l'exemple précédent, le locuteur formule son désir, mais rien n'assure que la personne va effectivement venir. On utilise donc le subjonctif.

Le mode subjonctif présente quatre temps :

  • Le subjonctif présent qui signifie une éventualité liée au moment présent : je veux que tu viennes.
  • Le subjonctif passé qui signifie une éventualité antérieure au moment présent ou futur : je veux que tu aies terminé tes devoirs avant mon retour.
  • Le subjonctif imparfait signifie une éventualité très improbable ou bien une éventualité envisagée dans un récit au passé. Dans un souci de simplicité, certains auteurs le remplacent par le subjonctif présent : il était possible qu'elle se trompât / Il était possible qu'elle se trompe.
  • Le subjonctif plus-que-parfait exprime une éventualité liée à une action antérieure dans un récit au passé. Par souci de simplicité, certains auteurs le remplacent par le subjonctif passé : il était possible qu'elle se fût trompée / Il était possible qu'elle se soit trompée.
D

Le participe

Le mode participe ne se conjugue pas. Il a deux temps :

  • Le participe présent signifie une action simultanée à celle d'un verbe conjugué.

Il allait par les rues, chantant à tue-tête.
Dans l'exemple précédent, le participe présent "chantant" est une action qui est simultanée à celle à l'imparfait ("allait").

  • Le participe passé exprime une action antérieure et réalisée.

La porte fermée, ils purent discuter en toute intimité.
Dans l'exemple précédent, le participe passé indique une action terminée dans le passé. C'est après cette action que l'action de "discuter" a commencé.

Les participes employés seuls peuvent être considérés comme des verbes conjugués. Ils peuvent toutefois avoir d'autres fonctions :

  • Le participe passé peut prendre la valeur d'une proposition subordonnée participiale : ayant invité mes amis à la maison, je décidai de leur montrer mes photos de vacances.
  • Le participe passé peut prendre la valeur d'un adjectif qualificatif. Il signifie un résultat : la jeune fille attendrie accepta de l'inviter chez lui.

Accompagnés des auxiliaires "être" ou "avoir", le participe passé intervient dans la conjugaison des temps composés ou pronominaux.

J'ai avancé sans toi.

Je suis déçue de ta réaction.

E

L'infinitif

Le mode infinitif est la forme sous laquelle on trouve le verbe dans le dictionnaire.
L'infinitif présent permet souvent d'universaliser un propos.

Travailler est une nécessité.
Dans l'exemple précédent, l'infinitif présent a une valeur universelle.

Le mode infinitif peut également se substituer au mode impératif pour signifier un ordre ou un conseil.

Prendre la seconde rue à gauche.
Dans l'exemple précédent, l'infinitif à une valeur d'ordre.

Le mode infinitif est constitué de deux temps :

  • L'infinitif présent
  • L'infinitif passé, composé d'un auxiliaire ("avoir" ou "être") à l'infinitif et du participe passé du verbe

Avoir étudié la littérature au lycée permet de se créer une culture générale.
Dans l'exemple précédent, c'est l'infinitif passé qui est utilisé.

pub

Demandez à vos parents de vous abonner

Vous ne possédez pas de carte de crédit et vous voulez vous abonner à Kartable.

Vous pouvez choisir d'envoyer un SMS ou un email à vos parents grâce au champ ci-dessous. Ils recevront un récapitulatif de nos offres et pourront effectuer l'abonnement à votre place directement sur notre site.

J'ai une carte de crédit

Vous utilisez un navigateur non compatible avec notre application. Nous vous conseillons de choisir un autre navigateur pour une expérience optimale.