Seconde 2015-2016
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Seconde 2015-2016

La place des populations de l'Europe dans le peuplement de la Terre

L'Europe est un ancien foyer de peuplement. Sa population augmente lentement et irrégulièrement jusqu'au XVIIIe siècle à cause des nombreuses crises démographiques qu'elle subit. À partir du XVIIIe siècle, la transition démographique permet un fort accroissement de la population. Un quart des habitants de la planète est européen au XIXe siècle.

Dans ce contexte d'essor démographique, de nombreux Européens émigrent vers les "pays neufs". Cependant, la réalité de l'immigration est souvent plus difficile que ce que les migrants avaient espéré et l'intégration ne se fait que progressivement.

I

La population européenne

A

L'Europe, un ancien foyer de population

Foyer de peuplement

Un foyer de peuplement est une région où se concentre une population nombreuse et dense.

L'Europe, l'Asie de l'Est et du Sud sont d'anciens foyers de peuplement.

La répartition de la population est inégale :

  • Les hommes sont apparus en Afrique de l'Est, il y a environ deux millions d'années.
  • Ils se sont inégalement répartis sur l'ensemble de la Terre.
  • Trois foyers de populations totalisent plus de la moitié des habitants de la planète au début du XVIIIe siècle : l'Europe et le Proche-Orient, l'Inde et la Chine.

Au VIe siècle, l'Europe compte 41 millions d'habitants, la Chine 19 millions et l'Inde 30 millions.

L'Europe est donc un ancien foyer de peuplement. Cela s'explique en grande partie par une maîtrise précoce de l'agriculture et des conditions naturelles favorables :

  • L'agriculture se développe sur le pourtour méditerranéen dès le IXe millénaire avant J.-C.
  • Le développement de l'agriculture bénéficie de conditions favorables (de nombreuses plaines, un climat tempéré).
B

La croissance démographique européenne jusqu'au XVIIIe siècle

Les hommes sont apparus il y a environ deux millions d'années. La croissance de la population mondiale est assez lente malgré une légère augmentation après le Xe siècle. Elle progresse surtout à partir du XVIIIe siècle.

L'Europe, ancien foyer de peuplement, a une croissance irrégulière de sa population jusqu'au XVIIIe siècle :

  • La population européenne est de 40 millions d'habitants au début de notre ère et de 74 millions au début du XVIe siècle.
  • Pendant cette période, la croissance moyenne de la population ne dépasse pas les 0,3% par an.
  • La population connaît des phases de croissance et des périodes de crise mais elle reste très vulnérable aux différents aléas (guerres, aléas climatiques, épidémies).
  • La natalité et la mortalité sont très élevées. Le renouvellement des générations n'est possible que parce que les familles ont beaucoup d'enfants.

Des périodes de croissance : La diffusion de nouvelles techniques et pratiques au Moyen Âge comme la charrue, l'assolement triennal ou encore les défrichements permettent une meilleure production agricole et donc une augmentation de la population.

Des périodes de déclin : Les troubles dans l'Empire romain au IVe et Ve siècles, les épidémies comme la peste au XIVe siècle sont des périodes de crises démographique. Environ 30 à 50% de la population européenne meurt pendant l'épisode de peste noire entre 1347 et 1352.

C

La transition démographique en Europe

À partir du XVIIIe siècle, la population européenne connaît un essor significatif, cela s'explique par le processus de transition démographique.

L'augmentation de la population du XVIIIe siècle au XIXe siècle : la population passe de 120 millions d'habitants au début du XVIIIe siècle à 420 millions à la fin du XIXe siècle.

Tout d'abord la mortalité commence à chuter. Cela s'explique par différents facteurs qui se conjuguent :

  • La croissance économique, pendant la révolution industrielle, permet une élévation du niveau de vie.
  • Les progrès agricoles, comme la plus grande utilisation d'engrais, permettent de produire davantage de produits agricoles et d'augmenter la qualité de cette production. Les populations sont donc mieux nourries et plus résistantes.
  • L'hygiénisme se développe. Il s'agit d'une volonté des pouvoirs publics d'encourager l'hygiène privée et publique (on veille à maintenir une plus grande propreté dans les espaces publics).

La ville de Paris est, dans la première moitié du XIXe siècle, une ville insalubre. Une épidémie de choléra fait de nombreux ravages en 1832. Le préfet de Paris, le baron Haussmann, entreprend une complète transformation de Paris à partir de 1852. Un des objectifs de cette transformation est de rendre la ville plus saine. Les égouts de Paris sont modernisés et une attention particulière est apportée à l'évacuation de l'eau et des déchets.

La médecine fait d'énormes progrès qui ne sont cependant pas uniformes. Certaines épidémies demeurent, les ouvriers ont souvent des conditions de vie désastreuses et de nombreux quartiers restent insalubres.

Jenner invente le vaccin contre la variole en 1796 et Pasteur (1822 − 1895) découvre que les microbes sont responsables des maladies infectieuses. Ces découvertes permettent des avancées notables en médecine, comme la stérilisation. Ces progrès sont appelés la révolution pastorienne.

Les populations européennes connaissent alors une forte croissance de leur population :

  • Le taux de natalité reste élevé.
  • L'accroissement naturel augmente tout comme les populations.
  • Certains s'inquiètent de cet essor démographique : le britannique Malthus propose une réduction des naissances.
  • Cet essor démographique pèse beaucoup sur les campagnes et de nombreux ruraux viennent habiter dans les villes qui se développent dans le cadre de la révolution industrielle.
  • Puis le taux de natalité s'adapte et diminue.

Les sociétés européennes ont des taux de mortalité et de natalité faibles : elles ont achevé leur transition démographique.

La transition démographique n'est pas un processus linéaire. La France l'achève assez rapidement (milieu du XIXe siècle) et ne subit pas une forte augmentation de sa population. Cela explique notamment le fait qu'elle deviendra un pays d'immigration et non d'émigration. À l'inverse, le Royaume-Uni connaît un accroissement de sa population de quasiment deux siècles.

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La transition démographique

En 1900, l'Europe est le premier foyer de peuplement au monde : dans le monde, plus d'un habitant sur quatre est européen.

II

Les migrations européennes

A

Les voyages migratoires des Européens

Au XIXe siècle, ce sont près de 60 millions d'Européens qui émigrent.

On observe plusieurs vagues migratoires.

Au début du XIXe siècle, l'émigration est surtout le fait des populations du Nord et de l'Est de l'Europe :

  • Plus de la moitié des migrants provient des îles britanniques (11 millions d'Anglais et 7 millions d'Irlandais).
  • Les Scandinaves, les Allemands et les peuples de l'Europe de l'Est émigrent aussi.

À partir des années 1880, les migrations proviennent majoritairement de l'Europe du Sud :

  • 10 millions d'Italiens quittent leur pays.
  • Des Portugais et des Espagnols émigrent.

La France est une exception, elle ne fournit que peu de migrants.

Les pays d'arrivées se situent dans le monde entier et surtout dans les "pays neufs" :

  • Les États-Unis sont le premier pays d'accueil avec plus de 20 millions d'immigrés de 1820 à 1900. Puis viennent le Canada, l'Argentine et le Brésil.
  • L'Australie est aussi une terre d'immigration.
  • La construction des empires coloniaux attire, dans une moindre mesure, des migrants en Asie et en Afrique (Algérie et Afrique du Sud).
  • La France aussi accueille des migrants venus d'Europe.

Certains États assistent les migrations :

  • Des États incitent leurs habitants à partir alors que d'autres mènent des campagnes publicitaires pour les attirer. Les migrations sont encouragées.
  • À partir de la fin du XIXe siècle, certains pays d'accueil mettent en place des politiques migratoires plus sélectives.

La province de l'Ontario au Canada lance une campagne publicitaire en 1869 dans laquelle elle promet des terres aux migrants qui veulent venir s'y installer.

Une grande partie des migrants qui arrivent aux États-Unis est enregistrée et soumise à des contrôles sanitaires sur l'île d'Ellis Island à partir de 1892.

Pays neuf

Un pays neuf est un pays peu peuplé, aux terres peu exploitées et ouvert aux migrations.

L'Australie est, au XIXe siècle, un pays neuf.

B

Les causes des migrations

Les migrations des Européens doivent être comprises dans le contexte d'industrialisation et de transition démographique qui touche l'Europe :

  • Les progrès agricoles comme la mécanisation des campagnes libèrent une importante main-d’œuvre dans le monde rural. Cette population se dirige vers les villes, les pays frontaliers plus industrialisés et les pays lointains.
  • Les pays européens les plus pauvres sont particulièrement touchés par le phénomène comme l'Italie et l'Irlande.

Entre 1846 et 1855, une grande famine touche l'Irlande, poussant plus de trois millions d'Irlandais à s'exiler à l'étranger durant ces années.

  • L'augmentation de la population accentue ce phénomène.
  • L'amélioration des transports dans la seconde moitié du XIXe siècle facilite les départs.

Alors qu'il faut environ un mois pour traverser l'Atlantique à la voile au début du XIXe siècle, le paquebot ne met qu'une semaine pour effectuer ce même trajet à la fin du siècle.

Les tensions religieuses et politiques sont aussi des motifs de départ :

  • Les nombreuses révolutions du XIXe siècle (Pologne, Hongrie, etc.) ont pour conséquence un afflux de réfugiés politiques.
  • Les Juifs d'Europe de l'Est sont des populations souvent pauvres et victimes des pogroms réalisés avec la complicité des autorités locales, notamment russes.

Plus de deux millions de Juifs immigrent aux États-Unis entre 1880 et 1920, dont les deux tiers viennent d'Europe orientale. Beaucoup d'entre eux s'installent à New York.

Pogrom

Un pogrom est un massacre de populations juives d'Europe centrale et orientale. Il est souvent réalisé avec la complicité des autorités locales.

En 1881, plus de cent pogroms éclatent dans l'Empire russe. L'armée met plusieurs jours pour arriver sur les lieux des massacres et dans certains cas, elle participe aux pogroms.

Les migrations peuvent aussi être contraintes ; les Britanniques envoient nombre de leurs prisonniers en Australie et les Français font de même en Nouvelle-Calédonie

C

L'arrivée dans les pays d'accueil

Beaucoup de migrants arrivent en Amérique avec l'espoir d'une vie meilleure et pensent devenir très riches. Ils croient au "rêve américain".

La ruée vers l'or en Californie à la fin des années 1840 attire de nombreux migrants qui pensent faire fortune vite et facilement.

Mais l'intégration dans le pays d'accueil n'est pas facile :

  • Des mouvements de xénophobie touchent les immigrés.
  • Les immigrés s'entassent dans des quartiers insalubres et pour certains les conditions de vie sont pires que dans leur pays d'origine.
  • Nombreux sont les immigrés qui s'intègrent dans leur pays d'accueil même si certains décident de rentrer dans leur pays.

Les Irlandais, comme toutes les communautés immigrées subissent des rejets de la part de certains américains. Le Know nothing party dénonce ce qu'il considère comme l'invasion des Irlandais. Ils sont aussi victimes des préjugés et considérés comme des alcooliques violents. Pourtant l'intégration se fait progressivement. En 1880, New York élit son premier maire irlandais.

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L'européanisation du monde au XIXe siècle

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