Seconde 2016-2017
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Seconde 2016-2017

Comment devenons-nous des acteurs sociaux ?

Les individus vivent en société grâce à des valeurs et à des normes qu'ils partagent. Ils les intègrent par le processus de socialisation qui leur est inculqué par des agents de socialisation comme la famille, l'école ou encore les amis. Selon le sexe ou le milieu social de l'individu la socialisation est différente : les individus se comportent donc de façon différente selon l'éducation qu'ils ont reçue. Les socialisations que reçoivent les individus peuvent également rentrer en contradiction comme c'est le cas pour les enfants de milieux défavorisés puisque la socialisation de leur famille et de l'école sont différentes.

I

Le processus de socialisation

A

Les valeurs et les normes

Une société est régie par des principes (valeurs) et des règles de vie (normes) qui permettent aux individus de vivre ensemble et assurent la cohésion de la société.

Valeur

Une valeur est un principe reconnu comme idéal par les individus d'une même société.

En France, l'honnêteté et le partage sont des valeurs puisque ce sont des principes reconnus comme idéaux.

Norme

Une norme est une règle de conduite appliquée dans une société.

En France, le fait de manger avec des couverts est une norme tandis qu'en Chine cette norme est différente (manger avec des baguettes).

B

La socialisation

Socialisation

La socialisation est le processus par lequel l'individu apprend et intègre les normes et les valeurs du groupe social auquel il appartient.

La socialisation a deux fonctions principales :

  • Faire intérioriser des modèles culturels à l'individu : par exemple, de quelle façon on mange (avec des couverts, des baguettes, etc), de quelle façon on s'habille (jupes et robes pour les filles, etc).
  • Adapter l'individu à son environnement social (il apprend à se comporter comme cela est attendu dans la famille, au travail, à l'école, etc).

La socialisation se fait :

  • Par inculcation et incorporation, lorsque des valeurs et normes sont imposées et inculquées à un individu par d'autres individus. C'est par exemple le cas de l'apprentissage de normes et valeurs des parents aux enfants.
  • Par interaction, lorsque des valeurs et normes sont échangées, adaptées et transformées entre deux individus. C'est par exemple le cas au sein d'un couple, où chacun modifie ses habitudes pour pouvoir vivre avec l'autre.
C

Les phases de socialisation

La socialisation se divise en deux phases :

  • La socialisation primaire qui se déroule de la naissance à la fin de l'adolescence.
  • La socialisation secondaire qui se déroule de la fin de l'adolescence jusqu'à la mort de l'individu.

Durant ces deux phases, plusieurs personnes ou institutions interviennent pour éduquer l'individu à s'intégrer dans la société : on parle d'agents de socialisation.

Durant la socialisation primaire, l'individu est surtout socialisé par la famille (socialisation familiale), puis par l'école lorsqu'il est en âge d'y aller (socialisation scolaire). L'enfant construit son identité sociale dans ces deux institutions ; il est conduit à adopter les normes et valeurs que les adultes imposent. La famille est le premier lieu de socialisation pour un individu. En apprenant à un enfant les normes et valeurs à suivre dans une société, la famille participe à son intégration sociale. L'école est un lieu important de socialisation dans une Nation, car tous les individus y sont confrontés aux mêmes normes et aux mêmes valeurs. Cependant, durant la socialisation primaire, l'individu est aussi socialisé par les autres individus de son âge qu'il côtoie (par exemple, ses camarades d'école), et par des instances de socialisation comme le sport et les activités culturelles.

Durant la socialisation secondaire, d'autres agents de socialisation interviennent comme le travail, le couple (lorsque l'individu rencontre un conjoint), les médias, le sport ou encore les amis. L'individu est socialisé selon les différents rôles qu'il est amené à jouer dans la société (par exemple, un individu peut être socialisé à la fois selon les rôles d'ouvrier, de père, de collègue, de footballeur, etc. ; ces différents rôles peuvent impliquer des valeurs et normes de comportement différentes).

II

La socialisation différenciée

Le processus de socialisation n'est pas le même pour tous, il est différent selon la catégorie sociale à laquelle on appartient. Selon que l'on soit un homme ou une femme, issu d'un milieu favorisé ou défavorisé, la socialisation peut conduire à l'acquisition de normes et valeurs différentes.

A

La socialisation différenciée selon le genre

Genre

Le genre est un terme utilisé en sociologie pour désigner l'ensemble des différences entre hommes et femmes qui ne sont pas d'ordre biologique.

Selon le sexe de l'individu, la socialisation est différente :

  • On apprend aux petites filles à s'occuper des tâches ménagères (par exemple, en leur offrant des dînettes ou des fers à repasser en jouets).
  • On apprend aux petits garçons à aimer la mécanique et les automobiles (en leur offrant des petites voitures et des jouets de construction, par exemple).

Socialisation différenciée

La socialisation est différenciée lorsqu'elle s'exerce de façon différente sur des individus parce qu'ils appartiennent à des catégories sociales distinctes. Par exemple, la socialisation primaire est différenciée selon le genre, puisqu'elle conduit à des pratiques éducatives différentes entre les filles et les garçons.

La socialisation est différenciée entre les filles et les garçons puisqu'on apprend aux filles à s'occuper des tâches ménagères (par exemple en leur offrant des dinettes ou des fers à repasser en jouets) tandis qu'on apprend aux garçons à aimer les automobiles (en leur offrant des voitures en jouets par exemple).

Cette socialisation différenciée entre filles et garçons commence dès la naissance, car les parents adoptent aussitôt des attitudes différentes envers leur enfant, selon son sexe.

Par exemple, ils vont habiller les petites filles de robes roses et les petits garçons de pantalons bleus.

Cela peut conduire plus tard à des différences de goûts et de comportements chez les filles et les garçons.

Dans le cas de l'exemple précédent, les femmes aimeront davantage la couleur rose que les hommes.

Cette socialisation différenciée à des rôles perçus comme féminins (les tâches ménagères) et masculins (le bricolage) a pour résultat une répartition inégale des tâches parmi les adultes. Les parents inculquent aux enfants des valeurs et des normes de comportement différentes selon que leurs enfants soient des filles ou des garçons. Ceux-ci reproduisent ce modèle lorsqu'ils sont adultes et ils le perpétuent auprès de leurs propres enfants.

En effet, on remarque qu'en 2007 selon la DRESS :

  • 82% des personnes qui se chargent de repasser le linge sont le plus souvent les mères.
  • 77% des personnes qui se chargent de bricoler sont le plus souvent les pères.

Même si la répartition des tâches domestiques évolue peu à peu (auparavant, les femmes étaient presque les seules à faire la vaisselle alors qu'en 2007 il n'y en a plus que 47% qui la fait le plus souvent), la répartition de la plupart des tâches quotidiennes reste très stéréotypée : les femmes font davantage le ménage et les courses, les hommes s'occupent plus du bricolage et du jardinage.

B

La socialisation différenciée selon le milieu social

La socialisation est également différenciée selon le milieu social des individus : les individus acquièrent des valeurs et des normes différentes, et ont des habitudes de comportement différentes.

Pierre Bourdieu (dans La Distinction), l'a observé dans les habitudes alimentaires : dans les milieux les plus aisés, les aliments consommés sont souvent fins et légers, accompagnés de légumes ; il existe des manières de manger strictement respectées (on ne met pas les coudes sur la table, on se sert et on mange discrètement, etc.). Dans les milieux populaires, le repas est souvent abondant, constitué de nourritures riches, avec souvent des sauces et des pommes de terre ; on mange avec moins de manières.

Cette socialisation différenciée a notamment pour conséquence, dans le monde social, les phénomènes observés d'homogamie et de reproduction sociale.

1

L'homogamie

On remarque que dans un couple, les conjoints sont généralement issus du même milieu social : c'est un effet de l'homogamie.

Homogamie

L'homogamie est un phénomène statistique, observé au niveau de la société toute entière : c'est le fait que les deux membres d'un couple sont souvent issus d'un même milieu social.

Généralement, un agriculteur a une conjointe agricultrice.

L'homogamie se produit car :

  • Les personnes issues d'un même milieu social fréquentent généralement les mêmes lieux, et sont donc conduites à se rencontrer entre elles plutôt qu'avec des membres d'autres groupes sociaux.
  • Les personnes issues d'un même milieu social partagent les mêmes normes, valeurs et ont généralement les mêmes goûts puisqu'ils ont reçu une socialisation similaire.

Cela explique le fait que l'homogamie soit un phénomène important et persistant dans les sociétés contemporaines.

2

La reproduction sociale

On observe que beaucoup d'hommes ont la même profession que leur père : c'est un effet de la reproduction sociale.

Reproduction sociale

La reproduction sociale est le processus par lequel les positions sociales se maintiennent de génération en génération.

Généralement, un fils de cadre devient cadre lui-même.

La reproduction sociale existe car les parents transmettent à leurs enfants :

  • Leurs normes et leurs valeurs qui sont différentes selon les milieux sociaux (par exemple, langage soutenu pour les milieux favorisés et langage plus familier pour les milieux défavorisés).
  • Leurs ressources économiques (moyens financiers, biens possédés etc)
  • Leurs ressources culturelles (diplômes, savoirs et savoir-faire etc.)

Les enfants utilisent donc les mêmes ressources que leurs parents et s'ils n'ont pas les moyens d'en obtenir d'autres, ils reproduisent le même modèle que leurs parents.

C

La reproduction sociale à l'école

La famille a un rôle important dans la socialisation des enfants puisqu'elle leur transmet les normes et valeurs de leur milieu social ainsi que leurs ressources économiques et culturelles. Néanmoins, l'école permet aux jeunes n'ayant pas beaucoup de ressources d'en obtenir d'autres (par exemple, en apprenant les mêmes enseignements à tous les élèves, en rendant l'école obligatoire jusqu'à 16 ans etc.). L'école devrait donc permettre aux individus de contourner la reproduction sociale, en donnant les mêmes chances de réussite à chacun.

Cependant, l'école est aussi un lieu de reproduction sociale. Cela peut être relié à deux facteurs qui résultent des processus de socialisation différenciés selon les milieux sociaux : la réussite scolaire et les choix d'orientation.

1

La réussite scolaire

Les enfants issus de milieux défavorisés ont en moyenne de moins bons résultats scolaires que les autres. Cela peut s'expliquer par le fait que les parents de milieux favorisés ont une position sociale élevée et ont souvent bien réussi à l'école. Ils disposent des savoirs et des la culture attendus à l'école, et les transmettent à leurs enfants. La socialisation familiale des enfants issus de milieux favorisés est donc proche de la socialisation scolaire, ce qui favorise la réussite de ces enfants.

En revanche, la socialisation familiale des enfants de milieux défavorisés peut entrer en contradiction avec la socialisation scolaire.

Les parents de milieux défavorisés ont des connaissances et une culture différente de celle de l'école ; par exemple ils emploient un langage familier alors que l'école utilise un langage courant, voire soutenu. C'est pour cette raison que les enfants issus de milieux défavorisés réussissent généralement moins à l'école que les enfants issus de milieux favorisés.

2

Les choix d'orientation

Les enfants des différents milieux sociaux font des choix d'orientation différents, même lorsqu'ils réussissent pareillement à l'école. Les enfants de cadres vont plus souvent à l'université et en classes préparatoires (études longues et généralistes) que les enfants d'ouvriers, qui eux choisissent souvent des filières d'études courtes et professionnalisantes.

C'est un effet de la socialisation primaire et des attentes que forment les parents sur le parcours de leurs enfants.

Dans les milieux favorisés, on valorise souvent le fait de rentrer dans une grande école (et cela demande de faire des études longues) alors que dans les milieux défavorisés, il est mieux vu d'apprendre rapidement un métier.

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