Terminale ES 2015-2016
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Terminale ES 2015-2016

Le continent africain face au développement et à la mondialisation

L'Afrique est un continent sous-développé et instable. La pauvreté, un niveau de santé bas, des carences en éducation, sont autant de freins au développement de l'Afrique. Cependant, cette situation est très contrastée. Aux carences en développement, s'ajoute une situation politique instable.

L'Afrique est un continent en marge des principaux échanges internationaux. Les économies des États africains sont peu diversifiées, souffrent de la corruption et de la fuite des capitaux ainsi que de l'importance de l'économie informelle.

Pourtant, l'Afrique possède de forts potentiels de développement et de nombreux atouts. Depuis plusieurs années, certains pays africains s'insèrent de plus en plus dans la mondialisation, alors que d'autres pays restent en marge.

De nombreux défis se posent avec acuité à l'Afrique, notamment la croissance démographique, les défis environnementaux, les défis politiques ainsi que la mise en place du développement durable.

I

L'Afrique, un continent sous-développé et instable

A

La situation sociale et sanitaire

L'Afrique est un continent qui fait face à de nombreux problèmes de développement.

La pauvreté est très présente dans le continent et plus particulièrement en Afrique subsaharienne :

  • Sur 1,1 milliard d'habitants, environ 400 millions vivent avec moins de 1,25 dollar par jour.
  • Parmi les 48 pays les moins avancés (PMA), 33 sont africains (dont les 21 derniers du classement).

Cette pauvreté explique que l'ensemble du continent soit touché par des problèmes de développement.

Le niveau de santé est très bas :

  • L'espérance de vie est de 59 ans alors qu'elle avoisine les 70 ans dans le reste du monde.
  • Le sida touche 3,9% de la population du continent (contre 0,8% pour l'ensemble de la planète). Sur les 35 millions de personnes affectées en 2013, 70% proviennent d'Afrique. L'espérance de vie en Afrique du Sud, pays pourtant le plus riche d'Afrique, est descendue en dessous de 60 ans à cause du virus.
  • Le paludisme persiste et continue de faire des ravages.
  • La mortalité infantile est de 59‰ contre 35‰ dans le monde.

En matière d'éducation, on constate également un retard par rapport aux moyennes mondiales, en particulier en Afrique subsaharienne :

  • Malgré des progrès réalisés dans la scolarisation, 23% des enfants n'ont toujours pas accès à l'école primaire, et les deux tiers sont des filles.
  • 160 millions d'adultes demeurent analphabètes.

Enfin, la sous-alimentation, en baisse elle aussi, reste un problème puisque 1 habitant sur 5 (20%) souffre encore de sous-alimentation.

Cependant, cette situation de mal-développement est très contrastée :

  • Certaines zones, comme le Maghreb ou l'Afrique du Sud, affichent un indice de développement humain (IDH) élevé. Par exemple, la Tunisie a un IDH de 0,721 en 2014.
  • À l'inverse, la majorité des pays d'Afrique subsaharienne ont de nombreux retards de développement. La République démocratique du Congo a un IDH de 0,338.
B

La situation politique

L'instabilité et les problèmes politiques caractérisent l'Afrique.

Tout d'abord, on retrouve de nombreuses situations de guerre avec d'importantes conséquences sur les populations.

  • 20% de la population africaine est confrontée à des conflits armés.
  • Dans certains États, la guerre civile est récurrente. Dans l'ouest de la RDC, la guerre que se livrent les "seigneurs de guerre" locaux pour s'approprier les mines de diamants (les "diamants de sang") ou le coltan (la RDC possède 70% de ce minerai indispensable à la construction des smartphones) a provoqué la mort de plusieurs millions de personnes.
  • Un quart des réfugiés et déplacés dans le monde sont originaires d'Afrique.
  • Avec l'apparition de la guerre civile en République centrafricaine, la poursuite des tensions au Sud-Soudan et le développement de Boko Haram au Nigeria, les déplacés ne cessent d'augmenter.

Mais la guerre n'est pas le seul facteur d'instabilité politique :

  • De nombreux États sont des dictatures.
  • La corruption et la délinquance minent l'ensemble des pays africains.
  • Le trafic de drogue explose, notamment en Afrique de l'Ouest, devenue une plaque tournante mondiale de la drogue.
  • L'islamisme radical s'implante en Somalie, au Nigeria, au Mali, dans le Sahara algérien et tunisien, en Libye.
II

Un continent face à la mondialisation

A

Un continent en marge de la mondialisation

Le poids de l'Afrique dans la production et les échanges de marchandises reste marginal :

  • L'Afrique est à l'origine de 1% de la production mondiale et de 4% des échanges de marchandises.
  • De plus 80% des exportations africaines concernent des matières premières. L'Afrique exporte une part très négligeable de services et de produits manufacturés.

En effet, l'économie africaine est une économie rentière et peu diversifiée. La faiblesse des transports (ponts, routes, chemin de fer), l'absence de services, les coûts élevés de l'électricité, le faible pouvoir d'achat des Africains, empêchent le développement de l'activité économique.

De plus, les gouvernements de nombreux États ne cherchent pas à diversifier l'économie, ils sont dans une logique d'exploitation des matières premières et de redistribution à quelques groupes qui constituent leur clientèle. Le développement n'est pas leur priorité.

Cependant, l'un des plus gros problèmes de financement de l'activité économique de l'Afrique provient de la fuite des capitaux. En effet, pour éviter de déclarer des revenus et de payer les impôts et taxes liés, des sommes importantes sont sorties illégalement du continent en direction des paradis fiscaux. Les estimations font état de 800 milliards de dollars qui auraient été transférés illégalement hors d'Afrique depuis 40 ans. Cet argent aurait largement pu contribuer à financer des programmes ambitieux de développement.

Enfin, l'économie informelle (non déclarée), reste très présente en Afrique. Selon le bureau international du travail, l'économie informelle représente 72% des emplois en Afrique subsaharienne.

B

De forts potentiels de développement

L'Afrique connaît depuis 2000 une croissance économique moyenne de 4% par an.

L'Afrique possède de nombreux atouts, elle dispose notamment d'un marché intérieur qui se développe :

  • La croissance a permis l'émergence d'une classe moyenne (qui reste cependant minoritaire) qui constitue les bases pour le développement d'un marché intérieur.
  • L'augmentation de la population est aussi un facteur d'élargissement de ce marché.

L'Afrique est un continent riche en ressources naturelles :

  • Les réserves de minerais et d'hydrocarbures sont importantes. Cette exploitation doit cependant ne pas rester dans une logique de la rente, dans laquelle l'argent n'est pas investi dans les autres domaines économiques. Le poids des grandes entreprises occidentales (Total au Gabon, Areva au Niger, etc.) qui exploitent ces ressources doit aussi être remis en question.
  • Enfin, le potentiel agricole du continent est important. Les terres cultivables sont nombreuses mais l'agriculture est pour le moment très peu productive et certaines pratiques, comme le surpâturage, participent à la déforestation et à l'érosion des sols.

L'Afrique attire de plus en plus des investisseurs étrangers :

  • Les IDE ont augmenté de 80% entre 2000 et 2010.
  • L'Afrique est "en chantier". De nombreux projets de construction d'infrastructures sont en cours, tels que le port de Djibouti, de Tanger, etc. Les lignes de TGV (Maroc) et les axes de circulation sont l'objet d'investissements importants.
  • Les États les plus développés (les États-Unis, la France, etc.) sont des investisseurs présents en Afrique, mais la part des pays émergents dans les IDE en direction du continent est devenue majoritaire. La Chine est le premier investisseur en Afrique, et les autres pays émergents, comme le Brésil, l'Inde, ou encore la Turquie ne cessent d'augmenter leurs investissements.

Cependant, la situation n'est pas homogène :

  • L'Afrique du Sud est le pays le plus riche d'Afrique et elle représente 17% du PIB du continent.
  • Les autres "lions africains" affichent eux aussi une économie plus dynamique que la majorité des États du continent, tels que le Nigeria, le Maroc, l'Algérie et l'Égypte.
  • L'ensemble de ces pays représente 60% du PIB du continent.

Enfin, la démocratisation progresse en Afrique du Sud, au Sénégal, au Burkina Faso, en Tunisie.

III

De nombreux défis

A

Les défis de la croissance démographique

La population africaine est actuellement en transition démographique :

  • L'Afrique représente 15% de la population mondiale (1,1 milliard d'habitants) et est estimée à environ 25% pour 2050 soit 2 milliards d'habitants.
  • La raison est que la plupart des pays d'Afrique sont entrés dans la transition démographique, avec une diminution de la mortalité à 12‰ pour une natalité à 36‰. La fécondité (nombre d'enfants par femme) est haute, à 4,7 en moyenne.
  • Cette transition n'est pas uniforme : l'Afrique du Nord et du Sud sont déjà bien avancées (2,17 enfants par femme en Tunisie) mais le reste du continent garde une fécondité élevée (5,5), avec une variable indéterminée qui est l'effet à long terme du sida.

Une telle croissance démographique possède de bons et de mauvais aspects :

  • D'un côté, la population est jeune (41% de moins de 15 ans) et promet de devenir un fort réservoir de main-d'œuvre pour les activités manufacturières (la Chine délocalise déjà une partie de sa production en Afrique, notamment en Éthiopie).
  • De l'autre, la jeunesse de la population entraîne un fort taux de dépendance (plus de jeunes inactifs que d'actifs), un besoin considérable en éducation pour les 330 millions de travailleurs qui chercheront un emploi d'ici 15 ans.
  • Une grande partie des besoins de la population africaine n'étant pas satisfaite, l'augmentation de la population et de ses besoins est donc un défi de taille. Il faut en effet être capable de construire des infrastructures (égouts, réseaux d'eau potable, infrastructures de santé et d'éducation) et de fournir suffisamment d'emplois.

La deuxième conséquence de la croissance démographique est l'urbanisation massive :

  • En 2030, on estime que 75% de la population africaine sera urbaine contre 50% de nos jours.
  • La métropolisation a permis la naissance de grandes métropoles (Le Caire, Lagos, Abidjan, etc.)
  • L'urbanisation est inégale (plus aboutie au Sud et au Nord qu'au centre).
  • Les villes africaines sont souvent dépourvues d'infrastructures et entourées de bidonvilles.
  • Pourtant, les villes peuvent être un atout pour le développement puisque les conditions de vie y sont meilleures qu'à la campagne. De plus, les villes sont un relais de la mondialisation et malgré les nombreuses difficultés auxquelles elles font face, elles sont les zones les plus dynamiques à l'intérieur des pays.
B

Les défis environnementaux

Plusieurs problèmes environnementaux se développent en Afrique :

  • L'exploitation des matières premières est une activité très polluante. Le delta du Niger est particulièrement frappé, on estime que la zone a subi plus de 7000 marées noires les 40 dernières années.
  • Les fronts pionniers (agricoles et à des fins d'exploitation des minerais) ont pour conséquence une déforestation massive.
  • Les grandes villes sont de plus en plus étalées. Cet étalement urbain est cause de pollution (gestion des déchets, augmentation du trafic routier, etc.) et nécessite des aménagements coûteux.
  • La pêche industrielle, notamment à l'ouest de l'Afrique, diminue les stocks de poissons.

L'agriculture doit aussi pouvoir se moderniser, afin de répondre aux besoins des habitants. Elle doit donc devenir plus intensive tout en respectant l'environnement.

Pourtant, bien que les atteintes à l'environnement soient nombreuses, elles ne sont pour le moment pas considérées comme une priorité au regard des retards de développement que connaît l'Afrique.

C

Les défis économiques et politiques

En 2014, le rapport de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) pour le développement en Afrique soulignait que la condition pour permettre à la croissance économique de bénéficier à tous est de sortir de la logique de l'économie rentière et d'investir les bénéfices de l'exploitation des ressources naturelles dans tous les secteurs de l'économie. Cette orientation éviterait aux pays africains d'être dépendants du cours des matières premières et de créer de l'emploi en permettant le développement des activités économiques diverses.

Un défi que doit aussi relever l'Afrique est la question de l'intégration régionale :

  • Il existe actuellement une multitude d'organisations régionales en Afrique. On relève notamment l'existence de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, l'union de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), le Marché commun de l'Afrique de l'Est et australe (COMESA). L'Union africaine (UA) est la seule organisation qui rassemble un grand nombre d'États (54).
  • La multitude de ces organisations limite leur efficacité et rend ces organisations concurrentes. Une réelle coopération économique devrait être réalisée à l'échelle continentale afin de permettre une meilleure intégration de l'Afrique dans la mondialisation.
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