Terminale ES 2016-2017
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Terminale ES 2016-2017

Le Proche et le Moyen-Orient depuis la fin de la Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale provoque la chute de l'Empire ottoman. La République turque naît sous l'impulsion de Mustafa Kemal et les territoires arabes de l'Empire passent sous le contrôle des Britanniques et des Français dans le cadre de mandats de la SDN. Malgré les promesses faites, les territoires peuplés par les Arabes sont morcelés en plusieurs États par les deux puissances européennes dont l'intérêt pour les ressources pétrolières est grandissant. La période de l'entre-deux-guerres voit l'amplification du nationalisme arabe, la naissance de l'islamisme et le développement du sionisme qui se manifeste par des vagues de migrations de populations juives en Palestine.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, les puissances européennes se retirent de la zone qui rentre dans la logique de la guerre froide. Les pays arabes, dont les ressources en hydrocarbures attisent les convoitises, se rapprochent soit de l'URSS soit des États-Unis.

Dès la création d'Israël en 1948, les pays arabes entrent en guerre contre ce nouvel État et l'exil des populations arabes marque le début de la question palestinienne. Plusieurs conflits sont remportés par Israël et, dans les années 1970, la paix entre Israël et l'Égypte divise le monde arabe. La question palestinienne prend de l'importance avec l'arrivée de Yasser Arafat à la tête de l'OLP. Exclue de Jordanie, l'OLP se réfugie au Liban. Les attaques menées par l'organisation palestinienne depuis le Liban provoquent l'intervention d'Israël dans ce pays, soutenu par les milices chrétiennes. Il faut attendre les accords d'Oslo en 1993 pour voir s'amorcer le début du processus de paix entre Palestiniens et Israéliens. Cependant, l'action des extrémistes des deux bords empêche la réalisation de ce processus de paix qui reste bloqué.

La montée de l'islamisme radical constitue le principal facteur de déstabilisation de la région après la guerre froide. Suite aux attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis, dans le cadre d'une coalition de l'ONU, interviennent en Afghanistan puis interviennent de manière unilatérale en Irak en 2003.

Fragilisés par les "Printemps arabes", par l'intervention américaine et par les groupes islamistes radicaux, plusieurs pays sombrent dans le chaos (Irak, Syrie, Libye, Afghanistan). Les islamistes modérés, installés après les révolutions, cèdent la place aux militaires en Égypte et à une coalition de centre gauche en Tunisie.

I

Le Proche et le Moyen-Orient de 1914 à 1948

Proche-Orient

Le Proche-Orient désigne traditionnellement les régions de l'est du bassin méditerranéen, de la Turquie à l'Égypte (l'ancien "Levant").

Moyen-Orient

Le Moyen-Orient se définit comme l'ensemble des pays de l'Asie de l'Ouest et du Sud-Ouest, de la Turquie à l'Iran, voire l'Afghanistan, et du sud du Caucase à la péninsule Arabique, ensemble qui comprend en outre l'Égypte.

A

L'impact de la Première Guerre mondiale

1

Les ambitions européennes dans la région

L'Empire ottoman qui atteint son apogée au cours des XVe et XVIe siècles (Mehmet II et la prise de Constantinople en 1453, règne de Soliman le Magnifique) décline tout le long du XIXe siècle. L'Europe, en pleine phase d'expansion coloniale, s'intéresse de plus en plus aux territoires de la "Sublime porte". La "question d'Orient" recoupe des intérêts différents :

  • La Russie espère contrôler la zone des détroits, reliant l'Asie à l'Europe. Elle revendique aussi la protection des lieux saints du christianisme et affiche sa solidarité avec les chrétiens slaves des Balkans sous autorité ottomane. Après la révolution de 1917, la Russie renonce à ses intérêts dans la zone.
  • Le Royaume-Uni cherche à obtenir la maîtrise de la route des Indes afin de de favoriser la continuité de son empire colonial. Elle est aussi la première puissance à s'intéresser aux ressources pétrolifères de cette région.
  • La France s'intéresse plus tardivement à la question du pétrole mais défend surtout ses ambitions dans la région au nom de la protection des chrétiens d'Orient.

Les guerres balkaniques affaiblissent dès le début du XXe siècle l'Empire ottoman car elles conduisent à l'indépendance de plusieurs pays dont l'Albanie et la Grèce.

Istanbul se rapproche de plus en plus de Berlin, notamment dans le cadre des relations commerciales unissant les deux pays. L'exemple le plus symbolique est le projet d'une ligne de chemin de fer de Berlin à Bassorah en passant par Istanbul et Bagdad. La défaite de l'Allemagne en 1918 marque un retrait des Allemands dans la zone.

2

Le démantèlement de l'Empire ottoman

Pendant la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman s'allie avec la Triple-Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie au début de la guerre) contre la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie jusqu'en 1917).

Lors de la guerre, les mouvements indépendantistes des différentes minorités de l'empire sont de plus en plus nombreux. Cela s'explique d'abord par le comportement des autorités ottomanes face à ses minorités pendant le conflit :

  • Les Arméniens à cause de leur religion et leur rapprochement avec les Russes sont accusés d'être des "ennemis de l'intérieur" et subissent en 1915 un génocide tuant plus de 1 million de personnes.
  • D'autres régions sont aussi extrêmement sollicitées pour permettre à l'empire de satisfaire ses besoins en temps de guerre. Une famine touche la région majoritairement chrétienne de l'actuel Liban et fait plus de 150 000 morts.

Les mouvements indépendantistes les plus virulents se concentrent dans les zones de peuplement arabe de l'Empire :

  • Les Anglais et les Français encouragent les mouvements nationalistes arabes.
  • Le chérif de La Mecque Hussein ben Ali (descendant du prophète et protecteur des lieux saints) est proclamé "chef de la nation arabe" et devient pendant la guerre le "roi du Hedjaz" (plateau de la péninsule Arabique).
  • Une alliance des Britanniques, des Français et des Arabes, dirigée par le fils du chérif Hussein, Feyçal, aidé du Britannique Thomas Lawrence (Lawrence d'Arabie), mène la lutte contre les Ottomans.
  • Les villes de Bagdad et de Jérusalem sont prises par les Britanniques et Feyçal s'empare de Damas.

Cependant les Français et Anglais mènent un jeu double, voire triple pour les Anglais :

  • En réalité, Français et Britanniques ne veulent pas d'un grand État arabe. Ils souhaitent diviser cet espace pour mieux le dominer. Les accords Sykes-Picot (1916), signés en secret par les ministres des affaires étrangères de la France et de l'Angleterre prévoient la division de cet espace en plusieurs zones d'influence contrôlées par les Européens.
  • De plus, les Anglais, par la Déclaration Balfour de 1917, promettent la création d'un "foyer national juif" en Palestine aux Juifs européens.

La fin de la guerre et la défaite de l'Empire ottoman en 1918 amènent à un démantèlement de son territoire entériné par les accords de Sèvres en 1920 :

  • Un État du Kurdistan est prévu sous contrôle français.
  • L'Arménie se voit attribuer le nord-est de l'Anatolie.
  • Les Italiens et Grecs occupent l'ouest de l'Anatolie.
  • La France et le Royaume-Uni se partagent le sud-est de l'Anatolie et les territoires arabes, avec la création de mandats de la SDN, au détriment de leurs promesses de constitution d'un grand royaume arabe.
3

La modernisation de la Turquie et de l'Iran

Mustafa Kemal est issu de la bourgeoisie ottomane, il a étudié en France et est inspiré par les idées de 1789. Il va permettre la création de la République turque sur les ruines de l'Empire ottoman, démantelé avec le traité de Sèvres :

  • Mustafa Kemal chasse les Européens d'Anatolie.
  • Il renégocie ainsi un traité plus favorable à Lausanne en 1923 mais renonce aux territoires arabes.
  • En 1923, il proclame la fin de l'Empire ottoman qu'il considère dépassé et trop conservateur car il est fédéré par l'Islam. Il proclame la naissance de la République turque à Ankara qui devient la capitale.

Mustafa Kemal Atatürk ("le père des Turcs") veut moderniser la nation turque :

  • Il met en place une laïcisation de l'État, la scolarisation pour tous et prône la démocratie, même si le pays deviendra une dictature.
  • Il entreprend une réforme linguistique afin de retirer au turc ses emprunts à la langue arabe et persane. Il abandonne également l'écriture en arabe au profit de l'alphabet latin.

L'Iran est aussi traversé par un mouvement de modernisation :

  • L'Empire Qajar est renversé par le Reza Chah Pahlavi en 1925.
  • Il entreprend "l'occidentalisation du pays". Il fonde des universités, industrialise le pays, interdit le port du voile et oblige les hommes à s'habiller "à l'occidentale".
B

Une zone sous domination occidentale

1

Les mandats français et britanniques

Les anciens territoires arabes de l'Empire ottoman sont confiés aux Français (Syrie) et Britanniques (Palestine et Mésopotamie) sous la forme de mandats.

Les Français provoquent le mécontentement des populations arabes :

  • En 1920, Fayçal ben Hussein est proclamé roi du Royaume arabe de Syrie qui comprend dans un grand État la Syrie, la Palestine et la Transjordanie.
  • La France s'oppose à la création d'une grande Syrie, qu'elle divise en deux en créant le Liban. Elle réprime les troupes arabes et pousse Fayçal à l'exil.
  • La méthode de colonisation française, qui tend à l'assimilation, provoque de forts mécontentements au sein de la population arabe.
  • La France ne prend pas la juste mesure des revendications nationales arabes et apparaît comme un "ennemi du monde arabe".
  • En 1925, la révolte Druze s'étend au Liban et en Syrie et revendique l'indépendance et l'unité syrienne.

Les Britanniques prennent davantage la mesure des enjeux nationalistes et appliquent pendant l'entre-deux-guerres une politique de concession, octroyant l'indépendance à des États en échange de concessions économiques :

  • L'Égypte devient indépendante en 1936 en échange du maintien du contrôle sur le canal de Suez, vital à l'économie britannique.
  • Londres reconnaît un nouvel État irakien en échange de l'exploitation du pétrole. Elle installe sur le trône Fayçal 1er en 1921. Ce pays devient indépendant en 1932.
  • Elle appuie Ibn Saoud qui prend le pouvoir au Hejaz en 1924 (au détriment du chérif Hussein, père de Feyçal Ier) et crée l'Arabie en 1932.
  • La Grande-Bretagne continue dans le même temps à faire venir des Juifs en Palestine.
  • Par cette politique, la Grande-Bretagne nourrit les tensions dans la zone.

Ces situations cumulées empêchent le développement de la stabilité du Proche-Orient dont les ressources en énergie attisent les convoitises.

2

L'intérêt grandissant pour les ressources naturelles

Les Britanniques sont, depuis le début du XXe siècle, ceux qui profitent le plus du potentiel pétrolier de cette région :

  • En 1901, ils signent un accord très avantageux avec l'Iran qui leur octroie pendant soixante ans une concession pour laquelle ils sont exempts d'impôts et ne doivent reverser que 10% des bénéfices à l'État iranien.
  • La British petroleum est la première compagnie pétrolière au monde.

Les ressources pétrolières attirent aussi la France et les États-Unis :

  • La France est présente avec la Compagnie française des pétroles créée en 1924.
  • Les États-Unis sont, au début du XXe siècle, à l'origine d'environ 70% de la production de pétrole. Les compagnies américaines de l'industrie pétrolière grandissent et s'intéressent de plus en plus aux ressources du Moyen-Orient.
  • Les États-Unis se rapprochent notamment de la famille Saoud à la tête de l'Arabie qui possède des réserves pétrolières considérables.

À partir de 1928, les entreprises européennes et américaines forment un cartel nommé les "Sept sœurs", qui domine la production pétrolière de la région.

C

La montée des tensions

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Le panarabisme et l'islamisme

L'idée d'une union de tous les peuples arabes, le panarabisme, apparaît dès le XVIIIe siècle en réaction à l'occupation ottomane. Cette théorie se développe au cours du XIXe siècle en prenant comme référence la construction de la nation allemande. Les chrétiens du monde arabe adhèrent à ce projet.

Naguib Azoury, arabe chrétien, écrit en 1905 le Réveil de la Nation arabe.

Le mouvement prend réellement de l'ampleur pendant la Première Guerre mondiale :

  • Les Ottomans, ne pouvant supporter ces "ennemis de l'intérieur", accentuent la répression et, en mai 1916, 17 musulmans et 4 chrétiens arabes sont exécutés.
  • Le chérif de La Mecque commence la révolte arabe, soutenue dans un premier temps par les Français et les Anglais.
  • Suite à la création des nouveaux États dominés par les Européens lors du partage de l'Empire ottoman, des partis nationalistes s'organisent pour lutter contre la présence occidentale.

En Égypte, le parti du Wafd regroupe coptes (chrétiens) et musulmans contre la présence britannique.

À partir de 1928, une confrérie égyptienne, les Frères musulmans, donne naissance à l'islamisme et se donne pour objectif d'instaurer un État arabe musulman qui devra s'appuyer sur la loi coranique : la charia.

2

L'essor du sionisme et des tensions en Palestine

Le sionisme est un courant qui remonte au XIXe siècle. Le mouvement recoupe des projets divers :

  • Certains, comme Theodor Herzl (considéré comme le fondateur du sionisme), souhaite un État juif, laïc, de type occidental.
  • De nombreux Juifs d'Europe de l'Est cherchent à fuir les pogroms qui sévissent en Europe.
  • Ainsi, la doctrine sioniste encourage les Juifs à rejoindre la Palestine pour fonder l'État d'Israël.
  • Les alyas, vagues migratoires juives, augmentent le nombre de Juifs en Palestine. Ils sont plusieurs dizaines de milliers au lendemain de la guerre.
  • Certains s'organisent dans le cadre des Kibboutz où le travail de la terre est collectif.

En 1917, les Britanniques s'engagent par la déclaration Balfour à créer un "foyer national juif" en Palestine :

  • L'immigration juive augmente.
  • Les Juifs se dotent de structures telles que des écoles, des hôpitaux, ainsi que d'une armée.
  • Très rapidement, les pratiques d'achats de terres ou de conciliation avec les Arabes cèdent la place aux tensions.
  • Le sionisme est perçu comme une menace pour le nationalisme arabe et une enclave occidentale.
  • En 1929, les Juifs d'Hébron sont massacrés par la population arabe.
  • En 1936, la répression d'une révolte arabe en Palestine par les Britanniques conduit les notables palestiniens à s'exiler.
3

La Seconde Guerre mondiale

Pendant la guerre, le contrôle du Proche-Orient est un enjeu considérable car il permet des approvisionnements en pétrole et constitue un axe de circulation privilégié avec le canal de Suez :

  • Les Britanniques occupent la Syrie au détriment des Français.
  • Les Britanniques et l'URSS occupent l'Iran.
  • Les nationalismes arabes s'atténuent dans la majorité des régions devant les impératifs de la guerre, mais l'Irak devient l'endroit de ralliement des nationalistes arabes. Les Britanniques doivent intervenir.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les mandats européens dans la région se terminent :

  • Le Liban est indépendant en 1943 et la Syrie en 1946. Cela marque la fin de la prépondérance des Européens dans la région.
  • En 1945, les États-Unis, première puissance mondiale, concluent un pacte avec l'Arabie saoudite qui leur donne accès au pétrole en échange d'une protection militaire.

En 1945, l'ampleur des massacres contre les Juifs (plus de 6 millions de morts dont la moitié dans des camps) amplifie les revendications d'un État juif. En Palestine, l'arrivée de plus en plus importante de Juifs rend la situation très tendue :

  • Les Britanniques ne sont plus en mesure de garantir la paix dans la région car des milices juives entrent en conflit avec les Britanniques et matent les révoltes arabes.
  • Les Britanniques quittent la région en 1947 et la jeune ONU propose un plan de partage entre Palestiniens et Israéliens.
  • Les Juifs acceptent le plan tandis que les Arabes le refusent.
  • L'État d'Israël est proclamé par David Ben Gourion le 14 mai 1948 et provoque la première guerre entre Israël et ses voisins arabes.

À ce problème israélo-arabe s'ajoutent de nouvelles tensions qui apparaissent dans le cadre de la guerre froide.

II

Proche et Moyen-Orient de 1948 à 1991

A

Proche et Moyen-Orient, un enjeu de la guerre froide

1

Les facteurs de tensions du Proche et Moyen-Orient

De nombreux enjeux économiques, politiques et culturels font du Proche et Moyen-Orient une région stratégique à l'échelle mondiale en 1945 :

  • La zone est une importante réserve d'hydrocarbures, pétrole et gaz, dont l'exploitation est nécessaire pour les économies industrialisées.
  • C'est un carrefour de circulation essentiel entre l'Asie et l'Europe.
  • Cette zone est le berceau des trois grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam). Les lieux saints sont en enjeu très symbolique.
  • Les Juifs considèrent la terre d'Israël comme la "Terre promise" par Dieu à Abraham au "peuple élu" en échange du respect de la loi de Dieu, la Torah. Les premiers royaumes hébreux sont nés dans cette région et à Jérusalem se trouve le Mur des Lamentations, le lieu le plus saint pour les Juifs, qui est une partie du temple détruit par les Romains.
  • Pour les chrétiens, la Palestine est l'endroit où a vécu le Christ et où il a fait ses miracles. Son tombeau serait à Jérusalem, ville dans laquelle il a été crucifié, ressuscité et d'où il serait monté au paradis.
  • Enfin les musulmans ont leurs deux principaux lieux saints en Arabie : La Mecque et Médine. Ce sont les villes où est né l'islam avec Mohammed et à partir d'où la religion musulmane s'est développée. Mais Jérusalem est aussi importante, c'est le troisième lieu saint pour les musulmans. À l'endroit qui abrite actuellement le Dôme du Rocher, Mohammed aurait effectué un voyage nocturne et, de cet endroit, il serait monté au paradis.

De nombreux peuples et des religions différentes cohabitent dans cet espace. Les frontières tracées par les Britanniques et les Français ont été et sont contestées par les populations locales.

Les États sont de jeunes États. Ils n'ont pas connu de transition démocratique et les gouvernements sont instables et fragiles.

De plus, plusieurs idéologies politiques s'expriment dans la région et entrent parfois en contradiction :

  • Le panarabisme veut créer l'unité du monde arabe dans un grand État. En 1945, la Ligue arabe est créée.
  • L'islamisme veut la mise en place d'un État appliquant la loi musulmane.
  • Le sionisme veut la création d'un État juif en Palestine.

Socialement la zone est très hétérogène. Au début des années 1950, les inégalités de richesse sont importantes.

En 1953, le revenu annuel par habitant en Irak et en Égypte est respectivement de 85 et 115 dollars alors qu'il est de 389 et 539 dollars pour le Liban et Israël.

Enfin, certaines ressources naturelles, comme l'eau, font défaut dans plusieurs régions. La forte croissance démographique que connaît la région à partir des années 1950 amplifie la pression sur les ressources naturelles et peut devenir une source de tensions.

2

Le Proche et Moyen-Orient entrent dans la guerre froide

Dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'URSS et les États-Unis, engagés dans la guerre froide, rivalisent dans cette région :

  • Les troupes soviétiques, présentes en Iran pendant la guerre, restent stationnées dans le pays. Sous la pression des États-Unis, Staline évacue l'Armée rouge en 1946.
  • Le soutien des Soviétiques aux milices communistes en Grèce et en Turquie amène Truman à définir la politique de l'endiguement qui consiste à empêcher la propagation du communisme.

Les pays du Proche et Moyen-Orient rentrent dans la logique de la guerre froide et intègrent les blocs.

Certains pays rejoignent le bloc occidental :

  • L'Arabie saoudite reste un allié des États-Unis.
  • La Turquie et l'Iran reçoivent des aides financières des États-Unis.
  • La Turquie intègre l'OTAN en 1952.
  • Le pacte de Bagdad en 1955 permet une alliance entre les États-Unis, le Royaume-Uni, le Pakistan, l'Iran et la Turquie.

L'URSS s'appuie sur le nationalisme arabe pour s'installer dans la région :

  • Elle devient un soutien de Nasser qui prend le pouvoir en Égypte en 1952 et incarne le nationalisme arabe.
  • L'URSS dénonce l'État d'Israël et défend la cause des Arabes palestiniens.
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La crise de Suez en 1956

Les Britanniques ont concédé l'indépendance de l'Égypte contre le maintien de leurs intérêts sur le canal de Suez. En 1956, Nasser, président de l'Égypte, proche de l'URSS et ardent défenseur du nationalisme arabe, décide de nationaliser le canal de Suez :

  • Une coalition entre les Britanniques, les Français et les Israéliens attaque l'Égypte.
  • L'armée égyptienne subit des défaites et doit se replier.
  • L'URSS menace la coalition d'une riposte nucléaire.
  • Les États-Unis veulent calmer la situation et exigent le retrait des forces occidentales.
  • Nasser remporte une éclatante victoire qui marque le recul définitif des Européens dans la région.
  • Suite à ce conflit, Israël est définitivement considéré comme un État pro-occidental.

Ce conflit a amené à une convergence entre les positions américaines et soviétiques mais la logique des blocs demeure et évolue :

  • Dans les années 1970, la Syrie, l'Irak et le Yémen se rapprochent de l'URSS.
  • Avec la révolution islamique de 1979, l'Iran quitte le bloc occidental.
  • Dans les années 1980, l'Irak et l'Égypte rejoignent le bloc de l'Ouest.
B

Les guerres israélo-arabes et le conflit israélo-palestinien

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Les guerres israélo-arabes

Le lendemain de la création d'Israël, le 14 mai 1948, les États arabes voisins attaquent le pays et déclenchent la première guerre israélo-arabe :

  • Le 15 mai 1948, l'Égypte, la Jordanie, l'Irak, la Syrie et le Liban attaquent Israël.
  • À la surprise générale, Israël remporte le conflit et augmente son territoire au détriment des zones peuplées par les Arabes.
  • 700 000 Arabes de Palestine s'enfuient ou sont expulsés du pays. Ils se réfugient dans les pays arabes voisins où ils sont parqués dans des camps.
  • Cette fuite est appelé la Naqba ("catastrophe" en arabe) et constitue le point de départ de la "question palestinienne".

L'affrontement israélo-arabe rentre dans la logique de la guerre froide. En effet, Israël devient alliée avec les États-Unis, tandis que les pays arabes sont soutenus par l'URSS.

En 1967, commence la guerre des Six jours :

  • Après des mois d'incidents frontaliers avec les pays arabes, les Israéliens déclenchent une "guerre préventive" contre l'Égypte, la Syrie et la Jordanie.
  • En six jours, ils conquièrent le Sinaï, la Cisjordanie, Jérusalem-Est, Gaza et le Golan.
  • La guerre des Six jours est une victoire pour Israël.
  • Durant cette guerre, l'alliance forte entre les États-Unis et Israël est scellée.
  • La résolution 242 de l'ONU exige la restitution des territoires occupés par l'État hébreu et la reconnaissance, par les États arabes, d'Israël.

Anouar el-Sadate arrive au pouvoir en 1970 après la mort de Nasser. Il poursuit un temps la politique contre Israël :

  • Il est à l'origine de la guerre du Kippour en 1973. Il attaque Israël le jour de la fête du Kippour misant sur l'effet de surprise. Mais Israël remporte la guerre.
  • Cette guerre a des conséquences internationales. Soviétiques et Américains aident les belligérants. En 1973, les pays arabes, réunis au sein de l'OPEP, décident de mettre en place des restrictions dans l'approvisionnement du pétrole en direction des pays qui soutiennent Israël et provoquent le premier choc pétrolier.

Sadate change ensuite de politique :

  • Sadate entreprend par la suite un rapprochement entre l'Égypte et Israël.
  • En 1979, la paix est signée entre Israéliens et Égyptiens dans le cadre des accords de Camp David (1978). L'Égypte reconnaît Israël et récupère le Sinaï.
  • Cette paix provoque des divisions au sein du monde arabe. L'Égypte est exclue de la Ligue arabe et Sadate est assassiné par les islamistes.
2

La question palestinienne

Depuis la guerre des Six jours en 1967, Israël domine la Cisjordanie (dont Jérusalem) et Gaza. 1,5 millions d'Arabes palestiniens vivent sous la domination d'Israël.

Suite à la guerre, le mouvement national palestinien se radicalise :

  • Yasser Arafat, chef du Fatah, prend la tête de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP).
  • Yasser Arafat profite de l'échec des pays arabes durant la guerre des Six jours pour affranchir l'OLP de la tutelle de ces États.
  • Basée en Jordanie, l'OLP lance des actions armées contre Israël.
  • Souhaitant que son pays normalise ses liens avec l'État hébreu, la Jordanie expulse l'OLP en septembre 1970 (le "septembre noir").
  • L'OLP se réfugie alors dans le sud du Liban.
  • Le mouvement se radicalise. Les Palestiniens organisent des détournements d'avion et des attentats, dont celui des Jeux olympiques de Munich en 1972 contre les athlètes israéliens.

Le conflit israélo-palestinien s'exporte au Liban :

  • L'OLP s'allie aux partis progressistes libanais et elle est soutenue par Moscou. Le risque de basculement de ce pays dans le socialisme est important.
  • Le parti phalangiste (parti chrétien libanais d'extrême droite allié d'Israël) prend le pouvoir et mène la lutte contre l'OLP qui constitue désormais un État dans l'État.
  • En 1982, Israël lance une opération militaire au Liban nommée "Paix en Galilée" pour mettre un terme aux opérations lancées par l'OLP contre Israël. Durant cette opération, Israël occupe l'ouest de Beyrouth et ne se retire que trois ans plus tard.
  • L'OLP quitte le Liban et se réfugie à Tunis.
  • Les milices chrétiennes libanaises organisent les massacres dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila avec le consentement de l'armée israélienne.
  • Au début des années 1980, la création du Hezbollah, mouvement armé chiite qui a le soutien de la Syrie et de l'Iran, reprend la lutte contre Israël. Il devient aussi un important facteur de tensions pour le Liban.

La situation sociale est très précaire dans les territoires palestiniens occupés par Israël en Cisjordanie et, à Gaza, la première Intifada éclate en 1987. Il s'agit d'un soulèvement de la population palestinienne contre l'occupation israélienne.

Le Hamas, mouvement palestinien islamiste radical, est créé en 1987.

C

La multiplication des conflits

De nouveaux facteurs de conflits apparaissant au Proche et Moyen-Orient.

Une guerre éclate entre l'Iran et l'Irak (1980 − 1988) :

  • En 1979, Saddam Hussein accède au pouvoir en Irak en s'appuyant sur les sunnites du pays.
  • La même année, l'ayatollah Khomeini prend le pouvoir en Iran et crée une république islamique chiite.
  • Les causes religieuses (chiites contre sunnites), ethniques (Arabes contre Perses) et géopolitiques (ancien conflit frontalier entre Irak et Iran) conduisent Saddam Hussein à lancer ses troupes contre l'Iran.
  • Malgré des victoires initiales, il s'avère que Hussein a sous-estimé son adversaire. L'intense propagande du régime iranien amène à un enrôlement en masse des soldats.
  • La guerre dure huit ans, fait un million de morts et ne permet aucune victoire décisive.

La guerre d'Afghanistan (1979 − 1989) est reliée aux problématiques de la guerre froide :

  • En 1979, l'URSS intervient en Afghanistan pour secourir le gouvernement socialiste menacé par les milices tribales.
  • Les troupes de l'Armée rouge enregistrent quelques victoires mais le combat se prolonge contre les milices qui sont armées par les États-Unis.
  • L'URSS se retire en 1989, la guerre est terminée et le pays est complètement divisé.
III

Proche et Moyen-Orient depuis 1991

A

Proche et Moyen-Orient au lendemain de la guerre froide

1

De nombreux facteurs de déstabilisation

Bien que la fin de la guerre froide (1991) signifie la fin de l'opposition à dimension internationale entre les deux plus grandes puissances mondiales (États-Unis et URSS), elle ne signifie pas la fin des conflits dans cette région. Le Proche et Moyen-Orient reste une zone comprenant de nombreux facteurs de tension dont les enjeux sont internationaux. Certains facteurs de tension sont anciens :

  • La région possède 50% des réserves mondiales de pétrole connues. Ces réserves, par la manne financière qu'elles représentent, continuent d'attirer les convoitises.
  • L'eau est assez rare dans la région. Depuis les années 1970, les tensions sont très vives entre la Turquie, l'Irak et la Syrie suite à la construction de barrages sur les fleuves. Le problème du partage des eaux est aussi très important dans le conflit israélo-palestinien car Israël contrôle de nombreuses nappes phréatiques.
  • La présence de minorités est instrumentalisée. Saddam Hussein s'appuie sur les Sunnites et les Chrétiens et réprime les Chiites et les Kurdes. Les Kurdes subissent aussi une oppression en Turquie et en Syrie. Le régime d'Assad s'appuie sur les alaouites et les chrétiens.

Mais à ces anciens facteurs, s'ajoutent de nouveaux éléments qui contribuent à la déstabilisation de la région. Le plus important de ces facteurs est le développement de l'islamisme radical :

  • L'Iran impose à la société iranienne un islamisme chiite fondamentaliste.
  • Le Hamas augmente son influence en Palestine.
  • Le Hezbollah est bien implanté au Liban.
  • En Afghanistan, à la suite d'une guerre contre le gouvernement (1992 à 1996), les Talibans sont à la tête de l'État qui sert désormais de base arrière au mouvement Al Qaïda, dirigé par Oussama ben Laden, qui entreprend des opérations terroristes à partir de 1993.
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La guerre du Golfe (1990 − 1991)

Après l'échec de Saddam Hussein contre l'Iran, l'Irak est très endettée, notamment auprès des monarchies pétrolières de la péninsule Arabique (Arabie saoudite, etc.). Saddam Hussein exige l'annulation de la dette. Il se pose en défenseur du monde arabe sunnite contre la menace représentée par l'Iran perse et chiite. La guerre du Golfe démarre dans ce contexte :

  • N'obtenant pas l'annulation des dettes, Saddam Hussein envahit en août 1990 le Koweït. Il cherche, par cette entreprise guerrière, à posséder au total 20% des réserves pétrolières mondiales.
  • Dans son objectif d'apparaître comme le champion de la cause arabe, il instrumentalise la question palestinienne et conditionne son évacuation du Koweït à l'évacuation des territoires occupés par Israël en Palestine.
  • Une coalition, sous mandat de l'ONU, dominée par les États-Unis intervient et libère le Koweït en février 1991.
  • Bien que chassé du Koweït, le régime de Saddam Hussein est maintenu au pouvoir. Il entreprend une féroce répression contre les populations kurdes et chiites du pays. Il utilise des armes non conventionnelles comme des gaz chimiques.
  • Ce régime a aussi pour conséquence un durcissement des positions islamistes qui s'insurgent contre la présence en Arabie saoudite, près des lieux saints de l'islam, de troupes occidentales.

Cette guerre est marquée par la non-intervention de l'URSS qui est en proie à une grave crise interne. George Bush, fort de cette victoire réalisée dans le cadre d'une coalition de l'ONU, parle de ce conflit comme symbolique du "nouvel ordre international" qui s'installe au lendemain de la guerre froide, ordre basé sur le multilatéralisme.

B

La question israélo-palestinienne

À la fin de la guerre froide, l'OLP ne peut plus compter sur le soutien de l'URSS. Yasser Arafat doit trouver une issue au conflit et les États-Unis veulent favoriser un retour à la paix dans la région entre les Israéliens, les Palestiniens et les pays arabes.

Cette volonté de cesser les conflits aboutit à la signature des accords d'Oslo en 1993 entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin. Ces accords permettent la reconnaissance mutuelle d'Israël et de l'OLP et la création d'une Autorité palestinienne en Cisjordanie et à Gaza. En 1994, un traité de paix est signé entre la Jordanie et Israël.

Mais les extrémistes des deux bords empêchent la poursuite du processus de paix :

  • Les colons juifs refusent d'évacuer les colonies.
  • Les attentats-suicides menés par le Hamas et le djihad islamique se poursuivent.
  • Yitzhak Rabin est assassiné en 1995 par un extrémiste israélien.
  • En 2000, Ariel Sharon, opposé aux accords d'Oslo, se rend sur l'Esplanade des Mosquées (le troisième lieu saint de l'islam) et provoque le début de la deuxième Intifada.
  • En 2005, la bande de Gaza est évacuée par les Israéliens.
  • Le Hamas et le Hezbollah multiplient les attaques contre Israël et le Hamas prend le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007. Le Fatah, dirigé par Mahmoud Abbas, doit affronter une autorité palestinienne concurrente à Gaza.
  • Israël entreprend des actions militaires au Liban (2006) et à Gaza (opération "plomb durci" de 2009 et opération de 2014) et construit un mur de séparation entre l'État hébreu et la Cisjordanie.

Le processus de paix piétine. Israël conditionne la reprise des discussions à la fin des attaques sur son territoire. Le Hamas veut, en préalable des négociations, une levée du blocus qui asphyxie Gaza. Des problèmes sont difficilement réglables comme le statut de Jérusalem, l'occupation des colonies, le problème des réfugiés, etc.

C

Le Proche et Moyen-Orient depuis 2001

1

Les attentats du 11 septembre 2001 et leurs conséquences

L'islamisme radical constitue l'un des premiers facteurs de désordre au Proche et Moyen-Orient après la guerre froide. Le réseau international Al Qaïda, qui pratique une série d'attentats depuis 1993, organise les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Les villes de New York et de Washington sont touchées. Ces attaques sur le sol américain ont pour conséquence une déstabilisation de la région :

  • George W. Bush, président des États-Unis en 2001, décide de mener une guerre contre l"axe du mal".
  • En 2001, une coalition internationale, sous mandat de l'ONU, attaque le régime des talibans en Afghanistan qui héberge Al Qaïda.
  • En 2003, les États-Unis entrent en guerre contre l'Irak de Saddam Hussein, suspectée de détenir et de fabriquer des armes de destruction massive. Les États-Unis n'obtiennent pas le soutien de l'ONU face à l'opposition de plusieurs pays, dont la France.
  • L'intervention en Irak permet la chute de Saddam Hussein mais voit l'émergence d'un mouvement de protestation international contre la politique unilatérale des États-Unis.
2

Le printemps arabe

En 2010, un mouvement de colère monte en Tunisie et aboutit à la "révolution du Jasmin" qui renverse le dictateur Ben Ali. Cette situation tire ses origines de la précarité sociale qui touche de larges couches de la population et du pouvoir despotique privant de toute liberté.

Le "printemps arabe" touche plusieurs pays :

  • En Égypte, Hosni Moubarak est chassé du pouvoir.
  • Au Yémen, Ali Abdallah Saleh s'enfuit en Arabie saoudite.
  • Une coalition franco-britannique soutient les rebelles libyens et détruit le régime de Kadhafi.
  • Des troubles ont lieu au Maroc et au Bahreïn.
  • La Syrie entre dans une guerre civile.
3

Une région déstabilisée par la montée de l'islamisme

Les islamistes modérés remportent plusieurs victoires :

  • En Turquie, l'AKP d'Erdogan dirige le pays depuis 2002.
  • En Tunisie et en Égypte, les islamistes sont élus au pouvoir au lendemain des révolutions.

Suite à l'intervention américaine en Afghanistan et en Irak et à certaines révolutions du printemps arabe qui se sont transformées en guerre civile, les islamistes radicaux connaissent une amplification de leurs combats :

  • En Afghanistan, d'où les troupes américaines doivent se retirer en 2016, les talibans ont encore de nombreuses régions sous leur contrôle.
  • À cheval sur la Syrie et l'Irak, un État se revendiquant de l'islam fondamentaliste s'est créé. Il s'agit de Daesh. Cet État mène une intense propagande pour le recrutement de djihadistes.
  • La Libye est en proie à une guerre civile dans laquelle les groupes islamistes sont des acteurs fondamentaux.

Cependant, en 2014, les gouvernements islamistes élus en Égypte et en Tunisie sont remplacés par des gouvernements laïcs :

  • En Égypte, l'armée, derrière le général Fattah el-Sissi, reprend le pouvoir et mène une intense répression contre les islamistes.
  • En Tunisie, la coalition laïque de centre-gauche dirigée par Beji Caïd Essebsi, est élue en décembre 2014 contre le président sortant qui a gouverné avec les islamistes.
  • À l'inverse, en Turquie, malgré un important mouvement protestataire en 2013, le gouvernement d'Erdogan enregistre des succès électoraux et restreint de plus en plus les libertés.
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