Terminale ES 2016-2017
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Terminale ES 2016-2017

Les États-Unis et le monde depuis 1918

Les États-Unis, au début du XXe siècle, sont une puissance isolationniste, ils ne veulent pas intervenir dans les affaires internationales. La Première Guerre mondiale menace leurs intérêts et les pousse à intervenir dans le conflit. Au lendemain de la guerre, Wilson est un acteur essentiel de la rédaction des traités de paix et il veut instaurer une sécurité collective avec ses quatorze points. Cependant, les traités ne sont pas ratifiés par les États-Unis et les Américains n'adhèrent pas à la SDN. Durant les années 1920, les États-Unis interviennent peu dans les affaires internationales et lorsqu'ils le font c'est pour protéger leurs intérêts. Ils pratiquent la "diplomatie du dollar". La crise de 1929 les conforte dans leur position non-interventionniste. Ils interviennent pourtant dans la Seconde Guerre mondiale et deviennent "l'arsenal des démocraties".

À la fin de la guerre, les États-Unis sont de loin le pays le plus puissant au monde et jouissent d'un très grand prestige. La guerre froide les pousse dans une confrontation indirecte avec l'URSS, et ils interviennent dans de nombreux conflits afin d'empêcher la propagation du communisme. La crise des fusées de Cuba amène une période de détente mais ne signifie pas la fin des tensions. Les États-Unis interviennent massivement au Viêt Nam. Durant les années 1970, les États-Unis affrontent des critiques quant à leur politique et marquent un recul sur la scène internationale. Le retour de Reagan en 1981 permet un retour offensif des États-Unis puis la guerre froide se termine en 1991.

Les États-Unis, devenus une hyperpuissance, apparaissent alors comme les garants d'un "nouvel ordre" mondial et prônent le multilatéralisme. Pourtant, les attentats du 11 septembre 2001 ont pour conséquence un retour de l'unilatéralisme des Américains qui veulent défendre leurs intérêts. Les critiques à leur encontre et les difficultés qu'ils rencontrent poussent l'administration Obama à changer de politique. Cependant, les critiques contre les États-Unis demeurent.

I

Les États-Unis et le monde de 1914 à 1945

A

Les États-Unis en 1918

1

Les principes wilsoniens

Isolationnistes au début du conflit, les États-Unis interviennent dans la Première Guerre mondiale aux côtés de la France et du Royaume-Uni en 1917, suite à la guerre sous-marine qui menace leurs intérêts et au projet allemand de faire intervenir le Mexique dans la guerre. Leur mobilisation permet la victoire sur l'Allemagne.

Isolationnisme

L'isolationnisme est une politique qui consiste pour un État à ne pas intervenir à l'étranger et à se concentrer sur ses propres intérêts.

L'opinion américaine est depuis le XIXe siècle majoritairement partisane de l'isolationnisme. Wilson, qui permet l'intervention des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, le fait pour défendre les intérêts américains car il est profondément isolationniste. En 1916, il est réélu pour son second mandat avec le slogan "il nous a gardés hors de la guerre".

Woodrow Wilson arrive à la Conférence de Versailles (1919 − 1920) avec ses "Quatorze points" visant à assurer la paix collective et à faire valoir une nouvelle manière de gérer les relations internationales :

  • Il veut mettre en place les conditions assurant une "sécurité collective".
  • Il est pour "le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Il pense que les frontières ne doivent pas être dessinées en fonction du rapport de force entre les puissances mais en fonction du souhait des peuples.
  • Enfin, il est pour la création d'une organisation internationale permettant le maintien de la paix. La Société des Nations (SDN) est créée, elle doit gérer les tensions par l'arbitrage collectif.

Cependant l'action de Wilson est un échec :

  • Il est difficile de faire totalement triompher ses principes durant l'écriture du traité de Versailles. De nombreux peuples sont intégrés dans des États dans lesquels ils deviennent des minorités et l'Allemagne est coupée en deux par le corridor de Dantzig, destiné à fournir un accès à la mer aux Polonais. Les Allemands n'auront de cesse de critiquer ce traité qu'ils qualifient de diktat.
  • De plus, le Sénat américain ne ratifie pas le traité de Versailles et refuse l'adhésion à la SDN.
2

Les États-Unis et le monde dans les années 1920

Les États-Unis sont la première puissance économique en 1918. Au début des années 1920, ils détiennent environ 50% du stock mondial d'or et réalisent le tiers des investissements internationaux.

Ils n'interviennent quasiment pas à l'étranger sauf pour défendre leurs intérêts. Ils prônent la liberté du commerce et l'accès à la prospérité pour endiguer les risques de guerre. Suite à la conférence de Washington en 1921, ils appliquent à la Chine le principe de la "porte ouverte", c'est-à-dire l'ouverture du pays au commerce international.

Durant les années 1920, ils continuent d'utiliser leur puissance économique pour garantir la paix en Europe, cela s'appelle la "diplomatie du dollar" :

  • Ils font pression sur la France pour qu'elle accepte l'abandon des paiements allemands au titre des réparations de la Première Guerre mondiale. Les plans Dawes en 1924 et Young en 1929 règlent définitivement la question des réparations et intègrent l'Allemagne dans les relations internationales.
  • Les deux responsables des affaires extérieures américain et français permettent la signature du Pacte Briand-Kellogg en 1928 avec 15 États et qui rend la guerre "hors la loi".
B

Isolationnisme et interventionnisme

1

L'isolationnisme après 1929

Le 24 octobre 1929, le krach de Wall Street plonge les États-Unis dans une crise économique qui entraîne une importante déflation et une explosion du chômage. La crise pousse les Américains à augmenter leurs droits de douane et à rapatrier leurs capitaux investis à l'étranger. Cette politique emporte les Européens, et surtout les Allemands, dans la crise.

La crise renforce l'isolationnisme des Américains :

  • La priorité des Américains est donnée au redressement économique de leur pays qui est permis grâce à l'élection de Roosevelt en 1932 et à sa politique keynésienne du New Deal (l'État stimule l'économie en investissant massivement).
  • Le problème des dettes européennes contractées pendant la guerre et non remboursées devient un sujet polémique au sein de l'opinion publique américaine et renforce la volonté d'isolationnisme.
  • Les États-Unis confirment leur isolationnisme en interdisant puis en limitant la vente d'armes à des États belligérants. La première loi de neutralité est votée en 1935 suite à l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie et deux autres lois suivent en 1936 et en 1937. La clause cash and carry précise que pour acheter des armes aux États-Unis un pays doit en assurer lui-même le transport et les payer au comptant. Cela permet aux États-Unis de rester à l'écart des tensions qui touchent l'Europe.
2

La participation à la Seconde Guerre mondiale

Malgré leur volonté isolationniste, les États-Unis interviennent dans la Seconde Guerre mondiale :

  • En mars 1941, les États-Unis votent, après de longs débats, la loi prêt-bail permettant de fournir du matériel sans entrer directement dans le conflit.
  • En août 1941, Roosevelt et Churchill signent la Charte de l'Atlantique.
  • Le 7 décembre 1941, les États-Unis sont touchés par les Japonais sur leur sol lors de l'attaque de Pearl Harbor.
  • Le Victory program permet aux États-Unis de mobiliser toutes leurs forces dans le conflit et devient rapidement l'"arsenal des démocraties".
  • Ils interviennent dans le Pacifique contre les Japonais.
  • En 1944, dans le cadre de l'opération Overlord, ils débarquent en Normandie.
  • Le 8 mai 1945, l'Allemagne capitule suite à l'entrée des troupes soviétiques à Berlin.
  • Le conflit perdure avec le Japon et le président Truman fait usage de la bombe atomique à Hiroshima le 6 août 1945 et à Nagasaki le 9 août 1945, obtenant la capitulation du Japon.
  • La guerre a pu être gagnée par l'effort soviétique et l'intervention massive des États-Unis.
3

Les États-Unis en 1945

Les États-Unis confirment leur rôle de première puissance mondiale à l'issue du conflit. Ils appliquent désormais une politique interventionniste :

  • Ils possèdent les deux tiers des réserves mondiales d'or.
  • Ils sont à l'origine de la moitié de la production industrielle mondiale.
  • Ils sont la seule puissance à posséder l'arme nucléaire.
  • Leur intervention décisive dans la guerre leur donne un grand prestige.

Les Etats-Unis veulent établir les conditions d'un monde pacifié :

  • En 1945, les conférences tripartites (avec le Royaume-Uni et l'URSS) de Yalta et de Potsdam fixent les règles du nouvel ordre mondial au lendemain de la guerre.
  • La signature de la Charte de San Francisco en juin 1945 crée l'Organisation des Nations unies (ONU).

Ils dominent la création des institutions internationales économiques au lendemain de la guerre :

  • Les accords de Bretton Woods en 1944 permettent la création du Fonds monétaire international (FMI) qui garantit le Système monétaire international (SMI). Les monnaies sont indexées sur le dollar qui est lui-même indexé sur l'or. Ce système permet la stabilité des monnaies et fait du dollar la monnaie internationale.
  • En 1947, ils jouent un rôle prépondérant dans la création du GATT dont l'objectif est de limiter les entraves aux échanges commerciaux internationaux.
II

Les États-Unis dans la guerre froide

A

Les États-Unis, leader du bloc de l'Ouest

1

Les débuts de la guerre froide

La fin de l'alliance des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale arrive quelques mois après le conflit. Rapidement, la guerre froide se met en place. Elle oppose les États-Unis "défenseur du monde libre" et l'URSS communiste :

  • Au lendemain de la guerre, les troupes soviétiques restent stationnées en Iran, les pays libérés par l'Armée rouge deviennent communistes sous la pression de l'URSS qui manoeuvre aussi en Grèce et en Turquie.
  • Truman fait face à cet expansionnisme soviétique et édicte la théorie du containment (endiguement).
  • Le plan Marshall est mis en place afin d'aider financièrement les pays qui le souhaitent. Seize pays de l'Europe de l'Ouest acceptent et les pays passés sous orbite soviétique refusent.
  • Suite à la création du Deutsche Mark en Allemagne de l'Ouest (qui préfigure la naissance de la RFA), Staline décide la mise en place du blocus de Berlin (1948 − 1949) et oblige les États-Unis à organiser un pont aérien afin d'approvisionner la partie ouest de la ville.
  • En Asie, les États-Unis interviennent en Corée et aident les Français en Indochine.
  • Les États-Unis énoncent la théorie du refoulement qui ne consiste plus seulement à stopper la progression soviétique mais à les faire reculer. Dans ce cadre, John Foster Dulles, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, théorise la doctrine des représailles massives.
Endiguement

L'endiguement (containment) est une théorie politique des États-Unis au début de la guerre froide qui consiste à stopper l'expansion soviétique en intervenant dans les pays menacés de devenir communistes.

L'intervention américaine dans la guerre de Corée permet de stopper la progression des communistes, cette intervention est programmée dans le cadre de l'endiguement.

Doctrine des représailles massives

La doctrine des représailles massives (ou doctrine Dulles) consiste à répondre de manière massive avec l'utilisation de l'arme nucléaire contre un pays qui attaquerait un membre de l'OTAN.

Selon certaines sources, Dulles aurait proposé aux Français l'utilisation de l'arme atomique dans le conflit contre les Vietminhs en Indochine.

Les États-Unis mettent en place des alliances militaires afin de contrer les Soviétiques dont la puissance augmente :

  • En 1949, l'URSS réalise ses premiers essais nucléaires et entre dans une compétition avec les États-Unis nommée la "course à l'armement".
  • L'OTAN est créée en 1949. Il s'agit d'une organisation militaire qui rassemble de nombreux pays occidentaux pour la défense de l'Amérique du Nord et de l'Europe de l'Ouest.
  • En 1954, l'Union de l'Europe occidentale (UEO) permet le réarmement de l'Allemagne de l'Ouest dans une union militaire européenne affiliée au bloc de l'Ouest.
  • D'autres accords sont conclus afin d'enserrer l'URSS dans un étau d'alliances. L'ANZUS en 1951 rassemble dans une union militaire l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis et le pacte de Bagdad en 1955 allie aux Américains et aux Britanniques, le Pakistan, la Turquie et l'Iran.
  • L'URSS riposte en instaurant le Pacte de Varsovie.
2

Coexistence pacifique et détente

La mort de Staline en 1953 permet une relative amélioration des rapports entre les deux Grands et inaugure la période de la coexistence pacifique mais ne signifie pas la fin de l'opposition :

  • La construction du mur de Berlin en 1961 provoque un regain de tension entre l'URSS et les États-Unis.
  • La crise des missiles de Cuba en 1962 est remportée par les États-Unis qui ont fait reculer l'URSS.

Suite à cette grave crise, les États-Unis et l'URSS entrent dans une période qualifiée de Détente :

  • Kennedy élabore la théorie de la riposte graduée.
  • Conscient de leur potentiel de destruction réciproque, les deux adversaires entament des négociations pour stopper la course à l'armement dès les années 1960 et signent les accords SALT1 (1972) et SALT2 (1979).
Riposte graduée

La riposte graduée est une théorie qui vise à répondre de manière adaptée à une potentielle menace. Elle permet l'abandon de la "théorie des représailles massives".

Cependant, la détente ne signifie pas la fin des tensions :

  • Les États-Unis s'investissent davantage dans le Viêt Nam et sous la présidence de Johnson, de nombreux soldats sont mobilisés.
  • L'opposition se déplace dans d'autres domaines comme celui de la conquête de l'espace.

L'URSS semble gagner au début des années 1960 la course à l'espace. En 1961, elle réalise le premier vol habité en envoyant Youri Gagarine dans l'espace. Les États-Unis rattrapent leur retard et atterrissent sur la lune en 1969.

À partir de 1971, Kissinger puis Nixon entament des discussions et établissent des relations diplomatiques avec la Chine afin de contrer l'URSS.

3

Le Soft power américain

Soft power

Le Soft power ou "puissance douce" est la puissance de persuasion d'un État. Cette capacité d'influence repose sur des moyens non coercitifs, au contraire du Hard power qui désigne l'influence militaire d'un État.

Le cinéma hollywoodien est l'un des moyens les plus efficaces du Soft power des États-Unis.

Le rôle des États-Unis de leader du bloc de l'Ouest n'est pas seulement militaire (OTAN) ou financier (plan Marshall), il est aussi culturel :

  • Durant le débarquement des Alliés, les soldats américains (GI's) ont permis aux Européens de découvrir de nouveaux produits comme les cigarettes blondes, le Coca-Cola, etc.
  • Les États-Unis veulent rendre leur modèle attirant et présentent une vision idyllique de l'American Way of life.
  • Les cinémas, la musique, la diffusion de la langue anglaise, l'exportation des codes vestimentaires (jeans) sont les principaux éléments du Soft power américain.
  • La culture, dans le contexte de la guerre froide, devient rapidement un outil au service de l'État afin de diffuser son idéologie.
  • Les firmes transnationales (FTN) américaines sont très puissantes et s'installent dans tout le monde occidental.

McCarthy lance la "chasse aux sorcières" et poursuit les militants et sympathisants communistes aux États-Unis entre 1950 et 1954. Le monde culturel, dont Hollywood, voit de nombreux artistes exclus de la société américaine.

Mais ce modèle est remis en cause durant la guerre froide. Beaucoup, dans le bloc de l'Ouest, perçoivent le soft power américain comme un rouleau compresseur détruisant les cultures locales et poussant les sociétés à la surconsommation. Les militants communistes, nombreux en France durant la guerre froide, lui reprochent d'être un outil au service de l'impérialisme américain.

B

Les États-Unis et la fin de la guerre froide

1

La puissance américaine affaiblie

Durant la fin des années 1960 et pendant les années 1970, les États-Unis sont confrontés à une crise morale et économique.

Tout d'abord, la France prend ses distances avec le leader du monde occidental :

  • Elle réalise ses premiers essais nucléaires en 1960.
  • Elle critique le rôle des États-Unis dans la guerre du Viêt Nam et sort du commandement intégré de l'OTAN en 1966.
  • Bien qu'elle prenne ses distances avec les États-Unis, la France reste dans le bloc de l'Ouest. Lors de la crise des missiles de Cuba, Charles de Gaulle apporte un soutien très appuyé aux Américains.

La guerre du Viêt Nam amène de nombreuses difficultés :

  • Ce conflit est télévisé et les Américains se rendent compte de l'horreur de ce conflit dont ils se demandent s'il est réellement légitime.
  • La violence des combats, les répercussions sur les populations civiles, les moyens employés (bombardement au napalm, pulvérisation d'agent orange) poussent de nombreux Américains et Occidentaux à opposer l'action des États-Unis aux valeurs que l'Amérique est censée incarner.
  • De plus ce conflit provoque une diminution des stocks d'or américains et en 1971, Nixon est obligé de suspendre la convertibilité du dollar instaurée à Bretton Woods en 1944.

Les États-Unis doivent affronter d'autres problèmes internes, dont le mouvement des "droits civiques", c'est-à-dire de la lutte des populations afro-américaines pour l'obtention de l'égalité des droits et la fin de la ségrégation. Martin Luther King, leader du mouvement des droits civiques est assassiné en 1968 et le Black Panther Party, mouvement révolutionnaire afro-américain se développe à l'échelle nationale.

Dans le cadre de la guerre froide, les États-Unis perdent du terrain face à l'URSS :

  • Le Cambodge, aux mains des Khmers rouges d'obédience maoïste, est envahi par le Viêt Nam, allié de l'URSS en 1979.
  • L'URSS soutient des guérillas communistes en Angola et au Mozambique.
  • L'Éthiopie devient communiste en 1974.
  • Au Nicaragua, le dictateur pro-occidental est chassé et un régime d'obédience marxiste est instauré en 1979.
  • L'URSS envahit l'Afghanistan en 1979.
  • Enfin les États-Unis sont humiliés lors de la révolution d'Iran en 1979. Le Shah d'Iran, pro-occidental est chassé du pouvoir. L'ayatollah Khomeiny prend le pouvoir et l'ambassade américaine est attaquée. 52 Américains sont pris en otage.
2

Les États-Unis gagnent la guerre froide

Le président au pouvoir depuis 1977, Jimmy Carter, est accusé d'être responsable de l'affaiblissement des États-Unis. En 1981, Ronald Reagan est élu président des États-Unis avec un programme annonçant le retour des États-Unis ("America is back"). Il veut que les États-Unis reprennent l'offensive sur l'URSS qualifié d'"Empire du mal".

Il relance l'offensive contre le bloc communiste :

  • Il arme les rebelles afghans.
  • Il aide la lutte armée au Nicaragua qui combat contre le régime sandiniste (marxiste) au pouvoir.
  • Il lance le programme d'Initiative de Défense stratégique (IDS) visant à mettre en place un "bouclier spatial". Ce programme est surnommé la "Guerre des étoiles".

Ce retour offensif des États-Unis est facilité par le déclin de l'URSS. Au pouvoir depuis 1985, Gorbatchev veut réformer son pays confronté à une crise :

  • Il rappelle les troupes soviétiques d'Afghanistan et signe avec les États-Unis un traité de désarmement nucléaire (Traité de Washington de 1987).
  • Gorbatchev abandonne le contrôle soviétique sur les "démocraties populaires" d'Europe de l'Est et le mur de Berlin tombe en 1989.
  • En 1991, l'URSS est dissoute, les États-Unis ont gagné la guerre froide.
III

Les États-Unis depuis 1991

A

Un nouvel ordre mondial

En 1991, la chute de l'URSS permet aux États-Unis de s'imposer comme une grande puissance incontestée. Le politologue américain Fukuyama annonce la "Fin de l'Histoire" pour exprimer un consensus, considéré comme désormais universel, autour de la démocratie libérale.

Le président George Bush parle de la mise en place d'un "nouvel ordre mondial" fondé sur le multilatéralisme : suite à l'invasion du Koweït par l'Irak, une coalition internationale dominée par les États-Unis et sous mandat de l'ONU intervient pour libérer le pays en 1991.

L'arrivée au pouvoir de Clinton en 1993 permet la pratique de la politique de l'enlargement. L'objectif de cette politique est d'assurer la paix par la prospérité et le développement de l'économie de marché et non par une politique agressive. Les dépenses militaires américaines diminuent d'un tiers durant les deux mandats de Clinton (1993 − 2001). Les États-Unis veulent œuvrer pour la paix :

  • Les accords d'Oslo sont signés en 1993 entre Israéliens et Palestiniens.
  • Ils interviennent pour mettre fin à la guerre de Bosnie-Herzégovine et permettent la signature des accords de Dayton en 1995.
  • Des anciens pays communistes (Pologne, Hongrie, République Tchèque) intègrent l'OTAN en 1999.

Pour mener à bien cette politique de l'enlargement, les États-Unis continuent de promouvoir l'économie de marché :

  • L'Uruguay Round, qui vise à libéraliser les échanges, débute en 1986 et se termine en 1994.
  • Des accords de libre-échange en Asie-Pacifique (APEC) sont instaurés en 1993.
  • La zone de libre-échange nord-américaine (ALENA) est créée en 1994.
  • L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est instaurée en 1995 et intègre la Chine en 2001.

Mais les États-Unis savent aussi défendre leurs intérêts et refuser le multilatéralisme :

  • Ils ne signent pas les accords de Kyoto en 1997 sur la réduction des gaz à effet de serre qu'ils jugent trop contraignants.
  • Ils ne participent pas à la Cour pénale internationale.
B

Les États-Unis depuis 2001

1

Les attentats du 11 septembre 2001

Le 11 septembre 2001, les attentats à New York et Washington abasourdissent les Américains et le monde entier. Ces attentats sont revendiqués par Al Qaïda, une organisation islamiste radicale dirigée par Ben Laden. George W. Bush parle de partir en "croisade" contre l'"axe du mal", dans lequel il intègre l'Afghanistan, l'Irak, la Corée du Nord et l'Iran.

Les États-Unis réagissent rapidement et en octobre 2001, sous le cadre d'un mandat onusien, une coalition dominée par les Américains envahit l'Afghanistan qui héberge Al Qaïda. L'intervention permet la chute du régime des talibans.

En 2003, les États-Unis interviennent en Irak car ils soupçonnent Saddam Hussein de détenir des armes non conventionnelles. Cependant, ce projet d'intervention est critiqué par certains pays comme la France, et c'est d'une manière unilatérale (sans l'accord de l'ONU) que les États-Unis interviennent en Irak et font chuter le régime de Saddam Hussein.

2

L'Amérique en difficulté

Les États-Unis sous l'administration de George W. Bush essuient de nombreuses critiques et rencontrent des difficultés :

  • Un important mouvement mondial de contestation apparaît en 2003 lors de l'invasion unilatérale de l'Irak.
  • De plus, les victoires américaines en Irak et en Afghanistan sont très relatives. L'Irak est en proie au chaos depuis la chute de Saddam Hussein et les talibans contrôlent toujours une grande partie de l'Afghanistan.
  • Les méthodes utilisées par les États-Unis, et notamment la torture, sont utilisées dans la prison d'Abou Ghraïb et à Guantanamo. Les défenseurs des Droits de l'Homme s'insurgent contre ces pratiques.
  • La contestation de l'impérialisme américain touche l'Amérique latine et des pays se regroupent autour du président vénézuelien Hugo Chavez qui nationalise le secteur du pétrole dans son pays au détriment des intérêts américains.
  • Le mouvement altermondialiste critique le libéralisme économique prôné par les États-Unis.
  • La crise de 2008 débute aux États-Unis et a de fortes conséquences sociales dans le pays.
  • Les pays émergents enregistrent une forte croissance et menacent le poids dominant des États-Unis dans l'économie mondiale. La Chine devient la seconde puissance économique en 2010 (et la première en 2014) et devient le premier créancier des États-Unis.
3

Le retour du multilatéralisme ?

Barack Obama arrive au pouvoir en 2008 et veut rompre avec la politique unilatérale de George W. Bush pour changer l'image des États-Unis :

  • Il se déplace au Caire en 2009 et prononce un discours visant à réconcilier les États-Unis avec le monde musulman.
  • Il organise le retrait progressif des troupes américaines en Irak et en Afghanistan.
  • Les États-Unis ne veulent plus intervenir seuls et laissent certaines puissances diriger des guerres. Ainsi, la France et la Grande-Bretagne interviennent pour faire chuter le régime de Kadhafi en Libye. La France intervient au Mali pour lutter contre Aqmi.
  • Les États-Unis reprennent les discussions avec le régime communiste de Cuba en décembre 2014.

Cependant les États-Unis rencontrent toujours des critiques :

  • La fermeture annoncée de Guantanamo n'est toujours pas réalisée en 2014.
  • L'utilisation de drones militaires par les États-Unis est critiquée à cause des dégâts qu'ils causent sur les civils.
  • Certains scandales comme l'affaire Snowden montrent que les États-Unis ne sont pas complètement transparents dans leurs activités internationales.
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