Terminale ES 2015-2016
Kartable
Terminale ES 2015-2016

La société et le travail

I

Origine naturelle de la cité : Aristote

L'Homme est naturellement un animal politique.

Aristote

La Politique

IVe siècle avant J.-C.

Pour Aristote, il est dans la nature de l'Homme de vivre au sein d'une société. D'ailleurs, selon lui, un homme qui ne vivrait pas en société ne serait pas pleinement un homme : il serait soit un sous-homme, soit un surhomme, c'est-à-dire un dieu.

Évidemment toutes les associations visent à un bien d'une certaine espèce, et le plus important de tous les biens doit être l'objet de la plus importante des associations, de celle qui renferme toutes les autres ; et celle-là, on la nomme précisément l'État et association politique.

Aristote

La Politique

IVe siècle avant J.-C.

Le but de l'association humain en société est d'atteindre le souverain bien, c'est-à-dire le bonheur.

II

La société et la création du droit

Bien que la terre et toutes les créatures inférieures appartiennent en commun à tous les hommes, chaque homme est cependant propriétaire de sa propre personne. Aucun autre que lui-même ne possède un droit sur elle, le travail de son corps et l'ouvrage de ses mains lui appartiennent en propre. Il mêle son travail à tout ce qu'il fait sortir de l'état dans lequel la nature l'a laissée, et y joint quelque chose qui est sien. Par là, il en fait sa propriété. Cette chose étant extraite par lui de l'étant commun où la nature l'avait mise, son travail lui ajoute quelque chose, qui exclut le droit commun des autres hommes.

John Locke

Traités sur le gouvernement civil

1690

Pour John Locke, la terre que l'Homme travaille lui appartient. C'est donc le travail de la terre qui est à l'origine de l'idée de propriété. L'Homme a travaillé une terre, il se l'est attribuée. Cela paraît évident. C'est un droit qui fonde la société.

Le larcin, le meurtre, l'adultère et toutes sortes d'injures sont défendus par les lois de nature. Mais ce n'est pas la loi de nature qui enseigne ce que c'est qu'il faut nommer larcin, meurtre, adultère, ou injure en un citoyen. C'est à la loi civile qu'il faut s'en rapporter.

Thomas Hobbes

De Cive

1642 − 1647

Pour Hobbes, l'état naturel interdit le crime, mais l'Homme a besoin d'une société civile pour enfin obéir aux lois. A l'état naturel, les interdits existent, mais c'est la société humaine qui fonde le droit, qui le nomme.

III

Les échanges et la société

L'effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l'une a intérêt d'acheter, l'autre à intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur les besoins mutuels.

Montesquieu

De l'esprit des lois

1748

Montesquieu souligne ici que les échanges, rendant les hommes comme les États dépendants les uns des autres pour subvenir à leurs besoins, favorisent des relations pacifiées.

IV

Travail et lien social

A

Le travail humain

Le mythe de Prométhée

Le mythe de Prométhée, tel que rapporté par Platon dans le Protagors, explique pourquoi les hommes, contrairement aux animaux, doivent travailler pour subvenir à leurs besoins. Selon ce récit mythique, les dieux, au moment de la création êtres vivants, confient à deux frères la tâche de répartir les qualités entre les espèces. Épiméthée attribue ainsi aux animaux de la force, de la rapidité, des instincts, des griffes, des ailes, etc. Mais il oublie l'Homme, qui reste un être sans qualité. Pour réparer cet oubli, son frère, Prométhée, décide de dérober aux dieux le feu, symbole de la technique, pour le donner aux hommes. L'espèce humaine, héritant de la technique, a pu développer le langage, la technologie, et l'agriculture. C'est ainsi que s'explique l'activité technique de l'Homme, et, par conséquent, le travail, comme activité de transformation de la nature.
Néanmoins, le mythe ne s'arrête pas là : la possession du savoir-faire technique est fragile, car elle ne permet pas aux hommes de vivre ensemble. En effet, il semble que sans la politique et l'art de la guerre qui va avec, l'humanité soit incapable de s'organiser collectivement, et donc de cohabiter. Les dieux sont inquiets, et ainsi Zeus décide d'offrir à tous les hommes sans distinction le sens politique.

Selon ce mythe, si le travail, comme activité de transformation de la nature grâce à l'intelligence technique, est le propre de l'Homme, il ne suffit pas à créer la cohésion d'une société. L'art de la politique est donc aussi nécessaire.

Ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche.

Marx

Le Capital

1883

Pour Marx, ce qui distingue le travail humain de la production animale est bien l'activité de conception de l'objet à réaliser qui précède sa réalisation, là où l'animal ne semble que suivre son instinct.

B

Le travail aliéné

De produit individuel d'un ouvrier indépendant faisant une foule de choses, la marchandise devient le produit social d'une réunion d'ouvriers dont chacun n'exécute constamment que la même opération de détail.

Marx

Le Capital

1883

Marx souligne ici la nouvelle forme de division du travail, qui fait de l'ouvrier un travailleur aliéné.

L'ouvrier, qui travaille pour vivre, ne compte pour le travail comme faisant partie de sa vie ; c'est bien plutôt le sacrifice de cette vie.

Marx

Le Capital

1883

Lorsque le travail devient travail à la chaîne, on ne ressent plus la moindre satisfaction pour la création d'un objet. Le but du travail devient le salaire, c'est-à-dire le moyen de subvenir à ses besoins pour travailler encore.

V

Les menaces qui pèsent sur le lien social

A

Tension entre la société et les individus : l'exemple de la mode

La mode comme forme sociale

Pour Georg Simmel, il est possible de lire dans le phénomène social de la mode la tension à l'œuvre dans toute société. En effet, dans la mode, l'individu tente à la fois de s'individualiser tout en signifiant son appartenance à un groupe défini.

L'exemple de la mode est caractéristique du fonctionnement du lien social des sociétés modernes, entre besoin de s'individualiser et besoin de cohésion au niveau du tout que forme la société.

B

Le risque du repli sur soi : l'individualisme

L'individualisme est un sentiment [...] qui dispose chaque citoyen à s'isoler de la masse de ses semblables et à se retirer à l'écart avec sa famille et ses amis, de telle sorte que, après s'être ainsi créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même.

Tocqueville

De la démocratie en Amérique

1835

L'individualisme n'est pas l'égoïsme. L'individualisme est une attitude propre aux sociétés démocratiques, au sein desquelles les individus sont égaux, et qui consiste, pour un individu, à peu à peu s'isoler de l'ensemble formé par la société pour se replier sur la sphère privée. Cette attitude traduit donc un désintérêt pour la chose publique, ce qui a pour conséquence la possibilité qu'un pouvoir despotique s'installe.

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