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Comment expliquer l'instabilité de la croissance ?

L'analyse des cycles économiques

Joseph Schumpeter

Joseph Schumpeter

Business Cycles: A Theoretical, Historical and Statistical Analysis of the Capitalist Process

1939

Joseph Schumpeter est un économiste autrichien (1883 − 1950). Schumpeter reprend une hypothèse testée par Kondratiev (un économiste russe) et avance qu'au-delà des fluctuations issues de la conjoncture et des difficultés macro-économiques, il existe des cycles longs, d'environ un demi-siècle, déterminés par l'apparition d'une économie majeure qui suscite des grappes d'innovations permettant des vagues successives d'investissement par les entreprises.

Schumpeter insiste par ailleurs sur l'emboîtement des cycles économiques de longueurs différentes. Il veut réconcilier plusieurs analyses précédentes, et énonce que les cycles de Kondratiev (de long terme) seraient composés de plusieurs cycles Juglar (ou cycles des affaires, de moyen terme), eux-mêmes constitués de plusieurs cycles Kitchin de court terme.

Deux apports importants de son ouvrage sont :

  • Le rôle important qu'il donne à l'entrepreneur, qui est selon lui un innovateur. C'est l'entrepreneur, motivé par la recherche de profit, qui innove, et ce faisant provoque des destructions de pans entiers de l'économie. C'est le phénomène de destruction créatrice, qui est la dynamique fondamentale du dynamisme économique.
  • La notion de "trend" est une tendance à l'accroissement des richesses. Au-delà des fluctuations cycliques, il y a une tendance croissante à l'enrichissement. Dans le long terme, le niveau de production moyen augmente, car le niveau de production en phase basse d'un nouveau cycle est souvent au-dessus du niveau de production en phase basse du cycle précédent.

Le paradoxe de la tranquilité

Hyman P. Minsky

Hyman P. Minsky

Stabilizing an Unstable Economy

1986

Hyman Minsky (1919 − 1996) était un économiste américain post-keynésien (un courant qui tâche de renouveler la pensée de Keynes dans l'économie contemporaine). Il a notamment travaillé sur les crises financières et leur place au sein du cycle économique. L'une de ses théories les plus connues est celle du paradoxe de la tranquillité, qui montre que les crises (financières, qui peuvent ensuite de propager dans toute l'économie) se préparent dans un contexte optimiste d'expansion économique.

Minsky explique cela par une analyse des crédits qu'octroient les banques et les marchés financiers. En période d'optimisme, les créanciers ont des liquidités en excès. Ils les prêtent d'abord aux agents les moins risqués, mais lorsque tous ceux-ci ont reçu des crédits, les créanciers fournissent des liquidités à des agents (ou des projets) de plus en plus risqués, qui assurent les rendements les plus élevés. En "phase haute" du cycle (lorsque la croissance est élevée, de même que la consommation et l'investissement), les banques s'exposent en fait à un maximum de risque. Alors, le moindre choc négatif risque de se transformer en crise économie de grande ampleur. En effet, en cas de choc négatif, les emprunteurs les plus risqués font défaut, et les banques se retrouvent en difficulté, ne pouvant donc plus octroyer des crédits comme elles le faisaient jusque-là. Cela peut entraîner des faillites en chaîne, car des agents pouvaient avoir besoin de crédits pour en rembourser d'autres : tout ce système s'effondre, et les créanciers prêtent de moins en moins. Parallèlement, cette coupure des crédits fait s'effondrer la consommation et l'investissement, ce qui plonge l'économie dans une crise économique.

Ainsi, les périodes de "tranquillité", marquées par une forte croissance et une certaine euphorie sur les marchés, sont paradoxalement propices à la préparation de crises économiques de grande ampleur.

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