Terminale ES 2016-2017
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Terminale ES 2016-2017

Quelles politiques pour l'emploi ?

L'emploi a un rôle important d'intégration sociale qui est remis en cause par les évolutions des formes d'emploi et l'existence d'un taux de chômage élevé. Les politiques publiques de l'emploi essaient donc de faire diminuer le taux de chômage et d'atténuer les effets sociaux de la perte d'emploi. La diversité des formes du chômage et des analyses qui portent sur ce phénomène expliquent la diversité des politiques de l'emploi mises en place pour y faire face. Les politiques de relance de la demande visent ainsi à résoudre le chômage keynésien, les politiques de réduction du coût du travail permettent de lutter contre le chômage classique et la flexibilisation du marché du travail doit résoudre le chômage structurel.

I

L'emploi et le chômage

A

Population active et emploi

1

Définition de la population active

Population active

La population active comprend l'ensemble des personnes ayant un emploi et les chômeurs, c'est-à-dire les personnes sans emploi, cherchant activement un emploi et étant disponibles pour travailler.

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La population active dépend directement des facteurs sociodémographiques :

  • Le solde naturel : différence entre le nombre de naissances et de décès
  • Le solde migratoire : différence entre immigrants et émigrants

Elle dépend aussi des facteurs sociaux. L'entrée des femmes sur le marché du travail a accru la taille de la population active, et l'allongement des études l'a diminuée, car les personnes en études plus longtemps ne sont pas disponibles pour travailler et sont donc des inactifs.

On parle d'"exception française" car la France est l'un des seuls pays Européens à avoir un taux de fécondité proche du taux nécessaire au renouvellement des générations (qui est de 2.1 enfants par femme). La croissance démographique de la France, et par là, la croissance de sa population active, est tirée par le solde naturel (+0.4% au début des années 2010). C'est l'inverse de la situation allemande, où le solde naturel est négatif, mais qui connaît cependant une croissance démographique positive grâce à un solde migratoire largement positif.

2

Caractéristiques et mesures de l'emploi

Emploi

L'ensemble des personnes en emploi, selon l'INSEE, est l'ensemble des personnes qui exercent une activité entrant dans le domaine de la production. Ces personnes peuvent des salariés ou des travailleurs indépendants ; il s'agit des actifs qui ne sont pas au chômage.

On peut mesurer l'évolution de l'emploi par le taux d'emploi, qui rapporte le nombre de personnes en emploi à la population totale en âge de travailler. Au contraire du taux d'activité, il ne prend pas en compte les chômeurs, et permet donc d'avoir une vision synthétique de la mobilisation effective de la main-d'œuvre.

Taux d'emploi

Le taux d'emploi est le rapport entre le nombre d'actifs occupés concernés et la population totale en âge de travailler correspondante.

Taux d'activité

Le taux d'activité est le rapport entre le nombre d'actifs et la population totale en âge de travailler correspondante.

Le taux d'activité a eu tendance à diminuer depuis une vingtaine d'années, notamment pour la catégorie des 60 − 65 ans ou encore en raison de l'allongement de l'âge d'entrée sur le marché du travail.
Le taux d'emploi reflète davantage la mobilisation quantitative de la main-d'œuvre car il ne prend pas en compte les chômeurs.

3

Les évolutions récentes de l'emploi

La croissance de l'emploi au cours de la seconde moitié du XXe siècle en France s'est accompagnée d'une évolution de la structure des emplois.

  • L'emploi est de plus en plus féminin. 65% des emplois étaient masculins en 1970, contre 52% en 2012.
  • L'emploi est de plus en plus salarié. 80% des personnes en emploi étaient salariées en 1970, elles sont plus de 90% en 2012.
  • L'emploi est de plus en plus localisé dans le secteur tertiaire. Les services représentaient la moitié des emplois en 1970, ils en représentent 80% en 2012.

L'emploi prend aussi de plus en plus des formes atypiques. En effet, l'emploi est une situation juridique encadrée par des normes d'emplois qui régissent les conditions de travail. En France, la loi énonce que "le contrat de travail à durée indéterminée (CDI) est la forme normale et générale de la relation de travail". Il existe cependant des exceptions à ce type de contrat, notamment l'emploi par intérim, le contrat de travail à durée déterminée (CDD) ou le stage. Ce sont des emplois atypiques, qui prennent de plus en plus d'importance depuis les années 1980. Entre 1982 et 2012 en France, la part des CDI dans l'emploi salarié a diminué de 94% à 87%, et la part des CDD a augmenté de 5% à 10% des emplois salariés.

Une autre forme d'emploi atypique est l'emploi à temps partiel subi. C'est la situation d'un salarié qui travaille moins que la durée légale du travail prévue par la loi (35h en France) contre son gré. Le temps partiel touche plus les femmes que les hommes. En 2012, 30% des femmes travaillent à temps partiel en France, et seulement 7% des hommes.

B

Les formes du chômage

1

Définir et mesurer le chômage

Chômage

Le chômage désigne l'état des personnes sans emploi, disponible pour travailler et recherchant activement un emploi.

En matière de mesure du chômage, il existe deux grands indicateurs :

  • L'INSEE mesure le chômage défini au sens du BIT (Bureau international du travail). Les chômeurs sont les individus sans emploi (les activités même très courtes sont exclues), disponibles pour travailler et recherchant effectivement un emploi (les chômeurs doivent préciser la nature de l'emploi cherché et les démarches effectuées). Ces données sont trimestrielles.
  • Pôle emploi mesure le chômage par l'intermédiaire des DEFM (Demandeurs d'emploi en fin de mois), qui sont les personnes à qui des allocations chômage sont versées. Depuis 2008, seuls les chiffres des demandeurs de la catégorie A sont publiés (ceux qui n'ont pas du tout travaillé pendant le mois précédent).

Il existe des individus qui ne sont considérés comme chômeurs que selon l'une de ces définitions, et pas l'autre. Cela peut expliquer les différences entre les taux de chômage mesurés par les deux institutions.

Taux de chômage

Taux de chômage (au sens du BIT) =ChômeursPopulation active

Au 3e trimestre 2014, le taux de chômage de la France s'élevait à 10,4% de la population active.

L'analyse socio-économique distingue souvent entre différents types de chômages, selon le facteur que l'on considère comme déterminant pour expliquer qu'un individu ne trouve pas d'emploi.

  • Le chômage structurel est lié aux déséquilibres des structures socio-économiques comme les déséquilibres démographiques, le déclin d'activités traditionnelles, le changement dans la structure des emplois et l'inadéquation entre la formation et les attentes des employeurs, etc.
  • Le chômage conjoncturel résulte d'un ralentissement de l'activité économique.
  • Le chômage technologique est dû à la mise en place de nouveaux procédés de production qui économisent de la main-d'œuvre.
  • Le chômage technique est une inactivité forcée dans l'entreprise en raison de circonstances particulières et indépendantes de l'entreprise.
  • Le chômage partiel est une inactivité forcée et décidée par l'entreprise pour réduire la production lorsque la conjoncture est défavorable. Il consiste par exemple à exiger des salariés qu'ils diminuent leur temps de travail hebdomadaire.
2

Le "halo" autour du chômage

L'Insee définit le "halo du chômage" comme l'ensemble "des personnes qui souhaiteraient travailler, mais qui ne sont pas classées comme chômeurs". Elles peuvent être classées comme inactives (par exemple si elles n'ont pas activement recherché un emploi récemment) ou actives (si elles ne travaillent que quelques heures par semaines mais cherchent un emploi à temps complet).

Avec la précarisation de l'emploi, il devient parfois compliqué de cerner la différence entre emploi, chômage et inactivité. Par exemple, le temps partiel choisi est à cheval entre l'activité et l'inactivité.
Jacques Freyssinet dans Le Chômage en 1998 met en évidence le chevauchement entre activité, inactivité et chômage, selon le schéma suivant.

-
Chevauchement entre emploi, chômage et inactivité

Jacques Freyssinet

  • La zone 1, "Temps réduit volontaire" : correspond aux emplois à temps partiel choisi. Les statistiques les comptent intégralement comme des actifs occupés alors qu'ils sont entre activité et inactivité.
  • La zone 2, "Temps réduit involontaire" : correspond aux emplois à temps partiel subi. On pourrait considérer que ces actifs occupés sont en fait partiellement au chômage, ce qui correspond d'ailleurs à la réalité car ces actifs recherchent très souvent effectivement un autre emploi. Mais les statistiques les compteront uniquement comme actifs occupés.
  • La zone 3, "Formation, cessation anticipée d'activité, chômeurs découragés": chômeurs découragés, personnes de plus de 55 ans qui étaient au chômage et mises en cessation anticipée d'activité et qui, de ce fait, ne sont plus réellement ni chômeurs, ni inactifs. Toutes ces personnes ne sont en général pas comptabilisées dans le chômage.
  • La zone 4, "Travail clandestin" : personnes en marge de la loi qui peuvent parfois cumuler activités "clandestines" et indemnités chômage.

En France métropolitaine, au 3e trimestre 2014, parmi les personnes inactives au sens du BIT, 1,4 million souhaitent un emploi sans être comptées dans la population des personnes au chômage au sens du BIT : elles constituent le halo autour du chômage. Leur nombre augmente de 40 000 sur le trimestre et de 70 000 sur un an.

C

L'importance de l'emploi dans l'intégration sociale

1

Le travail dans le lien social

Un homme n'est pas pauvre parce qu'il n'a rien, mais parce qu'il ne travaille pas.

Montesquieu

De l'esprit des lois

1748

Le travail est valorisé dans la société et valorisant pour les individus, car il est à la fois une source légitime de revenus et à la fois, une norme nécessaire à la reconnaissance sociale. Dans son analyse du passage de société traditionnelles marquées par une solidarité mécanique à des sociétés modernes caractérisées par une solidarité organique, Durkheim montre qu'un élément déterminant est la division du travail. Cette division permet une différenciation des individus, mais elle est aussi le processus qui leur attribue une place bien déterminée dans la société. À toute position dans la division du travail est associée une position sociale, et une certaine reconnaissance sociale d'un statut pour l'individu.

Dans les sociétés contemporaines, l'emploi est une forme institutionnalisée du travail. Il apporte au travailleur une garantie de ressources matérielles, mais aussi symboliques. En effet, le salarié se voit garantir un revenu (le salaire), mais aussi une certaine position sociale. Celle-ci consiste en un statut reconnu par la société. À partir de la fin du XIXe siècle, on assiste dans les sociétés occidentales à la montée du salariat, c'est-à-dire que le statut de salarié devient la situation de référence dans la société. Au statut de salarié est associé une reconnaissance sociale sous la forme de la protection sociale, qui est un ensemble de droits que le salarié possède sur la collectivité (la propriété sociale, ensemble de garanties contre les aléas de la vie : accidents du travail, maladie, vieillesse, chômage, etc.). C'est ce que Robert Castel appelle la "société salariale".

Le travail salarié est aussi une sphère d'intégration parce qu'il permet au salarié d'acquérir une identité reconnue. En effet, le métier est considéré comme un élément fondamental de l'identité sociale des individus. Une partie de la sociabilité de l'individu se joue au travail, car c'est là que l'on peut y rencontrer non seulement des collègues mais aussi des amis, voire un conjoint.

Salariat

Le salariat peut désigner l'ensemble des salariés, qui s'engagent à fournir une prestation à un employeur en échange de la garantie d'un revenu régulier, le salaire. Cependant, on utilise souvent le terme de salariat pour désigner le mode d'organisation du travail dans une société où la situation de salarié est définie comme situation de référence. Au statut de salarié est alors attaché un certain nombre de droits sociaux, notamment la protection sociale, ainsi qu'un statut social reconnu et valorisé.

2

La pauvreté et la précarité

L'une des premières conséquences de la perte d'emploi est la perte du revenu qui lui était associé. L'augmentation du taux de chômage dans la société peut donc signifier une augmentation du taux de pauvreté.

Pauvreté

La pauvreté désigne un phénomène de manque de ressources par un individu ou un ménage relativement au reste de la société.

La pauvreté peut être définie selon trois approches.

  • La pauvreté monétaire, purement quantitative, qui désigne la situation de ménages dont le revenu est inférieur à un certain seuil. Au niveau européen, on considère qu'un ménage est pauvre si son revenu est inférieur à 60% du revenu médian dans la société où il vit.
  • La pauvreté en conditions de vie, qui désigne la situation de ménages qui n'ont pas accès à un certain nombre de biens et services considérés comme fondamentaux. On mesure cette pauvreté par un certain nombre de critères de bien-être (alimentation, logement, habillement, santé, éducation, relations sociales, sentiment de sécurité, etc).
  • La pauvreté subjective, qui désigne les ménages et individus qui se déclarent pauvres.

Ces trois dimensions ne se recoupent pas forcément. Dans une société, un même ménage peut ne pas être mesuré comme pauvre en termes monétaires et en conditions de vie, mais se déclarer pauvre parce que ses membres évoluent dans un milieu composé d'individu beaucoup plus riches qu'eux et auxquels ils s'identifient sans pouvoir se permettre les mêmes dépenses.

L'emploi ne protège pas nécessairement de la pauvreté. Entre 1 et 1,9 million de personnes exercent un emploi mais disposent d'un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Le nombre de travailleurs pauvres a ainsi fortement augmenté ces dernières années. C'est un phénomène que l'on a qualifié de "nouvelle pauvreté", et qui concerne surtout des travailleurs en situation de précarité.

Précarité

La précarité est une situation de fragilité et de forte incertitude face à l'avenir. Elle empêche un individu, une famille ou un groupe d'assumer pleinement ses responsabilités et de bénéficier de ses droits fondamentaux. Rapportée à l'emploi, elle fait référence à l'augmentation du chômage et des emplois atypiques qui rend le parcours des actifs plus incertain et leur revenu plus irrégulier.

La précarité et la pauvreté renvoient à des phénomènes différents. La pauvreté est une situation (objective ou subjective) de manque de ressources matérielles, alors que la précarité est une situation de fragilité où les individus ont le sentiment qu'ils risque de manquer de ressources matérielles (revenus, logement, etc.) ou symboliques (emploi, statut).

Serge Paugam, dans Le Salarié de la précarité, met en évidence deux dimensions possibles de la précarité pour un salarié. Il distingue entre :

  • Précarité du travail : c'est un défaut d'intégration professionnelle. Le salarié trouve peu d'intérêt dans son emploi et ne s'y identifie pas.
  • Précarité de l'emploi : cela correspond à la situation d'un travailleur qui dispose d'un emploi en contrat atypique. Son emploi n'est pas garanti dans le long terme et ne permet donc pas au salarié d'être confiant dans l'avenir.

Pour lui, la précarité de l'emploi et du travail correspondent à une première phase de la disqualification sociale. Les individus précaires sont dans une situation de fragilité et d'infériorité sociale. Ils peuvent être stigmatisés comme tels par le reste de la société et les travailleurs sociaux, ce qui peut accentuer leur exclusion (car ils perdent confiance en eux ou revendiquent une aide sociale dont ils deviennent dépendants).

3

L'exclusion sociale liée au chômage et à la précarité

De nombreuses études ont montré que les conséquences du chômage ne sont pas seulement monétaire et économiques, mais aussi sociales. Dans une célèbre étude d'un village autrichien pendant la crise des années 1930 (Les Chômeurs de Marienthal), Paul Lazarsfeld a montré comment le chômage avait de fortes conséquences sur la vie sociale des individus. Les chômeurs de ce village perdent peu à peu leurs repères et leurs habitudes (notamment en ce qui concerne leur emploi du temps), ainsi que leur confiance en eux, ce qui nuit à leurs possibilités futures de retrouver un emploi. Se sentant inutiles, ils s'isolent ainsi peu à peu les uns des autres, et le lien social qui les rattachait à la société s'effrite.

Robert Castel a mené une analyse de la société salariale et de son effritement dans la France contemporaine. Ses travaux montrent que la situation des individus dans le monde du travail est un élément déterminant pour comprendre l'intégration ou l'exclusion sociale. Il montre que l'exclusion est un processus social et non un état, et que ce processus passe par des situations de précarité et de chômage. Il détermine trois situations possibles pour les individus, qui peuvent aussi être des phases du processus d'exclusion :

  • Une zone d'intégration : les individus bénéficient d'un emploi stable et de fortes relations sociales.
  • Une zone de vulnérabilité : l'emploi devient précaire, voire les individus perdent leur emploi. La sociabilité s'amoindrit.
  • Une zone de désaffiliation : les individus perdent progressivement les liens sociaux qui les relient aux autres et à la société dans son ensemble.

La précarisation de l'emploi favorise ce processus : l'instabilité de l'emploi empêche la constitution de relations sociales stables et la faiblesse des revenus gênent ces relations (difficulté à recevoir, impossibilité de sortir, etc.). Précarité et chômage sont ainsi des processus cumulatifs : dégradation des revenus, des relations sociales, des relations familiales, etc., sont constitutifs de l'exclusion.

-
II

Les politiques de l'emploi

A

Les différents types de politiques de l'emploi

1

Politiques passives et actives de l'emploi

Au niveau de l'économie, le chômage consiste en une sous-utilisation des ressources de l'économie, car des travailleurs aux chômages pourraient produire de la valeur ajoutée s'ils étaient en emploi, et augmenter le stock global de richesses. Au niveau des individus, le chômage est synonyme d'appauvrissement et peut être un facteur d'exclusion sociale. Les responsables politiques cherchent donc à limiter l'ampleur et les effets du chômage pour maintenir une bonne cohésion de la société et le bien-être général.

On distingue deux grandes catégories de politiques de l'emploi, qui visent à réduire le chômage et ses effets.

  • Les politiques passives, qui ont pour but de diminuer les effets du chômage (par exemple les mesures d'indemnisation des chômeurs) et de mieux répartir l'emploi sans augmenter son volume global (par exemple en diminuant le temps de travail légal ou en diminuant l'âge de départ à la retraite).
  • Les politiques actives, qui ont pour but d'augmenter le volume total d'emploi. Elles consistent à promouvoir la création d'emplois, à accroître l'activité globale, à mieux former les chômeurs pour qu'ils retrouvent un emploi, à améliorer le fonctionnement du marché du travail pour que l'offre et la demande de travail soient plus adéquates, etc.

Depuis les années 1990, de nombreux pays de l'OCDE remettent en cause cette distinction en essayant d'"activer les politiques de l'emploi". Cela consiste à transformer des politiques passives en politiques actives incitant les chômeurs à retrouver un emploi. C'est par exemple le cas de politiques qui conditionnent les indemnités chômage à la recherche active d'un emploi par le chômeur, ou au suivi de formations qui améliorent la probabilité de retrouver un emploi.

De plus, les politiques de l'emploi tiennent compte de la dimension intégratrice du travail et de l'emploi. Ces politiques remplissent une fonction sociale qui consiste à empêcher les individus de tomber dans l'exclusion à cause du chômage. Elles peuvent par exemple consister à redistribuer le temps de travail entre les individus en emploi.

Les lois réduisant le temps de travail individuel normal, comme la loi sur les 35h en France, ont pour effet une redistribution du temps de travail parmi un ensemble plus grand d'individus, et permettent de limiter le nombre de personnes au chômage.

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Trois types de politiques contre trois types de chômage

Au sein de la catégorie des dépenses actives, des controverses existent pour savoir quelles mesures concrètes seraient efficaces pour augmenter le volume d'emploi. Ces controverses sont politiques, mais aussi économiques, car tous les économistes ne font pas la même analyse du chômage. On distingue traditionnellement trois grands types d'explication du chômage, qui peuvent correspondre à différentes caractéristiques des économies ou à différentes époques. Selon le type de chômage considéré, des politiques différentes doivent être adoptées pour le traiter.

  • Le chômage dit "classique" est soit temporaire (chômage "frictionnel"), soit volontaire (les chômeurs considèreraient que le salaire proposé est trop bas). Il existe à condition que les conditions de la concurrence pure et parfaite soient respectées sur le marché du travail.
  • Le chômage dit "keynésien" est un chômage de long terme et involontaire, qui s'explique par un niveau d'activité économique trop faible.
  • Le chômage "structurel" renvoie à une inadéquation entre la demande et l'offre de travail. Il peut s'expliquer par le caractère trop rigide du marché du travail qui ne parvient pas à apparier les deux.
B

La lutte contre le chômage classique

1

Le chômage dans l'analyse classique et néoclassique

Selon l'analyse économique classique et néoclassique, le marché du travail atteint un équilibre sur le long terme s'il est en situation de concurrence pure et parfaite. Le travail est considéré comme une marchandise homogène. Le chômage peut alors prendre deux formes :

  • Un dysfonctionnement temporaire appelé chômage frictionnel. Il correspond au temps de l'ajustement entre l'offre et la demande de travail, c'est-à-dire le temps que le salaire (qui est le prix du travail) s'ajuste pour équilibrer l'offre et la demande de travail.
  • Lorsque le chômage persiste, il est volontaire, car cela signifie que les individus refusent de voir à la baisse leurs prétentions salariales et n'acceptent pas le salaire du marché. Les entreprises ne peuvent cependant augmenter ce salaire proposé sur le marché, car sinon leurs coûts de production augmenteraient et il ne serait plus rentable de produire.

Dans cette conception, l'indemnisation du chômage peut favoriser une "trappe à inactivité" : le chômeur compare le gain qu'il a à rester au chômage et celui qu'il a en acceptant un emploi. Si les revenus du chômage sont supérieurs, l'individu peut choisir de rester au chômage.

Cette analyse pointe aussi qu'il peut exister d'autres formes de chômage dans le cas où les conditions de la concurrence pure et parfaite ne sont pas remplies. Dans ce cas, les politiques de lutte contre le chômage doivent chercher à remplir ces conditions. Une restriction peut être la rigidité des salaires, imposée par l'État sous la forme d'un salaire minimal, ou par les syndicats qui refusent une baisse de salaire. En effet, ces rigidités ne permettent pas de réaliser des ajustements du salaire à la baisse si nécessaire (par exemple si le prix des produits diminue à cause de la concurrence étrangère, si le coût des matières premières augmente, ou s'il y a une augmentation de l'offre de travail telle que le nouveau salaire d'équilibre devrait se situer sous le niveau du salaire minimal). Dans ce cas, il existe :

  • Un coût du travail trop élevé qui désincite les entreprises à investir et à embaucher car la rentabilité est insuffisante.
  • Une impossibilité pour les chômeurs qui le souhaitent de proposer leur force de travail à un prix inférieur à celui du marché.
2

Les politiques de diminution du coût du travail

Pour réduire le chômage classique, il convient ainsi soit de rétablir les conditions de la concurrence pure et parfaite sur le marché du travail, soit de diminuer le coût salarial, c'est-à-dire le coût du travail pour les entreprises (en faisant accepter une diminution de salaire aux chômeurs volontaires, ou en diminuant les cotisations sociales patronales). Cela comporte plusieurs effets positifs du côté des entreprises (qui sont à la fois demandeurs de travail et offreurs de biens) :

  • Les entrepreneurs seront incités à embaucher davantage.
  • La baisse du coût salarial devrait rendre les entreprises plus compétitives : cela permet une baisse des coûts de production, dans un marché concurrentiel cela diminue les prix de vente et permet aux entreprises d'augmenter leurs parts de marché.
  • La baisse du coût du travail augmente le profit des entreprises : cela favorise l'investissement.
  • La baisse du salaire réel devrait inciter un certain nombre de salariés à se retirer du marché du travail, ce qui contribue à faire diminuer le chômage en faisant passer certains individus de chômeurs à inactifs.

Il est aussi possible de réduire le chômage frictionnel. Il faut pour cela faire diminuer le temps d'ajustement entre l'offre et la demande de travail, c'est-à-dire le temps que le salaire s'ajuste en fonction des évolutions de l'offre et de la demande, ou le temps qu'un salarié retrouve un emploi. Une mesure possible est de rendre les mécanismes d'appariement (c'est-à-dire de rencontre entre l'offre et la demande de travail) plus efficaces, par exemple en centralisant toutes les offres d'emplois et les caractéristiques de tous les chômeurs pour trouver une offre correspondant à chaque profil. Il est aussi possible d'inciter ou d'obliger les chômeurs à retrouver un emploi plus vite en acceptant le premier emploi qu'on leur propose. L'économiste américain George Stigler a élaboré une théorie dite du "job search" qui explique que les chômeurs ont intérêt à rester au chômage entre le temps T et le temps T+1 s'ils pensent qu'en attendant jusqu'à T+1 ils trouveront une offre plus intéressante que celle qui leur est proposée à T, et que la différence entre les deux est supérieure à ce qu'ils perdent en attendant. Les chômeurs comparent donc le gain de revenu espéré en attendant et le coût d'attente, qui est le revenu auquel ils renoncent en attendant (par exemple un mois de salaire de l'offre du jour J s'ils attendent un mois avant d'accepter une autre offre).

Il est alors possible d'augmenter le coût d'attente en diminuant les allocations chômages versées aux chômeurs ; s'ils n'ont pas le moindre revenu tant qu'ils ne travaillent pas, il est probable que les chômeurs accepteront la première offre d'emploi qui leur est proposée. Des mesures peuvent ainsi être prises pour conditionner le versement d'allocations chômage à l'acceptation par le chômeur d'une offre d'emploi parmi les premières qui lui sont proposées. Cela pose cependant un problème d'appariement, car ces offres d'emploi peuvent ne pas correspondre au niveau de qualification du chômeur, qui est ainsi moins productif que s'il avait trouvé une offre correspondant à son niveau de formation.

En France, si un chômeur refuse sans motif valable à deux reprises une offre d'emploi considérée comme "raisonnable" par Pôle emploi, il peut être radié de cet organisme pendant plusieurs mois et ne plus toucher d'allocations.

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Les limites des politiques de diminution du coût du travail

On assiste depuis plusieurs années à des politiques de réduction du coût du travail qui suivent ces analyses, avec par exemple une diminution des cotisations sociales. Celles-ci portent notamment sur les bas salaires, car ce sont les salariés les moins qualifiés qui ont le plus de mal à trouver du travail. La diminution du coût salarial peut aussi prendre la forme place de contrats aidés, c'est-à-dire des contrats subventionnés par l'État afin que les chômeurs soient embauchés à moindre coût par les entreprises. Cela permet aux chômeurs d'acquérir une qualification ou une expérience professionnelle pour faciliter leur accès à un emploi stable.

L'efficacité de la réduction des coûts du travail est cependant remise en cause par plusieurs phénomènes :

  • Effet d'aubaine : une entreprise peut embaucher un chômeur à moindre coût, par exemple avec un contrat aidé, alors qu'elle l'aurait de toute façon embauché parce qu'elle en avait besoin.
  • Effet de substitution : les contrats aidés sont ciblés sur certaines catégories de travailleurs. Elles les avantagent donc relativement au détriment d'autres catégories de travailleurs. De plus, les diminutions des coûts salariaux profitent généralement aux emplois peu qualifiés, ce qui dessert la productivité et nuit à la compétitivité des entreprises.
  • Coût élevé : ces mesures représentent une perte de recettes pour l'État (notamment lorsqu'il diminue les cotisations patronales), ce qui pèse sur les dépenses publiques.
  • Effet pervers : ralentissement du pouvoir d'achat puisque la baisse du coût salarial par une diminution des salaires pèse sur la consommation, donc la production des entreprises, et par là sur l'emploi. Il peut donc y avoir un effet pervers qui fait que l'économie s'enferme dans une situation où la production et l'emploi sont faibles.

Le pacte de responsabilité de 2014 vise une diminution du coût du travail. Les dispositifs prévus devaient atteindre 20 milliards d'euros en 2015. Pour financer cette baisse du coût du travail, la seule solution trouvée a été de réduire les dépenses publiques avec un objectif de 50 milliards d'euros d'économies supplémentaires entre 2015 et 2017, en plus des 15 milliards de 2014. Ce qui risque de réduire encore la demande globale intérieure.

C

La lutte contre le chômage keynésien

1

L'analyse keynésienne du chômage et la demande anticipée

J.-M. Keynes a critiqué l'analyse libérale des néoclassiques. Keynes montre qu'il peut exister un équilibre de sous-emploi, c'est-à-dire une situation durable dans une économie où des facteurs (capital et travail) sont disponibles mais restent inemployés. Il existe alors du chômage involontaire. En effet, pour Keynes, le niveau de production dépend de la demande effective, qui est la demande anticipée par les producteurs et sur laquelle ils se basent pour fixer leur niveau de production. Si, suite à un événement quelconque, les producteurs deviennent plus pessimistes quant à la demande qui leur sera adressée dans le futur, ils diminuent leurs capacités de production, et licencient des travailleurs. Ceux-ci se retrouvent donc au chômage, et sans salaire, ils ne peuvent plus consommer. Cela provoque une diminution de la demande globale, ce qui conduit les entrepreneurs à maintenir leurs prévisions pessimistes et un niveau de production bas, donc à ne pas réembaucher.

Demande anticipée

La demande anticipée est la demande à laquelle les entrepreneurs anticipent qu'ils seront confrontés dans le futur. C'est en se basant sur elle que les producteurs déterminent le niveau de production qu'ils mettent effectivement en œuvre. C'est pourquoi Keynes l'appelle "la demande effective".

Le chômage keynésien correspond ainsi à une insuffisance de la demande de biens et services anticipée par les entreprises, ce qui les conduit à limiter leur production et donc l'emploi. Le chômage est donc involontaire et entretient le cycle de la récession/dépression : la faiblesse des revenus freine la demande globale. L'économie est donc bien dans un équilibre de sous-emploi, au sens où cette situation de sous-emploi des facteurs se poursuivra tant qu'aucun élément extérieur n'aura modifié les paramètres structurels de l'offre et de la demande de biens et services.

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Les politiques de lutte contre le chômage conjoncturel

Le chômage keynésien est conjoncturel, lié à une situation de sous-emploi dans l'économie. Afin de lutter contre ce chômage, il faut donc mettre en œuvre des politiques conjoncturelles de relance par la demande, en agissant sur ses deux leviers majeurs : la consommation des ménages et l'investissement des entreprises. Cette relance de la demande ne peut se faire, selon Keynes, sans l'action volontariste de l'État.

  • Politique de relance budgétaire : en augmentant ses dépenses par le biais des investissements publics ou encore des dépenses de protection sociale, l'État actionne le mécanisme du multiplicateur d'investissement qui engendre une vague successive de revenus permettant de soutenir la demande globale.
  • Politique de relance monétaire : l'État doit diminuer les taux d'intérêt afin d'inciter les agents économiques à emprunter, afin d'investir et de produire plus, ce qui induit des revenus supplémentaires et une hausse de la demande.

Keynes est à l'origine de la plupart des politiques économiques menées par les États après la Seconde Guerre mondiale. Cette politique keynésienne semble également avoir du succès au moment de la crise de 2008 − 2009.

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Les limites des politiques de relance conjoncturelle

Les politiques keynésiennes connaissent plusieurs limites :

  • La contrainte extérieure : si l'appareil productif national n'est pas compétitif en matière de prix et que l'économie est ouverte aux échanges extérieurs, toute relance de la demande par l'État va se traduire par une hausse des importations plus que de la production nationale. Alors, le déficit extérieur se creuse, et le chômage ne se résorbe pas. Pour retrouver une compétitivité-prix, les États peuvent mener des politiques de réduction du coût du travail, mais ces politiques d'austérité ralentissent la croissance et risque d'augmenter le chômage.
  • La contrainte budgétaire : lorsque le déficit budgétaire devient permanent, la dette de l'État augmente fortement, et le paiement des intérêts de la dette creuse à son tour le déficit : c'est l'effet boule de neige, qui peut faire perdre confiance aux créanciers dans les capacités de remboursement d'un État. Dans ce cas, cet État risque de ne plus pouvoir emprunter. Les États sont donc contraints de diminuer, voire d'annuler leur déficit budgétaire, en diminuant les dépenses publiques et en augmentant les recettes fiscales. Ces politiques entretiennent récessions et ralentissement de la croissance qui ont des effets négatifs sur l'emploi et le chômage.
  • Le progrès technique permet des gains de productivité qui économisent le travail. En période de croissance, les entreprises peuvent alors investir pour obtenir profiter de ces gains de productivité plutôt qu'embaucher de nouveaux travailleurs. À long terme, la croissance de l'emploi risque donc d'être moins rapide que la croissance de la production ; il n'y a donc pas de lien évident entre croissance et création d'emplois.
  • SI l'État mène une relance monétaire, il existe par ailleurs un risque de tensions inflationnistes (en raison de l'augmentation de la masse monétaire). L'augmentation des prix dégrade le bilan des entreprises et peut être néfaste pour la croissance. C'est la vision monétariste de Milton Friedman.
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La lutte contre le chômage structurel

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La flexibilisation contre les rigidités du marché du travail

Dans les années 1970 et 1980, le maintien d'un taux de chômage élevé alors que les économies connaissaient des périodes de croissance a conduit les économistes à parler d'un taux de chômage structurel.

  • Selon les monétaristes comme Friedman, qui renoue avec les analyses classiques, il s'agit d'un taux de chômage "naturel", qui est frictionnel ou volontaire.
  • Les économistes que l'on a nommé "néokeynésiens", s'opposant en partie aux économistes "néoclassiques" (mais qui ne suivent pas les prescriptions de Keynes en termes de politiques économiques), préfèrent parler de taux de chômage d'équilibre, en soulignant qu'il peut être involontaire et signaler l'existence d'un sous-emploi du facteur travail.

Le chômage structurel est engendré par le fonctionnement trop rigide du marché du travail et par une inadaptation qualitative de l'offre de travail par la population active à la demande de travail émanant de l'appareil productif. Une des solutions au chômage structurel est alors de flexibiliser le marché du travail en éliminant les rigidités qui empêcheraient les ajustements : il faut donc ajuster le travail par la quantité ou les prix à la production. Un système productif est flexible lorsque la quantité de travail et le salaire sont capables de s'adapter instantanément aux variations de la demande.

Flexibilité du marché du travail

La flexibilité du marché du travail représente l'ensemble des mesures mises en place afin d'adapter la production et l'emploi aux évolutions rapides de la demande. Ces politiques visent à lutter contre les rigidités du marché du travail.

Ces mesures visent à adapter le volume de l'emploi (flexibilité externe) ; la qualité des emplois (flexibilité interne) ; les salaires (flexibilité salariale).

  • La flexibilité externe consiste à faire varier les effectifs en fonction de la demande.
  • La flexibilité interne consiste à faire varier le temps de travail et les postes de travail des salariés (flexibilité dite fonctionnelle) en fonction de la demande
  • La flexibilité salariale (ou des rémunérations) consiste à lier l'évolution des salaires aux résultats de l'entreprise, et des mouvements conjoncturels, ce qui suppose qu'ils ne soient pas indexés aux prix des produits, et qu'ils soient segmentés selon les branches et individualisés.

Il existe plusieurs avantages à l'augmentation de la flexibilité sur le marché du travail :

  • Les coûts de production sont réduits, en évitant les sureffectifs et en réduisant les acquis sociaux.
  • Les entreprises peuvent travailler en flux tendus, en s'adaptant très rapidement aux variations de la demande (notamment en licenciant les salariés si nécessaires), ce qui accroît la compétitivité des firmes.

L'étude de la flexibilité a donné lieu à des analyses de la "flexicurité". Il s'agit d'une stratégie visant à renforcer à la fois la flexibilité des travailleurs et la sécurité de l'emploi (garantir des revenus, avoir l'assurance de ne pas être au chômage sur une longue période, etc). La flexicurité a été au centre des débats de la Commission européenne sur le marché du travail.

Le modèle danois est la référence en matière de flexicurité. Il consiste en un marché du travail au niveau national où les contrats de travail sont flexibles, la protection sociale forte et les politiques de l'emploi actives. Ainsi, les entreprises peuvent facilement licencier les salariés si la conjoncture économique n'est pas bonne, mais en contrepartie, les salariés bénéficient d'allocations chômage élevées. Celles-ci sont cependant conditionnées à des obligations de formation, afin que les chômeurs retrouvent rapidement un emploi.

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Les limites de la flexibilisation

De manière générale, on assiste depuis la fin des années 1970 à une déréglementation des marchés du travail qui va de pair avec une flexibilisation de l'emploi, même si tous les pays n'adoptent pas les mêmes dispositifs pour flexibiliser l'emploi.

En France, en 2008, a été introduit l'outil juridique de la rupture conventionnelle de CDI, connu sous le nom de "rupture à l'amiable". Elle permet une rupture de contrat sans licenciement ou démission, et allège donc la procédure de rupture.

Ces politiques connaissent plusieurs limites :

  • La flexibilisation de l'emploi fragilise la position des salariés, qui sont de plus en plus souvent dans des situations précaires. Cette flexibilisation a entretenu le phénomène de la "nouvelle pauvreté" qui touche les travailleurs pauvres.
  • Les contrats précaires favorisent un chômage répétitif et peuvent freiner l'intégration des travailleurs dans la société.
  • L'augmentation du nombre de contrats précaires entraîne une segmentation du marché du travail. Ce sont souvent les individus appartenant à des catégories sociales défavorisées qui se voient imposer des contrats flexibles (femmes, jeunes, immigrés), et qui perdent donc rapidement leur emploi en cas de crise.

En Allemagne, la réforme du marché du travail initiée par les lois Hartz de 2002 à 2005 a introduit une flexibilisation du marché du travail et une transformation profonde dans l'organisation de la protection sociale avec en particulier une réduction du niveau des prestations et de leur durée et un durcissement des conditions d'accès à l'allocation chômage. Elle est alors devenue une société très inégalitaire, connaissant jusqu'à la crise de 2008 la croissance des inégalités la plus forte des économies occidentales.

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Les mesures de formation des chômeurs

Les politiques de formation ont également un rôle important à jouer dans le domaine de l'emploi. Elles constituent un bon exemple d'activation des dépenses passives de traitement du chômage. Les politiques de formation permettent d'améliorer la qualification des travailleurs. Leurs objectifs sont de :

  • Renforcer l'employabilité, notamment des plus jeunes (le diplôme reste un rempart contre le chômage)
  • Améliorer la compétitivité des entreprises en formant une main-d'œuvre qualifiée et productive
  • Faciliter l'ajustement entre offre et demande de travail, par exemple en formant des chômeurs aux nouveaux emplois qui se développent dans les services, ou en aidant à la maîtrise des nouvelles technologies.
Qualification

La qualification désigne l'ensemble des savoir-faire et des compétences acquises par un travailleur à travers sa formation et son expérience.

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