Terminale L 2016-2017
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Terminale L 2016-2017

Les territoires dans la mondialisation

L'intensification des échanges au niveau international, la mondialisation, laisse apparaître une hiérarchie des territoires en fonction de leur intégration dans cette mondialisation. Plusieurs facteurs permettent l'intégration ou l'exclusion dans les échanges internationaux.

Trois zones économiques, l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Asie de l'Est polarisent les échanges internationaux. À cette "Triade élargie" s'ajoutent les pays émergents qui prennent une place de plus en plus importante dans les flux mondiaux. Cependant, de nombreux États ont un poids marginal dans les échanges internationaux.

Les mers et les océans sont des endroits stratégiques de la mondialisation. Ils regorgent de nombreuses ressources (énergétiques, minérales, halieutiques) et sont de plus en plus utilisés pour le commerce des marchandises.

Les Nations unies ont défini un droit de la mer qui est cependant incomplet. De nombreuses revendications portent sur un agrandissement des zones économiques exclusives (ZEE). L'importance accrue des mers et des océans dans le processus de mondialisation fait de ces espaces des zones très convoitées. Le contrôle des espaces maritimes est à l'origine de tensions entre les États et a pour conséquence une militarisation ainsi que des dégâts environnementaux.

I

Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation

A

Les facteurs d'insertion et d'exclusion des territoires

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Les facteurs d'insertion

L'intégration des territoires dans les échanges mondiaux repose sur plusieurs facteurs, tels l'accessibilité du territoire, un haut niveau de développement économique et social, la présence d'avantages comparatifs, et la présence de fonctions de commandement :

  • Le haut niveau de développement économique et social dans un territoire permet aux entreprises qui s'y installent de pouvoir bénéficier de nombreux débouchés pour leurs produits et d'une bonne qualité de vie pour leurs employés.
  • Pour être intégré dans la mondialisation, l'accessibilité est aussi primordiale. Un territoire doit pouvoir offrir de bonnes infrastructures de transport (routes, plates-formes multimodales, etc.) et une bonne connexion au réseau Internet. La présence de hubs est un atout supplémentaire.
  • Pour attirer les FTN, un territoire doit aussi disposer d'avantages comparatifs. Une main-d'œuvre qualifiée est attractive et permet le développement des activités de recherche et de développement, tandis qu'une main-d'œuvre peu diplômée et peu coûteuse peut attirer les unités de production.
  • La stabilité politique d'un pays est aussi un facteur d'attraction des FTN.
  • Enfin, ces avantages cumulés et interdépendants créent une dynamique positive qui permet l'accumulation des richesses et renforcent l'attractivité. Ce système rend donc de plus en plus attractifs les territoires qui le sont déjà.
2

Les facteurs d'exclusion

Le mal-développement est le principal facteur de ralentissement et la conséquence d'une faible intégration des territoires dans les échanges mondiaux.

En effet, les pays souffrant de mal-développement cumulent les facteurs répulsifs :

  • Les infrastructures de transport insuffisamment développées sont nuisibles au développement de l'activité économique.
  • L'instabilité politique et la corruption constituent des risques que veulent éviter les FTN dans leurs investissements.
  • L'extrême pauvreté, le manque d'équipement, des classes moyennes et aisées peu représentées intéressent peu les FTN à la recherche de marchés riches.
  • Une dynamique négative se met en place puisque ces États sont exclus de la mondialisation à cause de leur mal-développement et cette exclusion de la mondialisation renforce leur mal-développement.

Cependant, plusieurs facteurs permettent de sortir, en partie, de cette logique d'exclusion :

  • Certains territoires accueillent des délocalisations (Vietnam, Éthiopie, etc.) et attirent des touristes étrangers (Tuvalu, etc.).
  • L'exploitation de ressources prisées (minerais, hydrocarbures, etc.), la présence de terres agricoles nombreuses (Afrique), le changement de stratégie des différents acteurs (FTN, États, etc.), la stabilisation politique d'un pays, la lutte contre la corruption, sont autant de facteurs qui permettent de s'intégrer dans les échanges mondiaux et d'attirer les FTN.
  • Cependant, pour réellement sortir du sous-développement, l'augmentation des richesses produites doit être répartie et non pas accaparée par une seule partie de la population.
B

Les pôles de la mondialisation

1

La multiplication des pôles

Apparu dans les années 1980, le terme de "Triade" servait à désigner les trois principaux pôles de la mondialisation : l'Amérique du Nord (États-Unis et Canada), l'Europe de l'Ouest et le Japon. Avec la montée en puissance des pays émergents, on assiste désormais à la mise en place d'une multipolarité et le concept de Triade est désormais moins pertinent. On lui préférera le terme de "Triade élargie", intégrant ainsi la Chine dans le pôle Asie de l'Est (avec le Japon et la Corée du Sud).

Toutefois, ces trois grands pôles de l'économie restent les principaux acteurs et centres d'impulsion de la mondialisation. La "Triade élargie" est à l'origine de 75% du PIB mondial. Ces trois pôles concentrent les sièges sociaux des FTN (80% des FTN ont leur siège dans un pays du Nord) et les fonctions de commandement politique.

Cependant, les pays émergents s'affirment. Il existe de nombreux classements des pays émergents qui ne produisent pas les mêmes résultats. En effet, les pays dits "émergents" sont des pays qui connaissent des situations économiques, politiques et sociales très variées. Cependant, il existe un critère commun qui est la performance économique. Le terme est apparu dans les années 1980 afin de distinguer, à l'intérieur des pays en développement, les pays qui connaissaient une forte croissance économique.

Le poids des pays émergents dans l'économie mondiale est devenu très important :

  • En 2013, les pays en développement, dont les pays émergents, représentent 40% du PIB mondial et 45% du commerce international.
  • Selon le FMI, le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud (BRICS) sont à l'origine de 60% de la croissance économique mondiale.
  • Cependant, bien que la croissance de ces pays reste supérieure à celle des pays développés, elle subit un ralentissement depuis quelques années.
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L'archipel métropolitain

Pour définir ce qu'est une métropole mondiale, le nombre d'habitants est insuffisant. Toutes les mégapoles (agglomérations de plus de 10 millions d'habitants) ne sont pas des métropoles mondiales. Pour qu'une ville soit considérée comme une métropole mondiale, il faut qu'elle exerce un rayonnement d'envergure internationale, qu'elle possède une capacité à influencer le monde.

Les métropoles sont des centres de commandement mondiaux, elles concentrent les pouvoirs dans tous les domaines :

  • Production et services : elles accueillent le siège social des grandes entreprises multinationales (Tokyo et l'agglomération parisienne tiennent respectivement la première et la deuxième place dans le nombre de sièges sociaux d'entreprises).
  • Domaine financier : les banques et les grandes places boursières sont des acteurs clés des grandes métropoles (New York possède la première bourse au monde).
  • Enseignement et recherche : les métropoles disposent d'universités prestigieuses et de centres de recherche technologique avancés.
  • Domaine politique : les organismes internationaux sont basés dans les grandes métropoles mondiales (À New York, on retrouve le siège de l'ONU et de l'UNICEF, à Paris le siège de l'UNESCO).
  • Innovation culturelle et mondialisation : les grandes métropoles sont les lieux d'impulsion des modes, aussi bien vestimentaires que musicales ou artistiques. New York a influencé de nombreuses modes comme le hip-hop, Paris est réputé mondialement dans le domaine des produits de luxe et Tokyo a développé la culture manga et les jeux vidéo.

De très nombreux échanges sont effectués entre les différentes métropoles mondiales. Des flux d'informations, de capitaux et de marchandises parcourent le monde entre ces véritables carrefours internationaux. Les métropoles sont particulièrement bien desservies et reliées entre elles, grâce à de nombreuses infrastructures :

  • Des infrastructures de transport multimodales : aéroports, ports, autoroutes, voies ferrées, etc.
  • Des moyens de communication modernes : les métropoles mondiales sont à l'origine de 80% des connexions Internet mondiales.

Le réseau de métropoles qui se dessine à l'échelle du monde est appelé l'archipel métropolitain : il s'agit du tissu de villes qui concentrent les centres de commandement et les activités et qui forment un réseau d'échanges et de partage.

Plusieurs critères permettent de classer ces villes dans la hiérarchie des métropoles mondiales. Un de ces critères est la richesse produite par une métropole, on parle de PUB (Produit urbain brut).

New York, Tokyo, Londres et Paris sont les premières métropoles mondiales. Elles sont aussi nommées des villes-monde ou des villes globales.

3

L'importance des interfaces

Une interface est une zone de contact, un lieu privilégié d'échanges entre un espace et le reste du monde. Les principales interfaces sont les interfaces maritimes, aéroportuaires et frontalières.

Dans le cadre de l'intensification des échanges internationaux et des transports maritimes, les zones industrialo-portuaires (ZIP) sont devenues des lieux majeurs de la mondialisation :

  • Pour faciliter les échanges des marchandises entre les navires et les moyens de transport terrestres (camions, trains) des plates-formes multimodales sont aménagées.
  • Lorsqu'un littoral regroupe plusieurs grands ports, on dit qu'il forme une façade maritime, il constitue une zone d'échanges privilégiée.
  • Les littoraux, espaces dynamiques de production et d'échange attirent de plus en plus les populations et les activités économiques. Ce phénomène s'appelle la littoralisation.

Il existe d'autres lieux intégrés dans les échanges frontaliers, tels que les interfaces frontalières (par exemple la frontière entre les États-Unis et le Mexique ou entre les États-Unis et le Canada). Les détroits maritimes, les "paradis fiscaux", les espaces de tourisme international sont aussi des lieux intégrés dans la mondialisation.

C

Les espaces en marge

Aujourd'hui, très rares sont les territoires qui échappent à la mondialisation. Les territoires en marge de la mondialisation ne sont pas des zones totalement exclues des échanges mondiaux (leur économie est d'ailleurs souvent très extravertie) mais des territoires qui sont à l'écart des grands flux de la mondialisation, qui ne représentent qu'une faible part des échanges mondiaux.

Les pays les moins avancés (PMA) sont les territoires les plus en marge de la mondialisation :

  • Les PMA ne contribuent qu'autour de 1% au PIB mondial et sont à l'origine de 1% des exportations internationales. C'est-à-dire qu'un huitième de la population mondiale (celle des PMA) produit moins d'un centième du PIB mondial total.
  • Ils ne reçoivent que 2% des IDE, même si cette part augmente.
  • Les PMA ont des économies peu diversifiées. En effet, leurs économies reposent surtout sur l'exploitation agricole (d'exportation ou vivrière), l'exploitation énergétique ou des minerais. Une grande partie de leurs ressources est exploitée par des compagnies étrangères.
  • Ils sont très dépendants du marché mondial. Lorsque le cours d'une marchandise s'effondre, c'est l'ensemble de l'économie du pays qui est touchée.
  • Les économies des PMA étant incomplètes, ils doivent recourir au marché mondial pour l'approvisionnement en produits alimentaires et en biens manufacturés. Cette dépendance accentue leur endettement.

Les espaces en marge de la mondialisation sont présents à toutes les échelles et aussi dans les pays développés :

  • Dans les villes, certains quartiers ne profitent pas des bénéfices de la mondialisation, comme les bidonvilles dans les métropoles des pays émergents. Certaines banlieues des villes européennes regroupent des populations défavorisées, ainsi que les "ghettos" aux États-Unis.
  • Dans les pays émergents et en voie de développement, les campagnes sont davantage marginalisées que les villes.

La mondialisation accentue les inégalités de richesses. Dans les pays émergents, qui se caractérisent par une forte croissance économique, la croissance ne profite qu'à une partie de la population et une grande partie de la population continue de souffrir du mal-développement.

II

Les espaces maritimes, enjeux géostratégiques

A

Des enjeux économiques

1

Des ressources maritimes

Les mers et les océans occupent 360 millions de km2, soit 70% de la surface de la Terre.

Ils recèlent de nombreuses ressources :

  • Les hydrocarbures sont très présents et exploitables grâce aux gisements offshore. En effet, ils représentent 22% des réserves mondiales de pétrole et 31% des réserves de gaz naturel. Les gisements offshore sont à l'origine de 30% de la production de pétrole et de 27% de la production de gaz en 2010.
  • Les ressources halieutiques sont nombreuses. 93 millions de tonnes de poissons, crustacés et mollusques ont été pêchées en 2014.
  • Il existe d'autres ressources potentielles, comme les minerais polymétalliques ou le vent marin qui peut permettre la production d'électricité grâce à des éoliennes.
2

Un espace de circulation

Les mers et les océans sont devenus des espaces majeurs de circulation des marchandises. Sont transportées, sur les routes maritimes, 90% des marchandises (produits manufacturés, minerais, produits agricoles, hydrocarbures, etc.). Un des facteurs de cette évolution est l'utilisation de navires de plus en plus grands.

La polarisation du commerce international par quelques régions (Amérique du Nord, Europe et Asie de l'Est) a pour conséquence une utilisation intense et sélective de certaines routes maritimes. Le long de ces itinéraires privilégiés, des détroits et des canaux constituent des points de passage obligés.

Ces points de passage, naturels ou artificiels, sont des points sensibles :

  • L'utilisation croissante de ces points de passage provoque des risques de collision entre les navires et donc des risques de pollution.
  • Ces lieux sont des endroits géostratégiques majeurs, enjeux de rivalités entre les pays et sont aussi des zones dans lesquelles peut s'exercer la piraterie.
3

La littoralisation

Les littoraux concentrent de plus en plus les populations et les activités économiques. Ce phénomène s'appelle la littoralisation. Il est le résultat et la conséquence du rôle accru des espaces maritimes.

Cette attractivité des littoraux s'explique par plusieurs facteurs :

  • Les littoraux offrent une ouverture sur le monde par la mer. La mondialisation et l'explosion du commerce international ont favorisé le développement des littoraux en augmentant le rôle du transport maritime.
  • Le climat des littoraux est souvent plus agréable à vivre qu'à l'intérieur des terres. L'héliotropisme est ainsi un facteur de littoralisation dans certains pays.
  • Les activités touristiques et les loisirs des littoraux attirent d'importantes concentrations de population.
B

Les espaces maritimes, des espaces de tensions

1

Le droit marin et ses limites

Il existe un droit de la mer qui comporte de nombreuses limites :

  • La conférence des Nations unies sur le droit de la mer a permis la signature par 117 États de la convention de Montego Bay (1982) qui définit les eaux territoriales des États.
  • Les États côtiers possèdent donc une mer territoriale sur laquelle s'étendent les droits souverains des États, puis une zone contiguë et enfin une zone économique exclusive de 200 miles marins à partir de la côte. Dans la ZEE, les États peuvent exploiter les ressources mais ne peuvent empêcher la circulation sur cette zone.
  • Cependant, la proximité de certains États rend impossible une application universelle de cette convention. De nombreux États revendiquent une extension de leur ZEE, notamment lorsque celles-ci possèdent des ressources énergétiques ou halieutiques.
  • En dehors des ZEE se trouvent les eaux internationales.
2

De nombreuses tensions

Les espaces maritimes sont l'objet de nombreux trafics illégaux : trafics de clandestins, de drogue, d'armes, etc.

Les revendications sur les ZEE conduisent à des tensions entre États. En mer de Chine de nombreux États s'opposent sur la délimitation des ZEE qui sont riches en hydrocarbures. L'Arctique est aussi un espace stratégique car le réchauffement climatique permet la fonte des glaces, ouvre de nouvelles routes maritimes et rend possible l'exploitation de nombreuses réserves d'hydrocarbures.

Les enjeux économiques de ces espaces poussent à une militarisation croissante des mers et des océans. Le contrôle et la sécurisation des routes sont assurés par les États les plus riches et au premier plan les États-Unis.

Enfin, la surexploitation des espaces maritimes pose un problème de durabilité. 80% des stocks de poissons sont pleinement exploités ou surexploités et les dégâts environnementaux sont nombreux (marées noires, pollution chimique).

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