Terminale L 2016-2017
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Terminale L 2016-2017

L'historien et les mémoires de la guerre d'Algérie

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Henri Alleg

20 juillet 1921 − 17 juillet 2013

Français

Issu d'une famille juive russo-polonaise, Henri Alleg s'installe en Algérie en 1939. Militant communiste, il fonde en 1951 le journal Alger Républicain. Mais pendant la guerre, le journal est interdit et Alleg doit se cacher. Il est arrêté en 1957 par l'armée française. Il écrit un livre intitulé La Question dans lequel il dénonce les tortures qu'il a subies durant son arrestation. Le livre, censuré en France, est édité en Suisse. Son témoignage soulève l'indignation de la communauté internationale. Libéré après les accords d'Évian, il s'installe en Algérie. Mais il doit rentrer en France en 1965, après le coup d'État de Boumediene. Il travaille pour le journal L'Humanité de 1966 à 1980 et en devient le secrétaire général. Il a toujours lutté avec d'autres personnalités pour faire reconnaître par l'État français l'existence de la torture pendant la guerre d'Algérie. Il meurt en 2013. Lors de ses obsèques de nombreux intellectuels et de nombreuses personnalités politiques françaises et algériennes sont présentes pour lui rendre un dernier hommage.

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Benjamin Stora

Né en 2 décembre 1950

Français

Né en 1950 à Constantine, en Algérie, Benjamin Stora est un historien, professeur à l'Université Paris-XIII, et depuis 2013, Inspecteur général de l'Éducation Nationale. Il est considéré comme le spécialiste français du Maghreb, de l'Algérie, des guerres de décolonisation et de l'immigration nord-africaine en France. Benjamin Stora a publié une trentaine d'ouvrages et a dirigé plusieurs publications. Parmi ses oeuvres les plus notables, figurent une biographie de Messali Hadj en 1982 et rééditée en 2004, ses travaux sur la guerre d'Algérie dont La Gangrène et l'oubli (1991) et sur l'immigration algérienne en France (Ils venaient d'Algérie, 1992).

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Pierre-vidal-naquet.net

Pierre Vidal-Naquet

23 juillet 1930 − 29 juillet 2006

Français

Historien, spécialiste de la Grèce antique, professeur et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, Pierre Vidal-Naquet est également un militant engagé qui défend les droits de l'homme. Ses parents, qui sont juifs, sont arrêtés et assassinés en 1944, quand il a 14 ans. Avant de mourir, son père a été torturé par la Gestapo. Marqué par l'horreur, Pierre Vidal-Naquet mène une lutte contre toutes les formes de torture, au cours des guerres que connaît son temps (Indochine, Algérie, Vietnam, Iraq).

En 1958, il signe Le Manifeste des 121 et écrit L'Affaire Audin. Ce premier livre lui vaut une suspension d'enseignement mais aussi la notoriété en tant que militant pour les droits de l'homme. Maurice Audin, un mathématicien, assistant à la faculté des sciences d'Alger, arrêté par l'armée française, est officiellement porté disparu, son corps n'ayant pas été retrouvé après une évasion. Or, Pierre Vidal-Naquet écrit L'Affaire Audin, en 1958, pour révéler la vérité : Audin est mort au cours d'une séance de torture. Une enquête judiciaire est ouverte. Le livre est réédité en 1989, avec des notes supplémentaires. Mais l'affaire s'est terminée par un non-lieu. Pour dénoncer le système de répression mis en place par l'État français en Algérie entre 1954 et 1962, il préface et dirige un ouvrage collectif, La Raison d'État, publié en 1962, réédité en 2002 et ainsi qu'un autre ouvrage, La Torture dans la République, publié en 1972, réédité en 1998.

Il préface et dirige un autre ouvrage collectif, Les crimes de l'armée française, Algérie 1954 − 1962, qu'il présente comme un document contre l'oubli, car les crimes commis pendant les guerres d'Algérie et d'Indochine sont restés impunis et les responsables ont été amnistiés. Pierre Vidal-Naquet s'engage aussi contre les négationnistes et écrit Les Assassins de la mémoire, en 1987.

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Mohammed Harbi

Né en 1933

Algérien

Mohammed Harbi est un historien et universitaire algérien, spécialiste de l'histoire de l'Algérie, de la guerre d'indépendance et du FLN, dont il fut un membre important. Il participe aux accords d'Évian puis devient conseiller du président Ben Bella en 1962. Après le coup d'État de Boumédiène, il est emprisonné puis mis en résidence surveillée. Il parvient à s'enfuir et s'exile en France entre 1973 et 1991. Il devient professeur de sociologie et d'histoire dans différentes universités de Paris entre 1975 et 1989. Il écrit de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire du FLN et à la guerre d'Algérie, à la fois historien, témoin et acteur des événements. Dans ses livres, il déplore comment des tueries, des violences et des tortures ont été commises au nom de la liberté et de l'indépendance du pays.

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Jacques Massu

5 mai 1908 − 26 octobre 2002

Français

Issu d'une famille d'officiers, Jacques Massu sort de l'École militaire de Saint-Cyr en 1930 et commence sa carrière dans les colonies françaises. En Afrique en juin 1940, il se rallie à de Gaulle et rejoint le général Leclerc. Il participe en 1944 à la libération de Paris puis aux batailles d'Allemagne. En 1945 − 1946 il est envoyé en Indochine pour réprimer l'insurrection. Il reprend Saïgon de façon radicale et brutale. De retour en France, il est incorporé dans les commandos parachutistes. Devenu général de Brigade, il dirige la 10e division parachutiste, surnommée la "division Massu". En 1957, il est affecté avec sa division en Algérie. Il a mission de stopper les actions du FLN et d'arrêter ses membres. Il est autorisé à prendre toutes les mesures qu'il juge nécessaires. C'est la bataille d'Alger qu'il remporte de façon brutale, tandis que les hommes de son système de renseignement utilisent des méthodes brutales de torture et d'exécution sommaire.

Son rappel à Paris en 1960 provoque la semaine des barricades à Alger. Massu ne participe pas au putsch des généraux d'avril 1961. Nommé gouverneur militaire de Metz en 1961, commandant en chef des forces françaises en Allemagne à Baden-Baden en 1966, il prend sa retraite en 1969 et se consacre à l'écriture de ses mémoires. À la fin de la guerre d'Algérie, une loi d'amnistie est votée et couvre les actes commis par le FLN, l'OAS et l'armée française. Mais cette loi ne peut empêcher les révélations, les accusations et les témoignages qui accusent le général Massu. Celui-ci affirme alors avoir toujours été informé des méthodes utilisées et en prend la responsabilité.

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Maurice Papon

3 septembre 1910 − 17 février 2007

Français

Fils de notables et haut fonctionnaire avant la guerre, Maurice Papon est nommé secrétaire général à la Préfecture de la Gironde le 1er juin 1942, sous l'autorité du préfet Maurice Sabatier. Il collabore sous Vichy, mais il rejoint en 1943 et surtout 1944 des réseaux de résistance. À la libération, en août 1944, il est nommé préfet des Landes puis il continue sa carrière au Maroc, en Corse, à Paris. Il est préfet régional pour l'Est de l'Algérie de 1956 à 1958 et enfin à son retour en France, préfet de police de 1958 à 1967.
Pendant la guerre d'Algérie, pour mettre fin aux actions violentes et terroristes du FLN sur le territoire français, Maurice Papon suggère au gouvernement de de Gaulle des mesures exceptionnelles qui sont acceptées et appliquées. Il organise la répression et après de nombreux attentats contre les forces policières en 1961, un couvre-feu est imposé aux Nord-africains le 5 octobre. Le 17 octobre 1961, ils manifestent à l'appel du FLN contre le couvre-feu, et la répression policière ordonnée par Papon fait des dizaines de morts algériens. Les forces de l'ordre ouvrent le feu et jettent les manifestants dans la Seine. Le 8 février 1962, une manifestation contre l'OAS et la guerre d'Algérie fait plusieurs morts à la station de métro Charonne.

Après 1967, Papon occupe différentes fonctions, maire, député puis ministre. En 1981 alors qu'il est ministre dans le gouvernement Barre, éclate "l'affaire Papon", en pleine campagne électorale présidentielle. Le procès, qui ne commence qu'en 1997, se termine par sa condamnation en 1998, à dix ans de prison pour complicité de crime contre l'humanité (pendant le gouvernement de Vichy). Il est libéré pour raison de santé en 2002 et décède en 2007.

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Raphaëlle Branche

Née en 14 juillet 1972

Française

Raphaëlle Branche est une historienne, professeure à l'Université de Rouen, rédactrice en chef de la revue Vingtième siècle − Revue d'histoire. Elle se spécialise dans l'étude des violences pendant la guerre d'Algérie. Elle rédige différents ouvrages sur la question, à commencer par sa thèse, soutenue en 2000 et publiée en 2001 : La Torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie, 1954 − 1962. Ses derniers ouvrages parus sont Viols en temps de guerre (2011) et Prisonniers du FLN (2014).

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