Terminale L 2016-2017
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Terminale L 2016-2017

Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France

La liberté de la presse apparaît en 1881 et permet le développement de la presse écrite. Les médias, et surtout la presse d'opinion, sont désormais les relais de l'opinion publique qui se développe mais ils l'influencent aussi en retour. La condamnation de Dreyfus pour trahison se transforme en véritable crise politique suite à la révélation de "l'affaire" par la presse. Les médias prennent position et l'opinion publique se divise en deux. Ce rôle dynamique que la presse joue dans l'opinion publique française est mis entre parenthèses durant la Première Guerre mondiale, à cause de la censure.

Durant l'entre-deux-guerres, la radio fait son apparition mais c'est encore la presse écrite qui joue un rôle essentiel durant les crises politiques. Le 6 février 1934, les incidents se déroulant en marge de la manifestation des ligues d'extrême droite provoquent une importante mobilisation de la presse et de l'opinion publique. Ces émeutes permettent la constitution du Front populaire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les médias sont censurés et il faut attendre la Libération pour que la liberté de la presse soit réinstaurée. La télévision conquiert de plus en plus de place dans la société française, mais comme la radio qui est désormais présente dans la majorité des foyers, elle est contrôlée par l'État.

La guerre d'Algérie provoque le retour de la censure et les journaux qui contredisent la version officielle subissent l'action répressive de l'État. Rétablie après le conflit, la liberté de la presse suscite d'importants débats durant le mouvement social de mai 1968 durant lequel la société française critique le rôle trop important que joue l'État dans la diffusion des informations. Il faut attendre 1974 et surtout 1981 pour que l'ensemble des médias jouissent d'une complète liberté.

La sphère médiatique subit de profondes transformations depuis les années 1990. La presse écrite décline et la plus grande facilité à s'exprimer permise par Internet brouille la séparation classique entre médias et opinion publique.

I

Médias et opinion publique dans les crises de 1880 à 1945

A

L'âge d'or de la presse écrite (1880 − 1914)

1

La liberté de la presse

Lors de l'installation de la IIIe République, les républicains au pouvoir mettent en place une série de lois visant à garantir les libertés individuelles et collectives. La liberté de la presse apparaît :

  • La loi du 29 juillet 1881 garantit la liberté de la presse. Il est désormais possible de publier sans autorisation préalable.
  • Cette liberté n'est pas sans limite, elle interdit les provocations aux crimes, aux délits et à la diffamation.
  • Suite aux attentats commis par les anarchistes, la liberté de la presse est réduite avec les lois dites "scélérates" en 1893. Ces lois élargissent les délits de presse et interdisent la diffusion des idées anarchistes.
2

L'essor de la presse écrite et de l'opinion publique

La liberté de la presse a pour conséquence une augmentation du nombre de journaux imprimés. Mais cet essor de la presse s'explique aussi par l'amélioration des moyens techniques de production et de diffusion des journaux :

  • Les rotatives, apparues au XIXe siècle, permettent une impression en masse des journaux.
  • L'amélioration des transports (chemins de fer, bateau à vapeur puis à moteur) et des moyens de communication (téléphone, télégraphe et notamment le télégraphe atlantique qui permet de recevoir des informations des États-Unis) permet aux journalistes de se déplacer et d'avoir accès à des informations plus rapidement.

La France des débuts de la IIIe République voit le développement d'une opinion publique :

  • Les lois scolaires de Jules Ferry (1881 − 1882) permettent à toutes les couches de la population d'être en mesure de lire la presse écrite.
  • La baisse du prix des journaux, rendue possible par les progrès techniques, permet un accès plus large à la presse.
  • Les caricatures, par leur aspect simplificateur et évocateur, sont fréquemment utilisées.
3

Presse populaire et presse d'opinion

Les journaux se multiplient. La majorité des journaux vendus sont ceux de la presse populaire, qui mettent en avant les faits divers, le divertissement et le sensationnel :

  • Le Petit Journal est un des journaux les moins chers de la fin du XIXe siècle (5 centimes contre 15 centimes en moyenne pour les autres journaux). Il se prétend apolitique mais prend position lors de l'affaire Dreyfus. Le Petit Journal connaît un essor considérable en couvrant les faits divers sensationnels et il est imprimé à plus d'un million d'exemplaires dans les années 1890, ce qui en fait un des journaux les plus imprimés au monde.
  • Le Petit Parisien est un des principaux journaux de la IIIe République. Il est tiré à un million d'exemplaires dans les années 1890. Il est plutôt de tendance de gauche mais garde une position très modérée.

La presse d'opinion touche un public moins large :

  • L'Humanité, fondée par Jean Jaurès en 1904, est un journal de gauche.
  • L'Assiette au beurre est un journal satirique français inspiré par les idées anarchistes et socialistes.
  • La Croix est un journal catholique conservateur.
  • L'Action française de Charles Maurras et La Libre Parole d'Édouard Drumont sont des journaux d'extrême droite.
B

Les crises de la IIIe République de 1880 à 1918

1

La presse relaie les scandales de la République

À la fin des années 1890, la France affronte de nombreuses crises dans lesquelles la presse a joué un rôle important :

  • L'affaire Boulanger (1889 − 1891) durant laquelle le général Boulanger semble un temps menacer la République.
  • Le scandale de Panama éclate à la fin des années 1880. C'est une affaire de corruption impliquant des parlementaires. La présence d'un financier de confession juive dans le scandale attise les sentiments antisémites.
  • Les Français sont aussi traumatisés par la défaite humiliante lors de la guerre franco-prussienne de 1870 à la suite de laquelle la France a perdu l'Alsace-Lorraine. L'armée française cherche à se moderniser et les histoires d'espionnage (inventées ou réelles) se multiplient.
2

L'affaire Dreyfus

L'affaire Dreyfus est un scandale que la presse révèle et dont elle se fait l'écho :

  • L'affaire est médiatisée le 1er novembre 1894 par le journal La Libre Parole (journal antisémite d'extrême droite dirigé par Drumont).
  • Un officier juif, le lieutenant Dreyfus, est accusé d'avoir trahi la France au profit de l'Allemagne. Il est condamné au bagne à perpétuité en décembre 1894. La presse et l'opinion publique condamnent unanimement Dreyfus.
  • À partir de 1897, l'affaire prend un nouveau tour. La culpabilité de Dreyfus est remise en cause. L'affaire prend l'allure d'un feuilleton à rebondissements dans lequel chaque jour est l'occasion d'un nouvel épisode.

La presse prend parti dans l'affaire et l'opinion se divise autour de la question :

  • La majorité des journaux soutiennent la culpabilité de Dreyfus, tels que La Croix, Le Petit Journal. Ce sont les anti-dreyfusards.
  • D'autres journaux affirment l'innocence de Dreyfus, ce sont les dreyfusards. Le 13 janvier 1898, Zola publie dans le journal L'Aurore un article intitulé "J'accuse" qui est édité à plus de 200 000 exemplaires et qui défend l'innocence de Dreyfus. Ces personnes qui prennent position pour Dreyfus seront qualifiées avec mépris d'"intellectuels".
  • L'opinion publique est aussi traversée par cette division entre les dreyfusards et les anti-dreyfusards.

Cette crise, et la manière dont s'en sont emparées la presse et l'opinion publique, ont des conséquences :

  • La société française s'est interrogée sur les valeurs de la République. Certains ont défendu la raison d'État, la défense de l'armée alors que d'autres ont mis en avant le respect des Droits de l'Homme et de la justice.
  • L'affaire a révélé l'antisémitisme d'une partie de l'opinion et de la presse. Cette affaire enracine les stéréotypes sur les Juifs.

Maurice Barrès écrit à propos de Dreyfus : "Que Dreyfus est coupable de trahir, je le conclus de sa race".

3

La presse et la Première Guerre mondiale

À la veille de la Première Guerre mondiale, la presse écrite est très diffusée au sein des foyers français. En 1914, ce sont plus de 9 millions de journaux qui sont imprimés quotidiennement.

La montée des tensions est amplement commentée dans les journaux et une violente campagne médiatique est lancée contre Jean Jaurès qui défend la paix et qui sera assassiné.

Le déclenchement de la guerre provoque la suspension de la liberté de la presse. Pour soutenir l'effort de guerre, les divisions politiques doivent être étouffées et l'Union sacrée doit être maintenue.

La censure frappe la presse qui doit obtenir des autorisations avant de publier. Les journaux reprennent le discours officiel, ils exaltent le patriotisme et méprisent l'ennemi. L'expression de "bourrage de crâne" est utilisée pour définir cette propagande officielle.

Le Canard enchaîné est un journal satirique qui paraît pour la première fois en 1915 et cherche à maintenir par des procédés comiques une certaine liberté d'expression.

C

Médias et opinion publique de 1918 à 1945

1

Un renouvellement des médias

La fin de la Première Guerre mondiale annonce le retour de la liberté de la presse. Cette période est marquée par une diversification des médias et un renouvellement de la presse écrite :

  • La moitié des journaux d'avant-guerre disparaissent.
  • De nouveaux titres font leur apparition.
  • La presse engagée reprend son activité.

La radio apparaît dans l'entre-deux-guerres :

  • La radio se diffuse au sein des foyers français dans l'entre-deux-guerres. Plus de la moitié des Français est équipée d'un poste de radio dans la fin des années 1930.
  • Des stations privées (Radiola, Radio PTT) sont soumises à une autorisation de l'État, elles côtoient des radios publiques (Radio Paris).
  • Le pouvoir exerce cependant un contrôle sur les radios qui ne prennent pas part aux débats politiques.

Le président du Conseil Edouard Daladier crée une administration chargée du contrôle de la radio en 1939.

2

La crise du 6 février 1934 et le Front populaire

La France est traversée dans les années 1930 par une crise économique et politique :

  • La crise économique qui démarre aux États-Unis touche la France plus tardivement que ses voisins européens mais aussi plus longuement. Cette crise a pour conséquence une montée du chômage et de la pauvreté.
  • L'antiparlementarisme se développe dans les années 1930. Les communistes critiquent la République parlementaire assimilée à une "République bourgeoise" et les ligues d'extrême droite, dont l'audience augmente, critiquent un système qu'elles jugent trop faible et corrompu. L'extrême droite, depuis la fin du XIXe siècle, souhaite la mise en place d'un régime avec un exécutif fort. La presse d'opinion est le porte-parole de ces différentes positions.
  • À la fin de l'année 1933, l'affaire Stavisky implique des ministres et des députés de gauche dans une affaire de corruption et amplifie l'antiparlementarisme.

Le 6 février 1934, le jour où Daladier se présente devant la Chambre des députés, les ligues d'extrême droite appellent à manifester :

  • Les manifestants tentent de se rendre devant l'Assemblée nationale et la manifestation se transforme en une émeute qui fait quinze morts et plusieurs centaines de blessés.
  • L'événement est repris dès le lendemain dans la presse. La presse d'extrême droite dénonce la répression des "assassins" alors que la presse de gauche parle de la menace d'un "coup d'État" des fascistes en France.
  • Le gouvernement démissionne.

Cette crise montre le poids que la presse et l'opinion publique jouent désormais dans la politique française :

  • Pour la première fois, l'opinion et la presse font chuter un gouvernement.
  • La presse de gauche, en développant l'idée de la menace fasciste, réussit à solidariser la gauche qui manifeste unie le 14 juillet 1935 et permet la victoire du Front populaire en 1936.

Durant le Front populaire, la presse se divise en deux :

  • Certains journaux, minoritaires, soutiennent le Front populaire : L'Humanité, Marianne, etc.
  • D'autres journaux critiquent le gouvernement et la presse d'extrême droite est particulièrement virulente. Une campagne médiatique menée par le journal Gringoire accuse à tort le ministre de l'Intérieur, Roger Salengro, d'avoir déserté pendant la guerre. Le ministre finit par se suicider en laissant sur sa table un exemplaire du journal.
3

Les médias à l'épreuve de la guerre

Durant la Seconde Guerre mondiale, les médias sont instrumentalisés. Dès le début du conflit, le gouvernement organise la censure des médias.

La débâcle, l'arrivée des troupes allemandes, l'occupation de la France et la prise de pouvoir par Pétain ont pour conséquence un contrôle total des médias :

  • Les Allemands interdisent tous les journaux en 1940.
  • La presse dans la France de Vichy relaie la propagande officielle. On parle de presse collaborationniste.
  • Cependant, il est à noter que la diffusion des journaux diminue, les Français semblent moins intéressés par une presse qui n'est qu'un relais de la propagande du gouvernement.

La radio devient un média privilégié et la "guerre des ondes" démarre dès le début du conflit :

  • Radio-Stuttgart émet des informations dont l'objectif est de démoraliser les Français.
  • Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance un appel à la Résistance depuis la radio anglaise BBC. Cet appel ne reçoit en réalité qu'une faible écoute mais il est considéré comme un symbole marquant le début de la Résistance.
  • Radio-Paris est totalement sous contrôle des Allemands.
  • La BBC à Londres diffuse des émissions adressées aux Français et notamment "Les Français parlent aux Français".
  • Radio-Brazzaville puis Radio-Alger deviennent les radios de la France libre de De Gaulle.

Enfin la Résistance publie aussi des journaux, assimilés à de la presse clandestine. Ils représentent toutes les tendances : L'Humanité, Libération, Combat, Témoignage chrétien, etc.

II

Les médias et l'opinion publique de 1945 aux années 1970

A

Les évolutions des médias au lendemain de la guerre

1

La diversification de la presse écrite

La presse écrite est renouvelée au lendemain de la guerre :

  • Certains journaux qui ont été le relais de la propagande officielle sont supprimés.
  • Des journaux de la Résistance se maintiennent au lendemain de la guerre (Combat, France Soir).
  • D'autres journaux qui ont été interdits pendant la guerre, comme L'Humanité, sont autorisés à la Libération.
  • Des journaux sont créés. La naissance du Monde, fondé par Hubert Beuve-Méry, est permise par l'action de De Gaulle.

Un nouveau type de presse apparaît. Il s'agit des magazines, tels que L'Express, Le Nouvel Observateur, Paris Match.

Malgré ce renouvellement, la presse écrite subit de plus en plus la concurrence de la radio et de la télévision en plein essor.

2

L'essor de la radio et de la télévision

La radio, déjà fortement implantée avant la guerre, se généralise :

  • Alors que plus de 50% des foyers sont équipés d'un poste de radio avant le conflit, ce sont 90% des foyers qui ont une radio chez eux dans les années 1960. Le nombre de radio dépasse les 10 millions.
  • L'apparition du transistor rend la radio mobile.
  • La radio continue d'être utilisée par le pouvoir. Pierre Mendès France, chef du Conseil de 1954 à 1955, a pour habitude d'expliquer l'actualité du pays aux Français dans ce qu'il nomme ses "causeries".

La télévision connaît aussi un essor spectaculaire :

  • Seules 5% des familles françaises ont un téléviseur en 1958 mais le nombre de téléviseurs est multiplié par 20 dans les années 1960. 61% des foyers en sont équipés en 1968.
  • Les premiers journaux télévisés apparaissent en 1949.
B

Le contrôle de l'État

1

Le contrôle renforcé de l'État

En 1944, la liberté des médias est réinstaurée. Cependant, l'État exerce un contrôle sur les médias :

  • La radiodiffusion-télévision française (RTF) est créée en 1949 et contrôle les médias.
  • La télévision est le monopole de l'État.
  • Les journalistes de la RTF doivent respecter un "cahier de consignes".
  • L'apparition par la suite de stations de radio privées ("radios périphériques") comme Radio Luxembourg ou Europe 1 sont plus tournées vers le divertissement.

Les médias jouent un rôle important dans la crise du 13 mai 1958 :

  • Des militaires favorables à l'Algérie française s'emparent du pouvoir à Alger. C'est le putsch d'Alger.
  • Les médias appuient largement le retour de de Gaulle à la tête de l'État qui revient et instaure la Constitution de la Ve République.

La censure est rétablie pendant la guerre d'Algérie :

  • Le contrôle avant parution est rétabli.
  • Certains journaux dénoncent la torture et critiquent la guerre, comme L'Express, Le Monde, Les Temps modernes de Jean-Paul Sartre ou encore L'Humanité.
  • Des journalistes sont poursuivis, les journaux sont perquisitionnés et censurés.

Lors du putsch des généraux de 1961 à Alger, les médias sont utilisés par le pouvoir pour régler la crise :

  • De Gaulle apparaît à la télévision et s'adresse à la radio. Il lance un appel à ne pas suivre les putschistes.
  • Il diffuse en boucle son message sur les ondes de Radio Monte-Carlo qui est la seule radio que l'on peut recevoir en Algérie puisque Radio Alger est aux mains des putschistes.
  • Les militaires français en Algérie, équipés de transistors, reçoivent le message de De Gaulle et ne suivent pas les putschistes.

Après la guerre d'Algérie, les médias continuent d'être contrôlés par l'État :

  • De Gaulle utilise beaucoup les médias. Il fait des conférences de presse et ses voyages sont couverts médiatiquement.
  • Le ministère de l'Information dirigé par Alain Peyrefitte remplace la RTF par l'Office radiodiffusion-télévision française, l'ORTF, en 1964. D'un "contrôle" des médias sous la RTF on passe à "une tutelle" sous l'ORTF.
  • L'apparition des sondages d'opinion montre que les Français sont de plus en plus critiques quant à l'influence de l'État sur les médias.
2

Mai 1968, la contestation du contrôle de l'État

La crise de mai 1968 montre un État qui continue d'exercer son contrôle sur les médias et une opinion publique qui conteste de plus en plus ce rôle :

  • Lorsque la crise éclate, l'ORTF refuse de diffuser les paroles des responsables politiques et syndicaux.
  • En réaction, une grève est déclenchée au sein de l'ORTF, suivie par des journalistes et des techniciens.

La presse écrite et les radios périphériques sont des observateurs et des acteurs du mouvement.

Europe 1 devient un acteur du conflit. Elle donne la parole à ceux qui participent au mouvement comme les responsables politiques, les grévistes, les manifestants, etc. Elle annonce quotidiennement les événements et se déplace sur les lieux des faits pour les couvrir.

Les étudiants placent la critique du poids de l'État dans les médias au centre de leurs revendications et permettent l'émergence de journaux alternatifs tels que L'Enragé. Ce journal rassemble des journalistes et des caricaturistes comme Cabu, Siné ou Wolinsky.

Mais de Gaulle reprend la main sur les médias :

  • Ses allocutions radio-télévisées du 24 et du 30 mai 1968 contribuent à retourner une partie de l'opinion publique inquiète et lassée par le mouvement.
  • Deux cents journalistes de l'ORTF sont licenciés en juin 1968.
  • La majorité des journaux alternatifs nés en 1968 disparaissent rapidement. L'Enragé cesse d'exister en novembre 1968.
III

L'avènement de la société de la communication

A

La reconfiguration des médias

En 1974 et 1982, on observe une libéralisation des médias et à partir des années 1980, les médias télévisés sont en constante augmentation :

  • En 1974, le nouveau président de la République, Valéry Giscard d'Estaing met fin à l'ORTF et donne l'autonomie aux trois chaînes publiques télévisées.
  • À la fin des années 1970, les "radios pirates" ou "radios libres" se multiplient.
  • En 1982, Mitterrand met fin au monopole d'État sur les médias audiovisuels.
  • Des chaînes télévisées privées font leur apparition. Canal + et La Cinq sont créées et TF1 est privatisée en 1987.
  • À partir des années 1990, les chaînes thématiques apparaissent.
  • Au début du XXIe siècle, l'apparition de la TNT élargit l'offre télévisée.

On observe aussi un développement d'Internet :

  • À partir de la décennie 1990, les ménages français accèdent de plus en plus à Internet.
  • En 2013, 82% des ménages ont une connexion.

Ce développement des médias audiovisuels et d'Internet reconfigure le paysage médiatique français :

  • La presse écrite continue son déclin. Le nombre de lecteurs diminue, notamment dans la presse d'opinion. Les journaux régionaux semblent davantage résister à ce déclin.
  • Mais la presse écrite s'adapte aussi. Les journaux créent des sites Internet et des blogs dans lesquels les lecteurs peuvent intervenir. La blogosphère devient influente dans la formation de l'opinion publique.
  • Certains médias paraissent exclusivement sur Internet, comme Rue 89. En 2008, Edwy Plenel crée le site Médiapart qui joue désormais un rôle essentiel en France et a permis la révélation de plusieurs affaires politiques, comme "l'affaire Cahuzac".
B

Une tyrannie de l'opinion ?

La multiplication des sondages modifie le rapport de la société aux médias et interroge sur les ambiguïtés de la démocratie d'opinion :

  • Ces sondages permettent de relayer le point de vue des Français.
  • De nombreuses accusations sont émises à l'encontre de ces sondages, notamment sur l'orientation des questions posées qui remettent en cause leur neutralité.
  • Les sondages modifient l'action politique car les hommes politiques cherchent à adapter leurs positions sur les résultats des sondages. Ils sont attentifs à leur cote de popularité.
  • Les sondages comportent une marge d'erreur non négligeable. Ils n'ont, par exemple, pas prévu l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002.

L'essor de l'expression de l'opinion publique sur Internet modifie le rapport de la société à l'actualité :

  • Les blogs, les réseaux sociaux et les commentaires sur les sites se multiplient et laissent la parole à tous ceux qui le souhaitent.
  • Les citoyens peuvent alors diffuser et interpréter les informations et les crises.
  • Ce nouveau rôle des citoyens dans les médias brouille la frontière entre l'opinion publique et les médias.
  • La question est aussi posée de la qualité des informations diffusées. Par exemple, les "théories complotistes" rencontrent une large audience et se diffusent.

Le rôle des médias dans les crises change :

  • Lors de l'élection présidentielle de 2002, le mouvement de contestation a été en partie développé en marge des médias traditionnels.
  • Lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen, la classe politique et les médias traditionnels dans leur majorité défendent le oui. La mobilisation sur Internet permet la diffusion d'idées en opposition au traité et jouent un rôle de première importance dans la victoire du non.
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