Terminale L 2016-2017
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Terminale L 2016-2017

Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France

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Emile Zola

2 avril 1840 − 29 septembre 1902

Français

Issu en Provence d'une famille modeste, Emile Zola vient travailler à Paris en 1858, dans la presse et l'édition. Il devient un romancier célèbre, avec sa série de romans consacrés à la famille des Rougon-Macquart. L'auteur de Germinal, La Terre, L'Assommoir, etc. est considéré comme le créateur du roman expérimental et le chef de fil du naturalisme. Écrivain engagé en politique, ami fidèle du radical Georges Clemenceau, c'est l'un des premiers intellectuels à soutenir Dreyfus : il publie en 1898, dans le journal L'Aurore, "J'accuse" qui lui vaut une condamnation et un exil en Angleterre de onze mois. Mais l'affaire est relancée et Dreyfus est finalement rejugé en 1899. Sa nouvelle condamnation attriste Zola qui fait figure de défenseur de la tolérance et de la justice. L'engagement de Zola lui apporte beaucoup d'ennemis. Les anti-dreyfusards lui vouent une haine farouche. Ils insultent et ridiculisent Zola par des caricatures dans la presse et le considèrent comme un traître à la patrie et à l'armée. Il n'a pu être établi s'ils sont responsables de la mort de Zola, ou s'il s'agit d'une mort accidentelle (il meurt asphyxié à cause d'une cheminée bouchée).

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Université de Napierville

Alfred Dreyfus

9 octobre 1859 − 12 juillet 1935

Français

Alfred Dreyfus est un officier français, d'origine alsacienne et de confession juive. Il est injustement accusé d'avoir livré aux Allemands des secrets militaires. Il est arrêté en octobre 1894, jugé rapidement par un tribunal militaire et condamné à la dégradation militaire et à la déportation à vie en Guyane, sur l'île du Diable. Mais en 1896, le véritable coupable, Esterhazy est démasqué. À partir de ce moment, de nombreux intellectuels, journalistes et hommes politiques, persuadés de l'innocence de Dreyfus (comme Zola, Clemenceau, Peguy, etc.) demandent la réhabilitation de Dreyfus, ce sont les Dreyfusards. Zola publie "J'accuse", dans le journal L'Aurore de Clémenceau. Mais les antidreyfusards, nationalistes ou antisémites prennent la défense de l'armée. L'affaire Dreyfus divise les Français et dans les deux camps la presse se déchaîne. Finalement, en 1899, un nouveau procès a lieu à Rennes, où il est clairement établi que les documents qui ont été présentés comme preuves de la culpabilité de Dreyfus en 1894 sont des faux. Mais Dreyfus est de nouveau condamné avec des circonstances atténuantes, à dix ans de prison. Cette fois le président de la République, Loubet, gracie Dreyfus. Au cours des années suivantes Dreyfus veut retrouver son honneur. Il se bat pour sa réhabilitation et sa réintégration dans l'armée qu'il obtient finalement en 1906. Lieutenant-colonel pendant la Première Guerre mondiale, il est promu officier de la Légion d'honneur le 9 juillet 1919.

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Edouard Drumont

3 mai 1844 − 3 février 1917

Français

Journaliste, Edouard Drumont écrit des articles littéraires, artistiques, historiques dans de nombreux journaux, parmi lesquels La Liberté. Il révèle son antisémitisme quand il publie en 1886 un essai, La France juive, essai d'histoire contemporaine, qui est en fait un texte haineux et diffamatoire. Il accuse les riches familles israélites de France de corrompre les traditions nationales et d'être de dangereuses puissances. Il crée un journal nationaliste et antisémite en 1892, La Libre parole. Ce journal lance l'affaire Dreyfus et entretient la haine des antidreyfusards. Par la suite il se lance en politique et est élu député d'Alger entre 1898 et 1902. À la tête d'un petit groupe de députés antisémites, il se démène à la Chambre pour obtenir l'abrogation du décret Crémieux. Ce décret qui date de 1870 (début de la IIIe République) accorde la qualité de citoyens français aux Juifs d'Algérie. Mais Drumont ne parvient pas à faire abroger ce décret. Il s'oppose à la révision du procès de Dreyfus (1898 − 1899) et réclame des poursuites judiciaires contre Zola, l'auteur de "J'accuse". Battu aux élections de 1902, il reprend ses activités d'écrivain et de journaliste.

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Charles Maurras

20 avril 1868 − 16 novembre 1952

Français

Écrivain royaliste, d'origine provençale, Charles Maurras s'installe à Paris et fréquente les milieux littéraires. Influencé par Maurice Barrès, il devient nationaliste et antidreyfusard. Défenseur rigide de l'ordre, dans tous les domaines, il voue une haine féroce à tous ceux qu'il considère comme les propagateurs du désordre : les romantiques, les républicains, les protestants, les Juifs, les socialistes, les démocrates, etc. Il publie des articles dans la revue L'Action française qu'il dirige à partir de 1908, avec Léon Daudet. Journaliste et théoricien nationaliste, antisémite, antiparlementaire, il influence beaucoup le mouvement royaliste français et les mouvements catholiques et conservateurs. Avant et pendant la Première Guerre mondiale, Maurras manifeste sa germanophobie et condamne violemment les pacifistes et les défaitistes. Après la guerre, le Pape condamne les propos de L'Action française dont l'influence faiblit. Dans les années 1930, le nationalisme se réveille en France et Maurras s'enthousiasme pour Mussolini et Franco. Il est satisfait de l'arrivée au pouvoir de Pétain en juillet 1940. On retrouve une grande partie de ses idées dans le programme de révolution nationale du régime de Vichy qu'il soutient. Il continue à écrire des articles hostiles aux Juifs et aux marxistes dans son journal. Après la libération de la France, il est arrêté (septembre 1944), jugé et condamné (janvier 1945) à la prison à vie et à la dégradation civique.

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Philippe Pétain

24 avril 1856 − 23 juillet 1951

Français

Le colonel Pétain est proche de la retraite quand éclate la Première Guerre mondiale. Il montre des qualités de commandement et remporte de belles victoires en 1914 et 1915. Il est promu général et Joffre lui confie le secteur de Verdun, puis l'ensemble des armées du centre en 1916. Pétain, le vainqueur de Verdun, devient commandant en chef en 1917 et est fait maréchal de France en 1918. La Première Guerre mondiale fait de Pétain un héros aimé des Français. Il préside le Conseil Supérieur de la guerre de 1920 à 1931 et est le principal inspirateur des choix militaires français de cette époque. Il est deux fois ministre de la guerre et est nommé ambassadeur auprès de Franco en 1939. Pendant la débâcle de mai 1940, Paul Reynaud fait de Pétain le vice-président du Conseil. Le maréchal propose la solution de l'armistice en juin. Laval parvient à convaincre une large majorité de députés de l'Assemblée nationale, réunis à Vichy, de donner les pleins pouvoirs à Pétain (10 juillet).

La grande popularité du maréchal, permet à Pétain et à son ministre Laval de mettre en place un régime autoritaire. Une véritable dictature qui repose sur le contrôle policier de la population et le culte du maréchal est mise en place. Les libertés sont supprimées. Pétain et Laval font le choix de la collaboration avec l'Allemagne. Le 22 octobre 1940, Pétain rencontre Hitler à Montoire et le régime de Vichy entre dans la collaboration économique, politique, militaire et policière. La persécution des juifs est rapidement mise en place dès octobre 1940. Le régime de Vichy se radicalise sous l'impulsion de Laval. En 1942, les rafles de Juifs se multiplient et en janvier 1943, la milice est créée. Les miliciens français traquent les résistants et les Juifs. En 1944, à la libération, le régime de Vichy s'effondre. En août, Pétain et ses ministres sont conduits en Allemagne par les SS. À la fin de la guerre, ils sont ramenés en France pour être jugés. Pétain, Laval et d'autres ministres sont condamnés à mort par la Haute Cour de Justice. Pétain, alors âgé de 89 ans est gracié par de Gaulle et est interné à l'île d'Yeu, tandis que les autres sont fusillés.

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Charles de Gaulle

22 novembre 1890 − 9 novembre 1970

Français

En juin 1940, le général de Gaulle refuse d'accepter l'armistice proposée par Pétain et il gagne Londres. Il organise les forces françaises libres avec l'aide matérielle des Britanniques. Il veut rassembler sous son autorité les différents mouvements de résistance en France et coordonner leurs actions. Grâce au travail clandestin de Jean Moulin en France, le Conseil national de la résistance est créé en 1943 (CNR). En 1944, à la libération, le régime de Vichy s'effondre et de Gaulle rétablit l'autorité de l'État français avec l'accord des Alliés. Il entre dans Paris libéré le 25 août 1944 et dirige le gouvernement provisoire de la République française (GPRF). Pétain et ses ministres qui s'étaient réfugiés en Allemagne sont ramenés en France et jugés. Il sont condamnés à mort et fusillés sauf Pétain, alors âgé de 89 ans. Il est gracié par de Gaulle et interné.

Le gouvernement provisoire de de Gaulle est un gouvernement d'unité nationale qui engage des réformes importantes (dont le vote des femmes en 1944 et les nationalisations). En janvier 1946 de Gaulle démissionne et se retire de la vie politique. Il revient au pouvoir entre 1958 et 1969, et fonde la Ve République. La mémoire officielle de la Seconde Guerre mondiale pendant cette période se nourrit du mythe résistancialiste : l'image idéale d'une France résistante unie derrière le général de Gaulle. La mémoire collective veut oublier le régime de Vichy et la collaboration. L'entrée au Panthéon de Jean Moulin en 1964 illustre cette volonté de ne garder en mémoire que l'image d'une France qui résiste et d'oublier la France qui a collaboré.

En 1958, quand de Gaulle revient au pouvoir, il doit également gérer la guerre d'Algérie et les actions terroristes du FLN sur le territoire français. Des mesures exceptionnelles sont adoptées et la répression policière est forte. Des intellectuels se mobilisent à cette époque et militent pour le respect des Droits de l'Homme, accusant l'armée française et l'État français d'avoir instauré en Algérie un système de répression brutal et d'avoir recours à des méthodes violentes comme la torture (Pierre Vidal-Naquet écrit L'affaire Audin et Henri Alleg publie La Question). Mais après la fin de la guerre, une loi d'amnistie générale empêche de punir les responsables des crimes commis. Des historiens, des écrivains, des témoins écrivent des ouvrages collectifs pour lutter contre l'oubli.

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Pierre Mendès France

11 janvier 1907 − 18 octobre 1982

Français

Pierre Mendès France devient avocat après des études de droit et de sciences politiques. Membre du parti radical, il est élu député en 1932 et 1936. En mai 1940, il tente de quitter Bordeaux, mais il est arrêté, ce qui lui vaut d'être condamné pour désertion et emprisonné. Il parvient à s'évader, gagne Londres, sert dans l'aviation, puis devient membre du comité français de libération nationale en 1943. En 1945, il est ministre des Finances puis ministre de l'Économie du gouvernement de Gaulle. Mais il propose un plan d'austérité qui est rejeté et démissionne. Représentant de la France au FMI, il exerce une très grande influence sur l'hebdomadaire L'Express, créé en 1953. De juin 1954 à février 1955, il est président du Conseil. Entré en 1956 dans le gouvernement de Guy Mollet, il en sort rapidement car il est contre le renforcement de la répression en Algérie, contraire aux promesses électorales. En 1958, il est contre le retour au pouvoir de de Gaulle et perd son mandat de député de l'Eure aux élections législatives de 1958. Il devient membre du PSU et retrouve un siège de député de l'Isère en 1967. Il refuse d'être candidat aux élections présidentielles, mais soutient les candidatures de Mitterrand, finalement élu en 1981.

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Jean-Paul Sartre

21 juin 1905 − 15 avril 1980

Français

Jean-Paul Sartre fait des études philosophiques. Il entre à l'Ecole Normale Supérieure (ENS) puis obtient l'agrégation en 1929. Il est reçu premier, juste devant Simone de Beauvoir, sa compagne à l'époque et avec laquelle il forme un couple mythique. Il est nommé professeur de philosophie d'abord en province puis en région parisienne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir été soldat puis prisonnier, il entre dans la Résistance. Il écrit L'Être et le Néant, son œuvre philosophique majeure, qui est un traité sur l'existentialisme. Recruté par Camus en 1944, il travaille pour le journal Combat. Après la guerre, il devient le chef de file du mouvement existentialiste et crée une revue avec Simone de Beauvoir en 1945, Les Temps modernes, à laquelle participe aussi Raymond Aron. Par son œuvre théâtrale et romanesque, Jean-Paul Sartre partage et fait comprendre ses idées par des mises en situation concrètes (Huis clos, Les Mains sales, La Nausée, etc). Ses idées socialistes, son opposition au capitalisme et à l'impérialisme, son mépris pour la bourgeoisie et les Américains, le conduisent à s'engager au Parti communiste en 1950, mais dès 1956 il se retire du parti après les événements de Budapest. Jusqu'à la fin de sa vie, il défend ses idées et prend position contre la guerre d'Algérie ou la guerre du Viêt Nam, pour les Palestiniens ou les boat people, etc. Il refuse d'accepter le prix Nobel de littérature en 1964, estimant qu'aucun homme ne mérite d'être consacré de son vivant.

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Alain Peyrefitte

28 août 1925 − 27 novembre 1999

Français

Alain Peyrefitte, originaire de l'Aveyron, vient à Paris à la libération en 1944 pour poursuivre ses études. Il entre à l'ENS (Ecole nationale supérieure) en 1945 puis à l'ENA, Ecole nationale d'administration, qui vient d'être créée. Il devient diplomate et travaille en Allemagne. En 1954, il est consul général de France à Cracovie en Pologne. De retour en France en 1956, il est affecté aux Affaires européennes au quai d'Orsay. Il est élu député de Seine et Marne, lors des élections législatives de 1958, et garde son siège car toujours réélu jusqu'en 1995. À cette date il devient sénateur de Seine et Marne jusqu'à sa mort. Il est également maire de Provins de 1965 à 1997.

Devenu rapidement un proche collaborateur de de Gaulle, il a en charge le dossier algérien puis les questions européennes. En 1962 il entre au gouvernement, d'abord secrétaire d'État à l'information, puis ministre des Rapatriés. En tant que ministre de l'information, il participe à la création de l'ORTF en 1962 et est appelé par l'opposition le "ministre de la censure". En 1966, il est nommé ministre de la Recherche et en 1967, ministre de l'Éducation Nationale mais doit démissionner en mai 1968. Entre 1968 et 1973, il est absent du gouvernement, mais très occupé par ses multiples responsabilités et dans le cadre de ses fonctions parlementaires, il voyage en Chine. Il écrit en 1973 Quand la Chine s'éveillera... le monde tremblera. Il revient au gouvernement en 1973, jusqu'à la mort de Georges Pompidou. Dans les années qui suivent, il écrit son ouvrage central, Le Mal français, en 1976 et entre à l'Académie française en 1977. Le nouveau Premier ministre, Raymond Barre l'appelle au gouvernement en 1977 et lui confie le ministère de la Justice. Alain Peyrefitte est garde des sceaux de 1977 à 1981. Après cette date, il se consacre à ses fonctions de maire, de sénateur, d'écrivain et de journaliste. Il écrit en 1995, La Société de confiance, qui analyse les causes du développement et du sous-développement. Pour lui, certaines de ces causes sont immatérielles, il faut les chercher dans la culture et les mentalités. Proche de de Gaulle, il laisse une œuvre en trois volumes qui fait autorité : C'était de Gaulle.

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