Terminale L 2015-2016
Kartable
Terminale L 2015-2016

La Chine et le monde depuis 1949

En 1949, le Parti communiste chinois dirigé par Mao, victorieux des nationalistes, instaure la République populaire de Chine. Sous-développée, la Chine reçoit un soutien de l'URSS. La coexistence pacifique puis la Détente entre les États-Unis et l'URSS ainsi que les orientations de la politique chinoise marquent une rupture entre la Chine et les Soviétiques. La Chine ouvre désormais une autre voie au communisme qui se caractérise par des réformes économiques (le Grand Bond en avant) et politique (la Révolution culturelle). Cependant, ces réformes ont pour conséquence un lourd bilan humain, économique et moral, la Chine est totalement isolée. Il faut attendre les années 1970 pour que la Chine sorte de son isolement politique. En 1971 − 1972, elle est reconnue de fait par les Américains.

La mort de Mao en 1976 et l'arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping marque une importante rupture. L'économie du pays est libéralisée et s'ouvre au monde. Le pays enregistre des progrès économiques importants et devient la première économie du monde en 2014. Cependant, le pays, dont le poids politique s'est aussi affirmé, est encore confronté à de nombreux problèmes dont le manque de démocratie.

I

La Chine maoïste

A

Un pays sous influence soviétique

1

La révolution de 1949

Depuis la proclamation de la république en Chine en 1912, le pays est confronté à une situation très instable politiquement :

  • Les nationalistes du Guomindang, dirigés par Chang Kaï-chek, s'opposent au Parti communiste chinois (PCC), dirigé par Mao Zedong. Les conflits sont stoppés pendant l'occupation japonaise, mais la guerre civile reprend dès 1946 et jusqu'en 1949.
  • Les nationalistes se replient sur l'île de Taïwan.
  • Le 1er octobre 1949, la République populaire de Chine (RPC) est proclamée par Mao Zedong. La RPC est d'obédience marxiste.
  • Les pays occidentaux ne reconnaissent pas la RPC et considèrent que le régime nationaliste de Taïwan est le seul régime légitime, sauf les Anglais qui souhaitent ménager leurs relations avec le régime communiste afin de conserver Hong Kong. Ce sont les nationalistes qui héritent du siège au Conseil de sécurité qu'a obtenu la Chine en 1945.
2

Le rapprochement avec l'URSS

Les Chinois, communistes et isolés du monde occidental, se rapprochent de l'URSS dans le contexte de la guerre froide :

  • Ils signent en 1950 un traité d'"amitié, d'alliance et d'assistance mutuelle" avec l'URSS de Staline.
  • L'URSS envoie des techniciens et accorde des prêts au régime de Mao.
  • La Chine participe aux conflits de la guerre froide en Asie. Elle soutient le Viêt Minh en guerre contre les Français durant la guerre d'Indochine (1946 − 1954).
  • Elle intervient dans la guerre de Corée aux côtés des communistes (1950 −1953) et participe aux accords de paix.

La situation socio-économique du pays est désastreuse. Le pays est ravagé à cause des désordres politiques qui sévissent depuis 1912, à cause de l'occupation du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale et à cause des conflits entre nationalistes et communistes. L'économie est essentiellement agricole, et la productivité est très faible. Mao entreprend l'installation d'un système économique communiste :

  • Les orientations économiques sont très influencées par le modèle soviétique. "L'URSS d'aujourd'hui est la Chine de demain" déclare Mao.
  • Les redistributions de terres, déjà commencées avant 1949 dans les territoires que dirigeaient les communistes, se poursuivent.
  • Le premier plan quinquennal est instauré en 1953. Comme pour l'URSS, la priorité est donnée à l'industrie lourde, dont les usines sont collectivisées.
  • Le régime réussit à améliorer la situation, l'inflation est stoppée.

Des profonds changements affectent aussi la société :

  • La jeunesse est encadrée dans des organisations.
  • Les "unités de travail" s'occupent de l'approvisionnement en nourriture, de l'attribution des logements, etc.
  • Les "ennemis de classe", dont les élites, sont envoyés dans des camps, les laogaï afin d'être "rééduqués".
B

Un communisme chinois

1

La rupture sino-soviétique

La coopération entre l'URSS et la RPC ne survit pas à la fin du régime stalinien, suite à la mort de Staline en 1953 :

  • En 1956, la RPC critique la déstalinisation et la coexistence pacifique entre l'URSS et les États-Unis.
  • En 1958, l'URSS critique les orientations économiques et politiques prises par le régime chinois.
  • En 1960, la rupture est officielle lorsque l'URSS rappelle ses experts de Chine.
  • Mao affiche sa volonté d'être le nouveau leader du monde communiste.
  • En 1962, la Chine accuse l'URSS de trahison lorsqu'elle cède sur les fusées à Cuba.
  • En 1964, les Chinois lancent leur première bombe atomique et inquiètent l'URSS.
  • Des conflits éclatent sur la frontière entre les deux pays en 1969.
2

Un modèle communiste concurrent de l'URSS

Mao souhaite que la Chine devienne un modèle dans le monde communiste. Afin de mettre en place la voie chinoise communiste, il lance deux réformes, le Grand Bond en avant et la Révolution culturelle.

Le Grand Bond en avant (1958 − 1961) est un ensemble de réformes économiques :

  • Désormais isolée, la Chine doit "compter sur ses forces".
  • Toutes les terres et les biens sont mis en commun dans le cadre des communes populaires.
  • L'objectif des réformes est de développer l'industrialisation dans les campagnes et d'encourager la vie collective dans le monde rural.
  • Le Grand Bond en avant provoque une famine dont le nombre de morts est estimé à environ 40 millions de personnes.

La Révolution culturelle est engagée à partir de 1966 :

  • L'objectif est de mobiliser les masses et surtout la jeunesse qui est encadrée par les Gardes rouges.
  • Une lutte féroce sévit contre les intellectuels et les cadres du parti. En 1969, des "jeunes instruits" sont envoyés dans les campagnes afin "d'apprendre des masses".
  • Les principes de l'idéologie défendue par Mao sont contenus dans le Petit Livre rouge que chaque Chinois doit posséder et dont il doit être capable d'en citer des extraits.

Le Grand Bond en avant et la Révolution culturelle constituent les fondements de la voie communiste chinoise, le maoïsme.

3

La Chine dans le monde

La Chine, en rupture avec l'URSS, veut développer une troisième voie et s'inscrit dans le mouvement des pays du tiers-monde :

  • Zhou Enlai (ministre des Affaires étrangères) participe à la Conférence de Bandung en 1955 et la Chine apparaît comme un des leaders du tiers-monde.
  • Elle soutient des pays qui reçoivent des aides (Somalie, Guinée) ou suivent son modèle (Tanzanie, Albanie).

Cependant, la Chine se retrouve assez rapidement isolée sur la scène internationale :

  • L'unité affichée avec les autres pays du tiers-monde ne résiste pas à l'intervention des Chinois du Tibet (qu'ils dominent depuis 1951) en 1959 et l'exil du Dalaï Lama en Inde. Cette annexion provoque de vives tensions entre la Chine et l'Inde en 1962.
  • Le pays est affaibli par le Grand Bond en avant et la Révolution culturelle.
  • La Chine garde toutefois une certaine influence idéologique, notamment auprès de certains milieux intellectuels occidentaux se revendiquant du maoïsme. Le Petit Livre rouge, traduit dans de nombreuses langues, est diffusé largement.

Lors du mouvement social de mai 1968 en France, de nombreux étudiants, déçus du communisme soviétique, se réclament du maoïsme.

C

La sortie de l'isolement

1

Le rapprochement avec l'Occident

En 1964, De Gaulle, qui veut se démarquer des États-Unis dans le cadre de la guerre froide, reconnaît officiellement la RPC.

Puis le rapprochement se fait avec les Américains pour plusieurs raisons :

  • Le pays est dans un état désastreux.
  • Le conflit engagé avec l'URSS constitue une menace pour le régime chinois.
  • La RPC est totalement isolée.
  • La tendance des "réalistes" à l'intérieur du parti communiste réussit à imposer l'idée d'un rapprochement avec les Occidentaux.

La Chine sort progressivement de son isolement :

  • Zhou Enlai fait des démarches auprès des Américains afin d'établir des relations diplomatiques. Les Américains, embourbés dans la lutte contre les communistes vietnamiens soutenus par l'URSS, acceptent ce rapprochement.
  • Kissinger (diplomate américain) en 1971, puis Nixon en 1972, se rendent en Chine.
  • La RPC intègre l'ONU à la place du régime nationaliste de Taïwan en 1971.
  • Ce rapprochement facilite la fin de la guerre du Viêt Nam et permet la signature des accords de Paris en 1973.
  • Les États-Unis reconnaissent officiellement la Chine en 1978.
2

Un pays peu puissant

Malgré la fin de l'isolement diplomatique, la Chine reste un pays très fragile au début des années 1970 :

  • Les politiques entreprises ont provoqué la mort de plusieurs dizaines de millions de personnes et désorganisé le pays.
  • Son influence internationale et régionale est très faible. Le régime maoïste du Cambodge est renversé par les Vietnamiens alliés aux Soviétiques.
  • La Chine maintient tout de même une faible influence en Afrique où elle soutient des mouvements de guérillas comme au Mozambique.
  • La pauvreté et les conditions de vie très précaires touchent la grande majorité de sa population et sont aggravées par l'essor démographique, qui augmente les besoins en nourriture et équipements.
II

Modernisation et ouverture (1976 − 1992)

A

Les politiques d'ouverture

1

Les Quatre Modernisations

En 1976, Mao et Zhou Enlai meurent. Deng Xiaoping prend le pouvoir en 1978 et sa politique marque une rupture avec le régime précédent. Il dénonce le retard économique pris par la Chine. De plus, le gouvernement chinois fait le constat que des pays voisins à l'économie capitaliste, comme la Corée du Sud ou Taïwan, ont atteint un haut niveau de vie.

Il mène plusieurs réformes visant à moderniser le système économique du pays et instaure un "socialisme de marché" :

  • Il entreprend la mise en place des Quatre Modernisations (agriculture, industrie, recherche et défense).
  • Dans l'agriculture, il permet le libre usage des terres sans pour autant en autoriser la possession privée.
  • Dans l'industrie, il donne de l'autonomie aux entreprises d'État et autorise les entreprises privées.
  • Il réhabilite et libère certains opposants politiques, mais ne démocratise pas le pays.
2

L'ouverture internationale du pays

La politique de modernisation voulue par Deng Xiaoping s'appuie sur une ouverture de l'économie chinoise à l'international :

  • Il veut attirer les capitaux étrangers (IDE) et notamment ceux de la diaspora chinoise.
  • Il profite de la main-d'œuvre chinoise abondante et peu chère pour faire de la Chine un "pays-atelier". Il espère aussi pouvoir bénéficier d'un transfert de technologies.
  • Il crée des zones économiques spéciales (ZES) installées le long des côtes orientales de la Chine.
  • Deng Xiaoping multiplie les accords commerciaux avec les pays étrangers et permet la réalisation d'échanges universitaires.
  • Les exportations chinoises augmentent. La Chine, qui enregistre des taux de croissance avoisinant les 10%, devient un acteur incontournable dans le commerce international.
  • La Chine entre au sein de la Banque mondiale et du FMI en 1980.
Zones économiques spéciales (ZES)

Les zones économiques spéciales sont des espaces dans lesquels les entreprises bénéficient d'un régime juridique particulier avec notamment une fiscalité avantageuse.

Le district de Pudong à Shanghaï fait partie des quatre premières ZES créées en 1979.

B

La crise des années 1989 à 1992

La Chine se modernise et s'enrichit, mais les inégalités sociales demeurent et le régime reste dominé par le Parti communiste qui refuse la démocratisation. À la fin des années 1980, les équilibres internationaux se modifient avec la crise que traverse l'URSS. En effet, les réformes entreprises par Gorbatchev dans le cadre de la glasnost provoquent une libéralisation de la vie politique en URSS avec la fin du parti unique, le rétablissement d'élections libres et l'instauration de la liberté d'expression. L'URSS vacille, les démocraties populaires se détachent du régime soviétique.

Les étudiants chinois espèrent une propagation de cette libéralisation à l'ensemble du monde communiste. Le 4 juin 1989, les étudiants, réunis sur la place Tian'anmen pour réclamer davantage de libertés, sont réprimés avec violence. Le bilan fait état de plus de 2000 morts.

Les pays occidentaux stoppent leurs relations diplomatiques avec la Chine en guise de protestation. Cependant, les intérêts économiques ont raison de ces protestations et les relations sont rétablies en 1992.

III

La Chine, une grande puissance mondiale

A

Un géant économique

Les modernisations effectuées par le gouvernement chinois ont permis à la Chine de s'intégrer pleinement dans la mondialisation et elle est désormais la deuxième puissance économique mondiale et représente 16% du PIB mondial :

  • Elle est désormais le moteur économique principal de l'Asie de l'Est, la zone la plus dynamique au monde.
  • Depuis 2011, elle est le premier pays exportateur et le second pays importateur.
  • Ses ports de commerce maritime occupent les premières places dans le classement mondial.
  • Plus grand pays-atelier au monde, elle développe aussi la production de biens de haute technologie.
  • Sa balance des paiements positive lui permet d'être le plus grand créancier mondial.
  • Elle intègre l'OMC en 2001.
B

Le poids politique croissant de la Chine

En Chine, l'idéologie officielle a évolué. Désormais, le nationalisme est la principale référence des autorités chinoises. Il est en effet difficile de continuer de se revendiquer du marxisme alors que l'économie est devenue capitaliste.

Le poids commercial croissant de la Chine, ses besoins d'approvisionnement en matières premières et sa rhétorique nationaliste ont pour conséquence une affirmation politique de la Chine à l'échelle régionale et mondiale :

  • Elle bénéficie de la rétrocession de Hong Kong (anciennement britannique) en 1997 et de Macao (anciennement portugaise) en 1999.
  • Elle entreprend une modernisation de son armée en développant le nucléaire militaire et sa marine de guerre qui est déployée dans les mers voisines.
  • Elle joue un rôle dans les institutions internationales. Avec les principaux pays émergents, elle fait partie du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et de l'Organisation de coopération de Shanghai qui regroupe des pays asiatiques.
  • Elle participe à des missions de paix sous mandat de l'ONU.
  • Elle se lance dans l'exploration de l'espace. En 2003, elle envoie son premier taïkonaute dans l'espace.
  • Elle multiplie l'organisation de rencontres internationales prestigieuses sur son territoire.

En 2008, la Chine organise les Jeux olympiques, et en 2010, elle organise l'Exposition universelle de Shanghai.

C

Les limites de la puissance chinoise

1

Les limites économiques et sociales

La Chine est la première puissance économique mondiale grâce à son PIB, mais elle continue de faire partie des pays émergents. Elle doit affronter des problèmes sociaux de premier ordre :

  • En effet, malgré des progrès considérables, une grande partie de la population chinoise vit dans la pauvreté.
  • Ces inégalités sont en constante augmentation. Des millions de travailleurs venus des campagnes travaillent et vivent en ville dans le dénuement le plus total.
  • Le monde rural est encore sous-développé.
  • La Chine se classe 101e pour son niveau de développement (IDH) et 93e pour son PIB par habitant.
  • La politique de l'enfant unique, instaurée en 1979, lui a permis de réduire sa croissance démographique, mais la Chine est maintenant confrontée à un déséquilibre des sexes (les familles préfèrent que leur enfant unique soit un garçon) et un vieillissement rapide de la population. Pour ces raisons, la Chine a assoupli la politique de l'enfant unique en 2013 et a annoncé son abolition en 2015.

La Chine, bien qu'elle ait progressé dans sa connaissance en hautes technologies, reste derrière les pays anciennement industrialisés.

2

Les limites politiques

Le principal problème de la Chine reste le poids prépondérant du PCC et le manque de démocratie. La "5e modernisation" (démocratisation en référence aux Quatre Modernisations menées par Deng Xiaoping) n'a pas eu lieu :

  • Les médias sont contrôlés et censurés.
  • La Chine détient le triste record mondial du nombre de condamnations à mort (plusieurs milliers chaque année).
  • Les journalistes et les militants des droits de l'Homme sont persécutés et enfermés.
  • Ni l'ancien président de la RPC, Hu Jintao, ni le nouveau, Xi Jinping, n'ont entrepris de réelles réformes pour démocratiser le pays.

Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010 est encore emprisonné par le régime chinois.

La Chine n'accepte aucune ingérence sur la question du Tibet, mais elle est confrontée, depuis quelques années, à des actions terroristes dans la province du Xinjiang.

La Chine est perçue, notamment par ses voisins, comme une puissance menaçante :

  • Des tensions régulières éclatent entre la Chine et le Japon à propos de la revendication territoriale des îles Senkaku.
  • La Chine revendique toujours le retour de Taïwan au sein de la RPC.
  • La Chine a aussi des revendications territoriales en mer de Chine.
  • Il existe toujours des sujets de discorde avec l'Inde concernant des tracés frontaliers.
pub

Demandez à vos parents de vous abonner

Vous ne possédez pas de carte de crédit et vous voulez vous abonner à Kartable.

Vous pouvez choisir d'envoyer un SMS ou un email à vos parents grâce au champ ci-dessous. Ils recevront un récapitulatif de nos offres et pourront effectuer l'abonnement à votre place directement sur notre site.

J'ai une carte de crédit

Vous utilisez un navigateur non compatible avec notre application. Nous vous conseillons de choisir un autre navigateur pour une expérience optimale.