Terminale L 2015-2016
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Terminale L 2015-2016

La notion d'histoire recouvre deux champs différents. D'une part, la connaissance historique, avec la question du statut scientifique de cette discipline. D'autre part, la réalité humaine historique, avec la question du sens et du moteur du devenir humain historique.

I

L'histoire, récit du passé ou science ?

A

Qu'est-ce que l'histoire ?

Avant de désigner une science humaine, l'histoire est d'abord un récit fait par des hommes. En ce sens, les contes, les mythes, ou bien les fables sont autant d'histoires. Dans ce cas, l'histoire racontée entretient un lien lâche avec la réalité.

Néanmoins, la notion d'histoire se comprend en un sens plus restreint, comme l'indique son étymologie. En effet, "histoire" vient du latin historia, qui désigne l'activité du témoin, celui qui a assisté à un événement : on traduit généralement historia par enquête. L'histoire constitue donc un récit sur des événements passés, récit construit à l'aide de témoins de ces événements. Elle se distingue donc du récit mythique ou légendaire en tant qu'elle entend rendre compte d'événements ayant eu lieu.

Plus précisément, la notion d'histoire peut désigner deux choses :

  • La connaissance historique : il s'agit alors du récit que les hommes font des sociétés humaines dans le temps.
  • La réalité humaine historique : il s'agit alors de l'ensemble des événements qui ont eu lieu.

L'histoire comme science humaine pose le problème du statut de cette science : s'il n'y a de science que du général, comment produire une connaissance qui s'attache justement à rendre compte d'événements toujours singuliers ? Il importe donc de questionner l'objectivité de l'histoire.

En tant que réalité historique, l'histoire pose la question de savoir s'il est légitime de parler d'histoire au singulier, comme s'il n'y avait qu'une histoire, celle de l'humanité. Cela présuppose en effet que l'histoire a un sens, qui serait celui du progrès infini de l'humanité.

B

Pourquoi écrire l'histoire ?

1

Un passé illustre

Écrire l'histoire n'apparaît pas nécessaire à l'existence humaine : il est tout à fait possible d'imaginer une société qui se passerait de cette discipline. Aussi peut-on questionner ce besoin qu'a l'Homme de consigner les événements ayant marqué son passé.

En tant que récit fidèle du passé, l'Histoire apparaît au cours de l'Antiquité grecque et latine, avec des historiens comme Hérodote ou Thucydide : il s'agit alors de relater les grands événements qui ont façonné la cité ou l'empire, et de rapporter la vie des personnes illustres. Mais l'historien n'a pas alors le souci d'exactitude que possède l'histoire telle que nous la connaissons : l'une des qualités de l'historien est de savoir raconter l'histoire. Il faut donc que le récit, tout en étant fidèle aux événements rapportés, soit agréable à lire, ce qui suppose qu'il soit bien écrit, mais implique aussi une part d'interprétation.

Le souci d'une connaissance approfondie et objective de l'histoire n'apparaît qu'au XIXe siècle, certainement parce que le progrès industriel donne l'impression aux hommes que le temps s'accélère et qu'ils ont besoin d'histoire.

2

La mémoire

Mais, au-delà d'une conscience d'un devenir historique de l'être humain, l'importance que revêt l'histoire tient probablement à sa fonction de mémoire. Faire l'histoire, c'est empêcher que les événements marquants ne sombrent dans l'oubli. En ce sens, la valeur accordée à l'histoire tient également à l'expérience qu'on peut en retirer. En effet, connaître l'histoire permet d'élargir son point de vue sur une situation, ainsi que d'envisager des évolutions possibles. C'est ce que souligne Hume :

L'histoire n'est pas moins fertile en instructions qu'en amusements : elle est même la plus instructive de toutes nos connaissances.

Hume

Étude de l'histoire

1752

Hume souligne ici que l'histoire, certes divertissante, se révèle surtout extrêmement instructive.

Hume montre que l'histoire permet d'étendre notre expérience à la fois dans le temps et dans l'espace : en multipliant les points de vue, elle permet une appréciation plus fine de notre propre situation. C'est la raison pour laquelle il affirme que l'histoire est une "admirable invention qui étend notre expérience à tous les siècles passés, et fait servir les nations les plus éloignées à perfectionner notre jugement" (L'Étude de l'histoire, 1752).

Ainsi, l'histoire est une source de connaissance précieuse : elle nous permet d'étendre notre expérience et d'affiner notre jugement.

3

La fonction édifiante de l'histoire

Enfin, l'histoire joue un rôle déterminant dans la constitution des sociétés humaines : la remémoration d'un passé commun participe pleinement à la création d'une identité commune. L'unité sociale se fonde ainsi sur un hommage rendu aux ancêtres ou aux grands hommes ayant marqué l'histoire d'une communauté. C'est notamment la raison pour laquelle le citoyen est formé à l'école en apprenant l'histoire de son pays.

Cette histoire commune a en outre une fonction morale majeure. En effet, l'histoire doit relater à la fois les vices et les vertus de l'époque. Cette vertu édifiante de l'histoire était déjà soulignée par Tacite (auteur latin des Annales).

C'est la tâche principale de l'annaliste [celui qui relate l'histoire année par année] de ne pas passer sous silence les vertus, et d'inspirer aux paroles et aux actions perverses la crainte de l'infamie réservée pour la postérité.

Tacite

Annales

Ier siècle après J.-C.

La tâche principale de l'histoire est, pour Tacite, de peindre fidèlement les qualités morales des hommes pour qu'elles soient imitées, et de faire de même pour les vices des hommes, afin qu'ils ne soient pas imités.

Ainsi peut-on souligner, avec Hume, les trois fonctions principales de l'histoire : "elle charme l'esprit, elle perfectionne le jugement, elle nourrit la vertu" (L'Étude de l'histoire, 1752).

Cette conception de l'histoire laisse cependant une question décisive en suspens : celle de l'objectivité des faits rapportés.

C

Comment écrit-on l'histoire ?

Si l'histoire traduit un besoin humain de ne pas laisser sombrer dans l'oubli les événements passés, la question peut être posée de la façon dont on écrit l'histoire. Car les événements qui passent à la postérité font l'objet d'une sélection : l'histoire n'est donc pas simplement le récit de tout ce qui a eu lieu. Cela pose la question des critères retenus pour définir ce qu'est un événement historique : ne doit-on par exemple retenir que les grandes batailles militaires, ou bien faut-il inclure dans l'écriture de l'histoire les faits économiques, culturels, sociaux, scientifiques ?

À cette question de la sélection des événements s'ajoute celle liée au problème du témoignage. En effet, dans la mesure où le témoignage est un récit indirect d'un événement, la question se pose de son objectivité, voire de sa sincérité.

Si ces questions n'ont pas de réponse déterminée, une chose doit être soulignée : en dernière analyse, c'est à l'historien qu'il incombe de produire et de justifier ses critères de sélection.

D

L'objectivité de l'histoire

1

L'histoire est-elle objective ?

Si l'histoire s'affirme comme science humaine, il semble difficile de lui accorder le même degré d'exactitude et d'objectivité que celui accordé à la biologie ou à la physique. Cela s'explique par le rôle décisif que joue l'historien dans la sélection des faits retenus pour écrire l'histoire, mais aussi par le caractère singulier des faits qu'il analyse (puisque les événements ne se répètent pas).

Néanmoins, l'effort de l'histoire, comme toute autre science, porte sur l'élaboration de lois qui ordonnent le chaos apparent des faits. Il existe un nombre impressionnant de théories différentes sur la loi ou le "moteur" de l'histoire. Pour Marx, par exemple, la loi de l'histoire est la lutte des classes. Pour Hegel, la loi de l'histoire est la réalisation de la Raison qui se sert des passions individuelles pour triompher.

Cela différencie l'histoire de la chronique, qui se contente de narrer la chronologie des événements sans chercher de lois ni d'explications. La valeur scientifique de l'histoire se fonde également sur la déontologie de l'historien, constituée de quelques principes à suivre pour assurer un maximum d'objectivité :

  • Recouper des témoignages différents sur un même événement.
  • Vérifier l'authenticité et les sources d'un document.
  • Ne jamais interpréter le passé selon ses préférences politiques.
2

L'objectivité de l'historien

Néanmoins, l'historien, même lorsqu'il se plie aux exigences déontologiques de sa discipline, ne peut échapper entièrement à sa subjectivité. Toute trace du passé porte la marque de la subjectivité de l'historien, lequel écrit toujours l'histoire à une époque déterminée, ce qui influe nécessairement sa vision du passé.

Ainsi, la subjectivité de l'histoire tient en partie aux préoccupations du présent : c'est toujours à leur lumière qu'on étudie le passé. C'est probablement la raison pour laquelle chaque génération réécrit l'histoire.

Rousseau pointait déjà cette tentation de lire le passé à l'aune du présent : c'est ce qu'il appelle l'illusion rétrospective.

Il s'en faut bien que les faits décrits dans l'histoire soient la peinture exacte des mêmes faits tels qu'ils sont arrivés : ils changent de forme dans la tête de l'historien, ils se moulent sur ses intérêts, ils prennent la teinte de ses préjugés.

Rousseau

Émile ou De l'éducation

1762

Rousseau souligne que le fait historique n'est pas donné mais construit par l'historien, qui fait le choix de retenir un événement comme fait historique. Or ce choix porte la marque de ses intérêts et de ceux de son époque.

Rousseau met donc en garde contre la tentation de lire le passé à la lumière du présent : cela risque d'empêcher une pleine compréhension du passé. Néanmoins, n'est-ce pas cette élaboration de l'histoire par l'historien qui lui donne son intérêt? Contre une simple chronologie, l'intérêt de l'histoire tiendrait à la compréhension possible du passé qu'elle propose.

3

L'histoire comme interprétation

Peut-être faudrait-il dire que la vertu de l'histoire comme science humaine ne tient pas tant à l'établissement de lois ou de faits, mais davantage à sa capacité à apporter une dimension de compréhension, de sens dans les actions humaines. Ainsi, l'histoire ne serait pas tant un récit précis du passé qu'une interprétation : l'enjeu ne serait dès lors plus d'expliquer les phénomènes en les insérant dans des relations causales, mais de les comprendre, c'est-à-dire d'en déchiffrer le sens.

Hannah Arendt, dans son analyse du concept d'histoire, énonce ainsi que la causalité n'a pas sa place dans cette discipline. Dans la mesure où l'histoire s'articule aux actions humaines, lesquelles sont contingentes et libres, elle ne peut pas épouser un raisonnement causal.

L'historien comprend mieux que les acteurs eux-mêmes le sens de leurs actes, car dans l'action en train de se faire, il est extrêmement difficile de lire ce qui se joue. C'est pourquoi l'historien est plus que celui qui rapporte l'histoire : il est celui qui fait l'histoire au sens fort, c'est-à-dire celui qui, seul, est capable d'éclairer la portée et les implications des actions humaines.

L'histoire n'est pas recherche de vérité : elle est recherche de sens. C'est une herméneutique.

Herméneutique

L'herméneutique est une science de l'interprétation.

La théologie est par exemple une herméneutique : elle repose sur une interprétation des textes sacrés.

II

La réalité historique

A

L'histoire est-elle celle des grands hommes ?

Si la notion d'histoire renvoie à une science humaine, elle désigne aussi la réalité historique elle-même, et le discours philosophique qui accompagne la conscience du devenir historique de l'Homme. Dans cette perspective, l'un des enjeux majeurs est d'identifier les moteurs réels de l'histoire.

Cette conception d'une dimension proprement historique de la réalité humaine n'est pas universelle : nombre de sociétés ne se conçoivent pas dans une durée linéaire, tournée vers l'avenir, mais ont une idée du temps cyclique, davantage tourné vers les traditions et leur maintien.

En réalité, l'idée d'un devenir historique de l'Homme présuppose le plus souvent l'idée d'un progrès de l'Homme dans l'histoire. L'histoire de l'Homme serait celle de son progrès. Hegel propose ainsi l'idée que l'histoire des hommes, en apparence chaotique, suit en réalité une finalité cachée. Aussi énonce-t-il que les peuples et les hommes sont "les moyens et les instruments d'une chose plus élevée, plus vaste qu'ils ignorent et accomplissent inconsciemment" (Leçons sur l'histoire). Et il incombe au philosophe de trouver la rationalité dissimulée derrière ce chaos.

Si l'histoire apparaît chaotique, c'est parce que ce progrès est porté par les passions, qui sont le moteur de l'histoire. "Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion" : c'est par leur ambition égoïste que les grands personnages historiques comme César ou Napoléon ont servi le progrès de la liberté.

Mais il faut déceler, au-delà de cette impression de chaos, une finalité à l'œuvre dans l'histoire. Pour Hegel, les personnages historiques, suivant leurs passions, sont en réalité guidés par la raison. C'est pourquoi Hegel parle d'une "ruse de la raison" : en suivant leurs passions, les hommes participent sans le savoir au progrès humain. Il y a donc un décalage entre leurs buts conscients et le sens historique profond de leurs actions.

La conception de Hegel de l'histoire préfigure la théorie des grands hommes, développée au XIXe siècle, selon laquelle l'histoire est expliquée par l'impact de grands hommes (Gengis Khan, Charlemagne, Jules César, Napoléon, Mahomet, etc.).

Or cette théorie de l'histoire des grands hommes pose problème : l'histoire peut-elle s'expliquer entièrement par les individus qui la font ? Ne doit-on pas au contraire porter attention au rôle joué par les structures au sein desquelles se déploie l'action ?

B

L'histoire est-elle celle des structures ?

Se concentrer sur les faits historiques marquants, et particulièrement le rôle des grands hommes dans l'histoire, a pour résultat la production d'une histoire essentiellement politique et militaire. Or limiter l'histoire à ces deux domaines occulte des pans importants du devenir historique, tels que l'économie, la démographie, les mentalités.

C'est la critique qu'adresse Marx à la conception hégélienne de l'histoire. En effet, cette conception part d'idées, le progrès et la liberté, pour ensuite dégager leurs incarnations dans la réalité. Or pour Marx, il faut renverser ce schéma : l'histoire s'incarne d'abord dans une réalité matérielle, et ce n'est qu'à partir d'elle qu'on peut réfléchir sur le sens de l'histoire.

Marx développe une conception matérialiste de l'histoire. Matérialiste, car ce sont les conditions matérielles de production qui déterminent chaque époque historique. Chaque époque est en effet marquée par un rapport de forces entre une classe dominante, possédant les moyens de production, et une classe dominée, ne possédant que sa force de travail. De ce rapport de forces naît la lutte des classes, qui constitue pour Marx le moteur de l'histoire.

L'évolution de l'histoire passe donc par l'évolution des modes de production : le mode féodal a succédé au mode antique, avant de laisser place au mode de production bourgeois. L'évolution de l'histoire provient d'une forme de dialectique (entre dominants et dominés) à l'intérieur du mode de production. Lorsqu'un système arrive à un certain degré de développement, les forces de production entrent en conflit contre le système, d'où le passage au suivant. La société évolue donc avec les modes de production.

L'histoire de toute société jusqu'à nos jours est l'histoire de luttes des classes.

Marx

Manifeste du parti communiste

1848

Pour Marx, l'histoire, qui doit toujours être comprise du point de vue des structures sociales, progresse en fonction de la lutte des classes.

Cette conception d'une histoire partant des structures d'une société a été reprise par l'École des Annales, fondée au XXe siècle par Marc Bloch et Lucien Febvre. Ceux-ci défendent en effet une écriture de l'histoire reposant sur l'étude des structures et des temporalités longues.

C

L'histoire a-t-elle un sens ?

Répondre à la question d'un sens de l'histoire suppose de mettre en évidence les deux acceptions du terme de sens. En effet, le sens désigne d'une part la direction, d'autre part la compréhension. Se demander si l'histoire a un sens, c'est se demander d'une part si elle suit une direction, et d'autre part si elle possède une signification.

L'idée que l'histoire a un sens, celui d'un progrès de l'humanité, se développe notamment à partir des Lumières, par comparaison avec l'évolution des savoirs. En effet, l'idée est que de la même manière qu'un individu progresse dans ses connaissances à mesure qu'il évolue, les sociétés humaines progressent à mesure que le temps passe.

Kant développe notamment cette idée d'un progrès continu et indéfini de l'humanité dans Idée d'une histoire universelle du point de vue cosmopolitique (1784). Il ne s'agit pas pour Kant de dire que chaque homme, pris individuellement, agit consciemment en vue du progrès de l'humanité : le moteur des actions individuelles reste l'intérêt. Mais, pour penser l'histoire, il est possible de dire qu'elle se constitue comme progrès de l'humanité, développement de sa rationalité et de sa liberté. Il faut rechercher le sens de l'histoire au-delà des actions humaines individuelles, dans un dessein de la Nature.

Le développement de la nature humaine, qui est historique, serait donc en dernière analyse le développement de la liberté et de la moralité.

Les hommes pris isolément, et même des peuples entiers ne songent guère au fait qu'en poursuivant leurs fins particulières, ils s'orientent sans le savoir au dessein de la Nature, qui leur est lui-même inconnu, et travaillent à favoriser sa réalisation.

Kant

Idée d'une histoire au point de vue cosmopolitique

1784

Auguste Comte, fondateur du positivisme, croit aussi que l'histoire tend vers le progrès. Pour lui, c'est la science qui permet d'aller vers le meilleur de l'Homme. Il propose une théorie qui est une philosophie de l'histoire. Cette théorie décrit "l'entière évolution intellectuelle de l'humanité". Son système repose sur l'affirmation de la "loi des trois états". Il pense en effet que l'esprit humain passe par trois états successifs qui le mènent au stade positif :

  • L'état théologique
  • L'état métaphysique
  • L'état scientifique ou positif

L'état théologique correspond au stade où l'Homme cherche à expliquer les phénomènes naturels par le surnaturel. Ainsi sont créés des dieux, comme Athéna, Poséidon ou Zeus, pour donner sens au monde.

L'état métaphysique correspond au stade plus abstrait où l'Homme remplace les explications surnaturelles par des entités ou des idées abstraites. C'est par exemple le cas de l'âme humaine.

Enfin, l'état scientifique ou positif correspond au dernier stade, où l'Homme n'utilise plus que son raisonnement et son observation pour comprendre la nature.

Pour Comte, l'homme évolue et a vocation à atteindre ce stade scientifique, définitivement. L'histoire suit cette évolution de l'Homme.

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