Terminale S 2015-2016
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Terminale S 2015-2016

Les États-Unis et le monde depuis 1945

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont de loin le pays le plus puissant au monde et jouissent d'un très grand prestige. La guerre froide les pousse dans une confrontation indirecte avec l'URSS, et ils interviennent dans de nombreux conflits afin d'empêcher la propagation du communisme.

La crise des missiles de Cuba amène une période de détente, mais ne signifie pas la fin des tensions. Les États-Unis interviennent massivement au Viêt-Nam. Durant les années 1970, les États-Unis affrontent des critiques quant à leur politique et marquent un recul sur la scène internationale. Le retour de Reagan en 1981 permet un retour offensif des États-Unis puis la guerre froide se termine en 1991.

Les États-Unis, devenus une hyperpuissance, apparaissent alors comme les garants d'un "nouvel ordre" mondial et prônent le multilatéralisme. Pourtant, les attentats du 11 septembre 2001 ont pour conséquence un retour de l'unilatéralisme des Américains qui veulent défendre leurs intérêts. Les critiques à leur encontre et les difficultés qu'ils rencontrent poussent l'administration Obama à changer de politique. Cependant, les critiques contre les États-Unis demeurent.

I

Les États-Unis dans la guerre froide

A

Les États-Unis, leader du bloc occidental

1

Les États-Unis en 1945

Les États-Unis confirment leur rôle de première puissance mondiale à l'issue du conflit :

  • Ils possèdent les deux tiers des réserves mondiales d'or.
  • Ils sont à l'origine de la moitié de la production industrielle mondiale.
  • Ils sont la seule puissance à posséder l'arme nucléaire qu'ils utilisent contre le Japon en 1945.
  • Leur intervention décisive dans la guerre leur donne un grand prestige.

Les États-Unis veulent établir les conditions d'un monde pacifié :

  • En 1945, les conférences tripartites (avec le Royaume-Uni et l'URSS) de Yalta et de Potsdam fixent les règles du nouvel ordre mondial au lendemain de la guerre.
  • La signature de la Charte de San Francisco en juin 1945 crée l'Organisation des Nations unies (ONU).

Ils dominent la création des institutions internationales économiques au lendemain de la guerre :

  • Les accords de Bretton Woods en 1944 permettent la création du Fonds monétaire international (FMI) qui garantit le Système monétaire international (SMI). Les monnaies sont indexées sur le dollar qui est lui-même indexé sur l'or. Ce système permet la stabilité des monnaies et fait du dollar la monnaie internationale.
  • En 1947, ils jouent un rôle prépondérant dans la création du GATT dont l'objectif est de limiter les entraves aux échanges commerciaux internationaux.
2

Les débuts de la guerre froide

La fin de l'alliance des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale arrive quelques mois après le conflit. Rapidement, la guerre froide se met en place. Elle oppose les États-Unis "défenseur du monde libre" et l'URSS communiste :

  • Au lendemain de la guerre, les troupes soviétiques restent stationnées en Iran, les pays libérés par l'Armée rouge deviennent communistes sous la pression de l'URSS qui manœuvre aussi en Grèce et en Turquie.
  • Truman fait face à cet expansionnisme soviétique et édicte la théorie du containment (endiguement).
  • Le plan Marshall est mis en place afin d'aider financièrement les pays qui le souhaitent. Seize pays de l'Europe de l'Ouest acceptent et les pays passés sous orbite soviétique refusent.
  • Suite à la création du Deutsche Mark en Allemagne de l'Ouest (qui préfigure la naissance de la RFA), Staline décide la mise en place du blocus de Berlin (1948 −1949) et oblige les États-Unis à organiser un pont aérien afin d'approvisionner la partie ouest de la ville.
  • En Asie, les États-Unis interviennent en Corée et aident les Français en Indochine.
  • Les États-Unis énoncent la théorie du refoulement qui ne consiste plus seulement à stopper la progression soviétique, mais à la faire reculer. Dans ce cadre, John Foster Dulles, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, théorise la doctrine des représailles massives.
Endiguement

L'endiguement (containment) est une théorie politique des États-Unis au début de la guerre froide qui consiste à stopper l'expansion soviétique en intervenant dans les pays menacés de devenir communistes.

L'intervention américaine dans la guerre de Corée permet de stopper la progression des communistes, cette intervention est programmée dans le cadre de l'endiguement.

Doctrine des représailles massives

La doctrine des représailles massives (ou doctrine Dulles) consiste à répondre de manière massive avec l'utilisation de l'arme nucléaire contre un pays qui attaquerait un membre de l'OTAN.

Selon certaines sources, Dulles aurait proposé aux Français l'utilisation de l'arme atomique dans le conflit contre les Vietminhs en Indochine.

Les États-Unis mettent en place des alliances militaires afin de contrer les Soviétiques dont la puissance augmente :

  • En 1949, l'URSS réalise ses premiers essais nucléaires et entre dans une compétition avec les États-Unis, nommée la "course à l'armement".
  • L'OTAN est créée en 1949. Il s'agit d'une organisation militaire qui rassemble de nombreux pays occidentaux pour la défense du continent Nord-américain et de l'Europe de l'Ouest.
  • En 1954, l'Union de l'Europe occidentale (UEO) permet le réarmement de l'Allemagne de l'Ouest dans une union militaire européenne affiliée au bloc de l'Ouest.
  • D'autres accords sont conclus afin d'enserrer l'URSS dans un étau d'alliances. L'ANZUS en 1951 rassemble dans une union militaire l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis et le pacte de Bagdad en 1955 allie aux Américains et aux Britanniques, le Pakistan, la Turquie et l'Iran.
  • L'URSS riposte en instaurant le Pacte de Varsovie.
3

Coexistence pacifique et détente

La mort de Staline en 1953 permet une relative amélioration des rapports entre les deux Grands et inaugure la période de la coexistence pacifique, mais ne signifie pas la fin de l'opposition :

  • La construction du mur de Berlin en 1961 amène un regain de tension entre l'URSS et les États-Unis.
  • La crise des missiles de Cuba en 1962 est remportée par les États-Unis qui ont fait reculer l'URSS.

Suite à cette grave crise, les États-Unis et l'URSS entrent dans une période qualifiée de détente :

  • Kennedy élabore la théorie de la riposte graduée.
  • Conscients de leur potentiel de destruction réciproque, les deux adversaires entament des négociations pour stopper la course à l'armement dès les années 1960 et signent les accords SALT1 (1972) et SALT2 (1979).
Riposte graduée

La riposte graduée est une théorie qui vise à répondre de manière adaptée à une potentielle menace. Elle permet l'abandon de la "théorie des représailles massives".

Cependant, la détente ne signifie pas la fin des tensions :

  • Les États-Unis s'investissent davantage dans le Viêt Nam et, sous la présidence de Johnson, de nombreux soldats sont mobilisés.
  • L'opposition se déplace dans d'autres domaines comme celui de la conquête de l'espace.

L'URSS semble gagner au début des années 1960 la course à l'espace. En 1961, elle réalise le premier vol habité en envoyant Youri Gagarine dans l'espace. Les États-Unis rattrapent leur retard et se posent sur la lune en 1969.

À partir de 1971, Kissinger puis Nixon entament des discussions et établissent des relations diplomatiques avec la Chine afin de contrer l'URSS.

4

Le soft power américain

Soft power

Le Soft power ou "puissance douce" est la puissance de persuasion d'un État. Cette capacité d'influence repose sur des moyens non coercitifs, au contraire du Hard power qui désigne l'influence militaire d'un État.

Le cinéma hollywoodien est l'un des moyens les plus efficaces du Soft power des États-Unis.

Le rôle de leader du bloc de l'Ouest des États-Unis n'est pas seulement militaire (OTAN) ou financier (Plan Marshall), il est aussi culturel :

  • Durant le débarquement des Alliés, les soldats américains (GI's) ont permis aux Européens de découvrir de nouveaux produits comme les cigarettes blondes, le Coca-Cola, etc.
  • Les États-Unis veulent rendre leur modèle attirant et présentent une vision idyllique de l'American way of life.
  • Les cinémas, la musique, la diffusion de la langue anglaise, l'exportation des codes vestimentaires (jeans) sont les principaux éléments du soft power américain.
  • La culture, dans le contexte de la guerre froide, devient rapidement un outil au service de l'État afin de diffuser son idéologie.
  • Les firmes transnationales (FTN) américaines sont très puissantes et s'installent dans tout le monde occidental.

McCarthy lance la "chasse aux sorcières" et poursuit les militants et sympathisants communistes aux États-Unis entre 1950 et 1954. Le monde culturel, dont Hollywood, voit de nombreux artistes exclus de la société américaine.

Cependant, ce modèle est remis en cause durant la guerre froide. Beaucoup, dans le bloc de l'Ouest, perçoivent le soft power américain comme un rouleau compresseur détruisant les cultures locales et poussant les sociétés à la surconsommation. Les militants communistes, nombreux en France durant la guerre froide, lui reprochent d'être un outil au service de l'impérialisme américain.

B

Les États-Unis et la fin de la guerre froide

1

La puissance américaine affaiblie

Durant la fin des années 1960 et pendant les années 1970, les États-Unis sont confrontés à une crise morale et économique.

Tout d'abord, la France prend ses distances avec le leader du monde occidental :

  • Elle réalise ses premiers essais nucléaires en 1960.
  • Elle critique le rôle des États-Unis dans la guerre du Viêt Nam et sort du commandement intégré de l'OTAN en 1966.
  • Bien qu'elle prenne ses distances avec les États-Unis, la France reste dans le bloc de l'Ouest. Lors de la crise des missiles de Cuba, Charles de Gaulle apporte un soutien très appuyé aux Américains.

La guerre du Viêt Nam amène de nombreuses difficultés :

  • Ce conflit est télévisé et les Américains se rendent compte de l'horreur de ce conflit dont ils se demandent s'il est réellement légitime.
  • La violence des combats, les répercussions sur les populations civiles, les moyens employés (bombardement au napalm, pulvérisation d'agent orange) poussent de nombreux Américains et Occidentaux à opposer l'action des États-Unis aux valeurs que l'Amérique est censée incarner.
  • De plus, ce conflit provoque une diminution des stocks d'or américains; et en 1971, Nixon est obligé de suspendre la convertibilité du dollar instaurée à Bretton Woods en 1944.

Les États-Unis doivent affronter d'autres problèmes internes, dont celui de la lutte des populations afro-américaines pour l'obtention de l'égalité des droits et la fin de la ségrégation. Martin Luther King, leader du mouvement des droits civiques est assassiné en 1968 et le Black Panther Party, mouvement révolutionnaire afro-américain, se développe à l'échelle nationale.

Dans le cadre de la guerre froide, les États-Unis perdent du terrain face à l'URSS :

  • Le Cambodge aux mains des Khmers rouges d'obédience maoïste est envahi par le Viêt Nam, allié de l'URSS en 1979.
  • L'URSS soutient des guérillas communistes en Angola et au Mozambique.
  • L'Éthiopie devient communiste en 1974.
  • Au Nicaragua, le dictateur pro-occidental est chassé et un régime d'obédience marxiste est instauré en 1979.
  • L'URSS envahit l'Afghanistan en 1979.
  • Enfin, les États-Unis sont humiliés lors de la Révolution d'Iran en 1979. Le Shah d'Iran, pro-occidental est chassé du pouvoir. L'ayatollah Khomeini prend le pouvoir et l'ambassade américaine est attaquée. 52 Américains sont pris en otage.
2

Les États-Unis gagnent la guerre froide

Le président au pouvoir depuis 1977, Jimmy Carter, est accusé d'être responsable de l'affaiblissement des États-Unis. En 1981, Ronald Reagan devient président des États-Unis avec un programme annonçant le retour des États-Unis ("America is back"). Il veut que les États-Unis reprennent l'offensive sur l'URSS qualifiée d'"Empire du mal".

Il relance l'offensive contre le bloc communiste :

  • Il arme les rebelles afghans.
  • Il aide la lutte armée au Nicaragua qui combat contre le régime sandiniste (marxiste) au pouvoir.
  • Il lance le programme d'Initiative de défense stratégique (IDS) visant à mettre en place un "bouclier spatial". Ce programme est surnommé la "Guerre des étoiles".

Ce retour offensif des États-Unis est facilité par le déclin de l'URSS. Au pouvoir depuis 1985, Gorbatchev veut réformer son pays confronté à une crise :

  • Il rappelle les troupes soviétiques d'Afghanistan et signe avec les États-Unis un traité de désarmement nucléaire (Traité de Washington de 1987).
  • Gorbatchev abandonne le contrôle soviétique sur les "démocraties populaires" d'Europe de l'Est et le mur de Berlin tombe en 1989.
  • En 1991, l'URSS est dissoute, les États-Unis ont gagné la guerre froide.
II

Les États-Unis depuis 1991

A

Un nouvel ordre mondial

En 1991, la chute de l'URSS permet aux États-Unis de s'imposer comme une grande puissance incontestée. Le politologue américain Fukuyama annonce la "Fin de l'Histoire" pour exprimer un consensus considéré comme désormais universel autour de la démocratie libérale.

Le président George Bush parle de la mise en place d'un "nouvel ordre mondial" fondé sur le multilatéralisme : suite à l'invasion du Koweït par l'Irak, une coalition internationale dominée par les États-Unis et sous mandat de l'ONU intervient pour libérer le pays en 1991.

L'arrivée au pouvoir de Clinton en 1993 permet la pratique de la politique de l'enlargement. L'objectif de cette politique est d'assurer la paix par la prospérité et le développement de l'économie de marché et non par une politique agressive. Les dépenses militaires américaines diminuent d'un tiers durant les deux mandats de Clinton (1993 − 2001). Les États-Unis veulent œuvrer pour la paix :

  • Les accords d'Oslo sont signés en 1993 entre Israéliens et Palestiniens.
  • Ils interviennent pour mettre fin à la guerre de Bosnie et permettent la signature des accords de Dayton en 1995.
  • Des anciens pays communistes (Pologne, Hongrie, République Tchèque) intègrent l'OTAN en 1999.

Pour mener à bien cette politique de l'enlargement, les États-Unis continuent de promouvoir l'économie de marché :

  • L'Uruguay Round, qui vise à libéraliser les échanges et qui a débuté en 1986, se termine en 1994.
  • Des accords de libre-échange en Asie-Pacifique (APEC) sont instaurés en 1993.
  • La zone de libre-échange Nord-américaine (ALENA) est créée en 1994.
  • L'Organisation mondiale du commerce (OMC) est instaurée en 1995 et intègre la Chine en 2001.

Cependant, les États-Unis savent aussi défendre leurs intérêts et refuser le multilatéralisme :

  • Ils ne signent pas les accords de Kyoto en 1997 sur la réduction des gaz à effet de serre qu'ils jugent trop contraignants.
  • Ils ne participent pas à la Cour pénale internationale.
B

Les États-Unis depuis 2001

1

Les attentats du 11 septembre 2001

Le 11 septembre 2001, les attentats à New York et Washington abasourdissent les Américains et le monde entier. Ces attentats sont revendiqués par Al-Qaïda, une organisation islamiste radicale dirigée par Ben Laden. George W. Bush parle de partir en "croisade" contre l'"axe du mal", dans lequel il intègre l'Afghanistan, l'Irak, la Corée du Nord et l'Iran.

Les États-Unis réagissent rapidement et, en octobre 2001, sous le cadre d'un mandat onusien, une coalition dominée par les Américains envahit l'Afghanistan qui héberge Al-Qaïda. L'intervention permet la chute du régime des talibans.

En 2003, les États-Unis interviennent en Irak, car ils soupçonnent Saddam Hussein de détenir des armes non conventionnelles. Cependant, ce projet d'intervention est critiqué par certains pays comme la France, et c'est d'une manière unilatérale (sans l'accord de l'ONU) que les États-Unis interviennent en Irak et font chuter le régime de Saddam Hussein.

2

L'Amérique en difficulté

Les États-Unis sous l'administration de George W. Bush essuient de nombreuses critiques et rencontrent des difficultés :

  • Un important mouvement mondial de contestation apparaît en 2003 lors de l'invasion unilatérale de l'Irak.
  • De plus, les victoires américaines en Irak et en Afghanistan sont très relatives. L'Irak est en proie au chaos depuis la chute de Saddam Hussein et les talibans contrôlent toujours une grande partie de l'Afghanistan.
  • Les méthodes utilisées par les États-Unis, et notamment la torture, sont utilisées dans la prison d'Abou Ghraïb et à Guantanamo. Les défenseurs des droits de l'Homme s'insurgent contre ces pratiques.
  • La contestation de l'impérialisme américain touche l'Amérique latine et des pays se regroupent autour du président vénézuélien Hugo Chavez qui nationalise le secteur du pétrole dans son pays au détriment des intérêts américains.
  • Le mouvement altermondialiste critique le libéralisme économique prôné par les États-Unis.
  • La crise de 2008 débute aux États-Unis et a de fortes conséquences sociales dans le pays.
  • Les pays émergents enregistrent une forte croissance et menacent le poids dominant des États-Unis dans l'économie mondiale. La Chine devient la seconde puissance économique en 2010 et devient le premier créancier des États-Unis.
3

Le retour du multilatéralisme ?

Barack Obama arrive au pouvoir en 2008 et veut rompre avec la politique unilatérale de George W. Bush et changer l'image des États-Unis :

  • Il se déplace au Caire en 2009 et prononce un discours visant à réconcilier les États-Unis avec le monde musulman.
  • Il organise le retrait progressif des troupes américaines en Irak et en Afghanistan.
  • Les États-Unis ne veulent plus intervenir seuls et laissent certaines puissances diriger des guerres. Ainsi, la France et la Grande-Bretagne interviennent pour faire chuter le régime de Kadhafi en Libye. La France intervient au Mali pour lutter contre AQMI.
  • Les États-Unis reprennent les discussions avec le régime communiste de Cuba en décembre 2014.

Cependant, les États-Unis essuient toujours des critiques :

  • La fermeture annoncée de Guantanamo n'est toujours pas réalisée en 2014.
  • L'utilisation de drones militaires par les États-Unis est critiquée à cause des dégâts qu'ils causent sur les civils.
  • Certains scandales comme l'affaire Snowden montrent que les États-Unis ne sont pas complètement transparents dans leurs activités internationales.
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