Troisième 2015-2016
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Troisième 2015-2016

Le vocabulaire de l'argumentation et du raisonnement

I

Les différentes manières d'argumenter et de raisonner

Dans les différents textes argumentatifs, on distingue plusieurs nuances qui correspondent à la manière dont on défend un point de vue et au but recherché.

VerbesSignification
ConvaincreAmener son interlocuteur à son point de vue par des preuves rationnelles
PersuaderAmener son interlocuteur à son point de vue par les sentiments
JustifierDéfendre son point de vue par des preuves, faire admettre son point de vue par quelqu'un
DénoncerRévéler quelque chose dans le but de le combattre
DéfendreSoutenir une cause
RaisonnerDémontrer quelque chose à l'aide d'arguments rationnels
II

Les composantes d'un discours argumentatif

Thème

Le thème d'un discours argumentatif est son sujet.

La pauvreté, la richesse et le bonheur sont des thèmes.

Thèse

La thèse d'un discours argumentatif est le point de vue de l'auteur sur le thème abordé.

"Le cinéma américain est supérieur au cinéma français" est une thèse sur le thème du cinéma français et américain.

Argument

Les arguments d'un discours argumentatif sont les raisons avancées par l'auteur pour justifier sa thèse.

Il faut que tu me permettes d'acheter ce livre parce qu'il me sera utile pour réviser mon brevet.

Exemple

Les exemples d'un discours argumentatif sont les illustrations des arguments avancés par l'auteur pour défendre sa thèse.

L'hiver a été très doux cette année : la moyenne des températures à Paris est de 7°C au mois de janvier.

Concession

Une concession est un point de raisonnement de l'adversaire que l'auteur d'un discours argumentatif accepte de reconnaître comme juste tout en restant en désaccord sur le reste du propos.

Sans doute le mois de décembre a-t-il été doux, mais l'hiver a été rigoureux par la suite.

Réfutation

Une réfutation est la contradiction d'un argument de l'adversaire.

Non, ce n'est pas parce qu'à Paris l'hiver a été doux qu'il l'a été dans l'Europe entière !

III

Les moyens de l'argumentation

Rhétorique

La rhétorique est l'ensemble des moyens littéraires permettant de défendre un point de vue. On parle aussi d'art de l'éloquence.

Les figures de style, l'art oratoire et le ton du locuteur sont des éléments de rhétorique.

Connecteurs logiques

Les connecteurs logiques sont l'ensemble des mots permettant de hiérarchiser un discours.

"D'une part... d'autre part", "en premier lieu", "d'abord", "par exemple", "en outre", etc.

Modalisation

La modalisation est l'ensemble des éléments par lequel on précise son point de vue dans un texte.

Je suis certain que l'hiver sera doux.

IV

Les différentes formes d'argumentation et de raisonnement

Discours

Un discours est un texte argumentatif destiné à être proclamé à l'oral.

Jusques à quand abuseras-tu de notre patience, Catilina ? combien de temps encore serons-nous le jouet de ta fureur ? jusqu'où s'emportera ton audace effrénée ? Quoi ! ni la garde qui veille la nuit sur le mont Palatin, ni les forces répandues dans toute la ville, ni la consternation du peuple, ni ce concours de tous les bons citoyens, ni le lieu fortifié choisi pour cette assemblée, ni les regards indignés de tous les sénateurs, rien n'a pu t'ébranler ! Tu ne vois pas que tes projets sont découverts ? que ta conjuration est ici environnée de témoins, enchaînée de toutes parts ? Penses-tu qu'aucun de nous ignore ce que tu as fait la nuit dernière et celle qui l'a précédée ; dans quelle maison tu t'es rendu ; quels complices tu as réunis ; quelles résolutions tu as prises ?

Cicéron

"Premier discours contre Catilina"

Fable

Une fable est un court récit en vers à visée didactique.

"Le Corbeau et le Renard" de Jean de La Fontaine est une fable.

Plaidoyer

Un plaidoyer est un discours, souvent public, visant à défendre une personne, une opinion ou un acte.

Vous n'en êtes pas à dire comme beaucoup : "Que nous importe qu'un innocent soit à l'île du Diable ! Est-ce que l'intérêt d'un seul vaut la peine de troubler ainsi un grand pays ?" Mais vous vous dites tout de même que notre agitation, à nous les affamés de vérité et de justice, est payée trop chèrement par tout le mal qu'on nous accuse de faire. Et, si vous me condamnez, messieurs, il n'y aura que cela au fond de votre verdict : le désir de calmer les vôtres, le besoin que les affaires reprennent, la croyance qu'en me frappant, vous arrêterez une campagne de revendication nuisible aux intérêts de la France.
Eh bien ! messieurs, vous vous tromperiez absolument. Veuillez me faire l'honneur de croire que je ne défends pas ici ma liberté. En me frappant, vous ne feriez que me grandir. Qui souffre pour la vérité et la justice devient auguste et sacré. Regardez-moi, messieurs : ai-je mine de vendu, de menteur et de traître ? Pourquoi donc agirais-je ? Je n'ai derrière moi ni ambition politique, ni passion de sectaire. Je suis un libre écrivain, qui a donné sa vie au travail, qui rentrera demain dans le rang et reprendra sa besogne interrompue. Et qu'ils sont donc bêtes ceux qui m'appellent l'italien, moi né d'une mère française, élevé par des grands-parents beaucerons, des paysans de cette forte terre, moi qui ai perdu mon père à sept ans, qui ne suis allé en Italie qu'à cinquante-quatre ans, et pour documenter un livre. Ce qui ne m'empêche pas d'être très fier que mon père soit de Venise, la cité resplendissante dont la gloire ancienne chante dans toutes les mémoires. Et, si même je n'étais pas Français, est-ce que les quarante volumes de langue française que j'ai jetés par millions d'exemplaires dans le monde entier, ne suffiraient pas à faire de moi un Français, utile à la gloire de la France !

Zola

"Discours à la fin de son procès"

Réquisitoire

Un réquisitoire est un discours visant à critiquer de manière violente quelqu'un ou quelque chose.

Mais vous, est-ce bien sérieusement que vous croyez faire un exemple quand vous égorgillez misérablement un pauvre homme dans le recoin le plus désert des boulevards extérieurs ? En Grève, en plein jour, passe encore ; mais à la barrière Saint-Jacques ! mais à huit heures du matin ! Qui est-ce qui passe là ? Qui est-ce qui va là ? Qui est-ce qui sait que vous tuez un homme là ? Qui est-ce qui se doute que vous faites un exemple là ? Un exemple pour qui ? Pour les arbres du boulevard, apparemment. Ne voyez-vous donc pas que vos exécutions publiques se font en tapinois ? Ne voyez-vous donc pas que vous vous cachez ? Que vous avez peur et honte de votre œuvre ? Que vous balbutiez ridiculement votre discite justitiam moniti ? Qu'au fond vous êtes ébranlés, interdits, inquiets, peu certains d'avoir raison, gagnés par le doute général, coupant des têtes par routine et sans trop savoir ce que vous faites ? Ne sentez-vous pas au fond du cœur que vous avez tout au moins perdu le sentiment moral et social de la mission de sang que vos prédécesseurs, les vieux parlementaires, accomplissaient avec une conscience si tranquille ? La nuit, ne retournez-vous pas plus souvent qu'eux la tête sur votre oreiller ? D'autres avant vous ont ordonné des exécutions capitales, mais ils s'estimaient dans le droit, dans le juste, dans le bien. Jouvenel des Ursins se croyait un juge ; Élie de Thorette se croyait un juge ; Laubardemont, La Reynie et Laffemas eux-mêmes se croyaient des juges ; vous, dans votre for intérieur, vous n'êtes pas bien sûrs de ne pas être des assassins.

Victor Hugo

Le dernier jour d'un condamné, Préface

Éloge

Un éloge est un discours visant à chanter les louanges de quelqu'un ou de quelque chose.

DOM JUAN :
Quoi ? tu veux qu'on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu'on renonce au monde pour lui, et qu'on n'ait plus d'yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d'un faux honneur d'être fidèle, de s'ensevelir pour toujours dans une passion, et d'être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n'est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l'avantage d'être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu'elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J'ai beau être engagé, l'amour que j'ai pour une belle n'engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu'il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d'aimable ; et dès qu'un beau visage me le demande, si j'en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d'une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l'innocente pudeur d'une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu'elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d'un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d'une conquête à faire. Enfin il n'est rien de si doux que de triompher de la résistance d'une belle personne, et j'ai sur ce sujet l'ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.

Molière

Dom Juan, Acte I, scène 2

Blâme

Un blâme est un discours ou un texte visant à dénoncer et à critiquer quelqu'un ou de quelque chose.

Donc c'est fait. Dût rugir de honte le canon,
Te voilà, nain immonde, accroupi sur ce nom !
Cette gloire est ton trou, ta bauge, ta demeure !
Toi qui n'as jamais pris la fortune qu'à l'heure,
Te voilà presque assis sur ce hautain sommet !
Sur le chapeau d'Essling tu plantes ton plumet ;
Tu mets, petit Poucet, ces bottes de sept lieues ;
Tu prends Napoléon dans les régions bleues ;
Tu fais travailler l'oncle, et, perroquet ravi,
Grimper à ton perchoir l'aigle de Mondovi !
Thersite est le neveu d'Achille Péliade !
C'est pour toi qu'on a fait toute cette Iliade !
C'est pour toi qu'on livra ces combats inouïs !
C'est pour toi que Murat, aux russes éblouis,
Terrible, apparaissait, cravachant leur armée !
C'est pour toi qu'à travers la flamme et la fumée
Les grenadiers pensifs s'avançaient à pas lents !
C'est pour toi que mon père et mes oncles vaillants
Ont répandu leur sang dans ces guerres épiques !
Pour toi qu'ont fourmillé les sabres et les piques,
Que tout le continent trembla sous Attila,
Et que Londres frémit, et que Moscou brûla !

Victor Hugo

Les Châtiments, "Napoléon III"

Essai

Un essai est une œuvre littéraire dans laquelle l'auteur expose sa pensée personnelle sur des sujets divers.

Les Essais de Montaigne sont les plus célèbres essais littéraires. L'auteur traite de très nombreux sujets : l'amitié, l'éducation ou encore le mythe du bon sauvage.

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