Troisième 2016-2017
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Troisième 2016-2017

La lutte contre les micro-organismes pathogènes

L'organisme dispose d'un système immunitaire contre les agents infectieux (virus, bactéries). Une défense spécifique très efficace se met en place suite à un contact avec un élément étranger. Cette défense est mémorisée, c'est le principe de la vaccination. Vaccination et limitation de la transmission sont les deux éléments sur lesquels peuvent s'appuyer des politiques de prévention efficace des maladies.

I

Le système immunitaire

Le système immunitaire assure une défense contre les micro-organismes et les infections. La réponse immunitaire est composée de deux types de mécanismes de défense :

  • La défense innée et non spécifique
  • La défense acquise et spécifique

Ces deux mécanismes se complètent dans le temps.

A

La réponse immunitaire non spécifique

La phagocytose est une réponse innée et non spécifique, initiée par les cellules sentinelles (cellules dendritiques, granulocytes et macrophages) qui détectent les corps étrangers.

Phagocytose

La phagocytose est réalisée par des leucocytes particuliers. Elle consiste à absorber l'élément étranger et enfin à l'éliminer en le digérant. Cette réponse immunitaire est rapide (quelques minutes à quelques heures) et non spécifique. En effet, elle s'applique à toute forme d'élément étranger sans distinction (élément minéral, biologique, bactérie, virus etc.).

Il s'agit d'un mécanisme de réponse rapide qui suffit, en général, à stopper la plupart des infections. Toutefois, il arrive que cette réponse ne soit pas suffisante. Le système immunitaire met alors en place des mécanismes spécifiques plus efficaces.

B

La réponse immunitaire spécifique

Il s'agit d'une réponse acquise, spécifique et mémorisée.

  • Acquise : cette défense n'apparaît qu'après un premier contact avec un antigène. Les vaccins permettent de fournir un premier contact avec un virus, une bactérie, atténué, ce qui va mettre en place une défense efficace.
  • Spécifique : la défense ainsi acquise ne protège spécifiquement l'organisme que contre un antigène. Le fait d'être vacciné contre la grippe ne protège pas du virus de la rage.
  • Mémorisée : lorsqu'une défense spécifique a été mise en place contre un antigène, cette réponse est gardée en mémoire. Elle peut être très rapidement et très efficacement réactivée en cas de contact ultérieur avec cet antigène.

Antigène

Un antigène est un élément étranger ou un morceau d'élément étranger, susceptible de déclencher une réponse immunitaire spécifique visant à l'éliminer.

Un antigène fait partie du "non soi" biologique. Le "soi" (cellules et molécules nous appartenant en propre) n'est normalement pas attaqué par le système immunitaire.

Cette défense passe par deux types de réaction faisant intervenir :

  • Les anticorps
  • Les cellules lymphocytes T

Les lymphocytes T4, dits "auxiliaires", sécrètent des substances activant l'ensemble de ces réactions.

II

Les virus

A

Les caractéristiques des virus

Un virus est un agent pathogène qui ne peut pas se multiplier : pour se reproduire, il est obligé d'infecter une cellule (la cellule hôte).

Chaque virus infecte un type précis de cellules.

Le virus de la rage infecte les cellules nerveuses.

Le VIH (Virus de l'immunodéficience humaine) infecte les cellules immunitaires.

Un virus a une petite structure (quelques dizaines ou centaines de nm) très simple. Il est composé d'une coque protéique (la capside) renfermant une information génétique (ADN ou ARN). Certains virus possèdent en plus quelques enzymes qui lui sont utiles pour détourner le fonctionnement de la cellule à son profit. Pour se multiplier, un virus force la cellule qu'il infecte à produire l'ensemble des éléments dont il a besoin pour produire de nouvelles particules virales.

-

Le cycle de multiplication d'un virus

B

Les infections dues aux virus

Les virus détruisent les cellules qu'ils ont infectées. La destruction de ces cellules entraîne souvent des maladies. Selon le virus et l'organe touché, les conséquences peuvent être plus ou moins graves.

MaladieVirus responsableOrgane(s) touché(s)Symptômes
GrippeMyxovirus influenzaeVoies respiratoiresFièvre, toux, perte d'appétit, fatigue, maux de tête
Sida : Syndrome de l'immunodéficience acquiseVIH : Virus d'Immunodéficience HumaineLymphocytes TPerte des défenses immunitaires qui entraîne des infections diverses
Hépatite BVHB : virus de l'hépatite BCellules du foieCancer du foie, cirrhose
C

La vaccination

Les réponses immunitaires spécifiques sont plus rapides et plus efficaces lorsque l'organisme est confronté à nouveau à un même micro-organisme et donc à un même antigène. C'est ce que l'on nomme la mémoire immunitaire. La mémoire immunitaire est basée sur le maintien de nombreux lymphocytes (B ou T) spécifiques d'un antigène déjà rencontré. Ainsi, si cet antigène est à nouveau rencontré, la réponse sera plus rapide et plus forte. La mémoire immunitaire se forme naturellement au cours de la vie d'un individu, à la suite des infections qu'il a subies. Toutefois, il est possible d'entraîner le système immunitaire de manière préventive. C'est la base de la vaccination.

Mémoire immunitaire

La mémoire immunitaire est l'ensemble des mécanismes qui permettent à un individu d'avoir une réaction immunitaire spécifique plus rapide et plus efficace lorsqu'il est en contact avec un antigène (et donc un micro-organisme) déjà rencontré précédemment.

Les personnes qui ont eu la varicelle étant enfant sont ensuite immunisées (c'est-à-dire qu'elles ont développé une mémoire immunitaire spécifique) pour toute leur vie.

Vaccination

La vaccination est une méthode qui permet à l'organisme d'acquérir de manière préventive et durable une mémoire immunitaire contre un micro-organisme donné. La vaccination consiste à exposer l'individu à des antigènes spécifiques d'un micro-organisme pathogène afin que le système immunitaire puisse le reconnaître plus vite par la suite. Cela est fait en injectant soit des antigènes directement, soit des micro-organismes eux-mêmes mais affaiblis afin de ne pas déclencher une infection réelle.

En France, la vaccination est obligatoire pour la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, ainsi que pour la fièvre jaune (pour les personnes résidant en Guyane). D'autres vaccins sont recommandés. Afin d'assurer une mémoire immunitaire sur le long terme, des rappels sont nécessaires et obligatoires.

D

Les politiques de prévention

La prévention contre les maladies infectieuses est fondamentale. Ces maladies représentent un risque important en termes de santé publique : elles touchent beaucoup de monde et certaines sont mortelles.

Des politiques de prévention existent au niveau mondial. Elles visent à protéger l'ensemble de la population en ciblant tout d'abord les populations sensibles (enfants, femmes enceintes, personnes âgées, malades).

Les deux grands axes de ces politiques de prévention sont :

  • La limitation de la contamination : campagnes de communication pour les préservatifs (IST), mais également pour l'hygiène et l'asepsie.
  • Des vaccinations obligatoires (en France : rougeole, oreillons, rubéole) et vaccinations conseillées (grippe, hépatite, papillomavirus) afin de réduire le nombre de personnes atteintes et donc pouvant en contaminer d'autres.

La poliomyélite est une maladie d'origine virale aboutissant à une paralysie définitive de l'individu. En 1988, 350 000 personnes étaient touchées par cette maladie. Grâce aux politiques vaccinales menées dans les pays touchés, ce nombre a été réduit à 74 cas en 2015.

III

La lutte contre les bactéries et les virus

A

La lutte contre les bactéries

Les bactéries sont présentes à la surface du corps et des objets, ainsi que dans les aliments et l'eau. Dans l'organisme, elles sont détectées puis détruites par phagocytose, lors d'une réaction inflammatoire aiguë. Il s'agit d'une réponse normale à une infection. Elle est locale et ne dure que quelques jours. Elle est caractérisée par quatre signes locaux : rougeur, chaleur, douleur et gonflement. Tous ces signes sont la conséquence des modifications locales (dilatation des vaisseaux sanguins et sécrétion de messages d'alerte comme l'histamine) participant à la lutte contre l'infection par les bactéries.

L'essentiel de la lutte contre les bactéries et les toxines qu'elles peuvent éventuellement sécréter (cas de la toxine du tétanos ou de la diphtérie) est assuré par les anticorps.

Anticorps

Un anticorps (ou immunoglobuline) est une molécule sécrétée par des lymphocytes B qui peut se lier à un antigène particulier.

Certains médicaments contiennent des anticorps spécifiques aux antigènes présents sur le micro-organisme dont on souhaite guérir l'infection.

Les anticorps sont constitués de plusieurs chaînes protéiques et présente une région variable qui leur permet de se lier (comme une clé à une serrure) à un antigène.

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Schéma d'un anticorps

Les anticorps sont sécrétés par les lymphocytes B, qui sont capables de reconnaître un antigène spécifique (différents lymphocytes B reconnaissent différents antigènes). Une fois qu'ils ont reconnu un antigène, les lymphocytes B se multiplient et produisent des anticorps spécifiques aux antigènes détectés.

Les anticorps sont des assemblages protéiques pouvant se fixer sur les antigènes pour les neutraliser. Ils circulent dans le sang et vont se lier aux antigènes associés en formant des complexes antigène-anticorps. Les micro-organismes dont les antigènes sont liés à des anticorps sont immobilisés, agglutinés, neutralisés et plus facilement phagocytés par les leucocytes.

Les lymphocytes B se multiplient particulièrement dans les ganglions lymphatiques. C'est pourquoi nous avons les ganglions gonflés et douloureux lorsque nous sommes malades.

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La réponse immunitaire spécifique mise en place par les lymphocytes B et les anticorps

B

La lutte contre les virus

Les virus infectent des cellules de notre corps qui vont les multiplier avant de les relâcher dans notre organisme. Lorsque des virus infectent des cellules de notre organisme, il est nécessaire de détruire les cellules infectées afin qu'elles ne produisent plus de nouveaux virus. C'est le rôle des lymphocytes T. Les lymphocytes T sont des lymphocytes capables de lutter contre les infections virales. Les lymphocytes T reconnaissent un antigène viral (différents lymphocytes T reconnaissent différents antigènes). Lorsqu'un lymphocyte T reconnaît un antigène à la surface d'une cellule, il va détruire la cellule infectée. Il va alors se multiplier rapidement pour générer de nombreux lymphocytes T sensibles au même antigène.

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Schéma de la réaction immunitaire spécifique contre les virus mise en œuvre par les lymphocytes T

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