Différencier fable et texte théâtral Exercice fondamental

Différencier dans les extraits suivants, les fables des pièces de théâtre.

Fourberies de Scapin de Molière.

GÉRONTE :
Qu'y a-t-il de si affligeant en tout cela ?

SCAPIN :
Attendez, Monsieur, nous y voici. Pendant que nous mangions, il a fait mettre la galère en mer, et, se voyant éloigné du port, il m'a fait mettre dans un esquif, et m'envoie vous dire que si vous ne lui envoyez par moi tout à l'heure cinq cents écus, il va vous emmener votre fils en Alger.

GÉRONTE :
Comment, diantre ! cinq cents écus ?

SCAPIN :
Oui, Monsieur ; et de plus, il ne m'a donné pour cela que deux heures.

GÉRONTE :
Ah le pendard de Turc, m'assassiner de la façon !

Bourgeois Gentilhomme de Molière.

MAÎTRE DE MUSIQUE, (parlant à ses musiciens) :
- Venez, entrez dans cette salle, et vous reposez là, en attendant qu'il vienne.

MAÎTRE À DANSER, (parlant aux danseurs) :
- Et vous aussi, de ce côté.

MAÎTRE DE MUSIQUE, (à l'élève) :
- Est-ce fait ?

L'ÉLÈVE :
- Oui.

MAÎTRE DE MUSIQUE :
- Voyons... Voilà qui est bien.

MAÎTRE À DANSER :
- Est-ce quelque chose de nouveau ?

MAÎTRE DE MUSIQUE :
- Oui, c'est un air pour une sérénade, que je lui ai fait composer ici, en attendant que notre homme fût éveillé.

MAÎTRE À DANSER :
- Peut-on voir ce que c'est ?

MAÎTRE DE MUSIQUE :
- Vous l'allez entendre, avec le dialogue, quand il viendra. Il ne tardera guère.

MAÎTRE À DANSER :
- Nos occupations, à vous, et à moi, ne sont pas petites maintenant.

MAÎTRE DE MUSIQUE :
- Il est vrai. Nous avons trouvé ici un homme comme il nous le faut à tous deux. Ce nous est une douce rente que ce Monsieur Jourdain, avec les visions de noblesse et de galanterie qu'il est allé se mettre en tête. Et votre danse, et ma musique, auraient à souhaiter que tout le monde lui ressemblât.

La Tortue et les deux Canards de La Fontaine.

Une Tortue était, à la tête légère,
Qui lasse de son trou voulut voir le pays.
Volontiers on fait cas d'une terre étrangère :
Volontiers gens boiteux haïssent le logis.
Deux Canards à qui la Commère
Communiqua ce beau dessein,
Lui dirent qu'ils avaient de quoi la satisfaire :
Voyez-vous ce large chemin ?
Nous vous voiturerons par l'air en Amérique.

Antigone d'Anouilh.

CRÉON :
Marie-toi vite, Antigone, sois heureuse. La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-là. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignote, assis au soleil. Ils te diront tous le contraire parce qu'ils ont besoin de ta force et de ton élan. Ne les écoute pas. Ne m'écoute pas quand je ferai mon prochain discours devant le tombeau d'Étéocle. Ce ne sera pas vrai. Rien n'est vrai que ce qu'on ne dit pas... Tu l'apprendras toi aussi, trop tard, la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. Tu vas me mépriser encore, mais de découvrir cela, tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir, la vie, ce n'est peut-être tout de même que le bonheur.

ANTIGONE (murmure, le regard perdu) :
Le bonheur...

La Jument de Jean Anouilh.

Une jument qui avait
Des obligations mondaines
(On croit que c'est pour s'amuser :
On est une femme de peine)
Décida de prendre une ânesse
Pour s'occuper de son bébé.
Ce n'était pas de la paresse,
Mais une jument élégante
À une vie si fatigante,
Que c'était trop lui demander.
Le petit poulain était tendre,
Et l'ânesse le léchait bien
Il se mit à tout en attendre.

Loup et l'Agneau d'Ésope.

Un loup, voyant un agneau qui buvait à une rivière, voulut alléguer un prétexte spécieux pour le dévorer. C'est pourquoi, bien qu'il fût lui-même en amont, il l'accusa de troubler l'eau et de l'empêcher de boire. L'agneau répondit qu'il ne buvait que du bout des lèvres, et que d'ailleurs, étant à l'aval, il ne pouvait troubler l'eau à l'amont. Le loup, ayant manqué son effet, reprit : "Mais l'an passé tu as insulté mon père. − Je n'étais pas même né à cette époque", répondit l'agneau. Alors le loup reprit : "Quelle que soit ta facilité à te justifier, je ne t'en mangerai pas moins."

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