Différencier fable et texte théâtral Exercice fondamental

Différencier dans les extraits suivants, les fables des pièces de théâtre.

Fourberies de Scapin de Molière.

GÉRONTE :
Qu'y a-t-il de si affligeant en tout cela ?

SCAPIN :
Attendez, Monsieur, nous y voici. Pendant que nous mangions, il a fait mettre la galère en mer, et, se voyant éloigné du port, il m'a fait mettre dans un esquif, et m'envoie vous dire que si vous ne lui envoyez par moi tout à l'heure cinq cents écus, il va vous emmener votre fils en Alger.

GÉRONTE :
Comment, diantre ! cinq cents écus ?

SCAPIN :
Oui, Monsieur ; et de plus, il ne m'a donné pour cela que deux heures.

GÉRONTE :
Ah le pendard de Turc, m'assassiner de la façon !

Les Animaux malades de la peste de La Fontaine.

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.

Marius de Marcel Pagnol.

(Quand le rideau se lève, Escartefigue regarde son jeu intensément et perplexe, se gratte la tête. Tous attendent sa décision.)

PANIISSE (impatient) :
Eh bien, quoi ? C'est à toi !

ESCARTEFIGUE :
Je le sais bien. Mais J'hésite...
(Il se gratte la tête. Un client de la terrasse frappe sur la table de marbre.)

CÉSAR, (au chauffeur) :
Hé, l'extra ! On frappe !
(Le chauffeur qui faisait tourner la roue du comptoir tressaille et crie.)

LE CHAUFFEUR :
Voilà ! Voilà !
(Il saisit un plateau vide, jette une serviette sur son épaule et s'élance vers la terrasse.)

CÉSAR, (à Escartefigue) :
Tu ne vas pas hésiter jusqu'à demain !

M. BRUN :
Allons, capitaine, nous vous attendons !

Cid de Corneille.

DON DIEGUE :
Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
Mon bras qu'avec respect tout l'Espagne admire,
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée !
Nouvelle dignité fatale à mon bonheur !

Le Corbeau et le Renard d'Ésope.

Un corbeau, ayant volé un morceau de viande, s'était perché sur un arbre. Un renard l'aperçut, et, voulant se rendre maître de la viande, se posta devant lui et loua ses proportions élégantes et sa beauté, ajoutant que nul n'était mieux fait que lui pour être le roi des oiseaux, et qu'il le serait devenu sûrement, s'il avait de la voix. Le corbeau, voulant lui montrer que la voix non plus ne lui manquait pas, lâcha la viande et poussa de grands cris. Le renard se précipita et, saisissant le morceau, dit : "Ô corbeau, si tu avais aussi du jugement, il ne te manquerait rien pour devenir le roi des oiseaux."

La Cigale et la Fourmi de La Fontaine.

La Fourmi n'est pas prêteuse,
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant,
Je chantais, ne vous déplaise.
Vous chantiez ? j'en suis fort aise,
Eh bien ! dansez maintenant.

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