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  4. Cours : L'opinion publique, l'information et la désinformation

L'opinion publique, l'information et la désinformation Cours

Sommaire

IL'opinion publiqueADéfinition et expression de l'opinion publiqueBLe rôle des médias et des sondagesIILa désinformationALe risque de désinformationBLutter contre la désinformation

Ce contenu a été rédigé par l'équipe éditoriale de Kartable.

Dernière modification : 24/08/2026 - Conforme au programme 2026-2027

La démocratie est un régime politique dans lequel les citoyens participent aux décisions, notamment par le vote, la liberté d'expression et le débat public. Pour se forger une opinion, les citoyens ont accès aux médias. Aujourd'hui, avec Internet, les réseaux sociaux et les intelligences artificielles, l'information circule très vite. Cela permet une meilleure circulation des idées mais aussi la diffusion de fausses informations, appelées désinformation.

I

L'opinion publique

A

Définition et expression de l'opinion publique

Opinion publique

L'opinion publique correspond à l'ensemble des avis, idées et jugements partagés par une partie importante de la population sur un sujet donné (politique, social, environnemental, culturel).

Les résultats d'une élection traduisent l'opinion publique, c'est-à-dire l'avis de l'ensemble des citoyens dans le choix des candidats.

L'opinion publique s'exprime à travers les médias traditionnels (presse, télévision, radio), les réseaux sociaux, les manifestations et les sondages.

Lors de la pandémie de Covid-19, l'opinion publique s'est exprimée de différentes manières :

  • par les médias (presse, télévision, radio) : les journaux et chaînes d'information ont relayé les avis des scientifiques et des citoyens sur le port du masque ou le confinement, permettant aux Français de se forger une opinion sur les mesures sanitaires ;
  • par les réseaux sociaux : des débats ont eu lieu sur Twitter ou Facebook concernant l'efficacité des vaccins et la gestion de la crise, avec des citoyens partageant leurs expériences et leurs points de vue ;
  • par les manifestations : certains citoyens ont organisé des rassemblements pour ou contre le pass sanitaire et les mesures de confinement, exprimant publiquement leur opinion ;
  • par les sondages : des enquêtes ont été réalisées régulièrement pour connaître l'adhésion de la population aux mesures sanitaires ou à la vaccination, donnant une photographie de l'opinion publique sur la crise.

Dans une démocratie, l'opinion publique joue un rôle central car elle influence les décisions politiques, les débats publics, les choix des responsables élus.

En 2020-2021, face à la grogne de la population et aux manifestations contre le pass sanitaire, le gouvernement français a ajusté certaines mesures, comme l'assouplissement des restrictions dans certains lieux publics et la prolongation progressive des échéances de vaccination obligatoire pour certains secteurs.

En 2019, les marches pour le climat organisées par des jeunes et relayées sur les réseaux sociaux ont poussé le gouvernement à accélérer la loi Climat et résilience, qui contient des mesures concrètes sur la réduction des émissions de \ce{CO2}, la rénovation énergétique des bâtiments et la lutte contre la pollution.

Lors d'une élection, l'opinion publique, mesurée par des sondages et relayée par les médias, a influencé la stratégie des candidats et les programmes proposés.

B

Le rôle des médias et des sondages

En démocratie, l'opinion publique doit être éclairée par une information de qualité, fiable. Les médias ont pour mission principale d'informer les citoyens afin qu'ils puissent comprendre le monde et participer au débat démocratique.

Lors de la pandémie de Covid-19, les médias ont diffusé des informations scientifiques sur l'efficacité des vaccins et les gestes barrières, permettant à l'opinion publique de se forger un avis éclairé. Grâce à ces informations, de nombreux citoyens ont choisi de se faire vacciner pour protéger leur santé et celle des autres.

Lors des élections présidentielles, les journaux et les émissions politiques présentent les programmes des candidats, les débats et les sondages fiables. Cela permet aux électeurs de comprendre les différentes propositions avant de voter.

Les sondages cherchent à mesurer l'opinion publique à un moment donné à partir de questions posées à un échantillon de la population. Ils ne donnent pas une vérité absolue, mais ils permettent de comprendre l'opinion publique à un moment donné.

Avant les élections, les sondages montrent les intentions de vote des Français pour chaque candidat, donnant une photographie de l'opinion publique à ce moment précis. Ces sondages permettent aux citoyens et aux médias de suivre l'évolution des préférences électorales des citoyens.

Face aux mesures sanitaires pendant la pandémie de Covid-19, des sondages ont été réalisés pour savoir si les citoyens étaient favorables au pass sanitaire ou à la vaccination obligatoire. Ces résultats ont informé le gouvernement sur l'acceptation ou la contestation des mesures, influençant certains ajustements.

Face aux défis de la protection de l'environnement, des enquêtes ont mesuré le niveau d'inquiétude des Français face au réchauffement climatique et leur soutien aux mesures de réduction des émissions de \ce{CO2}. Ces sondages ont alimenté le débat public et les décisions politiques, comme dans la loi Climat et résilience de 2021.

II

La désinformation

A

Le risque de désinformation

Désinformation

La désinformation consiste à diffuser volontairement de fausses informations ou des informations trompeuses pour manipuler l'opinion publique.

Lors de certaines campagnes électorales, des photos ou vidéos truquées ont été diffusées sur les réseaux sociaux pour faire croire qu'un candidat avait tenu des propos qu'il n'avait jamais prononcés, afin d'influencer le vote.

Certaines entreprises utilisent des faux témoignages ou des images manipulées sur Internet pour faire croire que leur produit est beaucoup plus efficace ou sûr qu'il ne l'est réellement.

Lors d'une guerre entre deux États, des images truquées ou sorties de leur contexte circulent pour faire croire que certaines armées ou gouvernements ont commis des crimes qu'ils n'ont pas commis, influençant l'opinion publique internationale.

22 décembre 2018

La loi du 22 décembre 2018 vise à lutter contre la manipulation de l'information.

  • La loi permet de sanctionner la diffusion volontaire de fausses informations destinées à influencer le vote, comme des articles truqués ou des images manipulées sur les réseaux sociaux affirmant que certains candidats avaient des comportements illégaux inexistants.
  • Si un site ou un compte X (ex-Twitter) publie volontairement de fausses accusations contre un élu ou une personnalité publique pour nuire à sa réputation, la loi permet d'agir pour protéger la vérité et prévenir la manipulation de l'opinion.

La désinformation peut nourrir le complotisme, qui repose sur l'idée que des événements seraient organisés en secret par des groupes cachés :

  • À propos des attentats du 11 septembre 2001 : certains sites et vidéos diffusent des informations fausses prétendant que les attentats auraient été planifiés par le gouvernement américain lui-même. Ces fausses informations alimentent des croyances complotistes chez certaines personnes.
  • À propos des vaccins : des rumeurs ont circulé selon lesquelles des vaccins obligatoires pour les enfants seraient utilisés pour contrôler la population. Cette désinformation alimente la méfiance envers la médecine et les autorités sanitaires.
  • À propos de la Seconde Guerre mondiale et du génocide des populations juives d'Europe par les nazis, des publications négationnistes ou révisionnistes prétendent que la Shoah ou d'autres événements tragiques seraient des inventions ou des exagérations. Ces fausses informations créent des croyances erronées et peuvent renforcer le racisme et l'antisémitisme.
  • À propos des catastrophes ou des crises économiques, des rumeurs prétendent que certaines crises financières ou catastrophes naturelles seraient orchestrées par des sociétés secrètes ou des banques pour contrôler la population.

La désinformation est un défi majeur à l'ère du numérique, des réseaux sociaux, et des intelligences artificielles, capables de créer de fausses images ou vidéos (deepfakes). Les technologies numériques comme l'intelligence artificielle, qui permettent notamment les deepfakes, rendent la désinformation plus rapide et plus convaincante, donc encore plus dangereuse.

Des vidéos truquées ont circulé sur les réseaux sociaux, montrant des personnalités politiques prononçant des propos qu'elles n'ont jamais tenus.

Des deepfakes ou de faux communiqués circulant sur Internet peuvent faire croire qu'une entreprise est en faillite ou impliquée dans un scandale, provoquant des réactions sur les marchés avant que la vérité soit rétablie.

Certaines vidéos ou images truquées montrent des célébrités dans des situations compromettantes et diffusent ainsi de fausses informations qui nuisent à leur réputation. Grâce à l'intelligence artificielle, ce type de contenu peut désormais être facilement créé.

B

Lutter contre la désinformation

Pour lutter contre la désinformation, il est indispensable pour chaque citoyen de développer son esprit critique, c'est-à-dire la capacité à réfléchir par soi-même, à analyser l'information, à questionner et croiser les sources et à différencier les faits, les opinions et les fausses informations avant de se faire son propre avis.

Face à la pandémie de Covid-19 et à la vaccination, chaque citoyen pouvait développer son esprit critique en vérifiant les informations scientifiques diffusées par le ministère de la Santé ou l'OMS plutôt que de croire immédiatement une vidéo circulant sur les réseaux sociaux et affirmant que les vaccins sont dangereux.

Avant de voter, un électeur peut comparer les programmes officiels des candidats et consulter plusieurs médias fiables pour distinguer les faits des rumeurs ou des opinions, et ainsi faire un choix réfléchi.

Face aux défis de la protection de l'environnement, un jeune qui réfléchit de manière critique peut analyser les rapports des scientifiques et des associations environnementales avant de partager ou de soutenir une campagne sur les réseaux sociaux, plutôt que de se fier à des informations militantes ou fausses diffusées sur Internet.

Chaque citoyen doit donc savoir différencier :

  • la croyance : ce que quelqu'un pense sans preuve ;
  • l'opinion : un avis personnel ;
  • le savoir : une information vérifiée et fondée sur des faits.

Lanceur d'alerte

Les lanceurs d'alerte sont des personnes qui révèlent des informations d'intérêt général (scandales sanitaires, financiers, environnementaux), parfois au péril de leur carrière ou de leur sécurité.

Irène Frachon est un médecin français qui a révélé que le médicament Mediator provoquait de graves problèmes de santé. Malgré des pressions et des tentatives pour la faire taire, son alerte a permis de retirer le médicament du marché et de protéger des milliers de patients.

Chelsea Manning est une lanceuse d'alerte qui a transmis des documents montrant des violences et des abus commis par l'armée américaine lors de guerres en Irak et en Afghanistan. En révélant ces informations, elle voulait alerter l'opinion publique sur des actions contraires aux droits humains, mais elle a été arrêtée, jugée et emprisonnée.

Des salariés ou des scientifiques alertent parfois sur des pollutions industrielles (eaux contaminées, sols pollués), au risque de perdre leur emploi ou de subir diverses pressions.

21 mars 2022

Loi qui renforce la protection des lanceurs d'alerte.

Cette loi renforce la protection juridique et sociale des lanceurs d'alerte pour qu'ils ne subissent pas de sanctions professionnelles ou de représailles lorsqu'ils dénoncent des faits graves d'intérêt général (sanitaires, environnementaux, financiers, etc.). Concrètement, cette loi prévoit des garanties contre les licenciements, des recours en cas de harcèlement.

Les réseaux sociaux peuvent être des lieux de mobilisation citoyenne et de diffusion rapide de l'alerte.

Le hashtag #MeToo sur les réseaux sociaux a permis à des centaines de milliers de personnes de partager leurs témoignages et d'attirer l'attention sur les violences sexistes et sexuelles dans le monde et en France.

Le collectif féministe #NousToutes utilise régulièrement les réseaux sociaux pour organiser des mobilisations contre les violences faites aux femmes. Par exemple, en amont de grandes marches nationales, des messages et appels à rejoindre les manifestations sont diffusés sur Facebook, Instagram ou WhatsApp, permettant à des milliers de personnes de se coordonner.

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