01 76 38 08 47
Logo Kartable
AccueilParcourirRechercheSe connecter

Pour profiter de 10 contenus offerts.

Logo Kartable
AccueilParcourirRechercheSe connecter

Pour profiter de 10 contenus offerts.

  1. Accueil
  2. Sixième
  3. Français
  4. Cours : Chanter et enchanter le monde : mots et merveilles

Chanter et enchanter le monde : mots et merveilles Cours

Sommaire

ILe genre poétiqueALes formes poétiques1La poésie en vers réguliers2La poésie à formes courtes et à contraintes3La poésie visuelle et les écritures modernesBLa versification1Les vers2Les strophes3Les rimesCLes effets sonoresIIDécouvrir le monde : la magie du langage poétiqueALa poésie et la natureBLa magie des motsIIIRecréer le monde : métamorphoses et objets du quotidienAL'objet du quotidienBSe métamorphoser et donner une voix au mondeCAssocier les idées et les mots

Ce contenu a été rédigé par l'équipe éditoriale de Kartable.

Dernière modification : 31/08/2026 - Conforme au programme 2026-2027

Le mot « poésie » trouve son origine dans le grec ancien poien (ποίησις) qui signifie « action de faire, création ». Au sens large, les poètes, les créateurs, réalisaient des chants, des récits en vers ou en métrique. À force, la racine s'est associée à la création poétique.

La poésie est un genre littéraire qui se décline sous plusieurs formes.

L'objectif de cette séquence est donc de découvrir comment le langage poétique métamorphose notre vision du quotidien, donne une voix aux éléments de la nature et permet de créer ou recréer le monde par la magie des mots et des sons.

I

Le genre poétique

A

Les formes poétiques

1

La poésie en vers réguliers

La poésie traditionnelle suit une structure stricte. Le texte est découpé en vers (les lignes du poème) regroupés en strophes (les paragraphes du poème). Chaque vers commence par une majuscule et comporte un nombre précis de syllabes.

Sonnet

Le sonnet est une forme poétique classique codifiée au XVIᵉ siècle. Il est composé de 14 vers répartis en 4 strophes : deux quatrains (strophes de 4 vers) suivis de deux tercets (strophes de 3 vers).

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage » de Joachim Du Bellay.

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la Toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.

Joachim du Bellay

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage »

2

La poésie à formes courtes et à contraintes

Haïku

Le haïku est un poème très court d'origine japonaise, composé de 3 vers seulement. Il cherche à capturer un instant éphémère, une sensation ou un détail de la nature.

Bashõ et Shiki sont des poètes japonais auteurs de haïkus.

Vieil étang —
une grenouille plonge,
le bruit de l'eau.

Bashō

Ces formes très synthétiques s'appuient sur la brièveté pour capturer une émotion, une image ou jouer avec la langue.

Acrostiche

Un acrostiche est un poème ou un texte dans lequel les premières lettres de chaque vers forment un mot, un prénom ou une phrase lorsqu'on les lit verticalement.

Le soleil se lève,
Ouvre ses rayons,
Un oiseau chante,
Ici commence le jour,
Sous le ciel bleu.

Les premières lettres forment le nom LOUIS : c'est un acrostiche.

3

La poésie visuelle et les écritures modernes

Depuis le début du XXᵉ siècle, la poésie s'affranchit des règles rigides de la versification classique pour explorer de nouvelles formes visuelles ou rythmiques.

Calligramme

Le calligramme est un poème dont la disposition des mots sur la page forme un dessin. Le dessin représente le sujet même du poème (une montre, une cravate, la pluie, une fleur). Il a été inventé et théorisé par Guillaume Apollinaire.

-

Wikimedia Commons

Le poème « Il pleut » de Guillaume Apollinaire représente visuellement la pluie.

Poème en vers libres

Dans un poème en vers libres, le poète va à la ligne quand il le souhaite, sans chercher à faire rimer les vers ni à maintenir un nombre égal de syllabes. C'est le rythme, les pauses et le travail des sonorités qui créent la musique du poème.

« Zone » de Guillaume Apollinaire est un poème en vers libres : les vers ont des longueurs différentes et il n'y a pas de schéma de rimes régulier.

À la fin tu es las de ce monde ancien
Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Guillaume Apollinaire

« Zone »

Poème en prose

Le poème en prose est un texte rédigé sous la forme de paragraphes continus, sans retours à la ligne ni vers. Il utilise les figures de style, le rythme des phrases et les images poétiques pour sublimer un objet ordinaire, un paysage ou une sensation.

Francis Ponge est un poète ayant écrit de la prose.

La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.

Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut fourrée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses…

Francis Ponge

« Le Pain »

B

La versification

Versification

La versification est l'ensemble des règles que le poète doit respecter pour créer un poème selon la forme qu'il choisit.

1

Les vers

Il existe différents types de vers en fonction du nombre de syllabes (ou pieds).

Vers Nombre de syllabes Exemple
Hexasyllabe Vers de 6 syllabes « Il / pleu / re / dans / mon / cœur / »
Heptasyllabe Vers de 7 syllabes « Dans / la / prai / rie / ver / tu / euse »
Octosyllabe Vers de 8 syllabes « Mi / gnon /ne, al / lons /voir / si / la / rose »
Décasyllabe Vers de 10 syllabes « Je / vis, / je / meurs, / je / me / brû / le et / me / noie »
Alexandrin Vers de 12 syllabes « De/ main,/ dès / l'au/ be, à / l'heu / re où / blan / chit / la / cam / pagne »

Pour compter les syllabes d'un vers, il faut faire attention à la prononciation de la lettre « e » (appelée « e » muet) :

  • Le « e » ne se prononce pas lorsqu'il est situé en toute fin de vers ou lorsqu'il est suivi par un mot commençant par une voyelle.
  • Le « e » se prononce lorsqu'il est suivi par une consonne.

« Mignonne, allons voir si la rose »

« -nne » ne compte pas pour une syllable.

« Il pleure dans mon cœur »

Le « re » compte pour 1 syllabe.

2

Les strophes

Strophe

La strophe est un ensemble de vers.

Type de strophe Nombre de vers Exemple
Tercet Strophe de 3 vers « Quel bonheur ! quelle victoire !
Quel triomphe ! quelle gloire !
Les Amours sont désarmés. »
Quatrain Strophe de 4 vers « J'ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté
Et j'ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté. »

Le poème « Heureux qui comme Ulysse », écrit par Joachim Du Bellay en 1558, est un sonnet : c'est un poème composé de deux quatrains et de deux tercets.

3

Les rimes

Rimes

Les rimes sont les jeux de sonorités que l'on perçoit à la fin des vers.

« Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers. »

Il existe trois types de rimes en fonction du nombre de sonorités communes :

  • Les rimes suivies (ou plates) — [ A A B B ] : les rimes se suivent deux par deux.
  • Les rimes croisées — [ A B A B ] : les rimes s'alternent un vers sur deux.
  • Les rimes embrassées — [ A B B A ] : une paire de rimes est encadrée par une autre.

Le soleil est toujours riant, (A)
Depuis qu'il part de l'orient (A)
Pour venir éclairer le monde. (B)
Jusqu'à ce que son char soit descendu dans l'onde. (B)

Jean Racine

« Le soleil est toujours riant »

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers, (A)
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue : (B)
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds, (A)
Je laisserai me baigner ma tête nue. (B)

Arthur Rimbaud

« Sensation »

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, (A)
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison, (B)
Et puis est retourné, plein d'usage et raison, (B)
Vivre entre ses parents le reste de son âge ! (A)

Joachim Du Bellay

« Heureux qui comme Ulysse »

C

Les effets sonores

La poésie est un art sonore destiné à être lu à voix haute. Le poète joue avec les mots pour créer des effets à l'oral.

Allitération

L'allitération est une répétition d'un même son de consonne.

« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? »

Assonance

L'assonance est une répétition d'un même son de voyelle.

« Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire »

La poésie est faite pour être lue à voix haute en prêtant attention au rythme, aux pauses et au souffle.

II

Découvrir le monde : la magie du langage poétique

A

La poésie et la nature

Le poète emploie le champ lexical de la nature pour créer un paysage poétique.

Dans mon poème
il y a une jungle
des fleuves
des volcans impétueux
et un chapelet d'îles minuscules
pareilles à des trouées de lumière
dans la nuit verte des étoiles
Il y a une petite communauté humaine
dans mon poème
des peintre naïfs
quelques statues précolombiennes
et le bruissement des langues
chuchotées sous la canopée
Il y a des oiseaux de jour
et des oiseaux de nuit
une pierre tombée d'on ne sait où
et une jeune femme qui traverse
l'archipel en pirogue
Ne me demandez pas
si le jaguar est présent dans mon poème
Il en est sorti d'un bond
quand il a su qu'on parlerait de lui.

Bruno Doucey

La vie est belle

2019

Dans ce poème en vers libres, le poète invite le lecteur à le suivre non seulement dans le poème mais aussi à travers un paysage truffé d'insectes, de végétation luxuriante, de flore et de faune. Le poème est une invitation au voyage. Le lecteur découvre une façon poétique de décrire le monde qui l'entoure.

Les haïkus, poèmes très courts, sont apparus aux XVIIIe siècle au Japon et se sont ensuite diffusés dans de nombreux pays admirateurs de la culture japonaise.

Ces petits poèmes évoquent avec simplicité la nature, les saisons, des sensations. Ils s'efforcent de capturer un moment instantané ou des images en peu de mots, en ménageant souvent un effet de surprise au dernier vers. Les figures de style rendent poétiques ces petits écrits.

L'herbe des champs

Libère sous mes semelles

Son parfum.

Shiki Masaoka

XIXe siècle

Le jeu du soleil

Sur le tronc du chêne,

Le temps d'un bonheur.

Guillevic

XXe siècle

Pétale après pétale

Tombent les roses jaunes

Le bruit du torrent.

Bascho

XVIIe siècle

B

La magie des mots

Le poète invite le lecteur à découvrir les mots sous toutes ses formes. Il peut transformer la langue pour réinventer la réalité et s'amuser avec les classes de mots.

Je te blatte
Je te cétoine
Je te cicindèle
Je te grillonne
Je te piéride
Je te scorpionne
Je te bombyxe la ronce et le mûrier
Je te frelonne et refrelonne
Je te coccinelle
Je t'éphémère.

Joëlle Brière

« Insectomania », Pinpanicaille

1999

Dans ce poème, la poétesse crée un jeu de langage original et amusant en transformant les noms d'insectes. En effet, le nom commun de l'insecte est transformé en verbe conjugué. Chaque verbe conjugué correspond à un insecte donc, à une action de l'insecte. L'imaginaire du lecteur est sollicité pour inventer l'action véhiculée par le verbe. De fait, la poésie permet de rendre poétique les vies minuscules, ici les insectes.

III

Recréer le monde : métamorphoses et objets du quotidien

Le genre poétique permet également de recréer le monde. La poésie a un pouvoir d'évocation : elle permet de rendre poétique un objet, un animal, une notion, qui n'est pas poétique de prime abord.

A

L'objet du quotidien

La poésie permet de donner un aspect poétique à des objets triviaux, banals, des objets du quotidien. Le poète nous invite à considérer des objets familiers comme s'ils étaient extraordinaires.

La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses... Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable...
Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.

Francis Ponge

Le Parti pris des choses

1942

Dans ce poème en prose, Francis Ponge prend un objet très ordinaire – le pain – et le transforme en un petit univers. Il parle de la croûte comme on parlerait de montagnes : « vallées, crêtes, ondulations, crevasses… » : c'est comme s'il regardait une planète sous ses yeux. Puis, il décrit l'intérieur du pain (la mie) comme un sous-sol froid et mou, avec des textures comparées à une éponge, des « feuilles ou fleurs » collées ensemble. Ponge va encore plus loin : il fait de la cuisson du pain une mini-genèse – la création d'un monde, en parlant d'une « masse amorphe » qu'on met dans un « four stellaire » pour façonner ce paysage. Et puis, à la fin, il nous rappelle que le pain ne doit pas rester une image ou un symbole : « brisons‑la ! […] moins objet de respect que de consommation. » Il transforme l'objet du quotidien en poème, puis nous invite à le manger avec plaisir.

B

Se métamorphoser et donner une voix au monde

La métamorphose est une transformation d'un état à un autre. Elle a été introduite en littérature par Ovide, grâce à son œuvre Métamorphoses (Ier siècle après J.-C.). Le poète adopte le point de vue d'un élément pour lui donner vie et le personnifier.

La personnification est une figure de style permettant d'attribuer des traits humains à des objets, des animaux ou des éléments cosmiques.

Si j'étais un nuage
j'observerais les trains
ces chenilles dodues
avec leur nez pointu
je prendrais les forêts
pour mes lointains cousins
verts sombres moutonnants
et je m'inquièterais
de les voir déplumées
dès que l'hiver s'installe
je compterais les carrés
dessinés par les champs
je chercherais les haies
rasées coupées absentes
Je serais chagriné
de survoler autant
de zones commerciales
pas assez d'herbes folles
je me sauverais vite
emporté par le vent
pour aller chatouiller
le sommet des montagnes
et terminer ma course
en larmes dans la mer

Marie Pavlenko

« Si j'étais un nuage », La Main rivière

2024

Dans ce poème, la poétesse personnifie le nuage ou elle se métamorphose en nuage et lui donne la parole. La poétesse montre au lecteur le voyage d'un nuage qui observe les paysages de la Terre. En adoptant le point de vue d'un nuage, la poétesse donne la voix à des éléments muets et permet au lecteur de re-découvrir le monde grâce à la vision d'un autre élément. Ce poème est aussi engagé (« Je serai chagriné / de survoler autant / de zones commerciales / pas assez d'herbes folles ») car la poétesse dénonce la disparition de la nature au profit de la constructions de bâtiments non naturels. Par ce biais, elle entend chanter le monde pour le protéger.

C

Associer les idées et les mots

En poésie, un mot en entraîne un autre. L'anaphore (répétition d'un même mot en début de vers) et les jeux de sons permettent de tisser un poème comme une toile.

Il était une feuille avec ses lignes
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de cœur
Il était une branche au bout de la feuille
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de cœur
Il était un arbre au bout de la branche
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de cœur
cœur gravé, percé, transpercé,
Un arbre que nul jamais ne vit.
Il était des racines au bout de l'arbre
Racines vignes de vie
Vignes de chance
Vigne de cœur —
Au bout de ces racines il était la terre
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre.

Robert Desnos

« Il était une feuille », Les Portes battantes

1936

Dans ce poème, chaque idée en entraîne une autre par un effet domino créatif. En partant d'un détail minuscule (une feuille), Desnos remonte jusqu'à l'infiniment grand (la Terre).

Le poète associe les mots autant pour leur sens (la chaîne végétale) que pour leurs sonorités (ligne / signe / digne / vigne). La répétition de la formule magique « Il était » et du refrain « de vie / de chance / de cœur » transforme une simple observation de la nature en un chant d'émerveillement sur le monde et le vivant.

La charte éditoriale garantit la conformité des contenus aux programmes officiels de l'Éducation nationale. en savoir plus

Les cours et exercices sont rédigés par l'équipe éditoriale de Kartable, composéee de professeurs certififés et agrégés. en savoir plus

Voir aussi
  • Quiz : Chanter et enchanter le monde : mots et merveilles

Nos conseillers pédagogiques sont à votre écoute 7j/7

Nos experts chevronnés sont joignables par téléphone et par e-mail pour répondre à toutes vos questions.
Pour comprendre nos services, trouver le bon accompagnement ou simplement souscrire à une offre, n'hésitez pas à les solliciter.

support@kartable.fr
01 76 38 08 47

Téléchargez l'application

Logo application Kartable
KartableWeb, iOS, AndroidÉducation

4,5 / 5  sur  20264  avis

0.00
app androidapp ios
  • Contact
  • Aide
  • Livres
  • Mentions légales
  • Recrutement

© Kartable 2026