Le baroque Cours

Sommaire

ILe contexte et les origines du baroqueIILes principes majeurs du baroqueIIIŒuvres littéraires et auteurs essentielsIVHistoire des arts
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I

Le contexte et les origines du baroque

Si le mouvement humaniste a célébré l'équilibre et la raison, le mouvement baroque, qui apparaît à la fin du XVIe siècle, va refléter une vision du monde bien plus inquiétante. En effet, les tensions politiques qui agitent la France après la mort de François Ier et les guerres de religion (1562−1598) qui ensanglantent la France et l'Europe marquent profondément les esprits. Avec la signature de l'édit de Nantes (1598), le roi Henri IV met fin aux conflits en accordant aux protestants le droit de célébrer librement leur culte. 

Alors que le protestantisme se développe en Europe, l'Église catholique entend affirmer sa supériorité et reconquérir les fidèles. Elle encourage donc les artistes à magnifier les lieux de cultes par des ornementations monumentales et spectaculaires.  

Mouvement européen, le terme baroque s'applique aux domaines littéraire, pictural, musical et architectural. Il emprunte son nom au portugais barroco qui désigne une perle irrégulière. Par cette métaphore, les artistes traduisent leur goût pour l'ornementation ou l'insolite. 

II

Les principes majeurs du baroque

L'instabilité du monde

Par la présence des thèmes de l'eau, du feu, du miroir et de la lumière, les artistes baroques peignent un monde en perpétuel mouvement. Les frontières entre la réalité et le rêve s'estompent. Les illusions et les métamorphoses rappellent aux hommes, ébranlés dans leurs certitudes, qu'il n'existe plus rien de fiable ou de saisissable dans l'Univers. Les artistes baroques considèrent que l'homme est inconstant, que le monde est un théâtre où chacun avance masqué et joue un rôle. Ils invitent le public à se méfier des apparences notamment par les procédés du trompe-l'œil ou du théâtre dans le théâtre. 

La violence et la mort

Les artistes baroques rendent compte du caractère éphémère et fragile de la vie par les motifs réalistes du sang qui coule, du cadavre, du squelette, et par l'expression de la souffrance. Ce goût du macabre invite à une réflexion sur la vanité humaine. Puisque tout est voué à disparaître, certains auteurs comme Bossuet pensent que le salut de l'homme ne peut qu'être divin.  

Le désordre et la démesure

L'art baroque prône la libération de l'imagination et des émotions. L'esthétique du spectaculaire est largement partagée par les auteurs qui accordent une place significative à la figure fantastique du monstre. Cet art s'affranchit également des règles et refuse toute codification, notamment au théâtre. 

III

Œuvres littéraires et auteurs essentiels

  • William Shakespeare : Hamlet, 1603 (théâtre − tragédie)
  • Théodore Agrippa d'Aubigné : Les Tragiques, 1616 (recueil de poèmes)
  • Pedro Calderón de la Barca : La vie est un songe, 1635 (théâtre − tragédie)
  • Pierre Corneille : Médée, 1635 (théâtre − tragédie) ; L'Illusion comique, 1636 (théâtre − comédie) 
  • Cyrano de Bergerac : Histoire comique des états et empires de la Lune, 1657 (roman fantastique)
IV

Histoire des arts

Prenant le contre-pied de la sobriété protestante, l'esthétique baroque italienne est marquée par la profusion et l'exubérance. Les artistes italiens restent une source d'inspiration et un modèle pour un grand nombre d'artistes européens. Les artistes français font exception et sont plus enclins à adopter une esthétique classique. 

L'esthétique baroque s'intéresse essentiellement aux thèmes de la mort, de la souffrance et de la fragilité de la vie. Elle joue sur les contrastes d'ombres et de lumières grâce à des éclairages changeants. Elle représente les corps des personnages en mouvement. Leurs visages reflètent leurs états d'âme et la démesure de leur passion. Cette façon de représenter l'homme témoigne d'une inquiétude par rapport au divin.

En musique, la période baroque est plus tardive qu'en littérature et en peinture.

Oeuvres d'art clés :

  • Le Caravage : Le Jeune Bacchus malade, 1593 (peinture)
  • Le Bernin : Le Baldaquin de Saint-Pierre de Rome, 1624−1633 (architecture)
  • Le Bernin : L'Extase de Sainte Thérèse, 1647−1652 (sculpture)
  • Jean-Baptiste Lully : Marche pour la cérémonie des Turcs, 1670 (musique)
  • Henry Purcell : Didon et Énée, 1689 (musique)