Le classicismeCours

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I

Le contexte et les origines du classicisme

Le classicisme se développe dans la seconde moitié du XVIIe siècle et correspond au règne de Louis XIV (1643−1715). Après la mort de Mazarin, le roi exerce seul les responsabilités du pouvoir : la monarchie devient absolue. Pour renforcer son autorité, il réduit les avantages des aristocrates afin de mieux les contrôler. Pour éviter des révoltes comme celle de la Fronde, il déplace la cour loin de Paris, à Versailles, en 1682. Les courtisans célèbrent le culte de la personne royale et se disputent ses faveurs. 

L'autocratie de Louis XIV s'accompagne d'un goût artistique sûr : le monarque protège les artistes qui glorifient son règne. Ils reçoivent une pension du roi ou de grands seigneurs, mais leurs œuvres sont soumises à la censure. Le roi finance de grands spectacles, entreprend la construction grandiose du château de Versailles et unifie le royaume autour de la langue française. Ainsi, les plus grands artistes vont contribuer à une politique de prestige qui assure le rayonnement de la France dans toute l'Europe. 

II

Les principes majeurs du classicisme

« Plaire et instruire » (placere et docere)

L'art doit d'abord émouvoir pour plaire au public et le divertir. En emportant son adhésion, les auteurs classiques peuvent l'instruire efficacement et donner à leurs œuvres une portée morale. Ils s'intéressent à la nature humaine, en peignent les vices et les passions pour mener l'homme sur la voie de la sagesse. 

Le respect de l'ordre et des règles 

Les écrivains classiques s'inspirent des œuvres antiques considérées comme des modèles de perfection. Ils privilégient la sobriété et le bon goût, recourent à une langue claire et élégante, à un style concis et raffiné. Ils respectent une codification rigoureuse qui assure la vraisemblance et la bienséance de rigueur. 

L'idéal de l'honnête homme

Afin de corriger les travers des hommes, les auteurs érigent un modèle : l'idéal de l'honnête homme. Il doit faire preuve de tempérance et s'affranchir de l'emprise des passions. Aimable en société, cultivé et éloquent, il sait agir avec mesure et générosité.

Phénomène de cour et phénomène littéraire

Les courtisans ont remplacé les héros des romans du siècle précédent. La nouvelle société de cour multiplie intrigues, jalousies, mensonges et hypocrisie : on ne peut y vivre que masqué, à la merci d'ennemis sournois. L'être humain se détourne de la vertu par un égoïsme inhérent à sa nature que fustigent les dramaturges, les moralistes et les fabulistes. 

III

Œuvres littéraires et auteurs essentiels

  • Pierre Corneille : Horace, 1640 (théâtre − tragédie) ; Cinna, 1641 (théâtre – tragédie)
  • François de La Rochefoucauld : Maximes, 1664
  • Jean de La Fontaine : Fables, 1668−1694 
  • Molière : Tartuffe, 1664 (théâtre − comédie), Le Misanthrope, 1666 (théâtre − comédie)
  • Jean Racine : Bérénice, 1670 (théâtre − tragédie) ; Phèdre, 1677 (théâtre − tragédie)
  • Madame de La Fayette : La Princesse de Clèves, 1678 (roman)
  • Jean de La Bruyère : Les Caractères, 1688
IV

Histoire des arts

L'art classique est intimement lié au règne de Louis XIV. Le souverain influence les artistes et leur impose son autorité. Les peintures, sculptures et monuments réalisés le sont à la gloire du Roi-Soleil tout comme les spectacles donnés à la cour de France. Cette esthétique classique s'épanouit partout en Europe à partir de 1750. 

L'esthétique classique est celle de la raison, de l'ordre et de la sobriété. On l'oppose en cela à l'esthétique baroque. L'art classique privilégie des lignes droites, une composition claire et ordonnée afin que le sujet soit distinctement représenté. L'exaltation des valeurs morales est un sujet privilégié.  

On ne parle de musique classique qu'à partir de 1750. Au XVIIe siècle, la musique reste de style baroque. 

Œuvres d'art-clés

  • Nicolas Poussin : L'Enlèvement des Sabines, 1637−1638 (peinture)
  • André Le Nôtre : Les jardins à la française du château de Versailles, 1662−1687 (architecture)
  • Jacques-Louis David : Le Serment des Horaces, 1784 (peinture)