Le naturalisme Cours

Sommaire

ILe contexte historique et les origines du naturalismeIILes principes majeurs du naturalismeIIIŒuvres littéraires et auteurs essentielsIVHistoire des arts
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I

Le contexte historique et les origines du naturalisme

Le naturalisme se développe dans la seconde moitié du XIXe siècle, après 1870. Ce mouvement s'inscrit dans la continuité du réalisme dont il reprend un certain nombre de principes. 

Le contexte social et économique de l'époque influence les auteurs naturalistes : la révolution industrielle favorise l'urbanisation et les villes de plus en plus grandes deviennent de grands centres économiques et financiers où se pressent industriels et banquiers. Le capitalisme se développe tout comme le prolétariat. Les auteurs naturalistes s'intéressent à la classe bourgeoise mais surtout à la classe ouvrière, à ses conditions de vie indigentes et aux souffrances qu'elle endure. 

Les progrès scientifiques influencent également les auteurs naturalistes qui étudient les travaux de Darwin sur l'évolution des espèces et la sélection naturelle. Ils étudient également ceux de Claude Bernard, fondateur de la médecine expérimentale et de la médecine moderne. Ils s'inspirent de son processus en trois étapes : 

  • l'observation ;
  • l'expérimentation ;
  • la confirmation/l'infirmation.
II

Les principes majeurs du naturalisme

Le mouvement naturaliste se structure et se développe autour d'Émile Zola et suit deux principes majeurs :

L'observation des faits

Les romanciers naturalistes se considèrent comme des observateurs et des expérimentateurs. Ils rapprochent leur démarche de celle du biologiste, travaillent à partir d'une abondante documentation et de d'enquêtes approfondies. Puis, partant d'une situation, ils observent l'évolution des personnages pour en tirer des conclusions. L'objectif est de comprendre leur comportement dans un milieu particulier pour en tirer une loi générale.

L'interaction de l'homme et du milieu

Les auteurs naturalistes observent les faits sociaux comme des phénomènes cliniques obéissant à des lois de lutte et de sélection. Selon eux, l'hérédité et le milieu social jouent un rôle essentiel dans la trajectoire d'un individu. La théorie du déterminisme leur fait envisager l'homme comme le produit de son milieu. Pour les besoins de sa démonstration, Zola imagine une famille, les Rougon-Macquart, dont chaque membre incarne une pathologie.

III

Œuvres littéraires et auteurs essentiels

  • Les frères Goncourt : Germinie Lacerteux, 1865 (roman)
  • Émile Zola : L'Assommoir, 1877 (roman), Germinal, 1885 (roman)
  • Guy de Maupassant : Bel-Ami, 1885 (roman) ; Pierre et Jean, 1888 (roman) 
IV

Histoire des arts

Dès 1866, Zola s'intéresse à la peinture de Manet et c'est à partir de l'œuvre du peintre qu'il conçoit les principes du naturalisme : l'art s'intéresse à la réalité immédiate, au monde qui l'entoure. Le romancier soutient ainsi les début des peintres impressionnistes.

C'est entre 1860 et 1890, que naît ce nouveau courant pictural qui prend le nom d'« impressionnisme » en 1874. Il est considéré aujourd'hui comme le mouvement le plus populaire de l'histoire de la peinture. Les peintres sont unis autour d'une nouvelle manière de peindre. Ils délaissent les techniques académiques qu'ils jugent trop strictes pour s'intéresser à la représentation d'impressions prises sur le vif. Afin de les traduire, de nombreux artistes peignent d'après nature, hors de leurs ateliers. Ils privilégient les effets de lumière, utilisent des couleurs chatoyantes, des coups de pinceau vifs ou au contraire un peu flous. Les personnages sont esquissés, leur silhouette s'estompe. 

Les impressionnistes veulent représenter le monde contemporain comme un monde vivant. Ils puisent leurs sources d'inspiration dans les paysages naturels ou urbains, des scènes de la vie moderne ou familiale. La ville devient un sujet central qui permet de rendre compte de l'évolution de la société.  

Ces sujets et cette manière de peindre choquent l'Académie des beaux-arts qui refuse d'exposer ces œuvres dans ses salons. Elle n'accorde de place qu'aux tableaux représentant des sujets historiques ou religieux, dont le trait est net et précis. 

Œuvres d'art-clés

  • Claude Monet : Impression, soleil levant, 1872−1873 (peinture) ; La Gare Saint-Lazare, 1877 (peinture)
  • Auguste Renoir : Femme à l'ombrelle dans un jardin, 1875 (peinture)  
  • Camille Pissarro : Boulevard Montmartre, 1897 (peinture)