Le réalismeCours

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I

Le contexte historique et les origines du réalisme

Le mouvement réaliste se développe dans la deuxième moitié du XIXe siècle en réaction à l'idéalisme de certains auteurs romantiques. Les auteurs réalistes les accusent de fuir la réalité. Ils veulent au contraire représenter le réel sans l'embellir et l'analyser pour rendre compte des mécanismes sociaux, économiques et politiques de leur époque. 

La révolution industrielle bouleverse la vie économique et la société française. Elle assure le succès de la bourgeoisie et accroît la misère du prolétariat. La littérature se fait le reflet de ces brutales mutations : elle s'intéresse aux nouveaux domaines de la vie moderne et en montre aussi les effets pervers. 

II

Les principes majeurs du réalisme

Les historiens du temps présent

Les auteurs réalistes se fixent comme ambition d'être les témoins fidèles de leur temps. Pour ce faire, ils peignent la vie quotidienne dans ce qu'elle a parfois de plus banal voire de plus laid. Ils s'inspirent de l'histoire récente ou de faits divers pour façonner des intrigues contemporaines.

Une peinture fidèle de la réalité

Les auteurs romantiques ont pour ambition d'étudier les comportements humains. Ils s'intéressent donc à tous les milieux sociaux : ils peignent les classes moyennes et populaires, les bourgeois, les aristocrates mais aussi les paysans, les domestiques, les artisans. Ils s'attachent à représenter leurs personnages de la façon la plus réaliste possible en leur donnant une identité précise, un métier, des caractéristiques physiques, morales et psychologiques. Ils racontent leur parcours, souvent ordinaire, dans une société où ils peinent à atteindre leurs objectifs.

Le souci de l'objectivité 

Le terme « réalisme » vient du latin res qui signifie « la chose ». Cette étymologie indique que ce mouvement se veut objectif et s'attache à peindre la nature sans idéalisation. Les auteurs mettent les méthodes journalistiques et scientifiques au service de leur création et préparent souvent leurs romans grâce à de vastes enquêtes. Selon Flaubert, afin de rester le plus objectif possible, le romancier ne doit pas laisser transparaître ses sentiments personnels ni intervenir dans la narration. 

III

Œuvres littéraires et auteurs essentiels

  • Stendhal : Le Rouge et le Noir, 1830 (roman) 
  • Honoré Balzac : Eugénie Grandet, 1834 (roman) ; Le Père Goriot, 1835 (roman) 
  • Gustave Flaubert : Madame Bovary, 1857 (roman) ; L'Éducation sentimentale, 1869 (roman) 
IV

Histoire des arts

L'esthétique picturale qui va dominer la seconde moitié du XIXe siècle se détourne des sujets historiques au profit de sujets contemporains. Dès 1830, les artistes ont le désir de représenter la vie quotidienne, de questionner l'évolution de la société, de créer un art moderne. Édouard Manet en résume le principe : « Il faut être de son temps et faire ce qu'on voit [...]. » Ils s'éloignent de la représentation des états d'âme romantiques pour peindre l'homme comme un être humain. La recherche de la sincérité prime sur la perfection de la forme. Le souci du détail explique le choix de très grands formats et la précision du trait qui sont caractéristiques de la peinture réaliste. 

Les artistes décrètent que tout événement, être ou objet est digne d'être un sujet pictural : paysans ou citadins, bourgeois ou prolétaires, intérieurs pauvres ou aisés. Les tableaux réalistes proposent une image non idéalisée. Ce parti pris heurte le goût du public et de certains critiques qui considèrent ces œuvres trop vulgaires. 

Œuvres d'art-clés

  • Gustave Courbet : Un enterrement à Ornans, 1849−1850 (peinture)
  • Jean-François Millet : Des Glaneuses, 1857 (peinture)
  • Édouard Manet : Le Déjeuner sur l'herbe, 1862−1863 (peinture)
  • Gustave Caillebotte : Les Raboteurs de parquet, 1875 (peinture)