Le symbolisme Cours

Sommaire

ILe contexte historique et les origines du symbolismeIILes principes majeurs du symbolismeIIIŒuvres littéraires et auteurs essentielsIVHistoire des arts
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I

Le contexte historique et les origines du symbolisme

Depuis la chute du Second Empire, survenue le 4 septembre 1870, le gouvernement français est démocratique. La IIIe République instaure des libertés fondamentales et favorisent l'émergence de nouveaux courants de pensée. Cette époque est également marquée par les progrès scientifiques et techniques qui préparent l'avènement d'un mode de vie moderne et du règne de la machine. Le positivisme, qui prône une approche scientifique, se développe.

Le symbolisme naît en réaction au positivisme. Les symbolistes s'opposent à une vision mécaniste de l'homme et de l'Univers. Ils rejettent le naturalisme et sa description objective de l'Univers. À l'expérience et à la raison, ils préfèrent la suggestion, l'irrationnel, la dérision. Ils ne sont pas non plus convaincus par les recherches formelles des Parnassiens.  

II

Les principes majeurs du symbolisme

Un esprit de contestation

Les auteurs symbolistes veulent s'affranchir de toute autorité, des valeurs bourgeoises et des contraintes formelles. Ils développent un pessimisme mélancolique. Ils utilisent des images morbides qui côtoient parfois l'ironie et la parodie.

Le pouvoir des mots et des images 

Le mot « symbolisme » signifie ici « jeter ensemble ». Les auteurs souhaitent établir une analogie entre l'idée abstraite et l'image chargée de l'exprimer. L'évocation d'un paysage permet par exemple d'exprimer un état d'âme, d'amener le lecteur à la rêverie ou à la réflexion.

La théorie des correspondances 

Pour les symbolistes, le monde ne se limite pas à une apparence concrète et rationnelle. Il est un mystère à déchiffrer par les correspondances ou synesthésies (lien entre les différents sens : le toucher, la vue, l'odorat, l'ouïe et le goût). Le poète symboliste est une sorte de mage qui saisit ce que les autres hommes ne voient pas.

De la liberté de la forme à l'hermétique du sens

Les poètes symbolistes jouent sur le rythme et la musicalité du vers, ils emploient des termes rares. Ils cherchent à créer des impressions plus que du sens, notamment par l'harmonie musicale. Verlaine privilégie le vers impair, Rimbaud, la forme du poème en prose, Mallarmé, le vers libre. Le langage des symbolistes devient peu à peu obscur et énigmatique. 

III

Œuvres littéraires et auteurs essentiels

  • Paul Verlaine : Poèmes saturniens, 1866 ; Jadis et naguère, 1884 (recueils de poèmes)
  • Arthur Rimbaud : Une saison en enfer, 1873 ; Illuminations, 1872−1875 (recueils de poèmes)
  • Joris-Karl Huysmans, À Rebours, 1884 (roman)
  • Stéphane Mallarmé : Poésies, 1899 (recueils de poèmes)
  • Maurice Maeterlinck : Pelléas et Mélisande, 1893 (théâtre)
IV

Histoire des arts

Le symbolisme littéraire est à l'origine d'un mouvement pictural à la fin du XIXe siècle. Le symbolisme pictural s'intéresse à l'imagination de son créateur et à celle du spectateur. Ce n'est plus le regard qui prime. L'œuvre poétique et critique de Baudelaire (précurseur du symbolisme) les influence considérablement.  

Les sujets de prédilection des artistes symbolistes sont mythologiques, bibliques ou légendaires. L'univers qu'ils représentent est souvent onirique, étrange voire fantastique. Il s'agit de représenter un monde intérieur subjectif et non une réalité, de montrer ce qui se cache derrière les apparences. La femme est un de leur sujet central : fascinante, changeante et mystérieuse, elle peut devenir dangereuse. 

Les peintres symbolistes rejettent les techniques académiques et cultivent un certain goût pour la provocation. En quête d'harmonie esthétique, on trouve une certaine sensualité dans leurs œuvres : les formes sont floues et les tons feutrés, les traits sont estompés. 

Œuvres d'art-clés

  • Gustave Moreau : Salomé dansant devant Hérode, 1876 (peinture)
  • Odilon Redon : Les Yeux clos, 1890 (peinture)